La Fed relève ses taux d'intérêt; l'inflation russe s'accélère pour atteindre son taux le plus élevé depuis 2015/node/217166/%C3%A9conomie
La Fed relève ses taux d'intérêt; l'inflation russe s'accélère pour atteindre son taux le plus élevé depuis 2015
La Réserve fédérale a augmenté ses taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage et elle a signalé des hausses lors des six réunions restantes cette année, initiant une campagne pour lutter contre l'inflation la plus rapide depuis quatre décennies, même si les risques pour la croissance économique augmentent. (Shutterstock)
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Publié le Jeudi 17 mars 2022
Farida Elgazzar
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La Fed relève ses taux d'intérêt; l'inflation russe s'accélère pour atteindre son taux le plus élevé depuis 2015
Les décideurs de la Fed ont revu à la baisse leur estimation de la croissance du produit intérieur brut
L'impact du conflit russo-ukrainien se fait sentir dans le monde entier, avec la crainte d'une flambée des prix du pétrole et d'une perturbation de la chaîne d'approvisionnement
Publié le Jeudi 17 mars 2022
Farida Elgazzar
RIYAD: L'inflation devient une préoccupation majeure pour toutes les économies. Les États-Unis en ont pris la mesure en augmentant les taux d'intérêt mercredi, tandis que l’inflation en Russie augmente.
La Réserve fédérale des États-Unis augmente les taux d'intérêt, signalant une lutte agressive contre l'inflation
La Réserve fédérale (Fed) a relevé mercredi ses taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage et elle a présenté un plan agressif visant à ramener les coûts d'emprunt à des niveaux restrictifs d'ici à l'année prochaine, les inquiétudes liées à une inflation élevée et à la guerre en Ukraine l'emportant sur les risques de pandémie de coronavirus.
La banque centrale américaine, dans un geste surprenant, a prévu l'équivalent de hausses de taux d'un quart de point de pourcentage à chacune de ses six réunions restantes cette année, ce qui porterait son taux d'intérêt de référence au jour le jour dans une fourchette de 1,75 % à 2 % d'ici à la fin de l’année 2022. Ce taux devrait encore augmenter pour atteindre 2,80 % à la fin de l'année prochaine, soit un niveau supérieur à celui de 2,40 % qui, selon les autorités, ralentirait l'économie.
Le président de la Fed, Jerome Powell, s'exprimant après la fin de la dernière réunion de politique générale de deux jours, a déclaré que l'économie est forte et que les responsables augmenteront si nécessaire les taux de manière plus agressive lors des prochaines réunions pour contrôler l'inflation.
La Réserve fédérale des États-Unis augmente les taux d'intérêt, signalant une lutte agressive contre l'inflation
«Nous abordons la question à chaque réunion comme une réunion en direct», déclare M. Powell lors d'une conférence de presse. «Nous allons examiner l'évolution des conditions, et si nous concluons qu'il serait approprié d'agir plus rapidement pour supprimer la mesure d’adaptation, alors nous le ferons.»
Un ralentissement économique pourrait toutefois être déjà en cours. Les décideurs de la Fed ont revu à la baisse leur estimation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2022, à 2,8 %, contre 4 % prévus en décembre, car ils ont commencé à prendre en compte les nouveaux risques auxquels l'économie mondiale est confrontée.
La chute des actions asiatiques
Les cours des actions asiatiques ont bondi pour une deuxième journée après que la Fed a annoncé sa première hausse des taux d'intérêt depuis 2008 et que la Chine a promis de soutenir ses secteurs de l'immobilier et de l'Internet.
L'indice de référence de Hong Kong a bondi de plus de 6 % et Tokyo a gagné plus de 3 %. Shanghai, Séoul et Sydney ont progressé.
L'indice de référence S&P 500 de Wall Street a augmenté de 2,2 % après que la Fed a relevé son taux de prêt à court terme de 0,25 point de pourcentage.
Ce changement largement anticipé était inférieur à la hausse de 0,5 point de pourcentage préconisée par certains responsables.
