Présidentielle: la campagne s'envenime à 22 jours du premier tour

Le président français Emmanuel Macron prononce son discours lors d'une réception à l'occasion de la Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron prononce son discours lors d'une réception à l'occasion de la Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie. (AFP).
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Publié le Samedi 19 mars 2022

Présidentielle: la campagne s'envenime à 22 jours du premier tour

  • Le président commémore samedi dans une relative discrétion le 60e anniversaire de la fin de la guerre de l’Algérie
  • Plusieurs candidats à la présidentielle de droite et d'extrême droite soulignent que les violences s'étaient poursuivies jusqu'à l'indépendance de l'Algérie

PARIS: A environ trois semaines du premier tour, Emmanuel Macron endosse samedi ses habits de président pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie, tandis que ses rivaux parfois virulents battent la campagne, faisant valoir que rien n'est encore joué.

Au lendemain d’un déplacement de campagne à Pau où il a défendu son projet de réélection, le président commémore samedi dans une relative discrétion le 60e anniversaire de la fin de la guerre de l’Algérie.

Lors d'une cérémonie à l'Elysée à midi, il devrait plaider pour un "apaisement" des mémoires sur les deux rives de la Méditerranée alors que, soixante ans après, la date du 19 mars 1962, jour de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu signé la veille entre armée française et indépendantistes algériens, continue à faire polémique.

Plusieurs candidats à la présidentielle de droite et d'extrême droite soulignent à l'instar d'associations de rapatriés que les violences s'étaient poursuivies jusqu'à l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962.

"Cette date (...) n'a pas été la fin de la guerre d'Algérie, car il y a eu des dizaines de milliers de harkis qui ont été sauvagement assassinés" par la suite, a affirmé vendredi la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen. Sa rivale de droite Valérie Pécresse s'est pour sa part engagée à trouver, si elle est élue, "une autre date" que le 19 mars.

«Trucage» et «vol»

Dans cette campagne présidentielle particulière qui se déroule en pleine guerre en Ukraine, tous les compteurs semblent être au vert pour Emmanuel Macron. Il alterne son rôle de chef de l'Etat et de candidat, et impose à une opposition éclatée son tempo et son agenda, refusant d'en découdre directement avec ses adversaires. Ceux-ci l'accusent en retour d'esquiver le débat.

M. Macron surfe sur la vague des sondages qui lui accordent plus ou moins 30% des intentions de vote au premier tour le 10 avril, loin devant Marine Le Pen qui se situe dans une fourchette de 16 à 18%. Et les sondages donnent M. Macron vainqueur au second tour dans tous les scénarios, y compris un remake de l'élection de 2017.

En face, ses adversaires se disent malgré tout convaincus que rien n'est encore joué, alors qu'émerge la question de la légitimité d'un président qui serait réélu sans véritable débat, et sur fond de craintes d'abstention massive.

Le candidat d'extrême gauche Philippe Poutou a ainsi estimé sur France 2 samedi que "contrairement à ce qu'Emmanuel Macron veut faire croire, l'élection n'est pas jouée du tout. M. Macron refuse un débat, on est en train de truquer l’élection présidentielle".

A droite, la candidate LR, qui subit une lente érosion dans les sondages (autour de 11%), concentre ses attaques sur Emmanuel Macron, dénonçant comme à Toulouse vendredi un "candidat caméléon" et martelant ses différences avec le projet du chef de l'Etat.

"Ne laissez personne vous dire que tout est joué, que cette élection est déjà écrite", a-t-elle plaidé. 

Après le sud vendredi, direction la Bretagne samedi pour Valérie Pécresse à la rencontre d'élus locaux et de professionnels de la pêche à Vannes (Morbihan), avant une réunion publique en milieu d’après-midi.

Marine Le Pen se trouve pour sa part samedi dans le Centre et en Bourgogne pour discuter ruralité et souveraineté alimentaire.

Leur rival Eric Zemmour, qui a tenté lors d'un meeting vendredi soir à Metz de remobiliser ses troupes, accuse lui M. Macron et Mme Le Pen de "tenter" de "voler l'élection". "Ils veulent réinstaurer le match Le Pen-Macron dont vous ne vouliez plus, cette finale sans aucun suspense, ce spectacle de catch où tout est truqué, entre l'éternel adolescent et l'éternelle perdante", a lancé celui dont la campagne plafonne entre 11 et 13% des intentions de vote et traverse une séquence délicate depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

A gauche, la bataille fait rage entre le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, le mieux placé dans les sondages, et ses rivaux écologiste Yannick Jadot et dans une moindre mesure la socialiste Anne Hidalgo et le communiste Fabien Roussel.

Ces derniers ont multiplié les attaques visant le candidat de la gauche radicale sur ses prises de positions dans le conflit en Ukraine, Yannick Jadot fustigeant par exemple vendredi soir sur LCI son "non-alignement" et sa "capitulation" devant Vladimir Poutine.

M. Mélenchon s'efforce lui d'amplifier sa dynamique actuelle en rassemblant dimanche plusieurs dizaines de milliers de personnes dans une marche parisienne "Pour la VIè République".


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.