Ukraine: un mois après une entrée russe ratée, vers une guerre d'usure?

Un soldat ukrainien se tient sur la ligne de front, près de Kiev, le 20 mars 2022. (AFP)
Un soldat ukrainien se tient sur la ligne de front, près de Kiev, le 20 mars 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 23 mars 2022

Ukraine: un mois après une entrée russe ratée, vers une guerre d'usure?

  • Lacune tactique majeure, les militaires russes n'ont pas réussi à établir leur supériorité aérienne dans le ciel ukrainien
  • D'après Washington, la Russie a amplifié ces derniers jours ses opérations aériennes et navales dans le pays face à la résistance des forces ukrainiennes qui continuent de freiner l'avancée ennemie

PARIS: Après avoir échoué à remporter des gains rapides au début de l'invasion de l'Ukraine, l'armée russe demeure en quête de victoires militaires décisives un mois après son entrée en guerre et semble s'engager dans une guerre d'usure dévastatrice pour les populations civiles.

D'après Washington, la Russie a amplifié ces derniers jours ses opérations aériennes et navales dans le pays face à la résistance des forces ukrainiennes qui continuent de freiner l'avancée ennemie. 

"Ce que nous voyons, c'est une tentative désespérée des Russes de reprendre de l'élan", constatait en début de semaine un haut responsable du Pentagone alors que les forces russes restent bloquées à 15 km au nord-ouest de Kiev et 30 km à l'est de la capitale, cible de bombardements réguliers.

La prise de Kiev paraissait être l'objectif numéro un des Russes quand ils ont franchi la frontière, le 24 février, en vue de faire tomber le régime du président Volodymyr Zelensky. 

Mais de l'avis unanime des experts occidentaux, les 150 000 à 200 000 hommes mobilisés par Vladimir Poutine ont raté leur entrée en guerre en présumant d'une faible résistance de leurs adversaires -- un échec cuisant du renseignement russe -- et en négligeant leurs besoins logistiques.

Lacune tactique majeure, les militaires russes n'ont pas réussi à établir leur supériorité aérienne dans le ciel ukrainien.

En outre, "il y a une absence chez les Russes d'une vraie politique de commandement et de conduite", souligne un ancien haut gradé français, en constatant un manque de coordination entre forces aériennes et terrestres, et des frappes russes de faible précision.

Guerre de sièges

Si le nombre de militaires tués est impossible à vérifier, les estimations n'en restent pas moins vertigineuses: les Russes auraient perdu plus de 7 000 soldats en un mois selon des sources du renseignement américain citées par le New York Times. Soit un chiffre supérieur aux pertes américaines combinées en Irak et en Afghanistan. 

Kiev, de son côté, affirmait le 12 mars avoir perdu 1 300 militaires ukrainiens -- un chiffre sans doute en deçà de la réalité.

Faute d'avancées significatives, l'offensive russe semble s'être muée en guerre de sièges, visant à terroriser et démoraliser les Ukrainiens, dont 10 millions ont fui leur foyer.

"Plus l'infanterie russe patine, plus l'armée monte en gamme dans la brutalité des actions et l'usage disproportionné de l'arme aérienne", s'inquiète auprès de l'AFP une source européenne proche de l'Otan. "Il faut un accord à Poutine, donc il lui faut des victoires".

A défaut d'en avoir pris le contrôle, les Russes bombardent sans relâche les centres urbains du nord-est, comme Kharkiv, la deuxième ville du pays, tout en appliquant une pression croissante sur les villes de l'est et du sud.

Mykolaïv (sud-ouest), dernier verrou stratégique avant le port d'Odessa, continue d'être pilonné.

Destructions accrues 
A Marioupol (sud), grande ville portuaire assiégée et bombardée depuis des semaines, quelque 100 000 habitants restent bloqués dans des ruines jonchées de cadavres, manquant de tout. Un acharnement révélateur du poids stratégique de la ville pour les Russes: s'emparer de Marioupol leur permettrait d'établir un pont terrestre entre leurs forces en Crimée, au sud-ouest, et les territoires séparatistes prorusses du Donbass à l'est. 

Dans cette région, les Russes comptent encercler les forces ukrainiennes pour les couper du reste du pays.