Les cours des actions asiatiques ont bondi pour une deuxième journée après que la Fed a annoncé sa première hausse des taux d'intérêt depuis 2008.
L’inflation en Russie
L'impact du conflit russo-ukrainien se fait sentir dans le monde entier, avec la crainte d'une flambée des prix du pétrole et d'une perturbation de la chaîne d'approvisionnement.
L'inflation annuelle en Russie s'est accélérée pour atteindre 12,5 % au 11 mars, son plus haut niveau depuis fin 2015 et en hausse par rapport aux 10,42 % enregistrés une semaine plus tôt, a indiqué mercredi le ministère de l'Économie.
L'inflation s'est fortement accélérée alors que la monnaie est tombée à son plus bas niveau historique, sur fond de signes d'augmentation de la demande pour un large éventail de biens, des denrées alimentaires de base aux voitures, dans l'attente d'une nouvelle hausse de leurs prix.
L'inflation hebdomadaire a légèrement ralenti pour atteindre 2,09 % au cours de la semaine du 11 mars, contre 2,22 % la semaine précédente, soit la plus forte hausse des prix en une semaine depuis la crise de 1998, selon les données du service statistique Rosstat.
La banque centrale, qui vise une inflation annuelle de 4 %, a relevé son taux directeur à 20 % à la fin du mois de février.
«Les conditions monétaires strictes facilitent le ralentissement de l'inflation, mais selon nous, elles ne l'empêcheront pas de dépasser 20 % cette année», indiquent les analystes de la banque Raiffeisen.
La confiance des Français affaiblie
La croissance économique française se maintient pour l'instant malgré le choc des prix de l'énergie dû à la crise ukrainienne, mais la confiance des entreprises et des consommateurs chute rapidement, a indiqué mercredi l'Insee, l'agence officielle des statistiques.
La deuxième économie de la zone euro devrait connaître une croissance de 0,3 % ce trimestre, en baisse par rapport au taux de 0,7 % enregistré au quatrième trimestre, mais inchangé par rapport à l'estimation précédente du mois dernier, selon l'Insee.
Bien que limité jusqu'à présent, l'impact économique de la crise ukrainienne pourrait être plus important à l'avenir, notamment en raison des prix de l'énergie.
Si les prix de l'énergie restent aux niveaux élevés observés au début du mois de mars pour le reste de l'année, l'économie française perdrait près d’un point de pourcentage de croissance, a estimé l'agence.
Les premiers résultats de l’enquête mensuelle de l’Insee sur la confiance des entreprises montrent une forte détérioration, en particulier dans les secteurs de l'industrie manufacturière, du commerce de gros et de détail.
Face aux prix élevés de l'énergie, les dirigeants s'attendent à ce que les pressions sur les prix s'aggravent fortement – à l'exception du secteur des services.
La consommation allemande
La flambée des prix de l'énergie due à la guerre de la Russie en Ukraine va freiner la consommation privée en Allemagne cette année, a déclaré mercredi le ministère de l'Économie, bien qu'il soit trop tôt pour évaluer l'impact sur la croissance.
Le ministère a indiqué dans son rapport mensuel que l'impact de l'invasion russe sur la production économique dépendait de la durée et de l'intensité du conflit qui a débuté le 24 février.
L'économie s'est contractée au cours du dernier trimestre de l'année dernière et l'indice du sentiment des investisseurs publié mardi a fortement chuté, laissant présager une récession probable.
Le ministère a déclaré que l'accélération de l'inflation restait une préoccupation majeure pour l'économie et que les consommateurs et les entreprises devraient probablement faire face à des factures d'énergie plus élevées étant donné que l'Allemagne reste dépendante du gaz et du pétrole russes.
«Depuis le début de l'invasion militaire, on observe des augmentations extrêmes du prix de l'énergie et des matières premières», indique le ministère. «Les flux commerciaux et les chaînes d'approvisionnement sont également fortement impactés.»
Les factures de gaz et d'électricité des ménages allemands qui concluent de nouveaux contrats ont atteint un niveau record ce mois-ci et elles vont se répercuter sur le reste de la population, selon des données publiées mercredi.
