Comment la réouverture des cinémas en Arabie saoudite a révolutionné l'industrie cinématographique

Des Saoudiens, jeunes et plus âgés, assistent au défilé sur le tapis rouge du Festival du film de la mer Rouge à Djeddah en décembre dernier. (Photo fournie)
Des Saoudiens, jeunes et plus âgés, assistent au défilé sur le tapis rouge du Festival du film de la mer Rouge à Djeddah en décembre dernier. (Photo fournie)
Le prince Khaled ben Faisal, gouverneur de La Mecque, en compagnie d’amateurs de cinéma à Djeddah. (Photo fournie/archive)
Le prince Khaled ben Faisal, gouverneur de La Mecque, en compagnie d’amateurs de cinéma à Djeddah. (Photo fournie/archive)
Sara al-Munef, une jeune réalisatrice dont le court métrage a été projeté au Festival international du film saoudien à Ithra, à Dharan, l'année dernière. (Photo fournie)
Sara al-Munef, une jeune réalisatrice dont le court métrage a été projeté au Festival international du film saoudien à Ithra, à Dharan, l'année dernière. (Photo fournie)
D'ici 2030, le nombre de salles de cinéma dans le Royaume devrait atteindre 2600. (Photo AFP)
D'ici 2030, le nombre de salles de cinéma dans le Royaume devrait atteindre 2600. (Photo AFP)
Une Saoudienne prenant un « selfie » près d'un panneau affichant le logo du Festival du film de la mer Rouge à l'entrée du vieux Djeddah, le 8 décembre 2021. (Festival du film de la mer Rouge/AFP)
Une Saoudienne prenant un « selfie » près d'un panneau affichant le logo du Festival du film de la mer Rouge à l'entrée du vieux Djeddah, le 8 décembre 2021. (Festival du film de la mer Rouge/AFP)
Les jeunes comptent parmi le nombre croissant de cinéphiles dans le Royaume. (Photo AN par Huda Bashatah)
Les jeunes comptent parmi le nombre croissant de cinéphiles dans le Royaume. (Photo AN par Huda Bashatah)
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Publié le Dimanche 13 mars 2022

Comment la réouverture des cinémas en Arabie saoudite a révolutionné l'industrie cinématographique

  • L'interdiction de projeter des films a été levée il y a quatre ans dans le cadre de réformes visant à améliorer la qualité de vie
  • Le Royaume est devenu depuis un marché important pour les chaînes de cinéma et un pôle potentiel de création de contenu

DJEDDAH: Lorsque l'Arabie saoudite a annoncé pour la première fois il y a quatre ans qu'elle levait l'interdiction de projeter des films, en vigueur depuis 35 ans, peu avaient prédit les progrès que l'industrie cinématographique naissante du Royaume allait vite réaliser.

Depuis le 18 avril 2018, les Saoudiens sont libres de se rendre dans les cinémas locaux, une expérience inédite pour nombre d'entre eux.

« Je vois un film au moins deux ou trois fois par mois et cela ne me dérangerait pas d'y aller plus souvent si ce n'est pour mes fréquents déplacements », a déclaré à Arab News Jawaher Abdullatif, un employé du secteur privé de Riyad âgé de 35 ans.

« Vous êtes plongé dans le monde du film. C'est un sentiment incroyable et je suis ravi de pouvoir enfin le faire dans le confort d'un cinéma de proximité. »

Ce changement a été annoncé en 2017 par le prince héritier Mohammed ben Salmane qui souhaitait améliorer la qualité de vie dans le Royaume à travers le divertissement.

Pour les générations plus âgées qui se souviennent de l'époque précédant l'interdiction, le retour des salles de cinéma a été un moment de réjouissance. Mostafa Zain, un ingénieur retraité de Djeddah, se souvient avoir été captivé par le cinéma lorsqu'il était enfant.

« J'étais très ami avec les Jamjoums qui ont ouvert les premiers cinémas de la ville », a déclaré Zain à Arab News.

