Ukraine : Biden traite Poutine de «boucher» et le met en garde

Joe Biden a également émis des doutes sur les intentions de la Russie en Ukraine. (Photo, AFP)
Joe Biden a également émis des doutes sur les intentions de la Russie en Ukraine. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 28 mars 2022

Ukraine : Biden traite Poutine de «boucher» et le met en garde

  • L'hôte de la Maison Blanche a enfoncé le clou à l'occasion d'un discours devant un millier de personnes au château royal de Varsovie
  • M. Biden a également émis des doutes sur les intentions de la Russie en Ukraine

VARSOVIE : Le président américain Joe Biden a violemment attaqué son homologue russe Vladimir Poutine, le qualifiant de "boucher" et jugeant qu'il ne pouvait "pas rester au pouvoir" après son invasion de l'Ukraine, une déclaration immédiatement tempérée par la Maison Blanche.

Venu afficher son soutien à la Pologne, pays du flanc oriental de l'Alliance atlantique et frontalier de l'Ukraine, M. Biden a qualifié samedi la guerre dans ce pays d'"échec stratégique pour la Russie", et a mis en garde les autorités de Moscou en leur enjoignant de ne "même pas [penser] à avancer d'un centimètre en territoire de l'Otan".

Avant sa charge contre le maître du Kremlin en début de soirée, le président américain avait traité M. Poutine de "boucher" pour les crimes commis selon lui par l'armée russe en Ukraine.

Appelant M. Biden à rester "réfléchi" dans ses propos, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi à cette première attaque en jugeant qu"à chaque fois, les insultes personnelles de ce genre réduisent le champ des possibles pour nos relations bilatérales avec le gouvernement américain actuel".

L'hôte de la Maison Blanche a enfoncé le clou à l'occasion d'un discours devant un millier de personnes au château royal de Varsovie, en interpellant directement le "peuple russe".

«Ce que le Président voulait dire»

Assurant ne pas le considérer comme un "ennemi", mais jugeant que la guerre en Ukraine, avec ses atrocités, n'était pas "digne" de lui, M. Biden a ajouté : "Cet homme ne peut pas rester au pouvoir".

"Ce que le Président voulait dire, c'est que Poutine ne peut pas être autorisé à exercer un pouvoir sur ses voisins ou sur la région", a dû nuancer la Maison Blanche : "Il ne parlait pas du pouvoir de Poutine en Russie, ni d'un changement de régime".

M. Biden a également émis des doutes sur les intentions de la Russie en Ukraine.

Un peu plus d'un mois après le déclenchement de la guerre, le commandement russe a créé la surprise en annonçant vendredi "concentrer le gros des efforts sur l'objectif principal: la libération" du bassin minier du Donbass, tranchant avec la volonté affichée par Moscou jusque là de "démilitariser et dénazifier l'Ukraine" dans son ensemble et non pas seulement dans cette région orientale où se trouvent deux "républiques" séparatistes pro-russes.

Mais "je ne suis pas sûr" que les intentions des Russes aient changé, a jugé M. Biden dans la capitale polonaise.

Peu après, les autorités ukrainiennes ont annoncé une série de frappes russes sur des dépôts de carburant, qui ont fait cinq blessés à Lviv, grande ville de l'ouest de l'Ukraine relativement épargnée par les combats pour l'instant. 

A Varsovie, M. Biden a rencontré le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba et le ministre de la Défense Oleksii Reznikov, lors d'une réunion à laquelle ont également pris part leurs homologues américains Antony Blinken et Lloyd Austin.

"Les Etats-Unis nous ont assuré qu'ils n'avaient pas d'objection au transfert des avions", a déclaré Dmytro Kouleba, après sa rencontre avec Joe Biden.

Le 8 mars, prenant visiblement de court les Etats-Unis, la Pologne avait annoncé être "prête à déplacer sans délai et gratuitement tous ses avions Mig-29 sur la base de Ramstein (en Allemagne) et à les mettre à la disposition du gouvernement des Etats-Unis", pour qu'ils soient ensuite remis à l'Ukraine.

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé dans sa dernière vidéo samedi soir à la fourniture de plus d'armes.

"Nous avons besoin de plus d'armement. Nous devons non seulement protéger l'Ukraine mais aussi les autres pays d'Europe de l'Est, sous la menace d'une invasion russe. Nous l'avons dit clairement lors de nos entretiens avec nos homologues américains en Pologne", a-t-il dit.

"Que fait l'Otan? Est-elle dirigée par la Russie? Qu'attendent-ils?", a-t-il critiqué.

 

La ville où vit le personnel de Tchernobyl occupée par les Russes, selon Kiev

 KIEV : L'armée russe a pris le contrôle de la ville de Slavoutitch, réside le personnel de la centrale de Tchernobyl, arrêtant brièvement le maire et suscitant des manifestations pro-ukrainiennes, ont indiqué samedi les autorités ukrainiennes.   

"J'ai été libéré, tout va bien, dans la mesure c'est possible sous l'occupation", a déclaré au téléphone Iouri Fomitchev, maire de Slavoutitch, dont l'arrestation par les Russes avait été annoncée dans la matinée par l'administration régionale de Kiev

Après avoir été relâché, il a pris la parole lors d'une manifestation antirusse, qui a réuni selon lui quelque 5.000 personnes, et assuré que les troupes russes allaient bientôt quitter la ville. Il a ensuite précisé qu'elles se retireraient dimanche.

"Les occupants russes ont envahi Slavoutitch et occupé l'hôpital municipal", avait écrit dans la matinée sur Telegram l'administration militaire de la région de Kiev, qui englobe Slavoutitch, ville de 25 000 habitants à 160 km au nord de la capitale, construite après l'accident de Tchernobyl en 1986. 

Les manifestants ont déployé un énorme drapeau bleu et jaune ukrainien et se sont dirigés vers l'hôpital, selon les autorités régionales, qui ont publié des photos de dizaines de personnes rassemblées autour du drapeau ukrainien et scandant "Gloire à l'Ukraine". 

Selon elles, les forces russes ont tiré en l'air et lancé des grenades assourdissantes dans la foule. 

La manifestation s'est cependant achevée dans le calme, a indiqué le maire.

Dans la soirée, ce dernier a indiqué dans une vidéo publiée sur Facebook qu'au moins trois personnes étaient décédées, sans préciser quand et dans quelles circonstances.

"Nous avons des morts, c'est vrai. Trois décès confirmés pour l'instant", a-t-il déclaré. "Nous ne les avons pas encore tous identifiés", a-t-il indiqué, précisant toutefois qu'il y avait "des civils parmi eux".

"Nous avons fermement défendu notre ville" mais "nos forces étaient absolument inégales", a-t-il déclaré.    

«Engagement sacré»

M. Biden, qui a aussi rencontré le président polonais Andrzej Duda, a souligné "l'engagement sacré" de Washington sur le principe de la défense collective des pays membres de l'Otan.

Sur le front militaire, l'armée ukrainienne accuse, dans le dernier bulletin de son état-major publié dans la nuit de samedi à dimanche, que Moscou  "cache l'ampleur de ses pertes humaines et matérielles".

Le ministère de la Défense russe a fait état lui d'une bataille pour le contrôle de deux villages près de Donetsk, à Novobakhmutivka et Novomykhailivka. 

Le ministère russe a aussi affirmé que des roquettes de type Kalibr ont détruit un dépôt d'armes et de munitions dans la région de Jytomyr, à l'ouest de Kiev, le 25 mars. Un dépôt de carburant a également été touché près de la ville portuaire de Mykolaïv (sud), selon la même source.

Il est très difficile de vérifier de source indépendante ce qui se passe sur le théâtre des opérations.

Réapparition ministérielle

Dans le même temps, Kiev a annoncé la mort d'un septième haut responsable militaire russe en Ukraine. La Russie a confirmé à ce jour la mort de deux hauts gradés, dont le général Andreï Soukhovetski, commandant adjoint de la 41e armée après avoir servi en Syrie en 2018-19.

