En Afghanistan, premier ramadan sous les talibans sur fond de crise humanitaire

Des marchands vendent des dattes dans un marché le premier jour du mois sacré du ramadan à Kaboul. (AFP)
Des marchands vendent des dattes dans un marché le premier jour du mois sacré du ramadan à Kaboul. (AFP)
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Publié le Mardi 05 avril 2022

En Afghanistan, premier ramadan sous les talibans sur fond de crise humanitaire

Des marchands vendent des dattes dans un marché le premier jour du mois sacré du ramadan à Kaboul. (AFP)
  • Les Afghans sont confrontés à une hausse des prix et à des pénuries de denrées alimentaires en ce mois sacré
  • Le gouvernement provisoire assure que les familles vulnérables recevront de l’aide

KABOUL: La hausse des prix, les pénuries de denrées alimentaires et la menace de la famine en Afghanistan ont jeté une ombre sur le mois sacré du ramadan cette année, le premier depuis que les talibans ont pris le contrôle du pays l’année dernière. 

Le ramadan de cette année est le premier mois sacré pacifique pour de nombreux jeunes Afghans nés après l’occupation américaine en 2001, mais il coïncide également avec une situation humanitaire qui «se détériore dangereusement» depuis la prise de pouvoir des talibans en août, l’économie étant au bord de l’effondrement. Les organismes de l’ONU estiment que plus de 24,4 millions d’Afghans, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’une aide humanitaire pour survivre. 

«Avec l’augmentation de la pauvreté, le manque de revenus et la flambée des prix, de plus en plus de personnes n’auront pas la capacité de fournir de la nourriture à leurs familles chaque jour de ce ramadan», déclare à Arab News Osman Hamim, agent de développement et expert économique. 

Le gouvernement provisoire des talibans, qui n’a pas encore été reconnu par la communauté internationale et n’a pas accès aux réserves étrangères du pays, a assuré qu’il aiderait les Afghans dans le besoin pendant le ramadan. 

«L’ère de l’oppression, de la corruption et de l’usurpation est terminée. Pour le développement économique, l’émirat islamique d’Afghanistan a des projets à l’intérieur du pays et mène des discussions avec les pays voisins et d’autres pays», indique à Arab News Bilal Karimi, porte-parole adjoint des talibans. 

«Pendant le ramadan, l’émirat islamique d’Afghanistan distribue des aides aux familles vulnérables. Ces aides proviennent de sources internes et de l’étranger.» 

De nombreux Afghans espèrent que la promesse de la fourniture d’aide sera tenue. Ils souhaitent également un retour à la paix durant ce mois où la violence s’est généralement intensifiée dans le pays au cours des deux dernières décennies. 

L’une des pires attaques à Kaboul a eu lieu pendant le ramadan en juin 2017, lorsqu’une explosion a tué plus de 150 personnes et en a blessé plus de 300 autres. 

Cette année aussi, au premier jour du ramadan, une explosion a secoué le centre financier de Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, faisant un mort et des dizaines de blessés. 

Malgré cela, Mirwais Azizi, 28 ans, affirme qu’il est reconnaissant que la sécurité à Kaboul se soit nettement améliorée. 

«De petits incidents ont encore lieu à Kaboul et dans d’autres villes, mais grâce à Dieu, nous ne sommes pas quotidiennement témoins d’attentats à la bombe et d’attaques d’insurgés comme par le passé», dit M. Azizi à Arab News. 

Ahmad Shah Nekzad, travailleur humanitaire basé à Kandahar, raconte qu’au cours des mois qui ont suivi la prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans, il a pu accéder à des régions éloignées et constater que les communautés du pays jouissaient d’un sentiment relatif de sécurité. 

Cependant, nourrir la population demeure un défi majeur ce ramadan, ajoute M. Nekzad. «De plus en plus de personnes demandent de l’aide chaque jour. Nous ne sommes pas en mesure de les aider tous», déplore-t-il. «En l’absence de guerre, nous devons également fournir de la nourriture aux personnes dans le besoin. Cette année, le ramadan va être très difficile pour des millions de familles afghanes.» 

M. Hamim estime que la stabilité économique est «le seul moyen de sortir de la crise actuelle», car les difficultés financières risquent de pousser les gens vers des activités criminelles. «Les difficultés économiques peuvent pousser les gens à rejoindre des groupes militaires», poursuit-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.