Au Karabakh, Ankara se sert du terrorisme islamiste comme moyen d’action

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des jihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi". (AFP).
Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des jihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi". (AFP).
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Publié le Lundi 12 octobre 2020

Au Karabakh, Ankara se sert du terrorisme islamiste comme moyen d’action

  • C’est surtout l’envoi depuis Gaziantep (sud de la Turquie) de combattants syriens en appui aux forces azéries qui a mis de l’huile sur le feu
  • La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident

BEYROUTH: L’échec du cessez-le-feu annoncé samedi matin à Moscou entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabakh montre que le conflit national au Caucase échappe désormais à l’influence russe au risque de s’internationaliser du fait notamment des ingérences turques.

Depuis la reprise des hostilités, le 27 septembre dernier, entre Arméniens et Azerbaïdjanais autour de la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, ce n’est pas le conflit sur ce territoire à majorité arménienne enclavé en Azerbaïdjan qui a commencé il y a trente ans après la chute du régime soviétique, qui accapare les observateurs, mais le soutien tous azimuts d’Ankara à Bakou et l’attitude va-t-en-guerre du président turc, Recep Tayyip Erdogan, face à Erevan. C’est surtout l’envoi depuis Gaziantep (sud de la Turquie) de combattants syriens en appui aux forces azéries qui a mis de l’huile sur le feu.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, accuse Ankara de soutenir Bakou avec, entre autres matériels militaires, des avions de combat et des drones, et d’envoyer des conseillers militaires ainsi que « des mercenaires et des terroristes».

Depuis la reprise des hostilités, le 27 septembre dernier, entre Arméniens et Azerbaïdjanais autour de la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, ce n’est pas le conflit sur ce territoire à majorité arménienne enclavé en Azerbaïdjan qui a commencé il y a trente ans après la chute du régime soviétique, qui accapare les observateurs, mais le soutien tous azimuts d’Ankara à Bakou.

Alors que la Russie, qui a exprimé son inquiétude, puis la France ont confirmé le déploiement de ces hommes, leur nombre reste à identifier. On parle de plusieurs centaines à quelques milliers… Déjà plusieurs dizaines de morts ont été recensés parmi ces combattants dont la présence a été dénoncée vigoureusement début octobre par le président français, Emmanuel Macron. «Une ligne rouge est franchie […],c’est inacceptable», a-t-il martelé en parlant de « combattants syriens de groupes djihadistes » ayant transité par la Turquie.

Macron, très ferme à l'égard de la Turquie

«Le président français a tenu à montrer une position très ferme à l’égard du jeu mené par les Turcs en Azerbaïdjan, en dénonçant l’envoi de combattants djihadistes syriens dans la zone. L’exécutif turc enrôle ces derniers dans des milices privées afin d’utiliser leur force de frappe au nom de l’islam pour neutraliser des cibles politiques et géopolitiques. M. Macron doit craindre une confessionnalisation du conflit qui pourrait encore mettre à mal l’équilibre précaire au Caucase», estime Anne-Clémentine Larroque, historienne spécialiste de l’islamisme, chargée de cours à Sciences Po Paris sur les questions internationales.

Selon elle, «lorsque Recep Tayyip Erdogan envoie des mercenaires djihadistes, “des janissaires”, en Azerbaïdjan, il montre à quel point il est capable de devenir l’administrateur de la région qu’il influence autour de la Turquie», d’abord en Syrie puis en Libye, et désormais en Azerbaïdjan. «Le nationalisme constitue le problème originel de l’opposition entre Azéris et Arméniens, mais la dimension religieuse permet d’attiser les rivalités», ajoute-t-elle.

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des djihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi. La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident et particulièrement de l’Union européenne», explique Mme Larroque.

