Nigeria: des attaques jihadistes font 27 morts dans le nord-est

Safiratu Solomon, 17 ans, est assise devant sa maison dans le camp de Gubio à Maiduguri le 25 janvier 2022. Elle a hâte de retourner chez elle à Gwoza, dans l'État de Borno. (AFP)
Safiratu Solomon, 17 ans, est assise devant sa maison dans le camp de Gubio à Maiduguri le 25 janvier 2022. Elle a hâte de retourner chez elle à Gwoza, dans l'État de Borno. (AFP)
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Publié le Dimanche 27 février 2022

Nigeria: des attaques jihadistes font 27 morts dans le nord-est

  • Samedi soir, l'Iswap a tué 24 civils dans trois villages de l'État du Borno
  • Les assaillants ont ciblé les villages de Sabongarin Kimba, Mandara-Girau et Ngama, aux abords de la forêt de Sambisa, l'un des principaux repaires des jihadistes

KANO : Vingt-sept personnes ont été tuées depuis vendredi dans quatre attaques distinctes attribuées à des jihadistes dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué dimanche à l'AFP des sources sécuritaires et des habitants. 

Le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), branche dissidente de Boko Haram qui a fait scission en 2016, a multiplié les attaques ces dernières semaines malgré les opérations militaires en cours dans la région.

Samedi soir, l'Iswap a tué 24 civils dans trois villages de l'État du Borno, ont déclaré à l'AFP un chef de milice antijihadiste et un habitant, affirmant que ces civils étaient visés pour avoir aidé les troupes face aux insurgés.

Les assaillants ont ciblé les villages de Sabongarin Kimba, Mandara-Girau et Ngama, aux abords de la forêt de Sambisa, l'un des principaux repaires des jihadistes, ont indiqué ces sources.

"Les terroristes ont tué 24 personnes dans les trois villages la nuit dernière", a déclaré le chef de milice antijihadiste, Mustapha Karimbe.

"Ils se sont déplacés de village en village, choisissant leurs cibles et les massacrant", a ajouté M. Karimbe, précisant que neuf résidents ont été tués à Sabongarin Kimba, sept à Mandara-Girau et huit à Ngama.

Selon lui, les soldats avaient demandé l'aide des villageois pour surveiller une route où les jihadistes ont l'habitude de tendre des embuscades.

Les attaques étaient "une punition pour l'aide apportée par les habitants aux soldats", a-t-il dit.

L'armée et des responsables locaux n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour confirmer les attaques.

Un autre milicien, Umar Ari, a fourni le même bilan, affirmant que les insurgés avaient envoyé un avertissement aux villageois, les menaçant de "graves conséquences" s'ils coopéraient avec l'armée.

Selon un habitant de la ville voisine de Biu, Ahmad Babagana, "il était clair qu'ils connaissaient les habitants qu'ils recherchaient".

Vendredi en fin de journée, l'Iswap a mené une autre attaque à Chibok, toujours dans l'Etat du Borno, où Boko Haram avait enlevé plus de 200 écolières en 2014, suscitant l'indignation du monde entier.

Des combattants arrivés en pick-ups et à motos ont attaqué le village de Kautikeri dans le district de Chibok, ont indiqué deux résidents.

"Ils sont arrivés vers 17h45 (1645 GMT) et ont attaqué le village avec des armes à feu, tuant trois personnes et brûlant une église", a déclaré à l'AFP Samson Bulus, un habitant de Kautikeri. 

Un autre habitant, Samson Silas, a fait le même récit. 

Il s'agit de la deuxième attaque jihadiste contre ce village en un mois. Le 20 janvier, l'Iswap a tué deux habitants et enlevé 20 enfants, selon deux habitants et un chef local.

L'armée affirme avoir tué 180 jihadistes et arrêté 130 personnes soupçonnées de "terrorisme" dans le nord-est du pays depuis la fin du mois de janvier.

