Elections législatives libanaises: fiction ou réalité?

Un manifestant brandit une pancarte montrant une carte du Liban sous-titrée en arabe «Jusqu'à quand allons souffrir?» lors d'une manifestation près du siège du Parlement libanais au centre de la capitale Beyrouth, le 11 décembre 2019 (Photo, AFP).
Un manifestant brandit une pancarte montrant une carte du Liban sous-titrée en arabe «Jusqu'à quand allons souffrir?» lors d'une manifestation près du siège du Parlement libanais au centre de la capitale Beyrouth, le 11 décembre 2019 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 15 mars 2022

Elections législatives libanaises: fiction ou réalité?

  • L'économie libanaise est en chute libre depuis plus de deux ans, entraînant l'effondrement de la monnaie locale
  • Les élections législatives libanaises seront les premières depuis le soulèvement populaire de fin 2019

BEYROUTH: Pour certains Libanais, les législatives de 2022 représentent le seul et unique espoir qui reste au pays. La seule issue restante pour le Liban de sortir de ses crises et d'amorcer sa relance est de s'assurer que ces élections permettent l'arrivée d'une nouvelle vague de personnalités réformatrices, non-soumises à l'intimidation ou aux entraves des plus grands partis politiques, au Parlement.

En bref, le problème des élections générales au Liban est politique et non technique et, par conséquent, il nécessite un organe de gestion électorale indépendant pour créer un environnement propice pour que les candidats réformateurs puissent concourir et gagner en 2022, souligne un article publié sur United States Institute of Peace. Une surveillance régulière du scrutin ne sera pas être suffisant pour ce faire. Elle conduirait, au mieux, à obtenir le même résultat que d'habitude : à l'incapacité des observateurs à mettre les principaux problèmes en évidence, les astreignant par défaut à déclarer» les élections de 2022 comme «relativement équitables et transparentes», lit-on.

Des élections «transparentes»

Pour optimiser les résultats des élections générales de 2022 et ouvrir la voie à l'élection d'un groupe de personnalités réformatrices au Parlement, il est essentiel de disposer d'un organe de gestion électorale indépendant supervisé au niveau international, affiche le site United States Institute of Peace. 

D'ailleurs, en réponse à l'invitation du ministère libanais de l'Intérieur et des Municipalités, l'Union européenne a décidé de déployer une mission d'observation électorale de l'UE pour observer les élections législatives prévues le 15 mai 2022, explique le communiqué délivré par le ministère même. Le haut-représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a alors nommé György Hölvényi, membre du Parlement européen, observateur en chef de la mission, lit-on dans un communiqué des actions étrangères de la Commission Européenne. 

Le tweet ci-dessus, publié par le compte officiel de l'Union Européenne au Liban, indique: "Elena Valenciano, membre du parlement européen et observatrice en chef, se rend à Beyrouth cette semaine. Il est encourageant d'apprendre du président, du Premier ministre que les élections se tiendront en 2022 conformément au calendrier. Le droit de vote doit être respecté."

«L'UE s'est engagée à soutenir le processus électoral libanais en fournissant un soutien financier, technique et politique important pour sa préparation. La tenue d'élections est avant tout un droit attendu impatiemment par le peuple libanais, ainsi qu'une responsabilité souveraine que le gouvernement libanais doit assumer. Une participation constructive de toutes les forces politiques aux prochaines élections sera d'une importance capitale pour le pays et pour tout le peuple libanais. L'UE est un partenaire de longue date du Liban dans le soutien à la paix et à la démocratie, et la présence d'une mission d'observation électorale est un autre exemple de cet engagement. Je pense que le travail de la mission de l'UE contribuera à un processus électoral inclusif et transparent et à renforcer davantage la voie démocratique et les réformes au Liban», assure M. Borrell

Pour sa part, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a annoncé aussi que son organisation était prête à envoyer une équipe au Liban pour surveiller le déroulement des élections législatives prévues le 15 mai. Le président libanais Michel Aoun s’est entretenu avec M. Aboul Gheit et lui a assuré que les élections se dérouleront à la date prévue, lit-on dans un communiqué de la République Libanaise. 

