Dix-huit ans de réclusion requis contre Kevin Guiavarch, pionnier français du djihadisme

Dix-huit ans de réclusion requis contre Kevin Guiavarch, pionnier français du djihadisme (Photo, AFP).
Dix-huit ans de réclusion requis contre Kevin Guiavarch, pionnier français du djihadisme (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

Dix-huit ans de réclusion requis contre Kevin Guiavarch, pionnier français du djihadisme

  • Les avocats généraux se sont montrés également fermes à l'encontre de l'épouse légale de Kevin Guiavarch, Salma O., qui comparaît libre sous contrôle judiciaire
  • Si la cour d'assises spéciale de Paris suit les réquisitions du parquet, Salma O., 40 ans, mère de deux enfants nés pendant le séjour du couple en Syrie, pourrait se retrouver en prison dès vendredi

PARIS: "Kevin Guiavarch coche toutes les cases" du combattant djihadiste, a justifié le parquet national antiterroriste (Pnat) en requérant jeudi 18 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers, à l'encontre d'un des premiers djihadistes français à partir en Syrie.

Les avocats généraux se sont montrés également fermes à l'encontre de l'épouse légale de Kevin Guiavarch, Salma O., qui comparaît libre sous contrôle judiciaire, en réclamant 14 ans de réclusion également assortis d'une période de sûreté des deux tiers.

Si la cour d'assises spéciale de Paris suit les réquisitions du parquet, Salma O., 40 ans, mère de deux enfants nés pendant le séjour du couple en Syrie, pourrait se retrouver en prison dès vendredi.

Salma O. est "l’incarnation du projet des femmes du califat, d’offrir tout ce qu’il faut aux moudjahidines", a estimé le parquet. Les déclarations de Salma O. affirmant avoir eu "un déclic" qui l'a éloignée de l'Etat islamique est "une posture", "une stratégie pour masquer son engagement" djihadiste, a estimé le Pnat.

"Salma O. s'est comportée comme une mère maquerelle du djihad en faisant venir des femmes, parfois très jeunes, pour les mettre dans le lit de son mari", a dénoncé un des avocats généraux.

Me Joseph Hazan, avocat de Salma O., a dénoncé "l'acharnement" du parquet contre sa cliente.

"Quand bien même vous faites des efforts, on ne vous croira pas", s'est-il offusqué. "Aller en Syrie? Ça va pas!, Revenir de Syrie? Ça va pas!, Etre dans une idéologie mortifère? Ça va pas! Quand on s'en sort ça va pas!", a poursuivi l'avocat.

"Ça va jamais. Quoi que (Salma O.) fasse ça va pas", a-t-il dit.

La plaidoirie de l'avocat de Kevin Guiavarch est prévu vendredi matin.

Kevin Guiavarch, un des premiers jihadistes français, exprime ses «regrets» et sa «honte»

"Je regrette et j'ai honte", a affirmé vendredi Kevin Guiavarch, un des premiers Français à avoir rejoint le jihad en Syrie, avant que la cour d'assises spéciale se retire pour délibérer.

"Même si je suis condamné, je vivrai toute ma vie avec cette honte et ce regret", a ajouté le jeune homme de 29 ans, en essuyant quelques larmes.

Il est jugé aux côtés de ses quatre épouses pour "association de malfaiteurs terroriste".

Jeudi, le parquet a requis 18 ans de réclusion criminelle à son encontre, avec une période de sûreté des deux tiers, soit quasiment le maximum prévu par la loi pour ce crime.

Son épouse légitime, Salma O., 40 ans, contre laquelle le parquet national antiterroriste a requis 14 ans de réclusion criminelle, également avec une période de sûreté des deux tiers, a reconnu les faits qui lui sont reprochés: "je regrette amèrement le choix d'être partie là-bas".

Comparaissant libre, sous contrôle judiciaire, elle a rappelé à la cour qu'elle avait réussi à renouer "un lien précieux" avec ses deux enfants, nés en Syrie pendant son séjour sur zone avec Kevin Guiavarch et qu'elle avait "trouvé du travail".

Si la cour suit les réquisitions du parquet, Salma O., pourrait se retrouver en prison.

Lors de l'ultime plaidoirie du procès, Me Vincent Brengarth, avocat de Kevin Guiavarch, a exhorté la cour à ne pas juger son client en fonction "d'un costume beaucoup trop large pour lui".

Selon l'avocat, Kevin Guiavarch n'a pas participé à des combats avec l'Etat islamique et ne projetait aucun attentat en France. Dès octobre 2014, il avait contacté par mail un avocat français pour lui annoncer son désir de quitter la Syrie avec ses quatre femmes et leurs six enfants.

"Le véritable dessein de Kevin Guiavarch était de structurer une famille autour de lui", a affirmé l'avocat.

Dans le box des accusés, Kevin Guiavarch, 29 ans, vêtu d’un sweatshirt gris clair, barbe longue soigneusement taillée, a accueilli les réquisitions sans réagir. Salma O., en revanche, a quitté la salle d'audience les yeux rougis, le visage pâle et les traits tirés sous son voile rose.

