Rapport de l'ONU sur le climat: négociations terminées avec deux jours de retard

Plusieurs participants ont indiqué qu'une session formelle d'adoption devait encore avoir lieu lundi matin (Photo, AFP).
Plusieurs participants ont indiqué qu'une session formelle d'adoption devait encore avoir lieu lundi matin (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 avril 2022

Rapport de l'ONU sur le climat: négociations terminées avec deux jours de retard

  • Ce rapport toujours attendu lundi, dernier d'une série de trois, se penche sur les chemins possibles pour freiner le réchauffement
  • Dans tous les cas, les données resteraient présentes dans le rapport de près de 3 000 pages dont le résumé est tiré

PARIS : Les négociations pour finaliser le nouveau rapport des experts climat de l'ONU (Giec) sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre se sont terminées dimanche soir avec plus de 48 heures de retard, ont indiqué des participants.

Les discussions ligne par ligne, mot par mot, du "résumé pour les décideurs", sorte de condensé politiquement sensible du rapport scientifique de près de 3.000 pages, avaient commencé le 21 mars et devaient en principe se terminer vendredi 1er avril, pour une publication lundi matin.

Mais les difficiles négociations sur ce texte qui doit détailler un éventail de scénarios pour réduire les émissions ont largement traîné en longueur, notamment en raison dans la dernière ligne droite de divergences sur des questions liées à la finance, ont indiqué à l'AFP des participants sous couvert de l'anonymat.

Les Etats-Unis notamment étaient réticents à l'intégration de données qui montrent les flux financiers très importants dont auraient besoin les pays en développement pour réduire leurs émissions et respecter l'accord de Paris, tandis que la Chine voulaient les mettre en avant, selon une de ces sources.

Dans tous les cas, les données resteraient présentes dans le rapport de près de 3.000 pages dont le résumé est tiré.

Finalement dimanche vers 20h00 GMT, les négociations ont abouti. 

Le texte "vient d'être approuvé !! 16 jours, et un final de près de 40 heures d'affilée de négociations ligne par ligne", s'est réjouie sur Twitter l'une des auteurs, Stephanie Roe, scientifique à WWF.

"Vous pourrez bientôt voir de vos propres yeux ce qui est nouveau dans ce (rapport) et je pense que vous serez impressionnés. Ce rapport renouvelle le sentiment d'urgence et propose (et évalue) de nombreux éléments de solution", a ajouté le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele.

Plusieurs participants ont indiqué qu'une session formelle d'adoption devait encore avoir lieu lundi matin, mais à ce stade, le Giec n'a pas modifié l'heure de publication du rapport, prévue à 09H00 GMT.

Il n'est pas inhabituel que les discussions de ces résumés pour les décideurs entre les scientifiques et les délégations nationales débordent. Mais ce texte, qui doit insister sur la nécessité de réduire drastiquement toutes les émissions, touche à l'organisation même de nos modes de vie, de consommation et de production.

Avec des options, des chemins, des rythmes, sur lesquels les divers gouvernements ne convergent pas.

Comparé aux autres sur la science et les effets du réchauffement, ce rapport aborde des questions qui impactent les économies, ce qui rapproche ses enjeux de ceux des conférences climat de l'ONU, note un autre participant.

Dans un contexte de guerre en Ukraine qui souligne la dépendance des économies aux énergies fossiles, certains militants climat craignent une dilution du message.

"La crise climatique s'accélère et les énergies fossiles en sont la cause majeure. Un rapport sur la baisse des émissions qui ne soulignerait pas cet état de fait nierait la science sur laquelle le Giec se repose", a indiqué Nikki Reisch, du Center for International Environmental Law.

Ce rapport toujours attendu lundi, dernier d'une série de trois, se penche sur les chemins possibles pour freiner le réchauffement, en déclinant les possibilités par grands secteurs (énergie, transport, industrie, agriculture...).

Dans le premier volet de son rapport publié en août 2021, le Giec prédisait que le seuil de +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle pourrait être atteint déjà autour de 2030. Et le deuxième, fin février, dressait un tableau plus que sombre des impacts passés, présents et futurs sur la population et les écosystèmes.


Ukraine: Trois morts dans des bombardements russes à Kramatorsk et Zaporijjia

Une Ukrainienne est assise dans son appartement partiellement détruit par un missile Smerch non explosé après une frappe nocturne à la périphérie de Kramatorsk (Photo, AFP).
Une Ukrainienne est assise dans son appartement partiellement détruit par un missile Smerch non explosé après une frappe nocturne à la périphérie de Kramatorsk (Photo, AFP).
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  • «Les bombardements ont endommagé au moins 20 bâtiments et un incendie s'est déclaré»
  • Les livraisons de pétrole russe à la République tchèque ont repris après une suspension de huit jours

KIEV: Au moins trois personnes ont été tuées et 15 autres blessées vendredi dans des bombardements russes sur les villes ukrainiennes de Kramatorsk, dans l'Est, et de Zaporijjia, dans le Sud, ont annoncé les autorités locales.

