Le premier syndicat américain d'Amazon veut aider d'autres entrepôts à se mobiliser

Amazon prévoit de déposer un recours auprès du régulateur (Photo, AFP).
Amazon prévoit de déposer un recours auprès du régulateur (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 avril 2022

Le premier syndicat américain d'Amazon veut aider d'autres entrepôts à se mobiliser

  • Dans son recours, Amazon entend développer plusieurs objections
  • Vendredi, trois Starbucks de plus se sont prononcés en faveur de la syndicalisation, soit un total de 16 dans le pays

NEW YORK: Les syndicalistes qui ont remporté une victoire majeure en vue de la création du premier syndicat dans un entrepôt américain d'Amazon ont dit vendredi avoir été contactés par une centaine d'autres sites du groupe dans le pays.

"Nous assistons à une révolution", a déclaré Christian Smalls, président du Amazon Labor Union (ALU), une semaine après que ce groupe de militants a remporté un vote historique auprès des salariés du site JFK8, situé dans le quartier de Staten Island à New York.

"Les cinquante Etats (américains) nous ont appelés", a-t-il dit lors d'une conférence de presse aux allures de rassemblement politique festif.

La bataille n'est pas finie à New York - Amazon prévoit de déposer un recours auprès du régulateur - mais Christian Smalls veut organiser une conférence nationale en mai pour donner des conseils aux employés d'autres entrepôts.

"Nous allons les aider", a-t-il promis. "Je ne sais pas exactement comment, mais nous allons essayer".

Dans son recours, Amazon entend développer plusieurs objections. L'entreprise estime notamment que l'ALU a "menacé des employés pour les forcer à voter oui" et "fait campagne auprès des employés dans la file d'attente pour voter", d'après des documents officiels déposés jeudi auprès de l'agence fédérale chargée du droit du travail (NLRB).

Les militants y voient des manœuvres pour retarder la création effective du syndicat. M. Smalls a qualifié ces accusations d'"âneries".

Il a expliqué être prêt à voyager pour participer à d'autres campagnes en faveur de la syndicalisation, et a évoqué le mouvement en cours chez Starbucks.

Plus de 180 cafés de la chaîne se sont mobilisés après que les salariés de deux établissements de Buffalo, dans le nord-est des Etats-Unis, ont voté en décembre pour la création d'un syndicat, une première dans le pays.

Vendredi, trois Starbucks de plus se sont prononcés en faveur de la syndicalisation, soit un total de 16 dans le pays.

La victoire du site Amazon de Staten Island a donné de l'espoir à de nombreux salariés aspirant à être représentés par un syndicat. 

Deuxième employeur aux Etats-Unis après Walmart (distribution), le géant du commerce en ligne avait depuis sa création en 1994 réussi à repousser les velléités des employés souhaitant se regrouper dans le pays.

A Bessemer, dans l'Alabama, une campagne de syndicalisation prometteuse a échoué il y a an. Le NLRB a en effet estimé qu'Amazon avait enfreint les règles, et un nouveau scrutin a été organisé en mars, mais il y a tellement de bulletins contestés que le résultat n'est pas encore connu.


Mondial au Qatar: Le secteur du luxe se frotte les mains

L'horloge du compte à rebours de la Coupe du monde de football Qatar 2022 dans la capitale Doha le 12 août 2022 (Photo, AFP).
L'horloge du compte à rebours de la Coupe du monde de football Qatar 2022 dans la capitale Doha le 12 août 2022 (Photo, AFP).
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  • Le luxe attendu au Qatar "«dépassera tout ce que nous avons pu fournir auparavant»
  • Les forfaits peuvent aller de 700 dollars pour un billet au premier rang, à une facture de plus d'un million de dollars

DOHA: Affluant du monde entier par jets et yachts privés, les clients fortunés de Jaime Byrom vivront une Coupe du monde grand luxe cet automne au Qatar, le riche État gazier du Golfe jugé financièrement inabordable par de nombreux fans européens.

Le luxe attendu au Qatar "dépassera tout ce que nous avons pu fournir auparavant", a déclaré l'homme d'affaires. "Certaines personnes ne lésineront pas sur les moyens pour être là", prédit-il.

