L'art numérique à l'honneur à Dubaï, qui veut devenir un hub des cryptomonnaies

Les galeries de NFT, elles, y voient un signal positif pour les affaires, les détenteurs de cryptomonnaies s'intéressant de plus en plus à l'art numérique comme moyen de placement. (AFP)
Les galeries de NFT, elles, y voient un signal positif pour les affaires, les détenteurs de cryptomonnaies s'intéressant de plus en plus à l'art numérique comme moyen de placement. (AFP)
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Publié le Lundi 14 mars 2022

L'art numérique à l'honneur à Dubaï, qui veut devenir un hub des cryptomonnaies

  • Cette 15e édition d'Art Dubaï, qui a accueilli jusqu'à dimanche plus d'une centaine de marchands d'arts locaux et étrangers, a dédié une aile entière à l'art virtuel
  • Les autorités émiraties ont annoncé la semaine dernière l'adoption d'une loi sur les actifs virtuels et la création d'une autorité de régulation des crypto-actifs

DUBAI: L'art numérique fait une première apparition à la principale foire d'art contemporain au Moyen-Orient organisée à Dubaï, qui veut devenir un hub international des cryptomonnaies.


Cette 15e édition d'Art Dubaï, qui a accueilli jusqu'à dimanche plus d'une centaine de marchands d'arts locaux et étrangers, a dédié une aile entière à l'art virtuel, regroupant 17 galeries et plateformes de vente de NFT ou objets numériques authentifiés.


Les NFT -- "non-fungible tokens", jetons non fongibles en français -- sont des certificats d'authenticité et de propriété infalsifiables, basés sur la technologie des chaînes de blocs ("blockchain"), la même que celle qui authentifie les transactions d'échanges de cryptomonnaies.


La directrice exécutive d'Art Dubaï, Benedetta Ghione, explique la décision de les mettre en valeur par "l'intérêt et les questions" qu'ils suscitent, mais aussi par "le rôle unique que veut jouer Dubaï en tant que hub crypto émergent".


"C'était le bon moment et le bon endroit", ajoute-t-elle.  


Après avoir signé en décembre un accord avec Binance, la plus grande plateforme d'échange de cryptomonnaies au monde, les autorités émiraties ont annoncé la semaine dernière l'adoption d'une loi sur les actifs virtuels et la création d'une autorité de régulation des crypto-actifs.

Croissance exponentielle 
Cette étape "conforte la position des Emirats arabes unis dans ce secteur" et vise à assurer "la transparence et la sécurité pour les investisseurs", a commenté sur Twitter le souverain de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum. 


Les galeries de NFT, elles, y voient un signal positif pour les affaires, les détenteurs de cryptomonnaies s'intéressant de plus en plus à l'art numérique comme moyen de placement. 


"La communauté crypto à Dubaï croît de manière exponentielle", se réjouit Jennifer Stelco du collectif Morrow, qui présente une vingtaine d'oeuvres numériques, dont près de la moitié ont été produits par des artistes de la région. 


Parmi elles, celle de Vesa, un artiste finlandais basé à Dubaï qui figure parmi les mieux cotés de la foire. Son tableau, mêlant peinture et photographies retouchées sur ordinateur, est proposé à 50 ethereum (une cryptomonnaie) soit l'équivalent d'environ 120.000 euros, au cours actuel. 


"Aujourd'hui nous avons vendu une oeuvre de Magda Malkoun à 3 ethereum (environ 7 000 euros)", indique Jennifer Stelco.


Cette artiste libanaise réalise des images animées à partir de collages représentant sa ville, Beyrouth, sous les traits d'une femme. 


Le boom mondial des NFT, illustré par la vente record l'année dernière de l'oeuvre de l'artiste américain Beeple à plus de 68 millions de dollars, a encouragé aussi la galerie Emergeast à se convertir à l'art numérique. 


Première plateforme en ligne du Moyen-Orient, créée en 2014, Emergeance voit aujourd'hui dans les NFT une opportunité pour les artistes de la région "d'élargir leur audience, de toucher les collectionneurs d'art et les non-collectionneurs", explique sa cofondatrice, Nikki Meftah.


Cela leur permet aussi de mieux gagner leur vie puisqu'ils reçoivent des royalties à chaque fois que leur oeuvre est revendue, ajoute-t-elle. 


Face à l'emballement des investisseurs pour les NFT, la sculptrice et peintre émiratie, Aïcha Juma, garde toutefois la tête froide. "Les gens s'intéressent au médium, à la technologie", affirme-t-elle.


L'artiste a rejoint le monde virtuel il y a quelques mois en retravaillant des croquis qu'elle dessine dans un état de méditation sur une tablette. 


"La technologie est extrêmement importante, c'est indéniable, mais j'aimerais aussi que les gens s'intéressent à l'art et au message véhiculé", conclut-elle. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.