Le conflit dans le nord-est, qui dure depuis 12 ans, a fait au moins 40.000 morts et plus de deux millions de déplacés. 


Ukraine: Zelensky, l'Otan et l'UE saluent l'aide américaine, que le Kremlin fustige

Cette photographie prise le 20 avril 2024 montre un bâtiment détruit à Marioupol, en Ukraine sous contrôle russe, au milieu du conflit russo-ukrainien (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 20 avril 2024 montre un bâtiment détruit à Marioupol, en Ukraine sous contrôle russe, au milieu du conflit russo-ukrainien (Photo, AFP).
Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vue depuis Kharkiv, en Ukraine, le 18 avril 2024 (Photo, AP).
Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vue depuis Kharkiv, en Ukraine, le 18 avril 2024 (Photo, AP).
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  • Du côté des Européens, ce sont les capacités de production limitées qui empêchent à ce stade de livrer notamment les obus promis à Kiev
  • Plus proche allié de Kiev, le président américain Joe Biden s'est rapidement félicité de l'adoption d'une aide «cruciale» à Kiev

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et ses alliés de l'Union européenne et de l'Otan ont salué d'une même voix le vote samedi du Congrès américain en faveur d'un paquet de 61 milliards de dollars à Kiev, le Kremlin déplorant une aide qui conduira à la mort d'"encore plus d'Ukrainiens".

Il aura fallu des mois et des mois, au grand désespoir souvent des dirigeants ukrainiens, mais le vote de samedi fut le bon à la Chambre américaine des représentants, validant un paquet d'aide militaire et financière à Kiev.

Il devrait permettre à l'armée ukrainienne de reprendre son souffle face à l'armée russe, dans ce conflit à haute intensité qui a épuisé nombre de ses combattants et entamé le moral des troupes face à la poussée des forces de Moscou ces derniers mois.

Le texte adopté "sauvera des milliers et des milliers de vies", s'est félicité sur X Volodymyr Zelensky, estimant que le texte voté "maintient l'histoire sur le bon chemin".

"Il s'agit d'une aide très importante qui sera ressentie par nos soldats sur la ligne de front, ainsi que par nos villes et nos villages qui souffrent de la terreur russe", a-t-il appuyé plus tard lors de son allocution quotidienne.

Son Premier ministre, Denys Chmygal, a lui salué "la solidarité" des élus américains, alors que le texte doit encore être voté par le Sénat.

Plus proche allié de Kiev, le président américain Joe Biden s'est rapidement félicité de l'adoption d'une aide "cruciale" à Kiev, au "rendez-vous de l'Histoire".

Le Kremlin, dont l'armée est en guerre contre l'Ukraine depuis le déclenchement d'un assaut d'ampleur sur le sol ukrainien le 24 février 2022, a rapidement dénoncé le vote du Congrès américain, une décision "attendue et prévisible" à ses yeux.

L'aide "enrichira davantage les États-Unis d'Amérique et ruinera encore plus l'Ukraine, en tuant encore plus d'Ukrainiens à cause du régime de Kiev", a assuré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse d'Etat TASS.

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a elle fustigé une enveloppe militaire, qui comprend aussi de l'aide à Israël et Taïwan, qui "va exacerber les crises mondiales".

Jeudi, M. Peskov avait affirmé que l'aide américaine ne pourra "en aucun cas influer" sur la situation sur le front, où la Russie est à l'offensive.

«Message clair au Kremlin»

A l'issue du vote à Washington, les réactions ont rapidement afflué du côté des alliés occidentaux de Kiev, notamment au sein de l'Union européenne.

"Un jour d'optimisme" pour l'Europe, a estimé Berlin par la voix de la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, après que le président du Conseil européen, Charles Michel, a lui assuré que l'Occident "envoie un message clair au Kremlin".

