Pour le retour de ses terrasses estivales, Paris cherche son équilibre

La terrasse du célèbre café parisien Les Deux Magots, le 19 mai 2021. (Photo, AFP)
La terrasse du célèbre café parisien Les Deux Magots, le 19 mai 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 mars 2022

Pour le retour de ses terrasses estivales, Paris cherche son équilibre

La terrasse du célèbre café parisien Les Deux Magots, le 19 mai 2021. (Photo, AFP)
  • 1 600 bars et restaurants ont reçu l'autorisation de pouvoir redéployer leurs tables sur les places de stationnement, terre-pleins et placettes, sur environ 11 000 demandes «brutes», indique Olivia Polski
  • Fermeture à 22h00 - contre 2h du matin pour les terrasses classiques - non respectée, musique amplifiée, «tablées bruyantes parce qu'avinées»: «tout l'été, ça a été l'enfer pour les riverains»

PARIS: Les terrasses éphémères nées de la crise sanitaire seront de retour vendredi à Paris mais en nombre très réduit. Cherchant le juste équilibre entre convivialité et tranquillité, mairies centrale et d'arrondissements ont durci les conditions pour les restaurateurs. 

« Une situation explosive ». Frank Delvau, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) Paris Ile-de-France, affiche la couleur devant le « nombre de refus extrêmement important » de la mairie. « On avait 12 000 terrasses en 2020, on en aura 3 000, 4 000 maximum cette année », déplore-t-il. 

A quelques jours du début de la saison, instaurée du 1er avril au 31 octobre par le nouveau règlement (RET) municipal, 1 600 bars et restaurants ont reçu l'autorisation de pouvoir redéployer leurs tables sur les places de stationnement, terre-pleins et placettes, sur environ 11 000 demandes « brutes », indique Olivia Polski, l'adjointe (PS) au commerce de la maire Anne Hidalgo. 

Mais le flux de dossiers étant continu, avec « 2 300 demandes déposées depuis février », les services municipaux, même mobilisés depuis six mois, en ont encore 3 000 à traiter, précise-t-elle. 

« Certains n'auront leur autorisation que courant avril voire mai », peste M. Delvau, pour qui « cette situation va créer des problèmes », notamment avec des professionnels se passant de l'autorisation pour s'installer sur l'espace public. 

Face à cette menace, la nouvelle police municipale parisienne doit mener une première phase de contrôle « avec pédagogie et discernement », mais aussi « vigilance » face aux « nuisances produites », tempère la mairie, qui sait marcher sur des œufs tant les relations entre commerçants et riverains excédés sont tendues. 

« Boîte de Pandore »  

« C'est comme si Polski avait ouvert une boîte de Pandore », estime Aude, une militante du collectif Droit au sommeil pour qui « la moitié des établissements avec terrasses ont fait l'objet d'au moins un signalement » en 2021. 

Fermeture à 22h00 - contre 2h du matin pour les terrasses classiques - non respectée, musique amplifiée, « tablées bruyantes parce qu'avinées »: « tout l'été, ça a été l'enfer pour les riverains », souligne cette militante, pour qui « la régulation est impossible » compte tenu du faible nombre de policiers municipaux. 

En première ligne dans la recherche d'un équilibre entre attractivité économique et tranquillité publique, les maires d'arrondissement ont considérablement serré la vis après deux ans d'accessibilité « en dimensions, esthétique, arrangements avec les boutiques d'à côté », souligne Jean-Pierre Lecoq, le maire LR du VIe arrondissement. 

« Il est plus que temps qu'on rentre dans le droit commun », reconnaît ainsi Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, qui a dénombré 1 800 demandes de terrasses estivales pour, à ce stade, 220 autorisations délivrées. 

Dans le quartier piéton de Montorgueil où les terrasses abondent, l'élu socialiste a décidé d'ajouter un règlement « plus restrictif » qui prévoit l'interdiction des terrasses sur la chaussée, dans des voies étroites, devant le commerce voisin ou sur le trottoir opposé. 

Peu d'extensions permanentes 

Dans tout Paris, une dizaine de chartes locales entrent ainsi en vigueur dans des zones à forte concentration de bars.  

Dans le IXe arrondissement, la maire (Horizons) Delphine Bürkli s'est opposée aux extensions permanentes pourtant prévues par le RET et sur lesquelles de nombreux restaurateurs comptaient pour ne pas avoir à démonter leur terrasse. 

« Un nid à problèmes », estime Jean-Pierre Lecoq, qui les a aussi refusées à Saint-Germain-des-Prés. 

Résultat, il n'y a qu'un peu plus de 200 extensions annuelles dans toute la capitale, selon Mme Polski. 

Dans le XIe, le maire François Vauglin a dit non au déplacement des zones de livraison pour permettre aux terrasses de s'y installer. « Quand on a signé le RET, il y avait un accord de principe » pour accorder ces aménagements aux frais des restaurateurs, grince Frank Delvau, pour qui ces derniers ont été « floués ». 

La mairie rappelle elle son « fort soutien aux commerçants et aux restaurateurs » pendant la crise, avec l'exonération des droits de terrasse décidée par Anne Hidalgo, un manque à gagner évalué à 45 millions d'euros. 

Et elle souligne que, même moins nombreuses, les terrasses estivales devraient rapporter 2,5 millions d'euros de plus par an. 


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.