GENEVE: Il y a deux ans, des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement promettaient de protéger la nature d'ici 2030. Cet engagement politique ne s'est pas vraiment traduit dans des négociations internationales qui ont pris fin mardi, avec des progrès limités.
Les 196 membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU - 195 Etats et l'Union européenne, mais pas les Etats-Unis - étaient réunis à Genève depuis le 14 mars pour préparer la COP15 biodiversité en Chine.
Pour la première fois depuis février 2020 - la faute à la Covid-19 - ils se sont retrouvés en personne pour négocier un accord visant à "vivre en harmonie avec la nature" d'ici à 2050, avec une étape intermédiaire à 2030.
La tâche est ardue, car la biodiversité est mise à mal par de nombreuses activités humaines: agriculture intensive, extraction minière, surpêche, urbanisation galopante...
"La biodiversité ne se limite à un domaine, c'est partout, c'est la vie", résume le Ghanéen Alfred Oteng-Yeboah.
Après l'échec des membres de la CDB à remplir leurs engagements sur la décennie écoulée, la négociation actuelle "est notre dernière chance", insiste-t-il.
Pendant quinze journées de travail intensif, les délégations ont examiné le texte préparatoire sur la table, sans parvenir à étudier tous les points en détail ni à rapprocher leurs positions sur les questions les plus controversées.
"Nous devons passer à la négociation", a insisté la représentante de la Nouvelle-Zélande lors de la session plénière de clôture, quand d'autres délégations ont souligné l'importance du travail restant.
Une session supplémentaire est prévue à Nairobi fin juin, avant la COP15 à Kunming en Chine. Les délégations auront pour mission au Kenya de resserrer le texte et de réduire les passages encore entre parenthèses.
Manque un soutien politique au plus haut niveau, soulignent plusieurs observateurs, alors que la présidence chinoise de la COP15 est très discrète.
"Il sera essentiel d'avoir un engagement politique renforcé lors du prochain cycle de négociations", a insisté Marco Lambertini, directeur général de l'ONG WWF.