Politique du «zéro conflit»

On est bien loin de la politique du « zéro conflit » initiée il y a plus d’une décennie par Ahmet Davutoglu, ancien Premier ministre turc. M. Erdogan multiplie aujourd’hui les interventions qui créent des tensions avec tous ses voisins. C’est le cas en Irak où il poursuit ses frappes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en Méditerranée orientale où sa quête pour les hydrocarbures a créé une confrontation avec la Grèce et Chypre, sans oublier le chantage récurrent sur le sujet des migrants avec l’Union européenne, ainsi que les problèmes avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les Azéris sont majoritairement musulmans chiites, tandis que les Arméniens sont majoritairement chrétiens orthodoxes. «En envoyant des djihadistes sunnites, revenus de Libye pour aider les chiites, Erdogan soutient la cause de l’islam, mais il souligne sa position de leader sunnite inscrite dans sa politique de voisinage élargi. La politique étrangère turque vise l’Orient et le Moyen-Orient depuis qu’elle s’est émancipée de l’Occident et particulièrement de l’Union européenne».

La Turquie est également en désaccord avec la Russie sur plusieurs dossiers régionaux, comme celui de la Syrie, celui de la Libye et maintenant celui de l’Azerbaïdjan.

Il convient toutefois de nuancer le terme de «djihadiste». «Ankara ne soutient pas le terrorisme islamiste dans son idéologie, mais s’en sert comme moyen d’action pour asseoir son influence géostratégique. Pendant le conflit syrien, Erdogan a lutté contre deux ennemis en Syrie : les Kurdes et l’État islamique. La différence très importante à souligner entre l’Arabie saoudite et la Turquie demeure l’adhésion de la première à la doctrine salafiste, alors que l’islamisme d’Erdogan est beaucoup plus ancré sur la doctrine des Frères musulmans. La volonté du président turc est de s’imposer comme nouveau calife au sens impérial du terme, en tant que dépositaire de l’autorité mais non de guide religieux», précise la chercheuse.

Mais pour Bayram Balci, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes, à Istanbul, et enseignant à Sciences Po Paris, «il s’agit de mercenaires, pas de djihadistes», mettant en garde contre l’amalgame entre les deux. «Les djihadistes sont des islamistes sunnites. Théoriquement ils ne vont pas aller combattre aux côtés des Azéris chiites, soutenus par Israël. Ces combattants sont des personnes pauvres, dans la misère. Ils ont besoin d’argent pour nourrir leurs familles», explique-t-il.

Plusieurs médias ont recueilli le témoignage de dizaines de jeunes Syriens qui ont accepté d’aller combattre aux côtés des Azéris pour des salaires mensuels variant entre 1 500 et 2 000 dollars, alors qu’ils touchent à peine 50 dollars en temps normal. Il s’agit en grande partie de combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), financée et entraînée par la Turquie. Pour les inciter à aller se battre contre les Arméniens, on leur explique qu’il s’agit d’une guerre contre la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad.

Plusieurs médias ont recueilli le témoignage de dizaines de jeunes Syriens qui ont accepté d’aller combattre aux côtés des Azéris pour des salaires mensuels variant entre 1 500 et 2 000 dollars, alors qu’ils touchent à peine 50 dollars en temps normal. Il s’agit en grande partie de combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), financée et entraînée par la Turquie.

Pour Gregor Meiering, consultant en coopération internationale basé à Cologne en Allemagne, « il faut se pencher sur le discours autour des mercenaires, plutôt que sur les combattants de l’ASL. En effet, ce discours est présent des deux côtés du conflit, qu’il soit arménien ou azerbaïdjanais. Chacun accuse l’autre d’impliquer des mercenaires sur le champ de bataille. Bakou reproche à Erevan de recruter des Arméniens dans d’autres pays pour venir combattre au Nagorny-Karabakh, alors que l’Azerbaïdjan est accusé d’enrôler des mercenaires étrangers. C’est donc l’usage du discours sur les miliciens qui est en soi dangereux, puisqu’il menace les pays qui ont des populations d’origine arménienne ou azérie. Cela risque d’amplifier le conflit et ainsi d’impliquer certains pays qui n’en faisaient pas initialement partie».

Conflit historique

Il reste à savoir pourquoi le président truc appuie sans concession l’Azerbaïdjan, sachant qu’il est le seul chef d’État qui n’a pas appelé les belligérants à la retenue et au dialogue. 