Le gouvernement du chancelier, Olaf Scholz, dirigé par les sociaux-démocrates avec les Verts et les libéraux-démocrates probusiness de Christian Lindner comme partenaire junior, avait déjà pris certaines mesures pour amortir l'impact économique de la guerre et la flambée des prix de l'énergie qui en a résulté.
Une surtaxe sur les factures d'électricité destinée à financer le développement des énergies renouvelables sera supprimée à partir de juillet au lieu de l'année prochaine et les entreprises ayant des activités en Russie pourront demander des subventions.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï. (Fournie)
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Arab News en français
Publié le 07 avril 2026
Keolis MHI nomme Vikas Sardana directeur général, alors que l’entreprise accélère son « Plan stratégique 2026 » et renforce son partenariat avec la RTA de Dubaï
Keolis MHI, consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries et Mitsubishi Corporation, exploite le métro et le tramway de Dubaï avec plus de 1.700 employés et mise sur l’innovation pour maintenir la qualité de service
Publié le Mercredi 08 avril 2026
Arab News en français
07 avril 2026
DUBAÏ : Keolis MHI, opérateur du métro et du tramway de Dubaï, a récemment annoncé la nomination de Vikas Sardana au poste de directeur général. Cette nomination intervient alors que l’entreprise accélère la mise en œuvre de son « Plan stratégique 2026 » et consolide son partenariat avec la Roads and Transport Authority (RTA).
Ancien directeur des opérations de Keolis MHI, Vikas Sardana apporte plus de vingt ans d’expérience dans les réseaux de métro au Moyen-Orient et en Inde.
« C’est un honneur de diriger Keolis MHI à un moment déterminant pour la mobilité urbaine à Dubaï », a-t-il déclaré. « Notre objectif reste de fournir une expérience de transport fluide, durable et de classe mondiale. »
Youenn Dupuis, CEO Moyen-Orient et Asie de l’Est du groupe Keolis, a estimé que cette nomination reflétait « la profondeur de l’expertise opérationnelle au sein de Keolis MHI », ainsi que sa connaissance du réseau local.
Keolis MHI est un consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries Engineering et Mitsubishi Corporation. L’entreprise exploite et maintient le métro de Dubaï ainsi que le tramway, dans le cadre d’un contrat de long terme avec la Roads and Transport Authority (RTA), depuis 2021. Présente à l’échelle internationale via le groupe Keolis, elle s’appuie sur plus de 1.700 employés et opère dans plusieurs régions du monde.
Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï.
L'usine de dessalement de Veolia à Sur, Oman. (Photo : fournie)
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Zeina Zbibo
Publié le 02 avril 2026
Le dessalement, pilier vital de l’eau au Moyen-Orient, assure jusqu’à 90 % de l’approvisionnement dans certains pays du Golfe
Veolia innove pour rendre le dessalement plus durable : énergie réduite, première usine 100 % solaire et solutions adaptées aux besoins locaux
Publié le Jeudi 02 avril 2026
Zeina Zbibo
02 avril 2026
DUBAÏ : Dans un contexte régional marqué par des tensions géopolitiques et la raréfaction des ressources hydriques, le dessalement s’impose comme un outil stratégique : les pays du Golfe, où il joue un rôle central, doivent relever des défis croissants liés à la protection des infrastructures, à l’augmentation de la population et à la demande industrielle.
Pour répondre à ces enjeux, les pays du Golfe investissent massivement dans les infrastructures de dessalement, en cohérence avec leurs stratégies nationales, leurs objectifs de croissance et leurs visions de développement à long terme. Ces projets font partie intégrante des plans visant à renforcer la sécurité hydrique et à soutenir l’expansion économique de la région.
À la tête de Veolia, Estelle Brachlianoff insiste sur la résilience du secteur face à ces enjeux. « Aujourd’hui, l'ensemble des activités de dessalement de Veolia se poursuivent et le service est assuré », affirme-t-elle lors d’un entretien accordé à Arab News en français.
