Au Liban, un ramadan difficile, et la prière se fera à la lumière des bougies

Des ouvriers transportent des boîtes de miches de pain dans une boulangerie à Beyrouth, au Liban, le 29 mars 2022. Photo prise le 29 mars 2022. (Reuters)
Des ouvriers transportent des boîtes de miches de pain dans une boulangerie à Beyrouth, au Liban, le 29 mars 2022. Photo prise le 29 mars 2022. (Reuters)
Short Url
Publié le Samedi 02 avril 2022

Au Liban, un ramadan difficile, et la prière se fera à la lumière des bougies

  • Le système financier libanais s'est effondré depuis 2019 sous le poids de la dette souveraine et du système de corruption qui le régit
  • «Que Dieu nous aide. Chaque Ramadan est plus difficile que le précédent»

BEYROUTH : À l'approche du Ramadan, Beyrouth et d'autres villes sont privées des décorations qui remplissaient les rues à cette occasion. En revanche, les photos des candidats aux élections parlementaires sont affichées partout.

Seules quelques modestes banderoles sont dressées, rappelant aux gens de faire des dons aux organisations caritatives pendant le mois sacré.

Pour la troisième année consécutive, le Liban est aux prises avec une crise financière dévastatrice qui a poussé de nombreuses personnes sous le seuil de pauvreté, entraînant ainsi un nombre croissant de mendiants dans les rues. La crise a aussi fortement touché la classe moyenne, dont les revenus ont diminué avec la dépréciation de la monnaie locale par rapport au dollar, tandis que beaucoup ont été licenciés suite à la fermeture de centaines d'institutions, d'usines et de magasins.

Avec la montée du chômage d'une part, et la dollarisation des besoins les plus essentiels – notamment l'abonnement mensuel au générateur de courant et au carburant – d'autre part, la plupart des Libanais parviennent tout juste à survivre.

Les quartiers bénéficiant de plus d'une heure d'approvisionnement en électricité par jour de la part du gouvernement sont considérés comme chanceux. Les prix des carburants ont considérablement augmenté. Prendre un taxi coûte 36 000 livres libanaises (23 dollars) pour un aller-retour – cela coûtait 2 000 livres libanaises (1,30 dollar) avant la crise.

en bref

Le système financier libanais s'est effondré depuis 2019 sous le poids de la dette souveraine et du système de corruption qui le régit.

Neamat, une mère de cinq enfants qui fait ses courses de légumes sur un marché populaire de Tariq Al-Jdideh, a déclaré à Arab News : « Que Dieu nous aide. Chaque Ramadan est plus difficile que le précédent. Une baguette de pain coûte maintenant 10 000 livres libanaises, et il m'en faut deux par jour. Les prix des fruits et légumes sont insensés, bien que tout soit local. Un kilo de concombres coûte 35 000 livres libanaises, une tête de laitue 20 000 livres libanaises. Un kilo de blanc de poulet coûte environ 200 000 livres libanaises et notre boucher local nous a dit que les prix devraient encore augmenter ce mois-ci. Un gallon d'huile végétale coûte 500 000 livres libanaises ».

Neamat a ajouté : « Avec la crise ukrainienne, les prix ont encore augmenté ; comme si nous avions besoin de plus de malheurs au Liban alors que nos jeunes sont au chômage. »

Le système financier du Liban s'est effondré depuis 2019 sous le poids de la dette souveraine et du système de corruption qui le régit. Pendant ce temps, les politiciens n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord sur un plan de redressement suffisamment bon pour que le Fonds monétaire international renfloue le Liban.

La livre libanaise a perdu plus de 90 % de sa valeur et les prix ont augmenté de façon spectaculaire, le Liban dépendant fortement des importations. Le salaire mensuel des militaires est tombé à l'équivalent de 50 dollars, alors qu'il était auparavant de 900 dollars.

Lorsque les Libanais discutent du prix des marchandises, ils n'épargnent pas leurs représentants.

