Les bulldozers de JCB accusés de détruire des villages palestiniens

Cette photo prise en 2019 montre un bulldozer démolissant des maisons mobiles palestiniennes bâties grâce à un financement de l'UE dans le village de Mufagara au sud de Yatta près d'Hébron en Cisjordanie occupée. Elles auraient été construites dans la « zone C » sans l’autorisation israélienne. (AFP / Fichier Photo)
Cette photo prise en 2019 montre un bulldozer démolissant des maisons mobiles palestiniennes bâties grâce à un financement de l'UE dans le village de Mufagara au sud de Yatta près d'Hébron en Cisjordanie occupée. Elles auraient été construites dans la « zone C » sans l’autorisation israélienne. (AFP / Fichier Photo)
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Publié le Mercredi 14 octobre 2020

Les bulldozers de JCB accusés de détruire des villages palestiniens

  • La procédure permettrait de faire pression sur les entreprises multinationales pour qu'elles respectent leurs engagements en matière de responsabilité sociale
  • JCB a déjà été répertoriée dans la base de données des Nations Unies sur les entreprises complices des violations du droit international par Israël

LONDRES: La vente par JCB, une société britannique de machinerie lourde, d’équipements utilisés dans la démolition de villages palestiniens en Cisjordanie, territoire occupé par Israël, aurait peut-être enfreint les directives de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les droits de l'homme, selon un organisme gouvernemental britannique.

Ces conclusions sont le résultat d'une accusation de l'ONG Avocats pour les droits humains palestiniens (LPHR) selon laquelle des bulldozers de JCB ont été utilisés pour démolir des villages palestiniens.

L'organisme gouvernemental qui a évalué l’accusation initiale, UK National Contact Point, est une filiale du ministère des Affaires étrangères créée pour coordonner une procédure de réclamation peu connue.  Elle permettrait notamment de faire pression sur les entreprises multinationales pour qu'elles respectent leurs engagements en matière de responsabilité sociale des entreprises telle que définie par l’OCDE.

La défense de JCB était qu’elle a vendu le matériel à un distributeur israélien, Comasco, et qu’elle ne prend aucune responsabilité quant à son utilisation par la suite.

JCB, largement connu au Royaume-Uni pour ses bulldozers jaunes distinctifs, a également déclaré qu'elle n’est pas en mesure de confirmer que l'équipement vendu à Comasco est celui utilisé pour détruire des villages palestiniens, ou construire des colonies illégales.

Les lignes directrices de l'OCDE citées par LPHR exigent des entreprises qu'elles cherchent activement des moyens de prévenir ou d'atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme directement liés à leurs activités commerciales.

Les directives exigent également des compagnies que leurs pratiques reflètent un engagement en faveur des droits de l'homme, et contraignent les entreprises à faire des vérifications préalables en matière de droits de l'homme.

«Nous nous félicitons de cette évaluation initiale, ainsi que de la reconnaissance par le UK National Contact Point de l’existence de graves problèmes liés au (non-respect des) droits de l'homme. Les point soulevés par notre plainte le sont en vertu des lignes directrices de l'OCDE pour les entreprises multinationales qui nécessitent une médiation ou une enquête approfondie», a déclaré Tareq Shrourou, directeur de LPHR, dans un communiqué.

«JCB est clairement incapable de répondre à l’utilisation concrète et prolifique de ses produits dans les actes de démolition et de déplacement qui affectent cruellement les familles palestiniennes.  Elle est aussi incapable de répondre à son utilisation dans la construction liée aux colonies, qui a leur tour ne font que provoquer des violations répandues des droits de l’homme. Tout cela doit cesser immédiatement », a-t-il ajouté.

« Nous sommes impatients de collaborer de manière constructive avec JCB et nous espérons qu'elle saura être à la hauteur de ses responsabilités en matière de droits de l’homme. »

La campagne de solidarité avec la Palestine (PSC), basée au Royaume-Uni, a déclaré que JCB est depuis longtemps complice des violations israéliennes contre les Palestiniens.

«JCB a déjà été répertoriée dans la base de données des Nations Unies sur les entreprises complices des violations du droit international par Israël», a déclaré la PSC à Arab News.

Les entreprises publiques devraient s'assurer qu'elles n'investissent et ne transigent pas avec des entreprises qui font preuve d'un tel mépris des droits de l'homme et de l'état de droit. Le gouvernement britannique devrait prendre des mesures contre les entreprises britanniques complices de telles violations».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).