"Le prochain chapitre de ce conflit risque d'être encore plus laid car il risque de tourner à la guerre d'usure, avec des bombardements accrus sur les zones civiles. Les forces russes vont probablement essayer de compenser leurs faibles performances par plus de destructions", estime Michael Kofman, du centre de réflexion américain CNA.

Faute de solution négociée, "la guerre d'usure est le scénario le plus vraisemblable, avec des tactiques de siège et de bombardements renforcés, comme à Alep ou Grozny", renchérit William Alberque, de International Institute for Strategic Studies (IISS), qui met en garde contre la tentation de pousser Kiev à accepter au plus vite un cessez-le-feu, sous la pression d'opinions publiques occidentales horrifiées par les images des destructions et des populations prises au piège.

"Notre souhait de mettre un terme aux souffrances des Ukrainiens pourrait aider les Russes. Ils utiliseront un cessez-le-feu pour reconstituer leurs forces", affirme-t-il à l'AFP, en craignant que le conflit s'installe dans la durée.


Rejoindre le Conseil de la paix reflète l’engagement saoudien à mettre fin au conflit à Gaza, affirme le prince Faisal

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères signe la charte fondatrice de l’initiative menée par les États-Unis lors d’une cérémonie au Forum économique mondial de Davos
  • L’Arabie saoudite fait partie des huit pays arabes et islamiques ayant annoncé mercredi leur adhésion à l’initiative, qui vise à stabiliser et reconstruire Gaza

​​​​​​DAVOS : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a signé jeudi la charte fondatrice du « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump.

Cette décision de participation reflète le soutien du Royaume aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza, a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite figure parmi les huit pays arabes et islamiques qui ont annoncé mercredi leur adhésion à cette initiative, dont l’objectif est de stabiliser et de reconstruire le territoire palestinien ravagé par la guerre.

Le prince Faisal a signé le document lors d’une cérémonie organisée en marge du Forum économique mondial de Davos, où le président Donald Trump a lancé la charte à l’occasion d’un événement réunissant plusieurs autres pays fondateurs, dont la Turquie et le Qatar.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que la signature du document témoignait de « l’engagement du Royaume à soutenir le conseil de la paix en tant qu’organe transitoire visant à mettre fin au conflit à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Cette initiative reflète également le soutien de l’Arabie saoudite à la reconstruction de Gaza et sa volonté de promouvoir une paix durable, tout en saluant les efforts de paix du président Trump, a ajouté le ministère.

Le président américain a contribué à la médiation d’un accord de paix en septembre, qui a largement mis fin à la guerre de deux ans menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a dévasté le territoire et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump signe la charte fondatrice de son «Conseil de paix» à Davos

 Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
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  • "Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt
  • Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza

DAVOS: Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies.

"Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, lors de cette cérémonie en présence d'un parterre d'une vingtaine de dirigeants ayant accepté l'invitation de Washington à rejoindre le "Conseil".

Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais sa "charte" prévoit un mandat bien plus vaste lui assigne une mission beaucoup plus vaste, censée l'impliquer dans la gestion d'autres conflits.

Gaza est l'endroit "où le Conseil de paix a vraiment débuté (...) Je pense que nous pourrons l'étendre à d'autres choses à mesure que nous réussirons à Gaza", a fait valoir Donald Trump.

“Une fois que le Conseil sera complètement formé, nous pourrons faire à peu près ce que nous voulons et nous le ferons en coordination avec les Nations unies", a-t-il ajouté, reprochant de nouveau à l'Onu de n'avoir "pas utilisé" le "formidable potentiel" dont elle dispose.

 


Etats-Unis et Danemark vont renégocier leur accord de défense de 1951 sur le Groenland 

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland
  • "La position du Danemark et celle du Groenland sont identiques, et aucune négociation n'a eu lieu hier avec l'Otan au sujet de notre souveraineté", a déclaré la Première ministre, Mette Frederiksen, à la télévision danoise

DAVOS: Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland, a indiqué jeudi à l'AFP une source proche des discussions ayant eu lieu la veille à Davos entre Donald Trump et le chef de l'Otan Mark Rutte.

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions.