Au Karabakh, Ankara se sert du terrorisme islamiste comme moyen d’action

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des jihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi". (AFP).
Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des jihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi". (AFP).
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Publié le Lundi 12 octobre 2020

Au Karabakh, Ankara se sert du terrorisme islamiste comme moyen d’action

  • C’est surtout l’envoi depuis Gaziantep (sud de la Turquie) de combattants syriens en appui aux forces azéries qui a mis de l’huile sur le feu
  • La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident

BEYROUTH: L’échec du cessez-le-feu annoncé samedi matin à Moscou entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabakh montre que le conflit national au Caucase échappe désormais à l’influence russe au risque de s’internationaliser du fait notamment des ingérences turques.

Depuis la reprise des hostilités, le 27 septembre dernier, entre Arméniens et Azerbaïdjanais autour de la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, ce n’est pas le conflit sur ce territoire à majorité arménienne enclavé en Azerbaïdjan qui a commencé il y a trente ans après la chute du régime soviétique, qui accapare les observateurs, mais le soutien tous azimuts d’Ankara à Bakou et l’attitude va-t-en-guerre du président turc, Recep Tayyip Erdogan, face à Erevan. C’est surtout l’envoi depuis Gaziantep (sud de la Turquie) de combattants syriens en appui aux forces azéries qui a mis de l’huile sur le feu.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, accuse Ankara de soutenir Bakou avec, entre autres matériels militaires, des avions de combat et des drones, et d’envoyer des conseillers militaires ainsi que « des mercenaires et des terroristes».

Depuis la reprise des hostilités, le 27 septembre dernier, entre Arméniens et Azerbaïdjanais autour de la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, ce n’est pas le conflit sur ce territoire à majorité arménienne enclavé en Azerbaïdjan qui a commencé il y a trente ans après la chute du régime soviétique, qui accapare les observateurs, mais le soutien tous azimuts d’Ankara à Bakou.

Alors que la Russie, qui a exprimé son inquiétude, puis la France ont confirmé le déploiement de ces hommes, leur nombre reste à identifier. On parle de plusieurs centaines à quelques milliers… Déjà plusieurs dizaines de morts ont été recensés parmi ces combattants dont la présence a été dénoncée vigoureusement début octobre par le président français, Emmanuel Macron. «Une ligne rouge est franchie […],c’est inacceptable», a-t-il martelé en parlant de « combattants syriens de groupes djihadistes » ayant transité par la Turquie.

Macron, très ferme à l'égard de la Turquie

«Le président français a tenu à montrer une position très ferme à l’égard du jeu mené par les Turcs en Azerbaïdjan, en dénonçant l’envoi de combattants djihadistes syriens dans la zone. L’exécutif turc enrôle ces derniers dans des milices privées afin d’utiliser leur force de frappe au nom de l’islam pour neutraliser des cibles politiques et géopolitiques. M. Macron doit craindre une confessionnalisation du conflit qui pourrait encore mettre à mal l’équilibre précaire au Caucase», estime Anne-Clémentine Larroque, historienne spécialiste de l’islamisme, chargée de cours à Sciences Po Paris sur les questions internationales.

Selon elle, «lorsque Recep Tayyip Erdogan envoie des mercenaires djihadistes, “des janissaires”, en Azerbaïdjan, il montre à quel point il est capable de devenir l’administrateur de la région qu’il influence autour de la Turquie», d’abord en Syrie puis en Libye, et désormais en Azerbaïdjan. «Le nationalisme constitue le problème originel de l’opposition entre Azéris et Arméniens, mais la dimension religieuse permet d’attiser les rivalités», ajoute-t-elle.

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des djihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi. La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident et particulièrement de l’Union européenne», explique Mme Larroque.

Politique du «zéro conflit»

On est bien loin de la politique du « zéro conflit » initiée il y a plus d’une décennie par Ahmet Davutoglu, ancien Premier ministre turc. M. Erdogan multiplie aujourd’hui les interventions qui créent des tensions avec tous ses voisins. C’est le cas en Irak où il poursuit ses frappes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en Méditerranée orientale où sa quête pour les hydrocarbures a créé une confrontation avec la Grèce et Chypre, sans oublier le chantage récurrent sur le sujet des migrants avec l’Union européenne, ainsi que les problèmes avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des djihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi. La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident et particulièrement de l’Union européenne».

La Turquie est également en désaccord avec la Russie sur plusieurs dossiers régionaux, comme celui de la Syrie, celui de la Libye et maintenant celui de l’Azerbaïdjan.