«Recep Tayyip Erdogan a un mot d’ordre aujourd’hui: soutenir “le pays frère et ami qu’est l’Azerbaïdjan (...) par tous les moyens”. Historiquement l’opposition de la Turquie à l’Arménie est liée au génocide perpétré en 1915 contre la population arménienne pendant la période ottomane. Les Turcs n’ont jamais reconnu ce génocide, et l’État arménien constitue un ennemi pour la république turque qui compte environ 50 000 Arméniens sur son sol. Le Haut-Karabakh, petit territoire d’Azerbaïdjan a tenté de faire sécession au début des années 1990. Il symbolise la présence des Arméniens au sein de la République d’Azerbaïdjan», explique Anne-Clémentine Larroque.

La chute de l’Union soviétique il y a trois décennies a créé de nouvelles donnes dans la région. La Turquie a eu soudain une dizaine de nouveaux pays avec qui elle a voulu avoir des relations économiques, commerciales et énergétiques, et jouer un rôle politique.

«La région subit toujours les conséquences de la Première Guerre mondiale, notamment le compromis auquel sont parvenus Moscou et Atatürk dans leur souhait de se libérer des contraintes du traité de Sèvres. L’accord entre la Russie et la Turquie traitait des spécificités ethniques de certaines régions alors que d’importants changements démographiques avaient lieu du fait de l’occupation russe du Caucase. Il visait plus particulièrement la population arménienne, d’une part, et les populations musulmanes, d’autre part, sans distinction à cette époque entre sunnites et chiites», précise Gregor Meiering.

En outre, la chute de l’Union soviétique il y a trois décennies a créé de nouvelles donnes dans la région. La Turquie a eu soudain une dizaine de nouveaux pays avec qui elle a voulu avoir des relations économiques, commerciales et énergétiques, et jouer un rôle politique. Avec M. Erdogan ce rôle est devenu plus actif sur plusieurs théâtres au Moyen-Orient, renforçant naturellement un face-à-face avec la Russie, comme c’est le cas actuellement.

«Erdogan reprend à son compte des tensions déjà existantes, certaines depuis longtemps, comme le conflit territorial autour des îles grecques, ou la guerre en Libye, sans oublier le conflit syrien. Concernant le Nagorny-Karabakh, il s’agit d’un conflit vieux de plus de trente ans. Mais, les grandes puissances préféraient garder le statu quo au lieu de tenter de résoudre le problème. L’immobilisme étant favorable aux Arméniens, tout le monde savait que Bakou s’armait depuis longtemps en vue de l’éventualité d’une guerre. Mais personne n’a voulu essayer de résoudre le problème. Le groupe de Minsk ne sert pratiquement à rien. Ankara a depuis toujours soutenu politiquement l’Azerbaïdjan. D’où la décision d’Erdogan de soutenir aujourd’hui Bakou militairement», explique M. Balci.

Turquie vs Russie

De son côté, M. Meiering précise que «la Turquie n’apprécie pas le jeu russe dans le Caucase. Ankara estime que Moscou a gelé le conflit au Nagorny-Karabakh durant près de trois décennies comme en Géorgie, en Moldavie, ou ailleurs.

Il est clair que la stratégie russe n’a jamais été de résoudre les conflits, mais plutôt de les geler et de rendre les protagonistes dépendants d’elle. Dans ce contexte, à mon avis, l’Arménie a raté par le passé une occasion en or de résoudre le conflit alors que le contexte lui était plus favorable. Cette politique a marché au Caucase, alors que l’Azerbaïdjan était presque un État en faillite au début des années 1990. La situation a complètement changé aujourd’hui avec un pays beaucoup plus riche et développé».

Il ne faut toutefois pas surestimer le rôle et le poids de la Turquie dans ce conflit. «La seule puissance capable de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre reste la Russie. Et Moscou joue un jeu assez cynique.

«Cette rivalité turco-russe sur différents dossiers va donc entraîner la possibilité de conclure des compromis sur plusieurs sujets. Cette diversification des conflits permet d’augmenter les chances de trouver des compromis», explique le consultant allemand. «Si on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut en Syrie, on peut l’avoir en Libye, sinon ce sera peut-être au Caucase.»

La guerre au Nagorny-Karabakh illustre le changement sur la scène géopolitique mondiale. «Les puissances moyennes qui émergent peuvent dire non aux grandes puissances. Les grands doivent désormais tenir compte des moyens. Ces derniers veulent se faire respecter. C’est le cas de la Turquie qui refuse de se laisser marginaliser. Et dans ce contexte il est navrant de voir les grandes puissances se focaliser sur Erdogan au lieu de se concentrer pour trouver une solution au conflit», estime M. Balci.

