Violent séisme dans le nord-est du Japon, le bilan revu à la baisse

Un restaurant endommagé à Shiroishi, dans la préfecture de Miyagi, le 17 mars 2022, après le séisme de magnitude 7,4 qui a secoué l'est du Japon la nuit précédente. (AFP).
Un restaurant endommagé à Shiroishi, dans la préfecture de Miyagi, le 17 mars 2022, après le séisme de magnitude 7,4 qui a secoué l'est du Japon la nuit précédente. (AFP).
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

Violent séisme dans le nord-est du Japon, le bilan revu à la baisse

  • Selon l'Agence météorologique japonaise (JMA), l'hypocentre de la secousse, réévaluée à 7,4 se trouvait à 60 km de profondeur sous l'océan Pacifique au large du département de Fukushima
  • Le tremblement de terre a fait s'effondrer des pans de maison, dérailler un train, sans faire de victimes, ouvert des fissures sur des autoroutes et renversé des étalages dans des magasins

SOMA: Les autorités et des habitants du nord-est du Japon s'employaient jeudi à nettoyer les dégâts du violent séisme de magnitude 7,4 qui a secoué la région la veille, faisant au moins un mort et plus de 160 blessés selon un bilan révisé à la baisse par les autorités. 

Le tremblement de terre a fait s'effondrer des pans de maison, dérailler un train, sans faire de victimes, ouvert des fissures sur des autoroutes et renversé des étalages dans des magasins. 

Mais les dégâts ont semblé relativement mineurs par rapport à la puissance du séisme qui a affecté principalement les départements de Fukushima et Miyagi, dans le nord-est du Japon.

Hirokazu Matsuno, porte-parole du gouvernement, a cité jeudi après-midi un bilan d'un mort confirmé et un autre suspecté, après avoir dans un premier temps quatre décès. 

Il a indiqué que 161 personnes avaient été blessées.

Selon l'Agence météorologique japonaise (JMA), l'hypocentre de la secousse survenue mercredi à 23H36 (14H36 GMT), réévaluée à 7,4 (contre 7,3 initialement), se trouvait à 60 km de profondeur sous l'océan Pacifique au large du département de Fukushima, où une centrale nucléaire avait été ravagée par un tsunami le 11 mars 2011.

La JMA a émis un avertissement pour des vagues d'un mètre de hauteur. Des vagues de 30 cm ont finalement été mesurées à Ishinomaki (département de Miyagi), selon l'agence, qui avait appelé les habitants à s'éloigner du front de mer. L'avertissement au tsunami a été levé jeudi matin.

"La police et les services de secours ont reçu de nombreux appels à Fukushima et à Miyagi", avait déclaré dans la nuit M. Matsuno, en invitant la population à rester vigilante en prévision de nouvelles secousses.

De petites répliques ont été enregistrées toute la nuit. Des consignes d'évacuation vers des refuges ont été diffusées dans certaines localités.

"Suivez s'il vous plaît les informations concernant le séisme, restez à l'écart de la côte et prenez des mesures pour vous protéger", avait aussi recommandé le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

Dans un centre d'évacuation de la ville de Soma (Fukushima) où quelques dizaines d'habitants avaient trouvé refuge, Yuzuru Kobashi, 82 ans, a expliqué à l'AFP être venu chercher des bâches avec son épouse pour protéger leur habitation au toit endommagé par le séisme.

"Mais, à mon âge, je ne peux pas monter sur le toit, alors on va les utiliser pour protéger de la pluie les choses auxquelles on tient dans la maison", a-t-il dit.

Aucune anomalie n'a été détectée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, sévèrement endommagée en 2011 par le gigantesque tsunami provoqué par un séisme de magnitude 9, selon l'Agence japonaise de sûreté nucléaire (NRA).

Dans l'autre centrale nucléaire du département, Fukushima Daini, également arrêtée depuis 2011, ainsi que dans la centrale d'Onagawa (département de Miyagi), des pompes pour des piscines de refroidissement du combustible usagé ont brièvement cessé de fonctionner, mais elles ont rapidement été remises en état de marche, a précisé ultérieurement la NRA.