« Même après l'interdiction, je trouvais toujours le temps d'aller voir un film car je me rendais au Caire plusieurs fois par an dans les années 1980 et 1990, et plus tard aux États-Unis. On trouvait toujours le temps d'aller voir un film. Aujourd'hui, je peux me réveiller, consulter les listes de films et réserver mon film en un rien de temps. Je n'ai plus besoin de prendre l'avion pour aller voir un film. »

La Commission générale des médias audiovisuels, l'une des autorités chargées de règlementer et de gérer les cinémas du Royaume, prévoit que le pays comptera 2600 écrans de cinéma d'ici 2030, pour une industrie qui pèse environ 1,2 milliard de dollars.

Plus de 50 cinémas, disposant de quelque 430 écrans, ont été ouverts dans le Royaume, gérés par Vox Cinemas, Muvi, Cinepolis, AMC et Empire. « Il faut moins de cinq minutes pour réserver une place de cinéma aujourd'hui », a ajouté Zain.

D'ici 2030, le nombre de salles de cinéma dans le Royaume devrait atteindre 2600. (Photo AFP)
D'ici 2030, le nombre de salles de cinéma dans le Royaume devrait atteindre 2600. (Photo AFP)

Les premiers cinémas d'Arabie saoudite ont été établis dans la province orientale dans les années 1930 par des travailleurs pétroliers occidentaux.

Dans les années 1960 et 1970, des cinémas ont vu le jour dans les grandes villes du pays. Les films étaient projetés dans les clubs de football, les arrière-cours, les cours et les hôtels.

Cependant, au début des années 1980, à la suite de l'attentat terroriste de 1979 contre la Grande Mosquée de La Mecque, le conservatisme religieux a commencé à gagner du terrain dans le Royaume, limitant les divertissements publics, y compris la fréquentation des salles de cinéma.

Pour contourner l'interdiction, de nombreux Saoudiens se rendaient régulièrement à Bahreïn ou aux Émirats arabes unis.

L'ouverture de salles de cinéma dans le Royaume a été largement saluée par les Saoudiens, qui avaient l'habitude de se rendre à Bahreïn ou à Dubaï pour se divertir. (Photo avec la permission du Red Sea Film Festival)
L'ouverture de salles de cinéma dans le Royaume a été largement saluée par les Saoudiens, qui avaient l'habitude de se rendre à Bahreïn ou à Dubaï pour se divertir. (Photo avec la permission du Red Sea Film Festival)

Nahar al-Hamrani, producteur et directeur général d'AlMaha Films à Djeddah, se rendait à Dubaï à deux heures et demie d'avion pour voir un film.

« Parfois, je n'y allais que pour regarder un film et manger un morceau avant de rentrer chez moi », a-t-il confié à Arab News.

« Dès que les cinémas ont ouvert en Arabie saoudite, tout a changé. Même l'expérience a changé. C'est amusant, pratique et, étrangement, il y a quelque chose de différent à se rendre dans les cinémas ici. C'est juste dans le coin. »

« Pour beaucoup d'entre nous qui voyageaient à l'étranger pendant les vacances d'été, nous devions attendre des mois pour pouvoir aller voir un film en entier. Maintenant, il suffit d’appuyer sur notre écran et cela ne fait plus partie de nos projets de voyage. »

Pendant un certain temps, les films occidentaux sont apparus à la télévision sur MBC2 ou via des réseaux directs par satellite comme Orbit, qui a ensuite fusionné avec Showtime pour devenir le réseau Orbit Showtime.

La plupart des Saoudiens ne pouvaient avoir accès aux films occidentaux que sur des VHS de contrebande. Lorsque les DVD sont apparus, ils regardaient des copies floues achetées à des marchands ambulants ou derrière le comptoir des magasins locaux.

L'acteur hollywoodien John Travolta assistant à un événement spécial organisé par l'Autorité générale pour le divertissement du Royaume à Riyad en 2017. (AFP)
L'acteur hollywoodien John Travolta assistant à un événement spécial organisé par l'Autorité générale pour le divertissement du Royaume à Riyad en 2017. (AFP)

« Je pense que c'est un moment historique et important, parce que je crois savoir que c'est le seul pays au monde qui n'a pas de cinéma. Avec le fait que cela se reproduise maintenant, 35 ans plus tard, j'ai l'impression de participer à une célébration de la liberté qui est liée à une belle chose de l'humanité, c'est une bonne chose », a déclaré Travolta.

Les géants du cinéma ont commencé à affluer dans le pays.