Il convient toutefois de nuancer le terme de «djihadiste». «Ankara ne soutient pas le terrorisme islamiste dans son idéologie, mais s’en sert comme moyen d’action pour asseoir son influence géostratégique. Pendant le conflit syrien, Erdogan a lutté contre deux ennemis en Syrie : les Kurdes et l’État islamique. La différence très importante à souligner entre l’Arabie saoudite et la Turquie demeure l’adhésion de la première à la doctrine salafiste, alors que l’islamisme d’Erdogan est beaucoup plus ancré sur la doctrine des Frères musulmans. La volonté du président turc est de s’imposer comme nouveau calife au sens impérial du terme, en tant que dépositaire de l’autorité mais non de guide religieux», précise la chercheuse.

Mais pour Bayram Balci, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes, à Istanbul, et enseignant à Sciences Po Paris, «il s’agit de mercenaires, pas de djihadistes», mettant en garde contre l’amalgame entre les deux. «Les djihadistes sont des islamistes sunnites. Théoriquement ils ne vont pas aller combattre aux côtés des Azéris chiites, soutenus par Israël. Ces combattants sont des personnes pauvres, dans la misère. Ils ont besoin d’argent pour nourrir leurs familles», explique-t-il.

Plusieurs médias ont recueilli le témoignage de dizaines de jeunes Syriens qui ont accepté d’aller combattre aux côtés des Azéris pour des salaires mensuels variant entre 1 500 et 2 000 dollars, alors qu’ils touchent à peine 50 dollars en temps normal. Il s’agit en grande partie de combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), financée et entraînée par la Turquie. Pour les inciter à aller se battre contre les Arméniens, on leur explique qu’il s’agit d’une guerre contre la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad.

Plusieurs médias ont recueilli le témoignage de dizaines de jeunes Syriens qui ont accepté d’aller combattre aux côtés des Azéris pour des salaires mensuels variant entre 1 500 et 2 000 dollars, alors qu’ils touchent à peine 50 dollars en temps normal. Il s’agit en grande partie de combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), financée et entraînée par la Turquie.

Pour Gregor Meiering, consultant en coopération internationale basé à Cologne en Allemagne, « il faut se pencher sur le discours autour des mercenaires, plutôt que sur les combattants de l’ASL. En effet, ce discours est présent des deux côtés du conflit, qu’il soit arménien ou azerbaïdjanais. Chacun accuse l’autre d’impliquer des mercenaires sur le champ de bataille. Bakou reproche à Erevan de recruter des Arméniens dans d’autres pays pour venir combattre au Nagorny-Karabakh, alors que l’Azerbaïdjan est accusé d’enrôler des mercenaires étrangers. C’est donc l’usage du discours sur les miliciens qui est en soi dangereux, puisqu’il menace les pays qui ont des populations d’origine arménienne ou azérie. Cela risque d’amplifier le conflit et ainsi d’impliquer certains pays qui n’en faisaient pas initialement partie».

Conflit historique

Il reste à savoir pourquoi le président truc appuie sans concession l’Azerbaïdjan, sachant qu’il est le seul chef d’État qui n’a pas appelé les belligérants à la retenue et au dialogue. 

«Recep Tayyip Erdogan a un mot d’ordre aujourd’hui: soutenir “le pays frère et ami qu’est l’Azerbaïdjan (...) par tous les moyens”. Historiquement l’opposition de la Turquie à l’Arménie est liée au génocide perpétré en 1915 contre la population arménienne pendant la période ottomane. Les Turcs n’ont jamais reconnu ce génocide, et l’État arménien constitue un ennemi pour la république turque qui compte environ 50 000 Arméniens sur son sol. Le Haut-Karabakh, petit territoire d’Azerbaïdjan a tenté de faire sécession au début des années 1990. Il symbolise la présence des Arméniens au sein de la République d’Azerbaïdjan», explique Anne-Clémentine Larroque.

La chute de l’Union soviétique il y a trois décennies a créé de nouvelles donnes dans la région. La Turquie a eu soudain une dizaine de nouveaux pays avec qui elle a voulu avoir des relations économiques, commerciales et énergétiques, et jouer un rôle politique.

«La région subit toujours les conséquences de la Première Guerre mondiale, notamment le compromis auquel sont parvenus Moscou et Atatürk dans leur souhait de se libérer des contraintes du traité de Sèvres. L’accord entre la Russie et la Turquie traitait des spécificités ethniques de certaines régions alors que d’importants changements démographiques avaient lieu du fait de l’occupation russe du Caucase. Il visait plus particulièrement la population arménienne, d’une part, et les populations musulmanes, d’autre part, sans distinction à cette époque entre sunnites et chiites», précise Gregor Meiering.