Le chef de l'Otan Jens Stoltenberg a pour sa part salué une aide qui "renforce notre sécurité à tous, en Europe et en Amérique du Nord".

Ce paquet d'aide devenait "vital" pour l'armée ukrainienne, de l'aveu même de Volodymyr Zelensky, tant sur le terrain, l'Ukraine fait face à des pénuries de munitions et est dans l'incapacité de protéger l'ensemble de ses villes et de ses infrastructures énergétiques, régulièrement ciblées par les forces russes.

Kiev n'a ainsi de cesse de réclamer à ses partenaires munitions et systèmes antiaériens pour contrer ces frappes, mais les divisions politiques à Washington ont ralenti les prises de décision ces derniers mois.

Du côté des Européens, ce sont les capacités de production limitées qui empêchent à ce stade de livrer notamment les obus promis à Kiev.

Combats incessants 

Samedi, les attaques se sont poursuivies sur le terrain, comme depuis près de 800 jours.

L'Ukraine a déclaré que la Russie avait frappé des immeubles résidentiels à Vovchansk (nord-est), une ville située à environ cinq kilomètres de la frontière russe, faisant deux morts et deux blessés.

Parallèlement, une source de la Défense ukrainienne a déclaré à l'AFP que Kiev avait visé dans la nuit huit régions russes lors d'une attaque de drones "à grande échelle", mettant en feu un dépôt de carburant.

Le ministère russe de la Défense n'a lui pas évoqué ce dépôt touché selon Kiev, indiquant toutefois avoir intercepté 50 drones ukrainiens durant la nuit, dont certains près de Moscou.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient un énorme incendie faisant rage dans un dépôt de carburant de la région russe de Smolensk (ouest).

L'Ukraine multiplie ses attaques contre la Russie ces dernières semaines, en visant notamment des raffineries, dans le but de perturber la chaîne logistique d'approvisionnement des troupes russes engagées sur le front.

Dans la région russe de Belgorod, le gouverneur Viatcheslav Gladkov a lui fait état dans la journée de deux morts dans des attaques de drones ukrainiens puis du décès d'une femme enceinte lors de bombardements ultérieurs.


Centrafrique: au moins 58 morts dans un naufrage à Bangui

Une photo d'archive montre une vue de la baleinière qui a chaviré le 19 avril sur la rivière M'poko Bac à Bangui, en République centrafricaine, tuant au moins 58 personnes (Photo, X : @RadioGuira).
Une photo d'archive montre une vue de la baleinière qui a chaviré le 19 avril sur la rivière M'poko Bac à Bangui, en République centrafricaine, tuant au moins 58 personnes (Photo, X : @RadioGuira).
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  • L'embarcation en bois, appelée baleinière, transportait plus de 300 personnes, bien au-delà de sa capacité
  • La Centrafrique est le deuxième pays le moins développé au monde, indiquait l'an dernier l'ONU

BANGUI: Au moins 58 personnes sont mortes et d'autres portées disparues vendredi dans le naufrage d'une péniche surchargée sur la rivière Mpoko à Bangui alors qu'elles se rendaient à des funérailles, selon un dernier bilan samedi.

"On a pu extraire 58 corps, sans vie. On ne connaît pas le nombre total de personnes qui sont sous l'eau", a déclaré le directeur général de la protection civile, Thomas Djimasse, dont les équipes sont arrivées sur place 40 minutes après le drame, à Radio Guira.

Le gouvernement n'avait pas réagi samedi au bilan de la protection civile. Dans une allocution enregistrée vendredi, diffusée samedi à la radio publique, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou a fait état "d'un bilan provisoire d'au moins 30 personnes décédées, des disparus et plusieurs blessés".

"Le gouvernement adresse ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées" poursuit-il avant d'annoncer l'ouverture d'une enquête "pour déterminer les causes de ce drame ainsi que les responsabilités" et la mise en place d'un "dispositif exceptionnel de soutien aux familles des victimes", sans plus de détails.