Déraillement d'un shinkansen

Le tremblement de terre, fortement ressenti y compris à Tokyo, a initialement privé d'électricité plus de deux millions de foyers à Tokyo et ses départements voisins, selon l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco), mais le courant a été totalement rétabli quelques heures plus tard.

Quelque 2.000 foyers étaient en revanche toujours privés d'électricité dans le nord-est jeudi après-midi, selon la compagnie Tohoku Electric Power.

La compagnie ferroviaire JR East a signalé des perturbations importantes sur son réseau. Un shinkansen, le train à grande vitesse japonais, a notamment déraillé au nord de la ville de Fukushima avec 78 personnes à bord, sans faire de blessés.

Le Japon, toujours hanté par le 11 mars 2011, avait observé une minute de silence vendredi dernier en mémoire de cette catastrophe majeure.

Le désastre avait fait plus de 18.500 morts et disparus - essentiellement à cause du tsunami - et forcé plus de 165.000 personnes du département de Fukushima à évacuer leurs foyers à cause des émissions radioactives de la centrale nucléaire endommagée, où les coeurs de trois réacteurs avaient fondu.

Les autorités locales recensent encore aujourd'hui 33.365 personnes déplacées, dont 80% vivent hors du département de Fukushima.

Situé au carrefour de plusieurs grandes plaques tectoniques sur la "ceinture de feu" du Pacifique, le Japon est régulièrement touché par des séismes et a de strictes normes de construction pour que ses bâtiments puissent résister à de fortes secousses.


Traversées de la Manche: 39 arrestations font tomber un réseau de passeurs

Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
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  • Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau
  • Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10 000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est au cours des 12 à 18 derniers mois

LA HAYE: Un important réseau d'immigration clandestine, organisant des traversées de la Manche par bateaux, a été démantelé lors de la plus grande opération internationale de la sorte menant à 39 arrestations, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau, qui avait la mainmise sur le passage de migrants de la France vers le Royaume-Uni par la traversée de la Manche, selon les enquêteurs.

Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10.000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est de la France vers le Royaume-Uni au cours des 12 à 18 derniers mois avec de petites embarcations pneumatiques.

"Il s'agit de la plus grande opération internationale jamais menée contre les passeurs de petits bateaux", a déclaré Jean-Philippe Decouffe, directeur exécutif d'Europol, lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Les 39 arrestations ont été effectuées lors d'une opération internationale menée conjointement par la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, coordonnée par Europol et Eurojust, toutes deux basées à La Haye.

Au cours de plus de 50 perquisitions, 1.200 gilets de sauvetages, près de 150 bateaux pneumatiques et 50 moteurs ont été saisis, tout comme plusieurs milliers d'euros en liquidités, des armes et de la drogue, ont précisé les agences.

Ces chiffres sont provisoires puisque des perquisitions sont encore en cours.

Les suspects facturaient en moyenne 2.500 à 3.500 euros par migrant, selon la nationalité, générant pas moins de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les estimations d'Europol.

"L'organisation supervisait l'acheminement de personnes de toutes nationalités vers les plages et les traversées maritimes proprement dites", a déclaré lors de cette même conférence de presse Carole Etienne, procureure du tribunal de Lille, dans le nord de la France.

"L'opération a permis pour la première fois en France d'identifier" des "donneurs d'ordres" au sein des réseaux, a-t-elle soulevé.

Plusieurs cadres, des passeurs, des acteurs locaux et la tête du réseau, un homme de 26 ans d'origine irako-kurde, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

La tête du réseau "avait un rôle clé dans l'organisation et la logistique, il était très important", a souligné Matt Rivers, directeur régional des investigations de l'Agence nationale contre le crime (NCA) au Royaume-Uni, où l'homme a été arrêté.

En 2021, l'utilisation de petits bateaux est devenue le principal moyen de trafic de migrants de l'UE vers le Royaume-Uni, dépassant le trafic dans des camions, a indiqué Europol.

Près de 50.000 migrants en situation irrégulière ont tenté l'année dernière de traverser la Manche dans de petites embarcations, soit trois fois plus que l'année précédente.

Au cours des six premiers mois de 2022, plus de 11.500 migrants en situation irrégulière ont atteint le Royaume-Uni, générant près de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les organisations criminelles actives dans cette zone.