En outre, la chute de l’Union soviétique il y a trois décennies a créé de nouvelles donnes dans la région. La Turquie a eu soudain une dizaine de nouveaux pays avec qui elle a voulu avoir des relations économiques, commerciales et énergétiques, et jouer un rôle politique. Avec M. Erdogan ce rôle est devenu plus actif sur plusieurs théâtres au Moyen-Orient, renforçant naturellement un face-à-face avec la Russie, comme c’est le cas actuellement.

«Erdogan reprend à son compte des tensions déjà existantes, certaines depuis longtemps, comme le conflit territorial autour des îles grecques, ou la guerre en Libye, sans oublier le conflit syrien. Concernant le Nagorny-Karabakh, il s’agit d’un conflit vieux de plus de trente ans. Mais, les grandes puissances préféraient garder le statu quo au lieu de tenter de résoudre le problème. L’immobilisme étant favorable aux Arméniens, tout le monde savait que Bakou s’armait depuis longtemps en vue de l’éventualité d’une guerre. Mais personne n’a voulu essayer de résoudre le problème. Le groupe de Minsk ne sert pratiquement à rien. Ankara a depuis toujours soutenu politiquement l’Azerbaïdjan. D’où la décision d’Erdogan de soutenir aujourd’hui Bakou militairement», explique M. Balci.

Turquie vs Russie

De son côté, M. Meiering précise que «la Turquie n’apprécie pas le jeu russe dans le Caucase. Ankara estime que Moscou a gelé le conflit au Nagorny-Karabakh durant près de trois décennies comme en Géorgie, en Moldavie, ou ailleurs.

Il est clair que la stratégie russe n’a jamais été de résoudre les conflits, mais plutôt de les geler et de rendre les protagonistes dépendants d’elle. Dans ce contexte, à mon avis, l’Arménie a raté par le passé une occasion en or de résoudre le conflit alors que le contexte lui était plus favorable. Cette politique a marché au Caucase, alors que l’Azerbaïdjan était presque un État en faillite au début des années 1990. La situation a complètement changé aujourd’hui avec un pays beaucoup plus riche et développé».

Il ne faut toutefois pas surestimer le rôle et le poids de la Turquie dans ce conflit. «La seule puissance capable de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre reste la Russie. Et Moscou joue un jeu assez cynique.

«Cette rivalité turco-russe sur différents dossiers va donc entraîner la possibilité de conclure des compromis sur plusieurs sujets. Cette diversification des conflits permet d’augmenter les chances de trouver des compromis», explique le consultant allemand. «Si on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut en Syrie, on peut l’avoir en Libye, sinon ce sera peut-être au Caucase.»

La guerre au Nagorny-Karabakh illustre le changement sur la scène géopolitique mondiale. «Les puissances moyennes qui émergent peuvent dire non aux grandes puissances. Les grands doivent désormais tenir compte des moyens. Ces derniers veulent se faire respecter. C’est le cas de la Turquie qui refuse de se laisser marginaliser. Et dans ce contexte il est navrant de voir les grandes puissances se focaliser sur Erdogan au lieu de se concentrer pour trouver une solution au conflit», estime M. Balci.

Il ne faut toutefois pas surestimer le rôle et le poids de la Turquie dans ce conflit. «La seule puissance capable de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre reste la Russie. Et Moscou joue un jeu assez cynique. Les Russes veulent ainsi rappeler à l’Arménie qu’ils sont les seuls partenaires crédibles capables de la sauver, alors que le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, tente depuis quelques années de s’ouvrir sur le monde en vue d’échapper à l’hégémonie de son puissant voisin», conclut Gregor Meiering.


Liban: les négociations visent à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud affirme Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales"
  • Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban.

"Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales", a-t-il indiqué.

Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise "dans les négociations bilatérales", qui seront "séparées" d'autres discussions en cours, en référence aux pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis.

 

 


L'armée israélienne confirme que le soldat photographié frappant une statue de Jésus est israélien

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
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  • "Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité"
  • Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant"

JERUSALEM: Le soldat pris en photo soulevant une masse pour frapper une statue de Jésus dans le sud du Liban fait partie de l'armée israélienne, a confirmé celle-ci dans la nuit après l'ouverture d'une enquête dimanche.

"À l'issue d'un premier examen (...) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban", a écrit l'armée lundi peu après minuit sur son compte X, alors que le cliché circule largement sur les réseaux sociaux.

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban.

"Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité".

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant".

"Je suis convaincu que des mesures sévères nécessaires seront prises contre les auteurs de cet acte ignoble", a-t-il écrit sur X.

"Nous présentons nos excuses pour cet incident et à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".

Plus tôt dimanche, le porte-parole militaire israélien Nadav Shoshani avait annoncé que l'armée examinait l'authenticité du cliché.

L'image montre un soldat israélien utilisant une masse pour frapper la tête d'une statue de Jésus crucifié tombée de sa croix.

Des médias arabes ont affirmé que la statue se trouvait dans le village chrétien de Debl, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël.

La municipalité de Debl a indiqué à l'AFP que la statue se trouvait bien dans le village, mais n'a pas pu confirmer qu'elle avait été endommagée.

L'armée israélienne a encore assuré "aider la communauté à remettre la statue en place" et indiqué n'avoir "aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux".

Les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont démoli dimanche de nouvelles maisons, selon l'agence de presse officielle libanaise, ANI.


En pleine trêve, Israël poursuit les démolitions dans le sud du Liban

 L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
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  • L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes"
  • L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate"

BEYROUTH: L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi avons donné pour instruction aux forces de défense israéliennes d'agir avec toute leur force, tant au sol que dans les airs, y compris pendant le cessez-le-feu, afin de protéger nos soldats au Liban contre toute menace", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz.

Il a ajouté que l'armée avait également reçu l'ordre de démolir toute structure ou route qui était "piégée" et menaçait les soldats.

L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes", a-t-il dit.

L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate".

"Fait accompli" 

Israël "continue de détruire ce qu'il reste des maisons dans la ville de Bint Jbeil", a indiqué l'Agence de presse officielle libanaise (ANI).

Située à près de cinq kilomètres de la frontière, elle a été le théâtre de violents combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah avant le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi.

Des opérations israéliennes similaires de ratissage et de destruction de maisons à l'explosif ont eu lieu dans plusieurs autres localités frontalières, selon l'agence, qui a aussi fait état "de tirs d'artillerie" israéliens dans un cas.

Elles sont toutes situées derrière la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne dit avoir établie, comme dans la bande de Gaza.

Elle a publié dimanche une carte montrant sa "ligne de défense avancée" et une zone en rouge le long de la frontière, où ses forces opèrent pour démanteler les sites du Hezbollah et "prévenir les menaces directes" contre les populations du nord d'Israël.

La Turquie a accusé Israël de chercher à créer un "fait accompli" au Liban et dénoncé, par la voix de son chef de la diplomatie Hakan Fidan, "l'expansionnisme" israélien.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a répondu par des frappes massives, qui ont fait plus de 2.300 morts et un million de déplacés, et par une invasion dans le sud du pays.

Routes et ponts réparés 

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam doit être reçu mardi à Paris, une visite qui intervient après la mort samedi d'un Casque bleu français dans une embuscade attribuée au Hezbollah, qui a démenti être responsable.

Dénonçant une "attaque inacceptable", le président français Emmanuel Macron "appellera les autorités libanaises à faire toute la lumière sur celle-ci, à identifier et poursuivre sans délai les responsables", selon l'Elysée.

Une cérémonie a été organisée à l'aéroport de Beyrouth avant le rapatriement de la dépouille du sergent-chef Florian Montorio.

Il a été "décoré à titre posthume de médailles de l'ONU et de l'armée libanaise en signe de reconnaissance de son dévouement en faveur de la paix dans le sud du Liban", a indiqué un communiqué de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban).

Si la situation reste très instable dans le pays, l'armée libanaise profite de l'arrêt des hostilités pour réparer des infrastructures endommagées. Elle a annoncé avoir rouvert une route et réparé des ponts auparavant rendus impraticables par des frappes israéliennes sur le sud.

Des frappes de l'armée israélienne sur des ponts franchissant le fleuve Litani, à environ 30 km au nord de la frontière, avaient quasiment isolé le sud du Liban du reste du pays.

Si des déplacés se sont empressés de rentrer chez eux, nombreux sont ceux qui hésitent à revenir au vu de la fragilité du cessez-le-feu ayant suspendu les hostilités en cours depuis le 2 mars.

Dans le village de Debbine, un homme inspectait les dégâts causés à sa maison et des personnes déambulaient près des décombres de bâtiments détruits, a constaté un correspondant de l'AFP.

Plus au sud, des habitants de Srifa ont déchargé leurs affaires, matelas et machine à laver, mais ailleurs d'autres sont venus récupérer leurs effets personnels avant de repartir.