"Une nouvelle attaque sur Kramatorsk - selon de premières informations, nous avons deux civils morts et 13 blessés avec certitude", a dit sur Facebook Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk.

"Les bombardements ont endommagé au moins 20 bâtiments et un incendie s'est déclaré", a-t-il ajouté, appelant une nouvelle fois la population locale à évacuer.


L'OMS rebaptise les variants de la variole du singe

Un pharmacien administre une dose d'Imvanex, un vaccin pour se protéger du virus (Photo, AFP).
Un pharmacien administre une dose d'Imvanex, un vaccin pour se protéger du virus (Photo, AFP).
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  • Le nom de la maladie est l'héritage des conditions de découverte de la maladie
  • Une trentaine de scientifiques, pour beaucoup originaires d'Afrique, ont rédigé une tribune pour demander à changer ces noms

GENÈVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi avoir rebaptisé les variants de la variole du singe, en remplaçant par des chiffres romains les noms de régions africaines, jugés stigmatisants.

Ces nouveaux noms de variants permettent de prendre acte de la réalité actuelle de la maladie. Alors que celle-ci s'est longtemps limitée à une dizaine de pays africains, la grande majorité des nouveaux cas ont été détectés cette année ailleurs dans le monde, en particulier aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

Dans un communiqué, l'OMS indique par ailleurs mener un large processus consultatif en ligne pour changer le nom de la maladie, également jugé trompeur et discriminatoire, puisque le virus n'est pas lié uniquement aux singes, mais a été mis en évidence chez de nombreux animaux et en particulier chez les rongeurs.

Pour ce qui est des variants, aussi appelés clades, ils étaient nommés jusqu'à présent d'après des régions ou des pays d'Afrique, avec la souche d'Afrique de l'Ouest et de celle du Bassin du Congo (Afrique centrale), la seconde étant bien plus meurtrière que sa cousine.

Début juin, une trentaine de scientifiques, pour beaucoup originaires d'Afrique, ont ainsi rédigé une tribune pour demander à changer ces noms, jugeant urgent de mettre en place "une nomenclature qui ne soit ni discriminatoire ni stigmatisante".

Ils ont été entendus par l'OMS qui a réuni le 8 août des virologues et experts en santé publique afin de parvenir à un consensus sur une nouvelle terminologie.


Centrafrique: «De plus en plus de voix s’élèvent» pour modifier la Constitution, affirme Touadéra

Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
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  • Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution
  • Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui

LIBREVILLE, Gabon: Le chef de l'État centrafricain Faustin-Archange Touadéra a affirmé vendredi que "de plus en plus de voix s'élèvent" pour modifier la Constitution, ce qui lui permettrait de briguer un troisième mandat présidentiel.

"De plus en plus de voix s'élèvent pour exiger une modification de la Constitution", a écrit le président centrafricain sur sa page Facebook, la veille de la fête de l'Indépendance.

Il a évoqué notamment les "aspirations profondes du peuple manifestées à travers des pétitions et marches de soutien à la réforme constitutionnelle".

"Je vous ai écoutés. Je prends acte de vos sollicitations pressantes qui me sont parvenues de partout réclamant une nouvelle Constitution", a poursuivi M. Touadéra, élu en 2016 à la tête de la Centrafrique et réélu en 2020.

Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui, la capitale centrafricaine, pour demander la tenue d'un référendum pour modifier la Constitution, adoptée en 2016 et qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution.

Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) de M. Touadéra avait tenté en mars, lors d'un "dialogue républicain" excluant la rébellion et boycotté par l'essentiel de l'opposition, d'introduire un amendement faisant sauter le verrou du plafond de deux mandats et permettant ainsi au président d'en briguer un troisième en 2025.

Le MCU y a finalement renoncé face au tollé provoqué dans la société civile et à la réprobation de la communauté internationale.

Les promoteurs de la réforme constitutionnelle pressent M. Touadéra de la faire adopter par référendum.

M. Touadéra avait été réélu fin décembre 2020 avec 53,16% des suffrages à l'issue d'un scrutin controversé, moins d'un électeur sur trois ayant eu la possibilité d'aller voter en raison de l'insécurité dans un pays en proie à une guerre civile meurtrière depuis 2013.

Lors du scrutin, des groupes armés qui contrôlaient alors deux tiers du pays avaient lancé une offensive pour le renverser, mais le chef de l'État a appelé Moscou à la rescousse. Des centaines de paramilitaires russes ont débarqué en renfort de centaines d'autres déjà présents depuis 2018, et aidé l'armée à repousser les rebelles.