Propriétaire d'une société qui vend des forfaits exclusifs aux célébrités et grandes fortunes, Jaime Byrom prévoit des ventes record pour le Mondial 2022, affirmant toutefois que toutes les bourses y trouveront leur compte.

M. Byrom, qui a vendu des millions de chambres d'hôtel au cours de dix précédentes Coupes du monde, affirme que son entreprise Match Hospitality a déjà réservé 450.000 des trois millions de billets disponibles pour le tournoi qui débute le 20 novembre.

Les forfaits peuvent aller de 700 dollars pour un billet au premier rang, avec repas compris, à une facture de plus d'un million de dollars pour des groupes séjournant dans les meilleurs hôtels et assistant à plusieurs matchs.

Parmi les produits les plus prisés, se trouve le Pearl Lounge, qui se présente comme le "summum" du luxe, situé au stade Lusail où se déroulera la finale du 18 décembre. Les 116 sièges offrent une vue imprenable, les invités recevront des cadeaux, le champagne coulera à flot et les repas seront concoctés par le chef britannique Jason Atherton, étoilé au Michelin.

«Une minorité»

Ces clients-là "feront certainement bon usage de leur richesse. Mais ce n'est qu'une minorité", relativise Jaime Byrom.

"Il y a juste des gens qui ont la chance d'avoir plus d'argent que d'autres et ils auront une expérience qui est hors de portée pour la plupart d'entre nous, c'est ainsi", conclut-il.

Les stars et grandes fortunes ne sont pas une nouveauté dans l'histoire du Mondial. Le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger, le magnat chinois Jack Ma, des membres de la famille royale et des mannequins ont été des habitués des dernières éditions.

Les dépenses des fans dans les secteurs de l'hôtellerie et des services constituent une source de revenus importante pour la Fifa, avec environ 184 millions de dollars pour la Coupe du monde 2014 au Brésil, selon les comptes de l'instance mondiale du football basée à Genève.

Et cette année, devraient s'y ajouter davantage de riches supporters venus des pays du Golfe voisins, pour la toute première Coupe du monde organisée dans un pays arabe.

Jaime Byrom ne doute pas que ses bénéfices dépasseront cette année ceux réalisés au Brésil, les recettes étant déjà supérieures de 29% à ce qu'elles étaient 100 jours avant le début du tournoi organisé dans le grand pays du football d'Amérique du Sud.

Selon M. Byrom, les plus grosses ventes ont été réalisées auprès des clients du Mexique, des États-Unis, de Grande-Bretagne et d'Argentine. Mais ceux du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis restent les plus importants en termes de revenus. L'Inde, Hong Kong et le Bangladesh figurent également dans le top 10 des nations acheteuses.

«Un seul endroit»

Les supporters les moins fortunés se partageront des cabanes portables à 200 dollars par jour en périphérie de la capitale Doha, pendant que d'autres séjourneront dans des camps dans le désert, répliques des tentes bédouines traditionnelles du Golfe.

Mais M. Byrom assure que la Coupe du monde au Qatar sera à des prix "avantageux" pour tous, car les prix de la plupart des chambres d'hôtel sont contrôlés par le gouvernement et non fixés en fonction du marché.

Selon l'homme d'affaires, les supporters devront aussi profiter du fait qu'ils ne se ruineront pas à parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres entre les villes comme en Russie en 2018 et au Brésil en 2014.

Aucun des huit stades du Qatar n'est séparé de plus de 70 kilomètres, dans cette cité-État de 2,8 millions d'habitants, dont environ 90% d'étrangers.

"C'est la première, et ce sera la dernière fois, je suppose, qu'une Coupe du monde est organisée dans un seul endroit", souligne M. Byrom, prédisant une "Coupe du monde extraordinaire".


