Le nouveau Cabinet jordanien exhorté à se concentrer sur les priorités nationales

Le nouveau Premier ministre jordanien, Bisher al-Khasawneh, prête serment lors d'une cérémonie d'assermentation du nouveau gouvernement à Amman, en Jordanie, le 12 octobre 2020. (REUTERS)
Le nouveau Premier ministre jordanien, Bisher al-Khasawneh, prête serment lors d'une cérémonie d'assermentation du nouveau gouvernement à Amman, en Jordanie, le 12 octobre 2020. (REUTERS)
Short Url
Publié le Mardi 13 octobre 2020

Le nouveau Cabinet jordanien exhorté à se concentrer sur les priorités nationales

  • Le ministre de la Santé, Saad Jaber, et le ministre pour les Affaires médiatiques, Amjad Adaileh, ont également démissionné, beaucoup considérant cette décision comme un aveu d’échec
  • «Il est nécessaire de renforcer la relation de confiance avec la population, et ne pas faire de trop grandes promesses pour ne pas décevoir le peuple si elles ne sont pas tenues»

AMMAN: Les ministres jordaniens des Finances, de l'Intérieur et de la Planification internationale font partie de ceux qui ont démissionné. Le ministre de la Santé, Saad Jaber, et le ministre pour les Affaires médiatiques, Amjad Adaileh, ont également démissionné, beaucoup considérant cette décision comme un aveu d’échec. 

Amer Bani Amer est le directeur de l'ONG Rased-Hayyat Center qui surveille le gouvernement et le Parlement. Il explique que la nouvelle administration doit prendre des engagements spécifiques, urgents et mesurables et déterminer qui suivra leur mise en œuvre.

«Le nouveau gouvernement doit poursuivre ce que le gouvernement précédent n’a pas achevé et s'en inspirer en fonction des priorités nationales», ajoute-t-il pour Arab News.

«Il est nécessaire de renforcer la relation de confiance avec la population, et ne pas faire de trop grandes promesses pour ne pas décevoir le peuple si elles ne sont pas tenues», enchaîne-t-il.

Selon Amro Nawisa, directeur de programme pour l’ONG, l'âge moyen des nouveaux ministres était de 59 ans. Il ajoute que le nouveau gouvernement comprend huit ministres du gouvernement sortant du Premier ministre Omar Razzaz.

«Trois femmes ont été nommées ministres ce qui représente 9 % de l'ensemble du Cabinet», déclare-t-il à Arab News

«Quatre ministres sont actuellement membres du Sénat et 47 % des nouveaux ministres sont titulaires d'un doctorat.»

Pour Salma Nims, secrétaire générale de la Commission nationale jordanienne pour les femmes, le nouveau gouvernement n’est pas à la hauteur des attentes.

«Ce n’est pas seulement parce que le nombre de femmes nommées est faible, c’est aussi parce que certains des ministres nommés au gouvernement sont connus pour leurs attaques contre des femmes», explique-t-elle à Arab News.

Amer Bani Amer révèle: «Nous n'appelons pas à la nomination de femmes et d'hommes qui se battent pour les droits des femmes.»

L'ancien député Mohammed Kharabsheh est le nouveau ministre sans portefeuille, mais, étant en quarantaine, il n’a pas pu prêter serment. 

Il déclare à Radio Al-Balad que le gouvernement ferait de son mieux pour représenter la nation. «J'espère que nous serons en contact avec la population de tous les gouvernorats et nous leur adressons ce message: le gouvernement représente tout le peuple. Nous devons encourager les investissements pour renforcer notre monnaie et créer de nouveaux emplois», ajoute-t-il.

Il exprime sa confiance envers le peuple jordanien, le qualifiant de loyal. Il est convaincu, dit-il, que si les Jordaniens sont assurés que le gouvernement travaille pour eux, ils feront tout le nécessaire. 

Pour Hanna Sawalha, propriétaire de Nebo Tours, le nouveau gouvernement doit donner la priorité aux politiques qui pourraient contribuer aux efforts de redressement et relancer le secteur des entreprises une fois que l'impact de la pandémie sera atténué.

«Nous avons besoin d'une aide immédiate pour les hôtels, les agences, et pour les guides qui ont payé un prix élevé», explique-t-il à Arab News.

«Un plan de relance aidera à empêcher cette industrie, qui a été l'un des principaux partisans acteurs de l'économie jordanienne, de s'effondrer complètement.»

M. Sawalha félicite le nouveau ministre du Tourisme et ajoute: «Dans son ancien poste de ministre du Tourisme, il s'assurait que le Jordan Pass était approuvé par le gouvernement. Nous espérons qu'il accordera à l'industrie l'attention dont elle a besoin en cette période difficile. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
Short Url
  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Short Url
  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.