Liban: des internautes en campagne pour que le gouverneur de la BDL soit traduit en justice

De plus en plus de Libanais utilisent les réseaux sociaux pour appeler le pouvoir judiciaire du pays à engager des poursuites contre Riad Salamé (Photo, Reuters).
De plus en plus de Libanais utilisent les réseaux sociaux pour appeler le pouvoir judiciaire du pays à engager des poursuites contre Riad Salamé (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 23 mars 2022

Liban: des internautes en campagne pour que le gouverneur de la BDL soit traduit en justice

  • Le hashtag «Heure de vérité pour Riad Salamé» a fait le buzz sur Twitter
  • Les internautes demandent que davantage d’efforts soient déployés pour poursuivre les responsables de la crise financière du pays

DUBAÏ: De plus en plus de Libanais utilisent les réseaux sociaux pour appeler le pouvoir judiciaire du pays à engager des poursuites contre le gouverneur de la banque centrale (BDL), Riad Salamé, pour son implication présumée dans les irrégularités financières et la corruption.
Le hashtag «Sa’at Al-Haqiqa Riad Salamé», qui se traduit par «Heure de vérité pour Riad Salamé», a fait le buzz sur Twitter, des centaines d’utilisateurs demandant qu’il soit démis de ses fonctions, arrêté et mis en accusation. Ils exigent qu’il soit puni pour avoir prétendument dispersé des fonds publics et couvert des politiciens corrompus impliqués dans le détournement des fonds des déposants et de leurs économies.
M. Salamé réfute les allégations d’actes répréhensibles. «J’ai ordonné un audit et il a été prouvé que l’argent public n’était pas la source de ma richesse.» a-t-il récemment affirmé à Reuters.
Les twittos ont également exhorté le pouvoir judiciaire à redoubler d’efforts pour enquêter sur les activités criminelles et financières qui ont conduit à la crise financière actuelle au Liban. Cela constituerait un premier pas vers la demande de comptes aux politiciens et autres responsables.
Un utilisateur de Twitter a partagé une photo de Riad Salamé dansant lors d’un carnaval brésilien et a commenté avec un seul mot : «Recherché».
Un autre a publié un message dans lequel il pose la question suivante : «De quoi avez-vous peur et qui vous soutient ?»
«C’est une honte de voir comment vous vous protégez tous les uns les autres et négligez les droits fondamentaux des gens. Quel genre de pays envisagez-vous ?», pouvait-on lire aussi.
De nombreux autres utilisateurs ont partagé ou retweeté des photos du gouverneur de la BDL en lui demandant de fournir les informations requises pour les enquêtes criminelles.
«La plupart des déposants qui ont perdu leurs économies et leurs dépôts veulent que M. Salamé soit derrière les barreaux», a déclaré un militant et avocat bénévole qui s’est confié à Arab News sous couvert d’anonymat.
«Mettez de côté les affiliations ou les pressions politiques ; M. Salamé est impliqué et doit être tenu responsable en sa qualité de gouverneur de la banque centrale. Il doit être interrogé et c’est à la justice de décider s’il est corrompu ou coupable.»
Lundi, la juge Ghada Aoun, procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, a accusé M. Salamé d’enrichissement illicite. Il a été inculpé par contumace car il ne s’est pas présenté à l’audience.
Vendredi, la juge Aoun avait ordonné l’arrestation du frère de Riad Salamé, Raja Salamé, dans le cadre de la même affaire. L’avocat de Raja soutient que toutes les allégations d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent sont sans fondement, les décrivant comme des «spéculations médiatiques sans aucune preuve.»
Par ailleurs, la grève des banques libanaises, entamée lundi, s’est poursuivie mardi pour protester contre les décisions judiciaires prises à l’encontre de plusieurs banques de premier plan. Les établissements financiers ont qualifié ces décisions d’arbitraires, notant que certaines actions en justice intentées par les déposants sont liées à leurs demandes de récupération des fonds en dollars américains retenus par les banques depuis 2019.
L’Association des banques du Liban a annoncé que les banques rouvriront leurs portes mercredi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).