«Ça pourrait être nous»: dans le Nord, l'accueil comme une évidence d'une famille ukrainienne

Famille d’ukrainiens arrivée samedi en France. (Photo, AFP)
Famille d’ukrainiens arrivée samedi en France. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 15 mars 2022

«Ça pourrait être nous»: dans le Nord, l'accueil comme une évidence d'une famille ukrainienne

Famille d’ukrainiens arrivée samedi en France. (Photo, AFP)
  • «On a deux enfants. On s'est dit qu'il pourrait nous arriver la même chose. Accueillir, c'était la bonne chose à faire»
  • A l'étage, le couple a réaménagé une grande pièce qui «servait de bureau», avec des lits récupérés

LEERS: « Une mère et ses enfants qui fuient la guerre... On s'est dit, ‘ça pourrait être nous’ »: dans leur petite maison de Leers (Nord), Guillaume et Amandine Lamoitte accueillent depuis samedi une famille ukrainienne, alliant « débrouille » et « partage ». 

« Il y a dix jours, on ne se connaissait pas. Aujourd'hui, on fête ensemble l'anniversaire de ma mère », sourit Guillaume, 37 ans. Au bout de la table, Edith, 60 ans aujourd'hui, découpe une tarte aux fraises. 

Regard cerné mais souriant sous sa frange rousse, Tetiana Drozd, 47 ans, hoche la tête pour remercier son hôte. Sa fille Kateryna, 20 ans, déjà surnommée « Katya » par toute la famille, baragouine quelques mots d'anglais. Quand elle ne trouve plus ses mots, son frère Serhii, 14 ans, vient à sa rescousse.  

Sur la nappe, tous font glisser leurs téléphones, échangeant anecdotes et questions « grâce à Google traduction ». 

« On est bien aidé par la technologie! Mais on fait aussi des gestes, on rit, les enfants échangent par le jeu, le dessin. C'est assez facile de se comprendre », se réjouit Guillaume, qui les hébergera « le temps qu'il faudra ».  

L'idée est venue « dès le début, en voyant les premières images des gens qui quittaient leur foyer », raconte-t-il. « On a deux enfants. On s'est dit qu'il pourrait nous arriver la même chose. Accueillir, c'était la bonne chose à faire ». 

1
Amandine Lamoitte accueillent depuis samedi une famille ukrainienne. (Photo, AFP)

« Arrivés sans rien »  

Le couple s'était « déjà posé des questions » lors de précédents afflux de réfugiés, « surtout » à la vue d'une famille afghane près de Calais. « Mais cette fois, c’est facilité par une simplicité législative, administrative », mise en place par l'Union européenne. 

Fin février, Guillaume « se porte immédiatement volontaire » auprès de la préfecture, mais n'obtient pour retour qu'un accusé de réception. Très connecté, il tombe vite sur un groupe Télégram ukrainien, où « des milliers d'Ukrainiens s'échangent des conseils ». Il y poste une proposition d'hébergement, traduite automatiquement.  

A 1 400 km, Katya répond depuis Varsovie. Elle a fui les bombardements à Kharkiv, où elle était étudiante, et a d'abord rejoint sa famille près de Perchotravensk, cité minière du sud-est de l'Ukraine. Mais face à l'avancée des Russes, mère et enfants ont fui à l'Ouest, le père restant pour combattre.  

Boxeuse professionnelle, Katya est « déjà venue en France » pour des championnats, notamment à Nantes ou près de Nice, mais « jamais à Lille », dit-elle. Sur  Telegram, les Lamoitte suivent »au jour le jour » leur éprouvant périple de sept jours via Berlin, puis Paris. 

« Ils sont arrivés épuisés, avec trois sacs à dos. Ils avaient abandonné leurs valises sur un quai, en Ukraine, pour permettre à plus de monde de monter dans le train », s'émeut Guillaume. « Toutes les interrogations qu'on avait, sur le fait d’accueillir des inconnus, ont vite été balayées ». 

« Chaîne de solidarité »  

A l'étage, le couple a réaménagé une grande pièce qui « servait de bureau », avec des lits récupérés. 

« Il n’y a pas besoin d’énormément de choses. Ils ont seulement besoin de se sentir en sécurité », estime Amandine, 33 ans. « On a reçu beaucoup d'aide, d'amis ou famille qui ont donné des pyjamas, chaussettes, vêtements à la bonne taille », se réjouit-elle.  

Un commerçant a même offert des fruits et légumes, « aidant pas mal pour le budget ». « Si on devait trouver tout ça, je ne sais pas si on y arriverait, mais il y a vraiment une grande chaîne de solidarité », dit-elle.  

Sourire appuyé, mais mélancolique, Katya ne cesse de « remercier cette famille, et tous ceux, en Europe, qui s'inquiètent pour l'Ukraine ». Si elle « a très peur » pour ses proches, restés à 80 km du front, elle dit « se sentir vraiment bien ici ». Cette semaine sera consacrée aux démarches administratives, « pour pouvoir vite travailler ». 

Deux autres familles ont déjà écrit à Guillaume. L'une « cherche encore à quitter l'Ukraine » et devrait s'installer chez ses parents, Edith et Patrice. La troisième a été « mise en contact avec des gens dans le Sud ».  

« Dans dix ans, mon frère et moi, on aura l'âge de Katya et Serhii », observe Alice, 9 ans, en distribuant des chocolats. Amandine acquiesce. « On se ressemble beaucoup ». 


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Short Url
  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Short Url
  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.