S&P place l'Ukraine à un cran du défaut de paiement

Un tableau avec la valeur du S&P Merval (Photo, AFP).
Un tableau avec la valeur du S&P Merval (Photo, AFP).
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  • L'Ukraine a obtenu de la part de ses créanciers internationaux un moratoire de deux ans sur sa dette extérieure
  • L'économie ukrainienne s'est effondrée depuis le début de la guerre avec la Russie

WASHINGTON: L'agence de notation S&P a abaissé vendredi la notation de l'Ukraine, qui est désormais étiquetée "SD", ou défaut de paiement "sélectif", dernier cran avant le défaut de paiement, en raison du moratoire sur sa dette extérieure obtenue mercredi.

"Compte tenu des termes et conditions annoncés de la restructuration, et conformément à nos critères, nous considérons cette transaction comme (...) équivalant à un défaut", indique S&P dans un communiqué.

L'Ukraine a obtenu de la part de ses créanciers internationaux un moratoire de deux ans sur sa dette extérieure, évaluée à 20 milliards de dollars

Les notes de la dette à long et court terme en devises étrangères sont dégradées de CC/C à SD. L'agence ne l'accompagne pas, comme c'est le cas pour les autres notations, d'une perspective indiquant si elle envisage de relever ou abaisser, ou de la maintenir.

Un pays est considéré en défaut de paiement quand il est incapable d'honorer ses engagements financiers auprès de ses créanciers, qui peuvent être des États, des institutions financières (Fonds monétaire international, Banque mondiale, etc.) ou des investisseurs sur les marchés financiers. Le défaut est qualifié de partiel quand l’État ne rembourse pas une partie de ses obligations.

Un groupe de créanciers occidentaux, dont la France, les États-Unis, l'Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni avaient donné le 20 juillet leur accord à un report de paiement d'intérêts sur la dette ukrainienne après une requête de Kiev, exhortant les autres détenteurs d'obligations à faire de même.

L'économie ukrainienne s'est effondrée depuis le début de la guerre avec la Russie lancée le 24 février et pourrait voir son PIB plonger de 45% cette année, selon les dernières estimations de la Banque mondiale de juin.

Les mesures de report du paiement des échéances de l'Ukraine sur ses obligations pourraient lui permettre d'économiser au moins 3 milliards de dollars sur deux ans, d'après les calculs de l'agence Bloomberg.


France: le salaire de base dans le privé a progressé de 1% au 2e trimestre

Le ministre français du Travail, de l'Emploi et de l'Intégration, Olivier Dussopt. (Photo, AFP)
Le ministre français du Travail, de l'Emploi et de l'Intégration, Olivier Dussopt. (Photo, AFP)
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  • Sur un an, le salaire mensuel a augmenté de 3,0%, après une hausse de 2,3% au trimestre précédent, selon la Dares, le service de statistiques du ministère
  • Le coût de la vie a augmenté de 6,1% depuis juillet 2021, selon les chiffres définitifs de l'Insee publiés vendredi, soit le niveau d'inflation le plus élevé depuis juillet 1985

PARIS : L'indice du salaire mensuel de base (SMB) dans le privé a augmenté de 1% au deuxième trimestre 2022, soit moins que le coût de la vie, selon des données provisoires publiées vendredi par le ministère du Travail.

Le SMB, mesuré dans les entreprises privées (hors agriculture) de 10 salariés et plus, représente le salaire brut, c'est-à-dire avant la déduction des cotisations sociales et le versement des prestations sociales. Il ne prend en compte ni les primes, ni les heures supplémentaires.

Sur un an, le salaire mensuel a augmenté de 3,0%, après une hausse de 2,3% au trimestre précédent, selon la Dares, le service de statistiques du ministère.

Mais "ces évolutions doivent être mises en regard de l'inflation", rappelle l'organisme dans un communiqué.

Le coût de la vie a en effet augmenté de 6,1% depuis juillet 2021, selon les chiffres définitifs de l'Insee publiés vendredi, soit le niveau d'inflation le plus élevé depuis juillet 1985.

Le salaire mensuel de base, rapporté à l'inflation et en euros constants, a ainsi diminué de 3,1% sur un an.

Par rapport au premier trimestre 2022, le salaire mensuel de base a augmenté de 1,3% pour les employés (+3,7% sur un an), de 1,2% pour les ouvriers (+3,3%), de 0,8% pour les professions intermédiaires (+2,4%) et de 0,7% pour les cadres (+2,3%).