Des réfugiés du Moyen-Orient victimes de violence de la part des autorités polonaises

Des migrants sont détenus dans le village d’Usnarz Gorny, en Pologne, le 19 août 2021, après avoir traversé la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. (Photo AP)
Des migrants sont détenus dans le village d’Usnarz Gorny, en Pologne, le 19 août 2021, après avoir traversé la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. (Photo AP)
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Publié le Mardi 12 avril 2022

Des réfugiés du Moyen-Orient victimes de violence de la part des autorités polonaises

  • Au centre de détention de Wedrzyn, les gardes ont accueilli les nouveaux venus en leur disant: «Bienvenue à Guantanamo»
  • Les demandeurs d’asile interrogés en Pologne souffraient de troubles psychologiques complexes comme l’anxiété, l’insomnie ou la dépression

LONDRES: Les réfugiés originaires du Moyen-Orient, qui ont été détenus arbitrairement par les autorités polonaises après avoir traversé la Biélorussie en 2021, ont été victimes de traitements violents.
Amnesty International a interrogé des demandeurs d’asile bloqués en Pologne. Ces derniers ont fait part des souffrances qu’ils ont endurées aux mains des gardes-frontières.
De nombreuses personnes ont été détenues au centre de Wedrzyn, qui peut accueillir jusqu’à six cents personnes. Là-bas, la surpopulation est monnaie courante. Les gardes ont accueilli les nouveaux venus en leur disant: «Bienvenue à Guantanamo.»
Khafiz, un réfugié syrien à Wedrzyn, déclare à Amnesty International: «La plupart du temps, nous étions réveillés par un bruit de chars et d’hélicoptères suivi de coups de feu et d’explosions. Cela durait toute la journée, parfois.»
«Quand vous n’avez nulle part où aller ni d’activité pour vous distraire ni même un peu de répit, la situation devient intolérable.»
Il ajoute: «Après toutes les tortures que j’ai subies en Syrie, les menaces contre ma famille et les mois interminables passés sur la route, c’est à Wedrzyn que j’ai véritablement été brisé.»
Les retours forcés violents constituent une autre illustration des mauvais traitements polonais. Il semblerait que les gardes-frontières aient contraint les réfugiés à signer des documents qui contenaient des informations compromettantes.
Yezda, une Kurde irakienne, a été prise de panique lorsque les autorités polonaises lui ont annoncé que son mari, ses trois enfants et elle-même seraient renvoyés en Irak.
Elle a menacé de se suicider, mais les autorités polonaises ont poursuivi leurs projets pour la forcer, elle et les membres de sa famille, à reprendre le chemin infernal qu’ils avaient réussi à fuir.
«Je savais que je ne pouvais pas retourner en Irak. J’étais prête à mourir en Pologne. Pendant que je pleurais, deux gardes m’ont contrôlée, mon mari et moi. Ils nous ont attaché les mains derrière le dos et un médecin nous a fait une piqûre qui nous a rendus très faibles et somnolents», dit-elle à Amnesty.
«Je n’avais pas les idées très claires, mais j’entendais mes enfants pleurer et crier dans la même pièce. Les gardes nous ont ordonné de passer le contrôle de sécurité à l’aéroport et de bien nous comporter dans l’avion. Pourtant, j’ai refusé d’y aller», poursuit-elle.
«J’ai remarqué que je n’avais même pas de chaussures. J’ai dû les perdre dans le chaos du camp. J’avais l’esprit embrouillé. Je ne voyais ni mon mari ni mes enfants, mais je me souviens qu’ils m’ont forcée à monter dans l’avion, qui était plein de monde. Je pleurais toujours et j’implorais la police de ne pas nous déporter.»
Finalement, son obstination a porté ses fruits. Elle est restée avec sa famille dans un camp en Pologne, même si les gardes-frontières lui ont cassé le pied en l’obligeant à monter dans l’avion qui devait se rendre en Irak.
Presque toutes les personnes interrogées par Amnesty ont déclaré avoir été traumatisées après avoir fui le conflit. Elles ont dû passer plusieurs mois à la frontière.
Elles souffraient de troubles psychologiques complexes comme l’anxiété, l’insomnie ou la dépression et ils ont de fréquentes pensées suicidaires.
Amnesty affirme que ces troubles de santé mentale sont «sans aucun doute exacerbés» par les abus subis en Pologne. L’association avertit que la plupart des demandeurs d’asile n’ont bénéficié d’aucun soutien psychologique.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.