Il ne faut toutefois pas surestimer le rôle et le poids de la Turquie dans ce conflit. «La seule puissance capable de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre reste la Russie. Et Moscou joue un jeu assez cynique. Les Russes veulent ainsi rappeler à l’Arménie qu’ils sont les seuls partenaires crédibles capables de la sauver, alors que le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, tente depuis quelques années de s’ouvrir sur le monde en vue d’échapper à l’hégémonie de son puissant voisin», conclut Gregor Meiering.


Le cortège funèbre de Khamenei débute sa traversée de Téhéran

Le cortège funèbre de l'ayatollah Ali Khamenei s'est mis en route lundi matin dans les rues de Téhéran, selon la télévision d'Etat, au troisième jour d'obsèques nationales conçues comme une démonstration de force et d'unité par le pouvoir iranien. (AFP)
Le cortège funèbre de l'ayatollah Ali Khamenei s'est mis en route lundi matin dans les rues de Téhéran, selon la télévision d'Etat, au troisième jour d'obsèques nationales conçues comme une démonstration de force et d'unité par le pouvoir iranien. (AFP)
  • Le cercueil avait été exposé pendant deux jours à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale
  • La procession doit durer de 10 à 12 heures et passer, entre autres, par l'emblématique rue Enghelab (révolution), selon les autorités, qui attendent des millions de personnes

TEHERAN: Le cortège funèbre de l'ayatollah Ali Khamenei s'est mis en route lundi matin dans les rues de Téhéran, selon la télévision d'Etat, au troisième jour d'obsèques nationales conçues comme une démonstration de force et d'unité par le pouvoir iranien.

Le cercueil avait été exposé pendant deux jours à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale, où des Iraniens ont afflué pour dire adieu au dirigeant tué dans des bombardements israélo-américains le 28 février.

La procession doit durer de 10 à 12 heures et passer, entre autres, par l'emblématique rue Enghelab (révolution), selon les autorités, qui attendent des millions de personnes.

"Nous demandons à la population de se rendre pacifiquement sur la place Azadi" (liberté), où est attendu le cortège, a déclaré le général Hassan Hassanzadeh, selon la télévision d'Etat.

Des photos prises par l'AFP lundi matin montrent des centaines de personnes, pour beaucoup vêtues de noir, certaines brandissant des drapeaux iraniens ou des portraits du défunt guide suprême. Une personne tient une pancarte indiquant "A bas les Etats-Unis" et une autre montrant le président américain Donald Trump recouvert d'une cible.

Des personnes rassemblées sur la place de l'imam Hussein, dans l'est de la capitale, "ont symboliquement pendu Trump", a rapporté la télévision d'Etat, en partageant une vidéo sur laquelle figure un mannequin pendu à un gibet de fortune.

Il n'a pas été précisé si les participants au cortège pourraient s'approcher du cercueil de Khamenei, qui avait été tenu à distance du public à la Mosalla par de grands murs de béton pour éviter les bousculades.

Le 6 juin 1989, une foule en transe avait pris d'assaut le cortège funéraire du précédent guide suprême Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique: le linceul avait été déchiré et le corps était tombé à terre.

C'est finalement par hélicoptère que le corps avait été transféré pour être inhumé dans un cimetière près de Téhéran, avec plusieurs heures de retard.

Selon l'agence iranienne officielle Irna, pas moins de 10 millions de personnes avaient afflué et les mouvements de foule avaient fait plus de dix morts et plus de 10.000 blessés.

Jours fériés 

Les funérailles d'Ali Khamenei, qui avait le dernier mot sur les grandes orientations de l'Etat et qui a été tué au premier jour de la guerre avec Israël et les Etats-Unis, ont officiellement débuté samedi.

Pendant deux jours, une foule d'Iraniens s'est pressée dans l'enceinte de la Grande Mosalla pour apercevoir le cercueil aux couleurs du drapeau iranien.

A ses côtés étaient disposés ceux de ses proches tués avec lui: une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois selon les autorités.