Dans une région où l’accès à l’eau constitue un enjeu majeur pour les économies et les populations, ces installations sont « considérées d’intérêt national ». Elle souligne également que la sécurité des équipes, l’intégrité des infrastructures et la continuité des opérations font l’objet d’une vigilance constante, afin de garantir un approvisionnement stable malgré les risques.
Pour limiter les risques, les réseaux de dessalement sont conçus pour être robustes et interconnectés, permettant aux usines de se substituer les unes aux autres si nécessaire et intégrant des capacités de stockage pour assurer la continuité du service, explique Brachlianoff.
Cette configuration multi-site et la coordination avec les autorités locales sont essentielles pour protéger une ressource critique dans un environnement où la sécurité des infrastructures est stratégique.
Selon la directrice générale de Veolia, Estelle Brachlianoff, le marché devrait accélérer sa croissance au cours des cinq prochaines années, principalement au Moyen-Orient, en Asie-Pacifique et dans certains pays d’Europe. (Photo : Médiathèque Veolia – Nicolas Fagot)
Le dessalement représente une part significative de l’eau potable dans les pays du Golfe : 42 % aux Émirats arabes unis, 70 % en Arabie saoudite, 86 % à Oman et 90 % au Koweït, selon une note de l'Institut français des relations internationales (Ifri) de 2022. « Le dessalement est aujourd’hui capital pour l’approvisionnement en eau des pays du Golfe », précise Brachlianoff, en soulignant le rôle central de cette technologie face à la pression démographique et industrielle.
Pour répondre aux contraintes énergétiques, le secteur a réduit significativement sa consommation d’électricité. « Sur les dix dernières années, nous avons réussi à diviser par trois la consommation énergétique nécessaire à la production d’un mètre cube d’eau dessalée », ajoute-t-elle.
La transition vers les énergies renouvelables progresse également : à Sur, à Oman, un champ solaire alimente désormais l’usine de dessalement à 100 % en période diurne, faisant d’elle la première usine au monde fonctionnant ainsi. Cette initiative pourrait être dupliquée dans d’autres pays de la région, dans le respect des réglementations locales.
À Sur, à Oman, un champ solaire alimente désormais l’usine de dessalement à 100 % en période diurne. (Photo : fournie)
Ces avancées rendent le processus plus efficace, modulable et respectueux de l’environnement, tout en permettant aux pays de mieux aligner leurs infrastructures sur leurs visions nationales de développement et de croissance.
Le marché du dessalement est en pleine expansion. « Le marché devrait accélérer sa croissance au cours des cinq prochaines années, principalement au Moyen-Orient, en Asie-Pacifique et dans certains pays d’Europe, avec une capacité prévue d’environ 40 millions de m³ par jour », note Brachlianoff. La demande varie selon les territoires : certains privilégient de grandes installations centralisées, comme les usines de Mirfa 2 et Hassyan aux Émirats arabes unis, tandis que d’autres optent pour des solutions plus compactes ou modulaires.
Avec près de 19 % de la capacité installée dans la région, Veolia est un acteur clé du secteur. Le dessalement ne constitue toutefois pas une solution unique : la directrice générale du groupe rappelle qu’il doit être complété par la réutilisation de l’eau et l’optimisation des réseaux afin de garantir un approvisionnement fiable et durable.
La durabilité du dessalement dépend de sa capacité à rester abordable et respectueux de l’environnement. Dans les régions exposées au stress hydrique, comme le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, cette technologie restera toutefois un pilier de la sécurité de l’eau.
Le renouveau de Petroline souligne la stratégie de l’Arabie saoudite consistant à contourner les goulets d’étranglement maritimes, offrant un amortisseur partiel contre les chocs d’approvisionnement tout en exposant la vulnérabilité des marchés énergétiques mondiaux. (AFP)
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Jonathan Gornall
Publié le 01 avril 2026
Alors que l’Iran menace le détroit d’Ormuz, un pipeline vieux de 40 ans contribue à stabiliser les flux et à contenir la flambée des prix mondiaux de l’énergie
L’expansion de Petroline — ou la relance d’anciennes routes comme Tapline — pourrait affaiblir durablement l’emprise de l’Iran sur des points de passage pétroliers clés
Publié le Jeudi 02 avril 2026
Jonathan Gornall
01 avril 2026
LONDRES : Il a été créé il y a quatre décennies dans l’ombre d’un conflit régional antérieur qui menaçait le flux de pétrole et de gaz à travers le détroit d’Ormuz. Aujourd’hui, le Petroline saoudien revient à la une et soulage une fois de plus les marchés énergétiques mondiaux.