Le président libanais Michel Aounrencontre le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de la capitale Beyrouth, le 11 février 2019. (Photo, AFP)
Le président libanais Michel Aounrencontre le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de la capitale Beyrouth, le 11 février 2019. (Photo, AFP)

La diaspora, une menace aux partis au pouvoir 

Des campagnes sur les réseaux sociaux aux appels Zoom individuels, des événements sur le terrain aux marathons d'inscription pouvant durer de 24 à 48 heures... les expatriés libanais du monde entier ont uni leurs efforts pour sensibiliser à l'importance du vote.

«Les campagnes sur les réseaux sociaux se sont avérées plus efficaces auprès des personnes qui ont juste besoin d'un coup de pouce pour s'inscrire. Pour ceux qui sont plus réticents, les appels Zoom ou WhatsApp sont plus bénéfiques», a déclaré Ghassan Hassan, membre de Nahwal Watan, affirmant qu'il fait du bénévolat près de cinq heures de son temps par jour. "Nous avons aidé également à résoudre les problèmes techniques rencontrés par certaines personnes lors du processus d'inscription."

Éditrice, membre du conseil Kulluna Irada et vice-président du Centre d'études libanaises, Dalia Salaam Rishani a invité dans un tweet les Libanais résidant à l'étranger à briser le record des 150 000 inscriptions à la participation au scrutin à l'étranger pour soutenir le peuple qui y réside toujours, et souffre...

Le 21 novembre 2021, au dernier délai d'enregistrement auprès des missions diplomatiques libanaises à l'étranger, près de 245 000 Libanais vivant à l'étranger se sont inscrits pour voter lors des élections législatives de 2022, a annoncé le ministère libanais des Affaires étrangères, après avoir fermé la fenêtre d'inscription.

Toutefois, un tel nombre d’expatriés qui ont fui le pays à la recherche de nouvelles opportunités en raison de la stagnation économique, de l'inflation et du chômage, peuvent, entre autres facteurs, aider à déclencher la rupture dans la politique quotidienne de dysfonctionnement.

 À ne pas fermer les yeux sur le nombre de candidatures qui se lancent au jour le jour, avec les slogans "trompant" le pauvre peuple.)

Le 15 mai, une pièce de théâtre

Le ministre libanais de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, a signé le 27 décembre 2021 le décret de convocation du collège électoral pour les législatives, fixant la date du scrutin au 15 mai 2022, signale le ministère. Cette décision s'oppose aux amendements de la loi électorale qui a été approuvés en octobre par le Parlement, stipulant que les élections auront lieu le 27 mars 2022. L'approbation a été toutefois contestée par le Président de la République, Michel Aoun, et son camp, lit-on dans le communiqué ministériel. M. Maoulaoui a souligné que telle procédure confirme "le sérieux du ministère et du gouvernement qui tiennent à organiser les législatives dans les délais constitutionnels, conformément à la déclaration ministérielle et aux promesses faites auprès des communautés locale et internationale."

L'économie libanaise est en chute libre depuis plus de deux ans, entraînant l'effondrement de la monnaie locale. En raison d'une inflation galopante, la majorité des Libanais ne peuvent plus subvenir à leurs besoins de base dans un pays où plus de 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, selon l'ONU.

Le tweet ci-dessus a été publié par le compte officiel des Nations Unies: "Liban : La pauvreté a considérablement augmenté au cours de l'année écoulée et touche désormais environ 74 % de la population. Des mesures de protection sociale efficaces sont nécessaires dans un contexte de crise socio-économique sans précédent, prévient l'ESCWA.".

Les élections législatives libanaises seront les premières depuis le soulèvement populaire de fin 2019, lorsque des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exiger la fin du système de favoritisme politique et économique enraciné, responsable des multiples crises graves qui ont englouti le petit pays méditerranéen.

Des manifestants libanais lancent des cartouches de gaz lacrymogène sur la police anti-émeute lors d'affrontements dans la capitale Beyrouth, le 14 décembre 2019. (Photo, AFP)
Des manifestants libanais lancent des cartouches de gaz lacrymogène sur la police anti-émeute lors d'affrontements dans la capitale Beyrouth, le 14 décembre 2019. (Photo, AFP)

Les élections sont prévues le dimanche 15 mai, 2022. C'est une course contre la montre qui commence. Les résultats de cette année pourraient marquer le début d'une nouvelle ère au pays des cèdres. Une chose est certaine : la conscience politique est résolument accrue et développée chez les expatriés libanais, qui joueront un rôle crucial dans la direction que prendra le pays.


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.