Suède: Un mort dans une attaque au couteau lors d'un événement politique

Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
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  • Une femme d'une soixantaine d'années a été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland
  • La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen

STOCKHOLM: La police suédoise a annoncé mercredi qu'une femme d'une soixantaine d'années avait été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland, où les principaux responsables politiques du pays sont réunis pour un événement annuel.

"Malheureusement, je peux vous annoncer qu'une femme a succombé à ses blessures", a déclaré Fredrik Persson, chef de la police de Gotland, lors d'une conférence de presse où il a été précisé que l'agression s'est produite peu avant 14H00 (12H00 GMT) à Visby, la seule ville de l'île.

Il a annoncé qu'un homme de 33 ans avait été arrêté peu après les faits et qu'il était soupçonné de meurtre.

"Une enquête approfondie est en cours. Il s'agit notamment d'établir le mobile et les antécédents de la personne arrêtée", a poursuivi le chef de la police.

Il a ajouté que les enquêteurs se penchaient sur une série de questions "puisque cela s'est produit dans un lieu très public, où il y avait beaucoup de monde dans le centre de Visby en milieu de journée".La police n'a pas souhaité s'exprimer sur le mobile, bien que M. Persson ait admis qu'un motif politique ne pouvait être exclu à ce stade précoce de l'enquête.

La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen, un événement annuel rassemblant l'élite suédoise et où les partis politiques présentent souvent leur nouvelle politique et lancent leurs campagnes.

Le journal Expressen a rapporté que le suspect aurait des liens avec le groupe néo-nazi NMR, ce que la police n'a pas voulu le confirmer.


Otan: La Suède condamne l'action de députés posant avec le drapeau du PKK

Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
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  • La Suède et la Finlande ont signé un accord avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays dans l'Otan
  • La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier promptement et minutieusement des demandes d'extradition turques

STOCKHOLM: La Première ministre suédoise a déploré mercredi l'action de députés d'un parti de gauche ayant posé avec le drapeau du PKK kurde, au moment où Stockholm s'efforce d'amadouer la Turquie pour entrer dans l'Otan.

"Le PKK est sur la liste des organisations terroristes, pas seulement en Suède mais ausis dans l'UE, et poser avec ce genre de drapeaux est extrêmement déplacé", a affirmé Magdalena Andersson dans une interview à l'agence TT.

La Suède et la Finlande ont signé un accord mardi dernier avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays nordiques dans l'alliance.

Le texte confirme que Stockholm et Helsinki considèrent le PKK comme une organisation terroriste et que les deux capitales s'engagent à ne pas soutenir divers groupes honnis par Ankara, dont le mouvement armé kurde YPG en Syrie.

La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier "promptement et minutieusement" des demandes d'extradition turques.

L'accord a suscité des inquiétudes dans l'importante communauté kurde de Suède et des critiques au sein de partis de gauche suédois, qui accusent le gouvernement d'avoir trop cédé au président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'action de plusieurs parlementaires du parti de gauche a eu lieu mardi lors d'une semaine d'universités d'été des partis politiques suédois sur l'île du Gotland, où on les voit poser avec des drapeaux du PKK, mais aussi des YPG et du mouvement armé de femmes kurdes YPJ.

La députée Lorena Delgado Varas, l'une de ceux qui a posé avec les drapeaux, a déploré l'hypocrisie de Stockholm vis-à-vis des groupes kurdes en Syrie qui ont combattu l'organisation jihadiste de l'Etat islamique.

"Maintenant ils font volte-face, pour se rapprocher du dictateur Erdogan. Tout ça pour joindre l'Otan", a-t-elle écrit sur Twitter.

Hostile à l'adhésion à l'Otan, le parti de Gauche (ex-communiste) est un appui parlementaire de Magdalena Andersson, sans faire partie du gouvernement.

Si la Turquie a donné son feu vert à la première phase de la candidature d'adhésion de la Suède et de la Finlande, le Parlement turc doit encore ratifier cette entrée.

Ankara a prévenu que cette ratification serait conditionnée au respect des engagements pris par Stockholm et Helsinki.

Le président Erdogan avait affirmé la semaine dernière que la Suède avait "promis" d'extrader 73 "terroristes" vivant sur son sol et voulus par Ankara, même si aucun engagement de cette sorte ne figure dans l'accord signé en marge du sommet de l'Otan à Madrid.