Le «syndrome de l'imposteur», vraie souffrance pour certains salariés

Un professeur de l'Université de Paris-VI Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) serre la main d'une étudiante lors de la cérémonie de son doctorat en 2009 à Paris, France. (AFP).
Un professeur de l'Université de Paris-VI Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) serre la main d'une étudiante lors de la cérémonie de son doctorat en 2009 à Paris, France. (AFP).
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Publié le Vendredi 18 mars 2022

Le «syndrome de l'imposteur», vraie souffrance pour certains salariés

  • Le phénomène de «syndrome de l'imposteur» concerne notamment les personnes qui ont «beaucoup de valeur professionnelle», souvent des sur-diplomées
  • «Il y a ce côté très effrayant de se dire 'Je suis un imposteur'. On va vraiment s'épuiser à la tâche pour tenter de prouver qu'on est à la hauteur», dit un trentenaire qui travaille dans la data

PARIS: Une "éternelle" remise en question, le sentiment de ne pas être légitime et la peur terrible d'être "démasqué": certains souffrent au travail du "syndrome de l'imposteur", un mal insidieux que des techniques peuvent aider à dompter.

"On s'imagine qu'on manipule tout le monde pour faire croire qu'on est très compétent", rapporte à l'AFP Julien. Engagé dans une "course inatteignable", le jeune homme de 37 ans espérait à chaque nouveau diplôme ne plus douter: mais même en passant sa thèse, il a été convaincu d'avoir eu "un gros coup de chance".

Théorisé à la fin des années 1970 par deux psychologues américaines, le phénomène n'est pas considéré comme une pathologie. Il "ne fait pas partie du DSM, le Manuel statistique des troubles mentaux" qui sert de référence, explique à l'AFP Anne-Françoise Chaperon, psychothérapeute et consultante en prévention des risques psychosociaux.

Mais pourtant c'est un sujet qui concerne "beaucoup de gens" et qui sert de "terreau au burn-out", dit-elle, notant qu'il est répertorié indirectement comme faisant partie des troubles anxieux (sous le terme d'"anxiété de performance").

Ce phénomène concerne notamment les personnes qui ont "beaucoup de valeur professionnelle", souvent des sur-diplomées, note-t-elle. "Ils font ce qu'on appelle en psychologie des +attributions externes+, c'est-à-dire que leur réussite n'est jamais grâce à eux: c'est toujours la chance, le fait d'être arrivé au bon moment... Ce qui fait qu'ils ne peuvent pas capitaliser de confiance en eux".

«S'épuiser à la tache»

A en croire un sondage YouGov de décembre pour le magazine français Management, le phénomène est largement répandu: 54% des femmes en ont déjà été victimes et 45% des hommes, le taux grimpant à 62% chez les managers.

Pour Julien, qui a conscience que c'est "ridicule" avec "plusieurs masters, un doctorat", "il y a ce côté très effrayant de se dire +en fait, je suis un imposteur. Le jour où ce sera révélé ça va être quelque chose d'absolument terrible+". "Du coup, on va vraiment s'épuiser à la tâche pour tenter de prouver qu'on est à la hauteur", dit ce trentenaire qui travaille dans la data.

"C'est assez violent au quotidien", confirme Fred Christian depuis La Réunion, dans l'océan Indien. Ce développeur informatique de 42 ans a toujours l'impression "que les autres sont meilleurs", qu'il n'est "pas assez compétent", "une remise en question éternelle".

Comme lui, qui pointe des parents "pas assez encourageants", Camille Gillet, 33 ans, pense que ce complexe a été nourri par son éducation.

"Le problème, c'est que ça peut être bloquant", en se disant que "c'est perdu d'avance" ou en poussant à "peaufiner certaines choses jusqu'à la névrose", explique la jeune femme qui travaille dans le web-marketing.

«Fenouil» ou «Lucifer»

Un récent "coaching live" organisé par Management a présenté des techniques pour cesser cet autosabotage.

Elle-même passée par là, Sarah Zitouni, ingénieure et coach, suggère par exemple de donner un nom à la petite voix qui dit +tu es arrivée là par le plus grand des hasards+. Celui d'aliments honnis, avec "un petit côté ridicule" comme "fenouil" ou "semoule", d'"archétypes négatifs du type Diablo, Lucifer" ou encore le nom d'un ennemi. 

"Nommez votre syndrome. Ca vous donne la possibilité de lui dire: +écoute semoule, j'ai une grande réunion et je ne veux pas t'entendre", insiste-t-elle.

Pour déjouer ce "piège mental", Anne de Montarlot et Elisabeth Cadoche, auteures du "Syndrome d'imposture", préconisent aussi de dresser la liste de ses propres succès, en identifiant "les habiletés" les ayant permis.

Pour certains en grande souffrance, une psychothérapie peut également être utile pour repérer ces "facteurs de maintien", qui bloquent la situation malgré la réussite de la personne, note Anne-Françoise Chaperon.

En général, dit la thérapeute, c'est le comportement même de l'individu vis-à-vis du travail, avec des "stratégies d'évitement": procrastiner, "se surpréparer", développer des "stratégies de contrôle de l'anxiété de performance".

"Plus les personnes ont des stratégies de contrôle, plus ils vont nourrir ce syndrome" dit-elle. Il faut donc les aider à "casser ce cercle vicieux".


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.