Blessés évacués en taxi-moto 

L'embarcation en bois, appelée baleinière, transportait plus de 300 personnes, bien au-delà de sa capacité, et se dirigeait vers Makolo, un village situé à 45 kilomètres de Bangui, pour assister aux funérailles d'un chef de village, ont indiqué des témoins.

Le bateau a chaviré peu de temps après son départ de l'embarcadère d'après Maurice Kapenya, un témoin qui le suivait "dans une petite pirogue", faute de place à bord et a sorti les premières victimes, dont sa propre soeur, avec l'aide de pêcheurs et de riverains, avant l'arrivée des secours.

Certains blessés ont été évacués à l'aide de taxi-moto, comme celui de Francis Maka qui affirme à l'AFP avoir "emmené plus de dix personnes à l'hôpital communautaire".

Aucun bilan définitif n'est pour l'heure disponible. Samedi, alors que les équipes de la protection civile ne sont plus sur les lieux, des familles se trouvaient toujours près de la rivière, monnayant les services des piroguiers pour la recherche de leurs proches toujours portés disparus, a pu constater sur place une journaliste de l'AFP.

Plusieurs parti de l'opposition, comme le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, ont également adressé leur "solidarité avec les familles" et le Parti unité républicaine (UNIR), a appelé à proclamer "un deuil national".

La Centrafrique est le deuxième pays le moins développé au monde, indiquait l'an dernier l'ONU, et le théâtre depuis 2013 d'une guerre civile meurtrière qui a baissé en intensité depuis 2018.

Fin 2020, les plus puissants des nombreux groupes armés qui se partageaient alors les deux tiers du territoire s'étaient alliés au sein de la CPC et avaient lancé une offensive sur Bangui pour tenter de renverser le chef de l'Etat, Faustin Archange Touadéra, lequel avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie.


Etats-Unis: deux morts et six blessés dans une fusillade à Memphis

La police enquête sur les lieux d'un vol de voiture qui serait lié à une série de fusillades, le 7 septembre 2022 à Memphis, dans le Tennessee. (Photo Brad Vest Getty Images via AFP)
La police enquête sur les lieux d'un vol de voiture qui serait lié à une série de fusillades, le 7 septembre 2022 à Memphis, dans le Tennessee. (Photo Brad Vest Getty Images via AFP)
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  • Deux individus ont été retrouvés morts sur les lieux et un des six blessés est hospitalisé «dans un état critique», a écrit sur le réseau social X la police de la ville de Memphis
  • La fusillade a eu lieu lors d'une fête de quartier non autorisée qui a rassemblé quelque 200 à 300 personnes près du parc Orange Mound de Memphis

WASHINGTON : Deux personnes ont été tuées et six autres blessées dans une fusillade survenue lors d'une fête de quartier samedi à Memphis aux Etats-Unis, a rapporté la police locale.

Deux individus ont été retrouvés morts sur les lieux et un des six blessés est hospitalisé «dans un état critique», a écrit sur le réseau social X la police de la ville de Memphis, située dans l'Etat du Tennessee (sud-est).

La fusillade a eu lieu lors d'une fête de quartier non autorisée qui a rassemblé quelque 200 à 300 personnes près du parc Orange Mound de Memphis, ont ajouté les forces de l'ordre.

Avec plus d'armes à feu que d'habitants, les Etats-Unis affichent le taux de mortalité par arme à feu le plus élevé de tous les pays développés.

Les fusillades y sont un fléau récurrent que les gouvernements successifs ont jusqu'à présent été impuissants à endiguer, de nombreux Américains restant très attachés à leurs armes.

L'ONG Gun Violence Archive, qui qualifie de fusillades de masse celles qui ont fait au moins quatre morts ou blessés, en a décompté 120 depuis le 1er janvier aux Etats-Unis.

En 2023, 656 fusillades de masse  ont été recensées.