Irak: le timide éveil de la jeunesse à la protection de l'environnement

Sur les bords du Tigre, Rassel, une bénévole, ramasse déchets et détritus (Photo, AFP).
Sur les bords du Tigre, Rassel, une bénévole, ramasse déchets et détritus (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 10 avril 2022

Irak: le timide éveil de la jeunesse à la protection de l'environnement

  • A Bagdad, il est relativement courant d'abandonner bouteilles et canettes vides là-même où elles ont été consommées
  • Ce jour-là, les Ambassadeurs de la propreté concentrent leurs efforts sur la berge située sous le pont des Imams, dans le nord de Bagdad

BAGDAD: Des canettes, des bouteilles d'eau et des capuchons en plastique: sur les bords du Tigre, Rassel, une bénévole, ramasse déchets et détritus, une initiative encore rare en Irak où les jeunes s'éveillent lentement à la protection de l'environnement.

Rassel, qui ne souhaite pas donner son nom de famille, fait partie des 200 Ambassadeurs de la propreté, une association qui s'est fixée comme but de débarrasser Bagdad de ses déchets -- ou tout du moins d'y contribuer -- et de sensibiliser aux questions environnementales. 

"Je veux rendre ma ville plus belle", lance Rassel, étudiante de 19 ans. "Cela me fend le coeur de voir les rives du Tigre dans cet état. Nous voulons changer cette réalité".

La tâche est herculéenne. A Bagdad, il est relativement courant d'abandonner bouteilles et canettes vides là-même où elles ont été consommées. 

Les lendemains de jours fériés, les rives du Tigre, appréciées des familles et des groupes d'amis pour ses espaces verts, sont jonchées de canettes de bière, de sacs plastiques ou d'embouts en plastique pour narguilé. Souvent, les déchets finissent directement dans le fleuve.

Ce jour-là, les Ambassadeurs de la propreté concentrent leurs efforts sur la berge située sous le pont des Imams, dans le nord de Bagdad.

"C'est la première fois que cette zone est nettoyée depuis 2003!" et l'invasion de l'Irak emmenée par les Etats-Unis, s'exclame un passant.

Plastique, nylon, liège

"On retrouve beaucoup de plastique, de nylon et de liège", explique Ali, 19 ans, un des organisateurs des Ambassadeurs de la propreté, qui en sont à leur huitième campagne de nettoyage.

Les déchets sont ensuite pris en charge par la mairie de Bagdad et déposés dans des décharges.

Les objets qui finissent dans le fleuve sont extrêmement nocifs pour la faune. Le Tigre doit déjà affronter une baisse drastique de son niveau à cause des sécheresses à répétition et des barrages construits en amont en Turquie. 

En aval, ces déchets finissent leur course dans le Golfe, avec des conséquences dramatiques. Selon l'ONU, les sacs plastiques "bloquent les voies respiratoires et l'estomac de centaines d'espèces" et "sont souvent ingérés par des tortues et des dauphins qui les confondent avec de la nourriture".

En Irak, pays qui a connu quatre décennies de conflit, le tri sélectif des ordures n'est pas à l'ordre du jour. 

Le pays manque de structures permettant "la collecte et l'élimination des déchets. Il n'y a pas de décharge respectueuse de l'environnement et le recyclage du plastique n'est pas viable économiquement parlant", explique Azzam Alwash, fondateur de l'ONG Nature Iraq et conseiller du président irakien pour les questions d'environnement. 

Dans le monde, seuls 10% des déchets plastiques sont recyclés, selon l'OCDE. En Irak, lorsqu'ils sont ramassés, ils finissent parfois dans des décharges à ciel ouvert où ils sont brûlés. 

A proximité des marais du sud, par exemple. Près de ce delta intérieur classé au patrimoine mondial de l'humanité, un feu éternel consume en plein air des milliers de tonnes d'immondices, envoyant ses fumées à des kilomètres à la ronde.

Gaz toxiques

"L'incinération à ciel ouvert des déchets est une source de pollution de l'air. Son coût réel est le raccourcissement de la vie des Irakiens", s'insurge M. Alwash. "Mais l'Etat n'a pas d'argent pour construire des structures de recyclage".

A cela s'ajoute la pollution due au torchage, pratique qui consiste à brûler le gaz s'échappant lors de l'extraction de pétrole.

Ce cocktail toxique contribue à l'augmentation des maladies respiratoires et des émissions de gaz à effet de serre, un phénomène dont s'alarment les experts climat de l'ONU (Giec).

Le ministre irakien de l'Environnement, Jassem al-Falahi, a récemment reconnu auprès de l'agence de presse officielle INA que l'incinération des déchets pose un problème de santé publique, car "les gaz toxiques affectent la vie et la santé des gens". 

Pour autant, peu d'initiatives publiques sont mises en place. Et le ramassage des déchets par des volontaires est l'une des seules lueurs d'espoir pour le moment, estime Ali, membre des Ambassadeurs de la propreté. 

A l'en croire, l'amélioration de la situation passe par la sensibilisation des Irakiens à la problématique environnementale, sujet délaissé au profit d'autres questions, comme la dégradation du pouvoir d'achat.

"Certaines personnes commencent à ne plus jeter leurs déchets dans la rue et nous ont même rejoints", se réjouit-il.


Le prince William arrive à AlUla pour la prochaine étape de sa tournée en Arabie saoudite

Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Short Url
  • Accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine

ALULA : Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Il a été accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine.

Le comité d’accueil comprenait également le général de division Yousef ben Abdullah Al-Zahrani, directeur de la police régionale, Ibrahim ben Abdullah Barri, directeur du Bureau du protocole royal, ainsi que d’autres hauts responsables.

Plus tôt mardi, le prince William s’était rendu à Riyad, où il a rencontré des joueuses de football, joué aux jeux vidéo et échangé avec des clients dans un café.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Short Url
  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Short Url
  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.