Le pipeline Est-Ouest de l’Arabie saoudite se compose de deux conduites et d’une série de stations de pompage qui transportent le pétrole sur plus de 1 200 km à travers des terrains souvent difficiles, reliant le champ pétrolier d’Abqaiq, dans la province orientale, au port de Yanbu sur la mer Rouge.
Aujourd’hui, alors que le passage par le détroit d’Ormuz est fortement restreint, le Petroline, vieux de 40 ans, fonctionnerait à pleine capacité.
Selon Bloomberg, la compagnie pétrolière nationale saoudienne Aramco a activé des plans pour intensifier les opérations de Petroline dès le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février.
Dès le 4 mars, il fonctionnait presque à pleine capacité, et les pétroliers qui se dirigeaient habituellement vers des terminaux du Golfe arabique ont été redirigés vers la mer Rouge.
Installations pétrolières de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite. (Saudi Aramco/AFP)
Les 7 millions de barils par jour acheminés à travers le pays depuis la province orientale jusqu’à Yanbu ne compensent que partiellement la perte des 15 millions de barils qui transitent normalement par le détroit d’Ormuz — soit environ 20 % de la demande mondiale quotidienne.
Mais, comme l’a rapporté Bloomberg samedi, Petroline est « l’une des raisons pour lesquelles les prix du pétrole n’ont pas atteint des niveaux de crise ».
L’accès au pétrole par voie maritime est pris en otage non seulement par des attaques physiques de l’Iran, mais aussi par la crainte de telles attaques, aggravée par la hausse prohibitive des assurances.
L’assurance des pétroliers est calculée en pourcentage de la « valeur de coque » — le coût de remplacement du navire. Selon Lloyd’s List, en temps normal, le coût d’une semaine d’assurance pour traverser le détroit d’Ormuz varie entre 0,15 et 0,25 % de cette valeur.
La semaine dernière, cependant, Lloyd’s a indiqué que certaines compagnies se voyaient proposer des taux atteignant 10 %.
Des rapports suggèrent que certaines entreprises, voire certains États, cèdent au chantage iranien, négociant des frais pour garantir un passage sécurisé. La Thaïlande a confirmé qu’un pétrolier battant pavillon thaïlandais, appartenant à Bangchak Corporation, avait traversé avec l’autorisation de l’Iran.
Le soulagement apporté aux marchés énergétiques mondiaux par Petroline durant la crise ouvre une perspective intéressante. Si l’Arabie saoudite construisait un second pipeline, doublant la capacité de Petroline, l’emprise de l’Iran sur le flux pétrolier à travers le détroit d’Ormuz pourrait disparaître.
Cela ne résoudrait pas, bien sûr, le problème auquel est confrontée la flotte mondiale de porte-conteneurs et de vraquiers transportant d’autres marchandises essentielles à travers ce goulet d’étranglement.
Vendredi, il a été rapporté que deux grands porte-conteneurs appartenant à la compagnie chinoise Costco ont effectué des demi-tours soudains en tentant de franchir le détroit près de l’île iranienne de Qeshm.
Selon les services de suivi maritime, les CSCL Indian Ocean et CSCL Arctic Ocean avaient clairement signalé leur propriété chinoise avant d’être contraints de rebrousser chemin.
Mais si une pénurie de biens matériels serait préjudiciable aux entreprises et aux consommateurs, c’est la perte du pétrole — qui fait tourner les rouages de l’économie mondiale — qui constitue la menace la plus grave pour la stabilité économique.
La construction d’un second Petroline serait sans aucun doute une alternative bien plus simple, rapide et économique qu’une solution évoquée sur les réseaux sociaux : la construction d’un canal contournant le détroit d’Ormuz.