Le parquet s'est montré relativement plus clément à l'encontre des co-accusées, dont les trois autres femmes de Kevin Guiavarch jugées, comme lui et Salma O., pour association de malfaiteurs terroriste. 

Les avocats généraux ont requis des peines de cinq ans de prison assortis de deux à quatre ans de sursis probatoire (accompagné d’obligations et d’interdictions) pour ces trois femmes, convaincues, via les réseaux sociaux, de quitter la France, parfois avec leur jeune enfant, pour la Syrie.

Au cours des trois ans et demi que durera son séjour en Syrie, de janvier 2013 à juin 2016, Kevin Guiavarch a successivement épousé Parveen L. (née en 1994), puis Sally D. (1990) et enfin Sahra R. (1994). Au total, cette famille élargie comptera six enfants dont quatre issus des unions de Kevin Guiavarch avec ses différentes épouses.

Le parquet a réclamé enfin deux ans de prison avec sursis à l'encontre d'une cinquième femme jugée pour "financement d'entreprise terroriste" pour avoir facilité en 2014 la tentative de départ sur zone d'une mineure de 15 ans qui aurait dû épouser Kevin Guiavarch si le projet avait été couronné de succès.

«Disparition inquiétante»

L’enquête concernant Kevin Guiavarch avait débuté avec la "disparition inquiétante" de cette mineure originaire de Troyes.

Membre du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza (dissous au printemps 2012) qui prônait le djihad armé et souhaitait instaurer un califat en France, Kevin Guiavarch a rejoint la Syrie avec Salma O. au début 2013, "avant même la création officielle de l'Etat islamique".

Se présentant comme "un repenti", il a affirmé au cours de son procès  n'avoir combattu qu'une seule fois, au début de son séjour, dans les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL, non djihadiste) et avoir été "traumatisé" par la mort de trois de ses camarades au combat. 

Ayant fait allégeance à l'EI en juin 2013, il a soutenu avoir été seulement "brancardier" ou "infirmier", n'admettant avoir participé qu'à des surveillances de check-point alors même qu'il postait sur Facebook des photos de lui (et de Salma) en treillis et en armes, bandeau des martyrs noué sur le front.

Kevin Guiavarch était "parfaitement en adhésion avec l’idéologie, le projet de l’organisation terroriste", a résumé un avocat général. "Malgré ce qu'il dit", il "n'a pas changé d'attitude", a-t-il insisté.


Grève des éboueurs à Paris: Baisse sensible du volume de déchets non ramassés

Selon des sources syndicales, les représentants des salariés sont en négociation avec la direction et une proposition doit être présentée lundi aux salariés (Photo, AFP).
Selon des sources syndicales, les représentants des salariés sont en négociation avec la direction et une proposition doit être présentée lundi aux salariés (Photo, AFP).
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  • Cette amélioration notable dans certains quartiers, est due à la réouverture des trois usines d'incinération entourant la capitale
  • Le syndicat demande une augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail

PARIS: Le volume de déchets non ramassés dans Paris, où des éboueurs sont en grève depuis plus de 20 jours, était en baisse dimanche avec 7.828 tonnes toujours en souffrance, mais de nouveaux arrondissements pourraient être touchés dès lundi.

"Ce dimanche, le tonnage d'ordures non ramassées dans Paris poursuit sa baisse, avec 7.828 tonnes estimées contre 9.800 tonnes hier", a indiqué la mairie de Paris, au 21e jour de la grève des éboueurs.

"Depuis ce matin, 162 bennes sillonnent les rues de Paris (...) C'est 2,5 fois plus qu'un dimanche normal", a précisé la mairie.

Cette amélioration, notable dans certains quartiers, est notamment due à la réouverture des trois usines d'incinération entourant la capitale.

Vendredi, le Syctom, syndicat métropolitain qui gère ces trois sites, avait annoncé la fin du mouvement de grève dans deux d'entre eux (Saint-Ouen et Issy-les-Moulineaux) tandis que le troisième, à Ivry-sur-Seine, a été réquisitionné par les forces de l'ordre.

Ces progrès restent toutefois précaires : alors que la grève était jusqu'ici essentiellement l'apanage des éboueurs de la Ville de Paris, qui gère la collecte de la moitié des arrondissements de la capitale, elle pourrait s'étendre à des prestataires privés où des négociations étaient en cours dimanche.

Un préavis de grève a notamment été déposé par la CGT pour l'entreprise Polyreva Derichebourg, installée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et qui s'occupe de la collecte des Xe et XVIIIe arrondissements.

Le syndicat demande une augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail, tout en s'associant au mouvement contre la réforme des retraites.

La mobilisation n'a toutefois pas commencé comme prévu dimanche sur ce site. Selon des sources syndicales, les représentants des salariés sont en négociation avec la direction et une proposition doit être présentée lundi aux salariés, qui décideront alors s'ils font grève ou non.

