Vives critiques après des propos de Johnson comparant les Ukrainiens aux pro-Brexit

Boris Johnson a prononcé un discours samedi au congrès de son Parti conservateur à Blackpool (Nord de l'Angleterre). (AFP)
Boris Johnson a prononcé un discours samedi au congrès de son Parti conservateur à Blackpool (Nord de l'Angleterre). (AFP)
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Publié le Dimanche 20 mars 2022

Vives critiques après des propos de Johnson comparant les Ukrainiens aux pro-Brexit

  • M. Johnson a déclaré que c'était «l'instinct du peuple de ce pays, comme le peuple ukrainien, de choisir la liberté»
  • L'ancien négociateur européen Guy Verhofstadt a jugé «folle» la comparaison établie par Boris Johnson, soulignant que «les Ukrainiens veulent plus de liberté et rejoindre l'UE!»

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a été critiqué, y compris dans son camp conservateur, pour avoir comparé la lutte des Ukrainiens contre l'invasion russe aux Britanniques ayant voté pour le Brexit pour "choisir la liberté". 


Dans un discours prononcé samedi au congrès de son Parti conservateur à Blackpool (Nord de l'Angleterre), M. Johnson a déclaré que c'était "l'instinct du peuple de ce pays, comme le peuple ukrainien, de choisir la liberté".


Il a cité comme "exemple récent célèbre" le référendum sur le Brexit en juin 2016. 


"Lorsque les Britanniques ont voté pour le Brexit, en si grand nombre, je ne pense pas que c'était parce qu'ils étaient hostiles aux étrangers. C'est parce qu'ils voulaient être libres de faire les choses différemment et pour que ce pays puisse se gérer lui-même", a-t-il déclaré.


Ces déclarations ont suscité des réactions scandalisées, l'ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, estimant sur Twitter qu'elles "offensent les Ukrainiens, les Britanniques et le bon sens". 

Boris Johnson exhorte la Chine à condamner l'invasion russe de l'Ukraine

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté dimanche la Chine à prendre position et condamner l'invasion russe de l'Ukraine.

Dans une interview au Sunday Times, Boris Johnson a appelé la Chine, allié stratégique de Moscou, et d'autres pays qui n'ont pas pris position à rejoindre les pays occidentaux dans leur condamnation de l'invasion russe. 

"A mesure que le temps passe et que le nombre d'atrocités russes augmente, je pense qu'il devient de plus en plus difficile et politiquement gênant pour les gens, activement ou passivement, de tolérer l'invasion de Poutine", a déclaré le dirigeant britannique.

Il a estimé que les pays qui ne souhaitent pas se prononcer se trouvent désormais face à des "dilemmes considérables".

"Je pense qu'à Pékin, il commence à y avoir des doutes", a déclaré Boris Johnson.

Ces propos font écho à ceux de l'Ukraine qui a appelé samedi la Chine à "condamner la barbarie russe", après de nouvelles frappes qui ont fait des dizaines de morts.

Samedi, lors d'un discours au congrès de son Parti conservateur à Blackpool (nord de l'Angleterre), auquel assistait l'ambassadeur d'Ukraine à Londres, Vadym Prystaiko, Boris Johnson a déclaré que le moment était venu de "choisir entre la liberté et l'oppression".

Evoquant certains "qui disent que nous ferions mieux de nous accommoder de la tyrannie", le chef du gouvernement conservateur avait estimé "qu'ils ont profondément tort" et que ce serait une "erreur" de retrouver des relations normales avec la Russie, même si l'invasion russe de l'Ukraine cessait.

L'ancien négociateur européen Guy Verhofstadt a jugé "folle" la comparaison établie par Boris Johnson, soulignant que "les Ukrainiens veulent plus de liberté et rejoindre l'UE!"


Elle a aussi fait réagir la diplomatie française.


"Si j'étais Ukrainien, je me sentirais insulté. Si j'étais Britannique, j'aurais honte. En tant que diplomate français, je ne commenterai pas sur Twitter…", a déclaré sur le réseau social Philippe Errera, directeur général des affaires politiques et de sécurité du Quai d'Orsay.


Dans un commentaire sur Twitter - qui a été retweeté par l'ambassadrice de France au Royaume-Uni Catherine Colonna - le député conservateur Tobias Ellwood a déclaré: "Si nous voulons vaincre Poutine, nous avons besoin d'un leadership et d'une unité internationaux."


"Comparer la lutte du peuple ukrainien contre la tyrannie de Poutine au peuple britannique votant pour le Brexit nuit au niveau de leadership politique que nous commencions à montrer", a déclaré M. Ellwood, qui est aussi  président de la commission parlementaire de la Défense.


Réagissant aux propos du Premier ministre, le ministre des Finances Rishi Sunak a déclaré dimanche sur SkyNews qu'il ne considérait pas les deux situations comparables.


"De toute évidence, elles ne sont pas directement analogues et je ne pense pas que le Premier ministre ait dit qu'elles étaient directement analogues non plus", a-t-il déclaré.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.