Un tel projet représenterait un défi d’ingénierie colossal, nécessitant des décennies et la construction de centaines d’écluses pour franchir les montagnes Hajar entre la côte du Golfe arabique des Émirats et le golfe d’Oman.
Même s’il était réalisable, un canal transarabique serait extrêmement vulnérable aux actions militaires : immobiliser un seul navire pourrait bloquer l’ensemble.
Installations terrestres de Safaniya et Tanajib à Fadhili, à 30 km à l’ouest de Jubail. (Saudi Aramco/AFP)
Cela dit, Petroline lui-même n’est pas invulnérable. En mai 2019, le ministère saoudien de l’Énergie a indiqué que le pipeline avait été frappé par des drones lancés par les Houthis du Yémen.
Les drones ont touché deux stations de pompage situées à Al-Duwadimi et Afif, respectivement à environ 200 et 400 km à l’ouest de Riyad.
Mais, tout comme il a été relativement simple à construire, le pipeline est également relativement facile à réparer.
Une seule attaque ne peut endommager qu’une petite section, rapidement remise en service, comme cela a été démontré en 2019 lorsque Aramco a remis Petroline en fonctionnement après une brève interruption.
De plus, un second pipeline « fantôme » pourrait être construit en parallèle, garantissant qu’une partie du flux pétrolier continue même si l’un des pipelines est temporairement hors service.
Cependant, Petroline ne peut jouer son rôle que si la navigation en mer Rouge reste sûre. La menace des attaques houthies continue de préoccuper Aramco, les compagnies maritimes et les assureurs.
Comme l’a rapporté Bloomberg, « des flottes de pétroliers ont été redirigées vers Yanbu, fournissant une bouée de sauvetage essentielle à l’approvisionnement mondial ».
Mais « avec l’entrée en guerre annoncée des Houthis, la crainte est que la mer Rouge devienne un nouveau front ».
Les Houthis étaient restés à l’écart jusqu’à samedi, lorsqu’ils ont lancé des missiles contre des « sites militaires sensibles » en Israël.
Le pipeline transarabique historique près d’Arar. (Creative Commons)
Les Houthis ont également attaqué ou saisi plus de 170 navires naviguant sous de nombreux pavillons différents dans la mer Rouge. En conséquence, de nombreux navires ont été redirigés autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique — une déviation coûteuse en carburant et en temps, et un coup porté aux revenus de l’Égypte provenant du canal de Suez.
En réponse, les États-Unis ont lancé plusieurs attaques contre des sites houthis et leur leadership au Yémen, ce qui a abouti à un accord de cessez-le-feu, négocié par Oman, en mai 2025.
L’année dernière, toutefois, les attaques houthies contre la navigation ont brièvement repris. Les 6 et 7 juin, deux navires de charge ont été attaqués près du port de Hodeidah, contrôlé par les Houthis, et trois membres d’équipage à bord du Eternity C, battant pavillon libérien, ont été tués.
À ce jour, malgré la reprise des attaques à missiles contre Israël, les Houthis n’ont jusqu’à présent donné aucun signe indiquant qu’ils reviendraient à attaquer la navigation passant par le détroit étroit de Bab Al-Mandab — large de seulement 30 km, un goulet d’étranglement tout aussi vulnérable que celui d’Hormuz.
Si tel était le cas, le coût mondial du carburant augmenterait sans aucun doute malgré le flux de pétrole via la Petroline.
Yanbu, où se termine la ligne pétrolière sur la mer Rouge, se trouve à plus de 1 300 km de Bab Al-Mandab et loin des lieux des précédentes attaques houthies contre la navigation dans le sud de la mer Rouge.
Mais si le détroit était bloqué, les pétroliers en provenance d’Extrême-Orient souhaitant charger du pétrole à Yanbu devraient emprunter un détour incroyablement long et prohibitivement coûteux, les obligeant à contourner le cap de Bonne-Espérance, remonter la côte ouest de l’Afrique, passer par le détroit de Gibraltar dans la Méditerranée, descendre le canal de Suez jusqu’à Yanbu, puis revenir avec leur cargaison.
