Liban: de l'électricité pour les législatives, mais au prix fort

Cette photo d'archive prise le 3 avril 2021 montre l'enseigne partiellement éclairée au-dessus du siège de la Compagnie d'électricité du Liban (EDL), dans la capitale Beyrouth. (AFP).
Cette photo d'archive prise le 3 avril 2021 montre l'enseigne partiellement éclairée au-dessus du siège de la Compagnie d'électricité du Liban (EDL), dans la capitale Beyrouth. (AFP).
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Publié le Vendredi 01 avril 2022

Liban: de l'électricité pour les législatives, mais au prix fort

  • Le secteur de l'électricité au Liban est accusé d'être gangréné par la corruption, à l'instar de la classe dirigeante, dans un pays qui souffre d'une sous-production d'électricité
  • L'EDL a demandé 14,6 millions d'euros pour fournir du courant le 15 mai, jour de l'élection législative alors que le budget électoral alloué n'est que de 11,2 millions d'euros

BEYROUTH: La compagnie publique Electricité du Liban (EDL) fournira de l'électricité pour 16 millions de dollars lors de l'élection législative, soit un dépassement de 30% du budget électoral, a annoncé le ministre de l'Intérieur.

Devenu le symbole de la gabégie du Liban, le secteur de l'électricité est accusé d'être gangréné par la corruption, à l'instar de la classe dirigeante, dans un pays qui souffre depuis des décennies d'une sous-production d'électricité. 

Frappé par une crise inédite --qualifiée par la Banque mondiale d'une des pires au monde depuis 1850--, le Liban subit des coupures de courant allant jusqu'à plus de 22 heures par jour, sur fond de dégringolade de la monnaie nationale.

"Nous oeuvrons actuellement à assurer l'électricité aux bureaux de vote et aux postes d'inscription," a déclaré jeudi à l'AFP le ministre de l'Intérieur Bassam Mawlawi. 

Selon lui, l'EDL a demandé 16,2 millions de dollars (14,6 millions d'euros) pour fournir du courant le 15 mai, jour de l'élection législative --qui ne compte qu'un seul tour-- alors que le budget électoral alloué n'est que de 12,5 millions de dollars (environ 11,2 millions d'euros). 

M. Mawlawi a insisté sur le fait que le gouvernement travaillait sans relâche pour que les législatives se déroulent comme prévu, "malgré les rumeurs persistantes selon lesquelles elles pourraient être annulées."

La mauvaise gestion de l'EDL a coûté au trésor public plus de 40 milliards de dollars depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), soit près de la moitié de la dette publique libanaise. 

Le ministère de l'Intérieur cherche des alternatives à EDL, notamment à travers des générateurs privés pour assurer l'approvisionnement en électricité, a affirmé M. Mawlawi.

Le Liban a signé fin janvier un accord avec la Jordanie pour l'acheminement d'électricité via la Syrie voisine, dans l'espoir d'améliorer l'état du secteur de l'énergie.

L'accord n'est toujours pas entré en vigueur et le Liban importe depuis des mois du fioul d'Irak pour faire fonctionner ses centrales électriques et subvenir à ses besoins.


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".