Zouhair Al-Masri, un arbitre de football international à la retraite, a déclaré à Arab News : « Au dernier Ramadan, le taux de change était d'environ 16 000 livres libanaises pour un dollar. Il est maintenant passé à 23 000 livres libanaises pour un dollar. Le coût du carburant a doublé et les prix de tous les produits ont augmenté. Un gallon de jallab, un sirop de fruit populaire pendant le Ramadan, coûtait 25 000 livres libanaises l'année dernière ; il coûte maintenant 140 000 livres libanaises. Un kilo de sucreries arabes nature coûtait 35 000 livres libanaises ; il coûte maintenant 100 000 livres libanaises. Parfois, j'envie ceux qui ont du diabète ».

Mohammed Al-Hallaq, propriétaire d'une petite boutique dans l'un des quartiers populaires de Beyrouth, a déclaré à Arab News : « La hausse des prix est sans précédent. Les gens ne peuvent pas la supporter, mais ils vont certainement jeûner et jusqu'à présent, personne n'est mort de faim. Que Dieu nous bénisse pendant ce mois sacré ». 

Mustafa, un marchand de béton qui n'a plus de travail en raison de la crise économique, s'est plaint de ne pas pouvoir s'offrir tout ce dont il a besoin pour le Ramadan. « Ils ont dit que, pendant le Ramadan, les pays du Golfe offriront de l’aide. Je ne sais pas pourquoi ils nous ont laissés seuls à subir cette injustice. »

Oum Imad, une femme âgée qui vit dans la banlieue sud de Beyrouth, a déclaré : « Les personnes qui reçoivent leur salaire en dollars, notamment les familles des membres du Hezbollah et les employés qui travaillent dans des institutions qui versent une partie de leur salaire en dollars, ainsi que les familles qui ont des proches travaillant à l'étranger et qui leur envoient des dollars, se portent bien. Ils peuvent se permettre d'acheter de la viande et du poisson pendant le Ramadan ; leurs repas d'iftar seront les mêmes que chaque année, sans se soucier de ce que vivent les autres. »

Les magasins qui vendent des sucreries arabes, habituellement très populaires pendant le Ramadan, ont changé leurs recettes pour inclure des ingrédients plus abordables. Ils utilisent des amandes à la place des pignons de pin, dont le kilo coûte 100 dollars, tandis que les pistaches d'Alep sont remplacées par des pistaches soudanaises, moins chères, afin que les clients ne paient pas cher leurs friandises et que les propriétaires de magasins puissent toujours vendre leurs produits.

Najah Zahra, directrice d'agence chez Al-Baba Sweets, a déclaré : « Nous essayons de prendre en compte les conditions de vie actuelles. Les coûts des matières premières telles que le sucre, la farine et l'huile ont été affectés par la hausse du taux de change du dollar et la crise ukrainienne. Le simple fait d’obtenir suffisamment de matériaux nécessite un double effort. »

Zahra a ajouté : « Nos chefs inventent de nouveaux articles à un coût moindre et dans une taille légèrement plus petite pour que les clients puissent encore se les offrir. »

Maher Al-Tawil, qui a suivi les conditions des mosquées supervisées par Dar Al-Fatwa, s'attendait à ce que les prières de Tarawih se déroulent à la lumière des bougies.

« Il n'y a pas d'électricité la nuit ; que vont faire les gens pour le souhour ? Toutes les mosquées ne peuvent pas se permettre de payer plus de deux millions de livres libanaises par mois pour des générateurs de courant. Certains citoyens aisés ont fourni des appareils UPS à certaines mosquées pour assurer un éclairage minimal. D'autres ont acheté des panneaux solaires pour éclairer les mosquées à leurs propres frais. Pourtant, de nombreuses mosquées organiseront les prières du Ramadan à la lumière des bougies », a-t-il déclaré.

Al-Tawil a ajouté : « Pas de décorations du Ramadan dans les rues cette année. Elles sont devenues un luxe car leur prix est fixé en dollar. Ceux qui avaient l'habitude de mettre des décorations préfèrent donner l'argent à des organisations caritatives qui ont été très actives sur les réseaux sociaux cette année dans le but d'atteindre le plus grand nombre de personnes possible. »

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux membres de l'EI arrêtés en lien avec l'attaque d'une mosquée en décembre 

Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Short Url
  • L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat
  • Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion"

DAMAS: Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien.

L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion ayant visé la mosquée Ali Ben Abi Taleb dans le quartier de Wadi al-Dahab à Homs".

Des explosifs, différentes sortes d'armes et de munitions ainsi que des documents prouvant leur implication dans des attaques, ont également été saisis, selon la même source.

Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué une attaque en juin contre une église de Damas, qui avait tué 25 personnes.

Pendant la guerre civile, déclenchée en 2011 par des manifestations pro-démocratie, l'EI avait contrôlé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.

En décembre, une attaque dans la région de Palmyre avait coûté la vie à trois Américains. Les Etats-Unis ont mené une série de frappes en réponse, et les autorités syriennes une série d'arrestations.

La ville de Homs, à majorité sunnite, compte plusieurs quartiers habités par la minorité alaouite. L'attaque de décembre avait entraîné de larges manifestations de cette communauté.

C'est de cette minorité qu'est issu le président Bachar al-Assad qui a été renversé en décembre 2024 par la coalition dirigée par Ahmad al-Chareh, ancien jihadiste aujourd'hui à la tête de la Syrie.

Depuis, cette communauté a fait l'objet d'attaques et la prise du pouvoir par des islamistes a renforcé les craintes des minorités syriennes.

Les autorités s'efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays après une guerre civile de près de 14 ans, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités.


La Somalie annule tous ses accords avec les Émirats arabes unis

Short Url
  • "Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis"
  • Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes"

MOGADISCIO: La Somalie a annulé lundi tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland et d’informations selon lesquelles les Émiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

"Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis", peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l'AFP.

Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays", affirme le Conseil des ministres.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d'un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’État séparatiste du Somaliland représente plus d'un quart de ce que l’État fédéral somalien considère comme étant son territoire.

Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.

Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.

L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une "utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie".

"Patience" épuisée 

Interrogé par l'AFP sur ce qui motivait la décision somalienne, un haut responsable du palais présidentiel s'est refusé à entrer dans les détails.

"La décision du cabinet aujourd’hui intervient après une longue période de patience de la part de la direction du gouvernement fédéral. Les Émirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie", a-t-il commenté.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "État indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.

La république autoproclamée de 176.000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n'ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l'Arabie saoudite.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait qualifié la décision israélienne de "menace" pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l'Afrique.


Iran: le bilan des morts s'alourdit, le pouvoir appelle à des contre-manifestations

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
Short Url
  • "Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien"
  • D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis

PARIS: Le pouvoir iranien a perpétré un "massacre", selon un groupe de défense des droits humains, pour réprimer le mouvement de contestation dans le pays, où les autorités ont appelé à des manifestations lundi en soutien à la République islamique.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.

"Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien".

D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis.

Déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, il a gagné de nombreuses autres villes. Les autorités ont imposé une coupure d'internet, désormais en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a appelé les autorités à "la plus grande retenue" dans l'usage de la force et à rétablir les communications.

L'IHR a aussi estimé à plus de 2.600 les manifestants arrêtés.

Le pouvoir judiciaire a réitéré que les mis en cause seraient traités "avec fermeté", après que le chef de la police a fait état "d'importantes arrestations".

"Deuil national" 

En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués.

Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des "émeutiers" instrumentalisés selon elles par l'étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains".

La télévision d'Etat a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d'agents des forces de l'ordre.

Dimanche, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.

La télévision d'Etat s'est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d'une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a affirmé à la télévision que "le nombre de manifestations (était) en baisse".

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a de son côté appelé à de nouvelles actions, se disant prêt à retourner dans son pays et mener une transition démocratique.

Hôpitaux "débordés" 

Des images publiées sur les réseaux sociaux  - probablement par des moyens satellitaires - ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l'est du pays.

Dans une autre vidéo authentifiée par l'AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient "débordés" par l'afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de boutiques qui ont baissé le rideau.

Les écoles sont fermées et l'enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l'absence de réseau rend toute activité difficile.

Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu'à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien.

"Vivant ou non" 

"Nous ne savons rien de nos proches actuellement en Iran", a déploré dans la foule londonienne Fahimeh Moradi, 52 ans. "Mon fils est là-bas, et je ne sais pas s'il est vivant ou non".

Le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté".

En cas de frappes américaines, l'Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui dit espérer que Téhéran "serait bientôt délivré du joug de la tyrannie", tandis qu'un haut responsable militaire affirmait que l'armée serait "en mesure de répondre avec force si nécessaire".

La mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l'ONU.