Toujours selon des responsables occidentaux, un autre général, Vladislav Yerchov, a été démis de ses fonctions par le Kremlin à cause des lourdes pertes subies par les troupes russes.

Selon des images diffusées samedi en Russie, le ministre de la Défense russe Sergueï Choïgou a fait sa première apparition publique en deux semaines. Son absence avait nourri des interrogations que le Kremlin s'était efforcé de balayer.

Autour de Kiev, dont le maire a renoncé à décréter un nouveau couvre-feu, les combats continuent. 

"Les groupes de sabotage de l'ennemi essayent toujours de pénétrer dans la capitale", selon l'état-major ukrainien dans son dernier bulletin. Une alerte antiaérienne a été déclenchée sur Kiev, et dans plusieurs autres villes dans la nuit de samedi à dimanche, et les habitants appelés à se mettre à l'abri.

La Russie dément que le Mexique soit un nid d'espions de Moscou

MEXICO : La Russie a démenti les affirmations d'un général américain selon lesquelles le Mexique serait un nid d'espions de Moscou, jugeant ces propos "inacceptables".

L'ambassade de Russie au Mexique a "analysé avec une grande attention le discours de M. Glen VanHerck et son opinion n'a aucun fondament sur la présence +d'espions militaires russes+ à Mexico"

Elle a jugé "inacceptable" que les États-Unis "tentent d'influencer l'activité et les décisions souveraines du gouvernement mexicain", dans un communiqué publié vendredi soir sur ses réseaux sociaux.

Le général américain Glen VanHerck, commandant en chef de la région militaire qui couvre les Etats-Unis, le Canada, le Mexique et les Bahamas, a déclaré jeudi que "la plus grande part des membres du GRU (le renseignement militaire russe, NDLR) au monde se trouve au Mexique actuellement. C'est le personnel de l'intelligence russe".

"Une nouvelle fois, nous pouvons observer la propagande des Etats-Unis dont l'un des principaux objectifs est d'isoler la Russie et les diplomates russes dans le monde par le biais de fausses informations", poursuit l'ambassade.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador avait répondu vendredi que "le Mexique est un pays libre, indépendant, souverain, nous ne sommes pas une colonie de la Russie, ni de la Chine, ni des Etats-Unis".

Le Mexique a préparé avec la France la résolution adoptée jeudi par l'Assemblée générale des Nations unies qui "exige" de la Russie l'arrêt "immédiat" de la guerre en Ukraine, mais le président Lopez Obrador se refuse à appliquer des sanctions économiques contre la Russie.

«Nulle part où aller»

À Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, les habitants semblent s'être résignés aux bombardements incessants.

"Je suis de Kharkiv, je n'ai nulle part où aller. Alors à quoi bon partir?" répond d'un air las Anna Kolinichienko, la cinquantaine, un vieux labrador tirant au bout de sa laisse.

À environ 120 km au nord-est de Kiev, la ville de Tcherniguiv est encerclée par les forces russes et il est impossible d'en évacuer massivement les civils et les blessés, a annoncé son maire, Vladislav Atrochenko. Dans la région de Tcherniguiv, l'armée russe "distribue de force sa soit-disant aide humanitaire à des fins de propagande dans les médias russes", affirme l'armée ukrainienne.

Mais les forces ukrainiennes ont repris le contrôle de la ville de Trostianets, dans le nord-est du pays, a affirmé le ministère de la Défense ukrainien.

Dans la ville assiégée de Marioupol (sud), port stratégique sur la mer d'Azov, plus de 2 000 civils ont été tués, selon la municipalité. Quelque 100 000 de ses habitants y sont toujours bloqués et manquent de tout, selon le président Zelensky.

Les sanctions britanniques décidées contre la Russie après son invasion de l'Ukraine pourraient être levées si Moscou s'engageait à respecter un cessez-le-feu total et retirait ses troupes, a déclaré samedi la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss.

Ces déclarations font écho à celles du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken indiquant que les sanctions contre la Russie "n'ont pas été conçues pour être permanentes" et qu'elles pouvaient disparaître si Moscou changeait d'attitude.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.