Pour un pétrolier venant de l’est, cela ajouterait un voyage aller-retour de 40 000 km à leur parcours.
Le canal de Suez est un autre point de congestion potentiel.
Lorsque le président égyptien Gamal Abdel Nasser a nationalisé la voie navigable en 1956, la Grande-Bretagne et la France, secrètement assistées par Israël, ont tenté de renverser Nasser et de reprendre la zone du canal par la force armée.
Le canal a été fermé à la navigation d’octobre 1956 à mars 1957, mais le plan a été contrecarré sous la pression des États-Unis et de l’Union soviétique.
Le canal a de nouveau été fermé par l’Égypte en 1967 au début de la guerre des Six Jours, et est resté fermé jusqu’en juin 1975.
Indépendamment de la vulnérabilité du détroit de Bab Al-Mandab et du canal de Suez, Petroline reste le meilleur espoir mondial pour contenir les coûts énergétiques pendant la crise actuelle.
Petroline est né d’un conflit, construit dans les années 1980 pendant la « guerre des pétroliers » qui a éclaté au cours du conflit Iran-Irak. Entre 1984 et 1988, plus de 450 navires ont été attaqués dans ou près du Golfe arabique, tant par l’Irak que par l’Iran.
Prémonitoire d’un aspect de la crise actuelle, la logique du « coup pour coup » avait commencé lorsque l’Irak a attaqué des navires utilisant le terminal pétrolier iranien de l’île de Kharg, aujourd’hui une cible potentielle pour les milliers de Marines américains et autres forces terrestres en route vers le Golfe.
Toutes les solutions ne se sont pas révélées aussi résilientes que Petroline.
En mars 1987, le Koweït a tenté de protéger ses pétroliers en persuadant les États-Unis de lui permettre de faire arborer le pavillon américain à ses navires, mais le plan a échoué avec des conséquences désastreuses pour les États-Unis.
Deux mois plus tard, un avion irakien a attaqué l’USS Stark, une frégate lance-missiles, avec deux missiles, tuant 37 membres d’équipage. Les Irakiens ont affirmé avoir confondu la frégate avec un pétrolier iranien.
Il existe une autre proposition de pipeline qui, dans les circonstances actuelles, pourrait sembler irréalisable, voire impensable : contourner Ormuz en construisant un nouveau réseau de pipelines pétroliers et gaziers depuis les États producteurs du Golfe jusqu’à la Méditerranée via Israël.
Selon Hal Brands, chercheur senior à l’American Enterprise Institute, jeudi, il s’agirait d’un « scénario probable » qui « combine pression et auto-protection ».
Mais à la lumière des activités d’Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, un tel projet exigerait une très grande dose de pragmatisme de la part des États du Golfe.
Pour sa part, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a clairement indiqué qu’un tel plan figure à son agenda post-guerre.
« Il suffit d’avoir des pipelines de pétrole, des pipelines de gaz, allant vers l’ouest à travers la péninsule arabique, jusqu’à Israël, jusqu’à nos ports méditerranéens, et vous aurez éliminé les points de congestion pour toujours », a-t-il déclaré lors d’un discours le 19 mars.
« Je considère que c’est un véritable changement qui suivra cette guerre. »
En réalité, il n’y a rien de nouveau dans ce plan, à part le transit proposé par Israël.
Les travaux ont commencé en 1948 sur le pipeline transarabique, mieux connu sous le nom de Tapline, le long duquel le pétrole était pompé depuis Ras Al-Mishab dans la province orientale jusqu’à un terminal maritime sur la Méditerranée, juste au sud de Sidon au Liban — sur une distance de 1 664 km.
Soudage des sections de tuyaux. Commencée en 1947 et achevée en 1950, la Tapline s’étendait sur 1 068 miles, d’Abqaiq jusqu’à Sidon au Liban — sa capacité volumétrique totale était de 5 747 000 barils. (John C. Tarvin, Saudi Aramco)
En novembre 1950, les travaux étaient terminés et le pétrole circulait.
D’une certaine manière, il s’agissait d’une nouvelle innovation déclenchée par un conflit, bien que, cette fois-ci, pas dans la région.