Selon des images de la télévision d'Etat, trois fils d'Ali Khamenei - Massoud, Mostafa et Meysam - sont venus à la Mosalla, avec nombre de dirigeants iraniens, mais pas Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême.

Blessé dans les bombardements qui ont tué son père, le dirigeant de 56 ans n'a pas été vu en public et ne s'exprime que via des communiqués qui lui sont attribués.

Dimanche et lundi ont été déclarés jours fériés pour permettre aux Iraniens de participer aux cérémonies, alors que les autorités affirment attendre au total entre 15 et 20 millions de personnes rien qu'à Téhéran, capitale qui compte à elle seule plus de 10 millions d'habitants.

Après la procession, le cercueil doit faire escale à Qom puis dans des sanctuaires en Irak, où vit une importante communauté chiite.

L'inhumation aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Ali Khamenei, était originaire.

Initialement prévues en mars, les funérailles avaient été reportées en raison de la guerre.

Les dirigeants iraniens les ont conçues comme une démonstration de force, en pleines discussions avec Washington après la signature le mois dernier d'un accord-cadre pour parvenir à un règlement durable du conflit.

Le chef de l'armée, Amir Hatami, a déclaré dimanche à la télévision d'Etat qu'il avait juré à Mojtaba Khamenei de ne pas "lâcher le col de ceux qui ont tué" son père, qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu'à sa mort à 86 ans.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Toute tentative des Houthis de cibler le Royaume se heurtera à une riposte d'une force sans précédent, affirme la coalition

Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
  • Les menaces des Houthis visent à « détourner l’attention » des violations commises contre le peuple yéménite, affirme Al-Maliki, porte-parole de la coalition

RIYAD : Toute tentative des rebelles houthis du Yémen de cibler le Royaume se heurtera à une réponse marquée par une « détermination et une force sans précédent », a déclaré la coalition dirigée par l’Arabie saoudite tôt samedi dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et relayé par l’Agence de presse saoudienne.

« Les déclarations des Houthis contre le Royaume hier ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de leurs graves violations à l’encontre du peuple frère du Yémen », a déclaré le général de division Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Il a qualifié les dernières menaces de la milice de tentatives visant à porter atteinte à la sécurité régionale et internationale.

« La coalition répondra avec une détermination et une force sans précédent à toute tentative de cibler le Royaume, ses citoyens, ses résidents et ses infrastructures nationales, ou à toute atteinte à la souveraineté de la République sœur du Yémen, conformément au droit international humanitaire coutumier », a-t-il déclaré.

Le groupe soutenu par l’Iran a menacé vendredi de prendre pour cible « les aéroports saoudiens ainsi que les intérêts vitaux sur terre et en mer », selon son porte-parole militaire.

Al-Maliki a accusé les Houthis d’être responsables des souffrances du peuple yéménite.

« Ils cherchent à exporter les catastrophes économiques et les souffrances qu’ils ont eux-mêmes provoquées au Yémen, tout en tentant de masquer le rejet auquel ils sont confrontés de la part des composantes tribales et sociales yéménites, en reportant ces tensions sur leur environnement régional et les pays voisins. »

Connue officiellement sous le nom de Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme œuvrer au rétablissement du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, après la prise de la capitale, Sanaa, par les Houthis en 2014.

Le groupe, qui a reçu des armes de Téhéran, contrôle depuis lors la capitale ainsi que de vastes régions du pays.

« Le Royaume, avec la coalition et ses partenaires internationaux, a lancé des initiatives et des efforts visant à atténuer les souffrances du peuple yéménite causées par le coup d’État de la milice houthie », a déclaré Al-Maliki. « Ces efforts comprennent également la recherche d’une solution à la crise yéménite à travers une feuille de route approuvée par le gouvernement légitime du Yémen, mais rejetée par les Houthis, qui ont en outre refusé les initiatives en faveur d’une paix durable et attaqué les voies de communication maritimes ainsi que le commerce international dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. »

Al-Maliki a ajouté : « Ces actions ont exposé les capacités et les infrastructures du peuple yéménite à des attaques et à des destructions massives dans les ports de Hodeïda, Ras Issa et Salif, ainsi qu’à l’aéroport international de Sanaa, aux centrales électriques, aux installations industrielles et à d’autres composantes économiques majeures appartenant au peuple yéménite. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com