Les Occidentaux redoutent une attaque nucléaire ou chimique en Ukraine

Les dirigeants du G7 à Bruxelles (Photo, AFP).
Les dirigeants du G7 à Bruxelles (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

Les Occidentaux redoutent une attaque nucléaire ou chimique en Ukraine

  • Si la Russie utilise des armes chimiques, l'Otan répondra, a averti Joe Biden au cours d'une conférence de presse à Bruxelles
  • Après une réunion du G7, le démocrate de 79 ans a clamé que l'Otan n'avait jamais été aussi unie

BRUXELLES: Les Occidentaux jugent "très crédible" une attaque ou un incident chimique ou nucléaire provoqué par les bombardements russes en Ukraine et ont multiplié jeudi les mises en garde à l'adresse du Kremlin.

"Si la Russie utilise des armes chimiques, l'Otan répondra", a averti le président américain Joe Biden au cours d'une conférence de presse à Bruxelles après avoir participé un sommet extraordinaire de l'Otan et à un G7.

"La nature de la réponse dépendra de la nature de l'utilisation", a-t-il précisé.

A Bruxelles, Biden vante l'unité occidentale mais en éprouve aussi les limites

Joe Biden a vanté jeudi à Bruxelles lors d'un marathon diplomatique hors du commun l'unité des Occidentaux, mais le président américain en a aussi éprouvé les limites, que ce soit en termes de sanctions ou de posture militaire face à la Russie.

Mais alors qu'une journaliste l'interrogeait sur l'absence d'effet dissuasif sur la Russie des mesures occidentales, le président américain, sur la défensive, a laissé percer un certain agacement. "Les sanctions ne dissuadent jamais. Vous (les journalistes, ndlr) n'arrêtez pas d'en parler. Les sanctions ne dissuadent jamais", a reconnu Joe Biden.

Le président français Emmanuel Macron a invité à "la discrétion" sur les actions susceptibles de déclencher une  intervention occidentale en Ukraine.

"Je pense que l'ambiguïté stratégique et la discrétion sont plus efficaces", a-t-il expliqué.

"Le risque d'une utilisation à grande échelle d'armes chimiques par la Russie sur le territoire de l'Ukraine est bien réel", a averti jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo aux chefs d'Etat et de gouvernement du G7.

Ukraine : en France, une solidarité qui ne s'estompe pas

Les dons à destination de l'Ukraine sont massifs. Dans un ancien magasin de bricolage du nord de la capitale, reconverti en entrepôt de fortune, des centaines de cartons  siglés "pâtes", "mouchoirs" et autres "produits d'hygiène" attendent d'y être transportés.

"Nous sommes parfois débordés par cet élan de générosité", reconnaît Sihem Habchi, la directrice des activités de l'association Aurore, qui accueille des personnes en grande précarité. 

La solidarité passe aussi par l'accueil à domicile. La plateforme gouvernementale "Je m'engage pour l'Ukraine", consultée près d'un million de fois, a permis de recenser "plus de 87.000 offres de logement vérifiées par les préfectures", dont 10.000 sont déjà effectives, selon les autorités.

Une attaque russe à l'arme chimique en Ukraine est "une menace crédible", avait prévenu mercredi Joe Biden en quittant la Maison Blanche pour se rendre à Bruxelles.

L'Alliance atlantique va fournir à l'Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques et nucléaires et va protéger ses forces déployées sur le flanc oriental, a annoncé jeudi son secrétaire général, le Norvégien Jens Stoltenberg à l'issue du sommet de l'Otan.

"Il pourrait s'agir de détection, d'équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la décontamination et à la gestion des crises", a-t-il précisé.

"Nous améliorons également l'état de préparation des forces alliées. Le commandant suprême des forces militaires de l'Alliance, le général Walters, a activé les éléments de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l'Otan et nos alliés déploient des moyens de défense pour renforcer les forces des Groupements tactiques", a-t-il ajouté.

"Nous prenons donc des mesures à la fois pour soutenir l'Ukraine et pour nous défendre", a-t-il assuré.

Ukraine: Kadyrov dit avoir pris la mairie de Marioupol puis minore

Le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a assuré jeudi que ses forces avaient pris la mairie de Marioupol, avant de publier une vidéo où il n'est question que d'un bâtiment officiel de la périphérie de cette grande ville du sud-est de l'Ukraine que l'armée russe assiège.

"Les gars rapportent par radio qu'ils ont libéré le bâtiment de l'administration de Marioupol et qu'ils y ont hissé notre drapeau", a déclaré M. Kadyrov sur Telegram, assurant que les forces ukrainiennes avaient "abandonné leurs positions".

Le dirigeant tchétchène, qui dirige sa république du Caucase d'une main de fer, avait lui-même assuré lundi se trouver en Ukraine, aux côtés des forces de Moscou sur un aérodrome capturé près de Kiev.

"L'attaque de la Russie a déjà mis en danger la sûreté et la sécurité des sites nucléaires en Ukraine et les activités militaires russes créent des risques extrêmes pour la population et l'environnement, avec le potentiel d'un résultat catastrophique", ont averti les dirigeants du G7 --Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada et Japon-- dans une déclaration commune.

Plusieurs dirigeants de l'UE ont souhaité que ces menaces soient discutées au cours de leur sommet jeudi et vendredi.

Moscou n'utilisera l'arme nucléaire en Ukraine qu'en cas de "menace existentielle" contre la Russie, a assuré mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International.

"Nous pouvons nous attendre à tout de la part de la Russie, qui ne respecte aucune loi, et nous devons être préparés à ce genre de situation", a rétorqué jeudi la première ministre finlandaise Saana Marin.

"Je ne pense pas que la Russie va utiliser ces armes à dessein, mais les bombardements en Ukraine frappent des usines chimiques et cela peut provoquer une catastrophe", a souligné son homologue slovène Janez Jansa.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.