Détenu et exploité par Majid al-Futtaim Cinemas, VOX Cinemas est la branche cinéma du géant émirati de la vente au détail et des loisirs Majid al-Futtaim et l'une de celles qui connaissent la plus forte croissance dans la région, avec 149 salles de cinéma en Arabie saoudite. 

Mohamed al-Hashemi, directeur national de Majid al-Futtaim Leisure, Entertainment, Cinemas and Lifestyle en Arabie Saoudite, a déclaré: « Depuis le début, nous nous sommes démarqués de nos concurrents par notre approche holistique.

« VOX Cinemas est un concept de loisirs et de divertissements qui intègre de manière transparente un cinéma de pointe, des attractions interactives telles que le bowling et les jeux d'arcade, ainsi que des concepts de restauration et de boissons emblématiques en une expérience unique. »

Les jeunes comptent parmi le nombre croissant de cinéphiles dans le Royaume. (Photo AN par Huda Bashatah)
Les jeunes comptent parmi le nombre croissant de cinéphiles dans le Royaume. (Photo AN par Huda Bashatah)

Le retour du cinéma en Arabie saoudite a revigoré l'industrie cinématographique nationale et inspiré la création de nouveaux festivals pour la promouvoir et la célébrer.

L'industrie a connu une croissance des recettes des salles de cinéma d'une valeur de 238 millions de dollars en 2021, soit plus du double des recettes de l'année précédente (122 millions de dollars), touchées par la pandémie de COVID-19.

L'année a été couronnée par le Festival international du film de la mer Rouge en décembre, qui a vu les grands noms du cinéma arabe, d'Hollywood et de Bollywood fouler le tapis rouge à Al-Balad, site de Djeddah inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Sara Al-Munef, une jeune réalisatrice dont le court métrage a été projeté au Festival international du film saoudien à Ithra, à Dharan, l'année dernière. (Photo fournie)
Sara Al-Munef, une jeune réalisatrice dont le court métrage a été projeté au Festival international du film saoudien à Ithra, à Dharan, l'année dernière. (Photo fournie)

Sur trois écrans géants érigés par VOX Cinemas, quelque 30 000 passionnés de cinéma ont pu apprécier 138 films provenant de 67 pays, dont 48 premières arabes et 27 films saoudiens.

« Les cinémas et la production de contenus offrent un énorme potentiel de croissance économique », a déclaré Al-Hashemi de Majid al-Futtaim. « Nous avons récemment annoncé des plans ambitieux visant à porter 25 films locaux sur grand écran au cours des cinq prochaines années. »

« Notre objectif de stimuler la production cinématographique régionale réitère notre engagement à réaliser les objectifs de Vision 2030 et s'aligne sur la stratégie de la Commission du film visant à faire du Royaume un centre cinématographique de niveau mondial. »


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.


De Riyad à Paris : pourquoi les Saoudiens reviennent toujours en France

Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
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  • Pour les voyageurs saoudiens, la France offre bien plus que ses monuments, avec une culture, une histoire et une gastronomie qui laissent une impression durable
  • Des lunes de miel aux carrières dans la pâtisserie, en passant par des années d’études à Paris, les visiteurs racontent des expériences qui continuent de les attirer en France

RIYAD : Le secteur touristique français a franchi une étape remarquable en 2025, en accueillant 102 millions de visiteurs internationaux et en confortant sa position de destination la plus visitée au monde.

Pour de nombreux voyageurs saoudiens, la France n’est pas simplement une destination incontournable : c’est une expérience enrichissante, façonnée par les rencontres avec sa culture, son histoire, sa gastronomie, son art et sa vie intellectuelle.

Les deux pays sont de plus en plus connectés grâce à des liaisons aériennes directes. Saudia assure des vols directs entre Paris et Riyad ainsi qu’entre Paris et Djeddah. Dans le même temps, Air France a lancé sa liaison directe Paris-Riyad à l’été 2025, élargissant les possibilités de voyage entre les deux capitales.

Pour les visiteurs saoudiens, ces liaisons ouvrent la porte aux attractions emblématiques, mais surtout à une ville qui peut se découvrir à travers sa culture, son histoire, ses musées, sa gastronomie et la vie quotidienne.

Marwan Alrasheed, traducteur et consultant culturel, s’est rendu en France à l’automne 2025, animé précisément par cette curiosité.

« Je suis venu découvrir la richesse culturelle de Paris, qu’elle soit artistique, historique, philosophique ou culinaire », a-t-il déclaré à Arab News, décrivant Paris comme occupant « une place prépondérante dans l’histoire de la culture humaine ».

Alrasheed a séjourné pendant dix jours dans le Quartier latin, près de la Sorbonne, l’un des quartiers les plus étroitement associés à l’histoire intellectuelle de la ville.

Son itinéraire, riche et varié, reflétait ces centres d’intérêt. Il s’est notamment rendu aux Deux Magots, le célèbre café associé à des écrivains, artistes et philosophes tels que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Il a également exploré le Louvre, où il a admiré la Joconde de Léonard de Vinci et la Victoire de Samothrace.

Alrasheed s’est aussi arrêté à Shakespeare and Company, la librairie anglophone de la rive gauche associée à plusieurs générations d’écrivains, qualifiant son voyage d’« hors du commun et instructif ».

La gastronomie a constitué une autre manière de découvrir la ville.

Passionné d’histoire, Alrasheed a participé à une visite consacrée aux boulangeries historiques parisiennes, explorant l’univers culinaire de la capitale parallèlement à ses visites de musées et de lieux littéraires.

Pris dans leur ensemble, ces expériences ont durablement marqué sa perception de Paris et lui ont donné toutes les raisons d’y revenir. « La gastronomie, la culture, l’art et l’histoire vous invitent tous à revenir », a-t-il déclaré.

Pour Dania Halawani, originaire de Djeddah, la France a offert un autre type de lien personnel. Sa première visite a eu lieu pendant sa lune de miel, lorsqu’elle a passé une semaine à voyager entre Paris, Versailles et Marseille.

« En plus d’être d’une beauté à couper le souffle et incroyablement riche en culture à chaque coin de rue, c’est un pays absolument romantique », a-t-elle déclaré à Arab News.

Versailles a été l’un des temps forts du voyage. « Nous avons parcouru le palais et nous avions l’impression de revivre son histoire et de la respirer », a-t-elle raconté.

Le séjour lui a également permis de se familiariser davantage avec la langue française, l’anglais ne lui permettant pas toujours de communiquer, et elle a commencé à apprendre des mots et des expressions au fil de son voyage.

Pour d’autres visiteurs saoudiens, la France a été une source d’inspiration professionnelle.

Les voyages répétés à Paris de la cheffe pâtissière saoudienne Al-Batoul Al-Maddah l’ont aidée à transformer son intérêt pour la pâtisserie en véritable carrière.

« Je voyageais à Paris à chaque vacances et je découvrais de nouvelles pâtisseries et de nouvelles saveurs, car la pâtisserie ressemble à la mode : tout est question de nouvelles tendances », a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle a ensuite choisi d’étudier à Paris, attirée par la culture culinaire de la ville et la créativité de sa scène pâtissière.

« Ma vie étudiante à Paris a été remarquable et j’ai eu la chance d’en apprendre davantage sur ce que j’aime vraiment », a-t-elle déclaré.

Pour Hadeel Al-Nufaiey, l’expérience est allée encore plus loin. Elle a vécu cinq ans à Paris pendant ses études à l’université Paris Descartes, décrivant cette période comme une expérience culturelle, éducative et sociale déterminante.

La vie à Paris l’a amenée à participer à des conversations sur l’Arabie saoudite avec des personnes qui connaissaient peu le Royaume.

Elle a expliqué qu’elle se retrouvait souvent à présenter la société et la culture saoudiennes à des personnes dont la perception était largement façonnée par la couverture médiatique.

« J’ai essayé de contribuer au changement autant que possible et j’espère avoir représenté l’Arabie saoudite de la meilleure manière », a-t-elle déclaré.

À son retour à Riyad, la France était également devenue une partie de sa vie familiale : ses deux jeunes enfants parlent couramment français.

Cafés philosophiques, bibliothèques historiques, pâtisseries et bien d’autres découvertes sont autant d’expériences que les voyageurs saoudiens rapportent de France. Ce qui les relie souvent, c’est le sentiment que le pays offre bien plus qu’une simple liste d’attractions incontournables : il offre la possibilité de découvrir des idées, des goûts et des traditions qui continuent de façonner leurs souvenirs longtemps après la fin du voyage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com