Dans l’immédiat après-guerre, l’Europe connaissait une demande énorme en pétrole, alors qu’elle se reconstruisait économiquement et industriellement dans le cadre du plan Marshall américain.
À l’époque, le détroit d’Ormuz ou le canal de Suez ne posaient pas de problème, mais les pétroliers disponibles n’étaient tout simplement pas assez grands ni suffisamment nombreux pour satisfaire la soif de pétrole de l’Europe.
La Tapline, comme elle est devenue connue, a servi le monde pendant 40 ans, jusqu’à ce que la nouvelle génération de pétroliers massifs, capable de dépasser facilement sa capacité, entraîne sa mise hors service dans les années 1990.
En 1951, l’année où la Tapline est devenue pleinement opérationnelle, elle transportait plus d’un tiers des 278 millions de barils de pétrole produits par Aramco. Mais, comme le raconte l’histoire d’Aramco sur le projet, la Tapline n’était pas seulement une artère pour le pétrole.
« La Tapline a transformé à jamais la région nord de l’Arabie saoudite, apportant des infrastructures et la prospérité le long de son tracé », peut-on lire.
Autour des six stations de pompage de la ligne, « de nouvelles communautés ont émergé, chacune avec des maisons, des écoles et des salles à manger construites pour les familles des personnes travaillant sur la Tapline ».
Au milieu des années 1960, « ces communautés s’étaient étendues pour inclure des mosquées, des commerces, des installations de loisirs, des théâtres, des terrains de jeux — et étaient devenues ensemble le foyer de plus de 5 000 personnes ».
Les stations de pompage de la Tapline sont hors service depuis des décennies, mais « les villes qu’elles ont engendrées prospèrent encore aujourd’hui — Turaif, qui n’existait pas en 1945, est désormais un port d’entrée en Arabie saoudite ».
Le pipeline a également créé un boom des investissements. Entre 1947 et 1952, Aramco et la Tapline Company ont versé plus de 46,8 millions de dollars à plus de 10 000 entrepreneurs indépendants, développant de nouvelles compétences et formations dans le cadre du projet.
Cette image satellite fournie par Planet Labs PBC, prise le 4 mars 2026, montre les infrastructures pétrolières du port de Yanbu, sur la mer Rouge occidentale de l’Arabie saoudite. (Planet Labs PBC/AFP)
En décembre 2020, la Tapline a été choisie comme premier site industriel patrimonial de l’Arabie saoudite, et des études sont en cours pour la proposer comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Aujourd’hui, bien que les stations de pompage aient été démantelées, la Tapline elle-même demeure, longeant parallèlement la route justement nommée Tapline Road.
La Tapline a été préservée pour la postérité grâce à une initiative du prince Badr bin Farhan, président du conseil d’administration de la Heritage Authority, en décembre 2020.
Mais la situation géopolitique actuelle soulève une question intrigante : le premier site industriel patrimonial d’Arabie saoudite pourrait-il être libéré de son statut de musée, retiré de l’oubli et remis en service une fois de plus ?
La Tapline n’a bien sûr pas été immunisée contre les conflits régionaux.
Le pompage du pétrole vers le port de Sidon a connu plusieurs interruptions, à commencer par la guerre des Six Jours en 1967. Les opérations ont de nouveau été stoppées en 1975 suite au déclenchement de la guerre civile libanaise. Puis, en 1983, le pompage vers le port a cessé définitivement.
Pendant sept ans, le pipeline a été détourné vers la raffinerie jordanienne de Zarqa, pour l’expédition depuis le port de la mer Rouge à Aqaba, jusqu’en 1990, lorsque la guerre du Golfe a entraîné la mise hors service complète de la Tapline.
Pendant ses quatre décennies de service, la Tapline a transporté des milliards de barils de pétrole d’Abqaiq à Sidon.
Que la Tapline puisse ou non être réalistement remise en service, elle et la Petroline démontrent à quel point l’Arabie saoudite peut se montrer innovante sous pression, et offrent peut-être des solutions permanentes aux goulots d’étranglement problématiques d’Ormuz et de Bab Al-Mandab.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com