Vendredi, le prestataire privé Pizzorno, qui gère la collecte dans le XVe arrondissement, avait lui annoncé la levée d'une grève qui durait depuis près d'un mois après la signature d'un "protocole de sortie de grève" avec la CGT.

Les ramassages ont repris dès vendredi après-midi et Philippe Goujon, le maire du XVe arrondissement, a dit sur Twitter espérer un retour à la normale "d'ici une semaine".


Manifestations: Zemmour appelle l'exécutif à «se défaire» du «syndrome Malik Oussekine»

Le président de Reconquête Eric Zemmour (Photo, AFP).
Le président de Reconquête Eric Zemmour (Photo, AFP).
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  • Pour M. Zemmour, le principal responsable de ce «climat» politique est l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, «imam caché» de l'union de gauche Nupes
  • Malik Oussekine, étudiant français âgé de 22 ans et d'origine algérienne, avait été tué à Paris par des policiers en marge d'une manifestation contre un projet de réforme universitaire en 1986

PARIS: Le président de Reconquête Eric Zemmour a appelé dimanche l'exécutif à "se défaire" du "syndrome Malik Oussekine", du nom d'un étudiant tué en marge d'une manifestation en 1986, et à "rétablir l'ordre" après les débordements et violences observés ces derniers jours.

Fustigeant des "nervis antidémocratiques" qui, dans les manifestations, "commencent à pourrir tout, à casser, à attaquer les flics et à risquer de tuer", M. Zemmour s'est dit "étonné" de "l'impunité non seulement judiciaire, mais aussi médiatique et politique" dont ces auteurs de violences bénéficieraient, lors du Grand rendez-vous Europe 1/Cnews/Les Echos.

À ce titre, M. Zemmour estime "qu'il faut donner des consignes de fermeté" et que "justice suive".

"Je sais bien que depuis 1986, tout pouvoir est tétanisé par le syndrome Malik Oussekine", du nom de cet étudiant français âgé de 22 ans et d'origine algérienne, tué à Paris par des policiers en marge d'une manifestation contre un projet de réforme universitaire.

"C'est ce qui hante tous nos gouvernants. Je pense qu'il faut se défaire de ce syndrome (...) et il faut absolument rétablir l'ordre", a-t-il insisté.

Selon le ministère de l'Intérieur, 441 policiers et gendarmes ont été blessés jeudi lors des mobilisations contre la réforme des retraites. Samedi, une manifestation interdite contre des bassines à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres a aussi tourné à l'affrontement entre gendarmes et militants.

Pour M. Zemmour, le principal responsable de ce "climat" politique est l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, "imam caché" de l'union de gauche Nupes, et "maestro de tout cela".

"Jean-Luc Mélenchon dirige tout le monde" et "oriente le pays", a-t-il martelé, dénonçant "que ce soit à l'Assemblée nationale, que ce soit dans la rue, que ce soit dans les esprits, dans les médias, à la télévision" une "NUPES-isation des esprits".

Cette critique s'étend pour M. Zemmour au Rassemblement national, qui "est fasciné par la NUPES" et "se soumet idéologiquement". Et "au sein de LR, même, vous avez de nombreux élus, (le député Aurélien) Pradié en tête, qui se prennent pour des Che Guevara de bars-cafés", a-t-il encore ironisé.

Interrogé sur l'attitude qu'Emmanuel Macron devrait adopter face à la contestation de la réforme des retraites, M. Zemmour a jugé que le président n'avait "pas d'autre solution que de tenir". Lui-même, en pareille situation, "ne céderai(t) pas".

S'il "renonce à sa réforme, il est ridicule" et "il peut aller finir son mandat tranquillement à Rambouillet", a-t-il-renchéri.

"S'il fait de nouvelles élections, s'il dissout, il reviendra avec une majorité moins forte", a-t-il fait valoir.


La France condamne l'intention russe de déployer des armes nucléaires au Bélarus

Le président russe Vladimir Poutine rencontre son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine rencontre son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko (Photo, AFP).
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  • Vladimir Poutine a affirmé samedi que Moscou allait déployer des armes nucléaires «tactiques» au Bélarus
  • Dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, le Bélarus est frontalier de l'Ukraine, de la Pologne et de la Lituanie

PARIS: La France a condamné dimanche l'intention du président russe Vladimir Poutine de déployer des armes nucléaires "tactiques" sur le territoire de son allié bélarusse, appelant Moscou à faire preuve de "responsabilité" et à revenir sur sa décision, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"Après la violation du traité FNI (traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, ndlr) par la Russie, qui a mené à sa disparition, et l'annonce de la suspension par la Russie de sa participation au traité New Start en février dernier, cet accord représente un élément supplémentaire d’érosion de l’architecture internationale de la maîtrise des armements et de la stabilité stratégique en Europe", souligne la porte-parole du Quai d'Orsay.