La guerre en Ukraine révèle la dépendance alimentaire du Moyen-Orient

Les perturbations dans la distribution des céréales affectent considérablement le prix des produits de base, comme le pain (Photo, AFP).
Les perturbations dans la distribution des céréales affectent considérablement le prix des produits de base, comme le pain (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 12 avril 2022

La guerre en Ukraine révèle la dépendance alimentaire du Moyen-Orient

  • Des populations entières subissent les conséquences d'une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres de la région
  • Le Yémen, l'Égypte et le Liban sont particulièrement touchés par les retombées économiques de la guerre en Ukraine

DUBAÏ: Alors que l'invasion de l'Ukraine se poursuit depuis deux mois et qu'elle a déclenché la plus forte hausse des prix des denrées alimentaires depuis la récession de 2008, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que les personnes qui souffrent de la faim dans le monde «sont incapables de survivre à un autre conflit». Effectivement, il n'y avait pas d'exagération dans ces propos.
La flambée des prix des denrées alimentaires, des engrais et des carburants constitue une menace évidente et imminente pour les communautés vulnérables et les «foyers de famine» au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des populations entières subissent les conséquences d'une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres de la région.
«Les répercussions du conflit en Ukraine se sont répandues à l'extérieur et ont ainsi déclenché une vague de famine collatérale à travers le monde entier», a indiqué Reem Nada, porte-parole du PAM pour la région MENA, à Arab News.
Étant donné que la Russie est le premier exportateur mondial de blé et que l'Ukraine est le cinquième, les perturbations dans la distribution des céréales affectent considérablement le prix des produits de base, comme le pain, à l'échelle mondiale.
La Russie et l'Ukraine assurent, ensemble, plus de la moitié des exportations mondiales d'huile de tournesol, ainsi que 19% de l'offre mondiale d'orge, 14% du blé et 4% du maïs, soit près d'un tiers des exportations mondiales de céréales.
D'après Nada, le Yémen, l'Égypte et le Liban – trois pays qui souffraient déjà des effets déstabilisants de la pandémie de COVID-19, des conflits et des déséquilibres structurels – sont particulièrement touchés par les retombées économiques de la guerre en Ukraine.
Dans la zone même de conflit, l'effondrement des chaînes d'approvisionnement alimentaire de l'Ukraine a entraîné des pénuries dans les grandes villes, dont la capitale Kiev. Longtemps qualifié de «grenier à blé de l'Europe», le pays risque de rater les saisons cruciales de plantation et de récolte cette année, ce qui ne fera qu'aggraver la crise.

La flambée des prix des denrées alimentaires constitue une menace évidente et imminente pour les communautés vulnérables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Photo, AFP).


Parallèlement, les sanctions occidentales imposées à la Russie – l’un des principaux exportateurs d'engrais, notamment de potasse, d'ammoniac, d'urée et d'autres nutriments du sol – amènent les agriculteurs à réduire leur production ou à anticiper une baisse de rendement.
Par conséquent, le prix du blé a augmenté de 21%, celui de l'orge de 33% et celui de certains engrais de 40% au cours du mois dernier seulement.
«La Russie et l'Ukraine sont les plus grands fournisseurs de blé au Moyen-Orient», a dit à Arab News Kerry Anderson, consultante en risques politiques et d’affaires.
«L'Égypte dépend particulièrement des importations provenant de ces deux pays, et la flambée des prix du pain est survenue alors que le gouvernement prévoyait de réduire les subventions au pain.»

 

En bref

* Pourcentage des importations de blé en provenance d'Ukraine :
- Liban: 50%
- Tunisie: 42%
- Yémen: 22%
(Source: WFP)

 

Selon le PAM, plus de 70 millions d'Égyptiens dépendent du pain subventionné. En 2021, environ 80 % des importations de blé du pays provenaient de la Russie et de l'Ukraine.
«La Tunisie, la Libye, le Liban, la Turquie et le Yémen sont exposés aux perturbations de l'approvisionnement provenant de la Russie et de l'Ukraine ainsi qu'à la hausse des prix», a souligné Anderson.
Le Yémen dépend presque entièrement des importations de denrées alimentaires, et l'Ukraine a assuré 31% de son approvisionnement en blé au cours des trois derniers mois.
Actuellement, 31 000 personnes au Yémen sont au bord de la famine. Selon les dernières données de l'échelle intégrée de classification des phases alimentaires, ce chiffre devrait grimper à 161 000 d'ici juin. 7,3 millions de personnes pourraient se trouver à des «niveaux d'urgence de la faim» dans ce pays ravagé par la guerre, d'ici la fin de l'année.

«Les répercussions du conflit en Ukraine se sont répandues à l'extérieur et ont ainsi déclenché une vague de famine collatérale à travers le monde entier», selon Reem Nada, porte-parole du PAM pour la région MENA (Photo, AFP).


«La crise économique au Yémen – conséquence du conflit – et la dépréciation de la monnaie ont déjà porté les prix des denrées alimentaires en 2021 à leur niveau le plus élevé depuis 2015», a expliqué Nada. «La crise ukrainienne constitue un autre coup dur pour le Yémen et entraîne une nouvelle hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants.»
Ainsi, le nombre de personnes ayant besoin d'un soutien alimentaire est passé de 16,2 à 17,4 millions. D'après les agences humanitaires, ce nombre risque d'augmenter encore si les déficits de financement ne sont pas comblés, puisque le coût d'octroi de l'aide augmente également.
En ce moment, le PAM ne dispose que de 31% des fonds dont il a besoin pour poursuivre ses opérations au Yémen durant les six prochains mois. «La crise ukrainienne ne fait que compliquer la mauvaise situation financière», a précisé Nada.
Il en est de même pour le Liban qui importe environ 80% de son blé de l'Ukraine. Avant même que la guerre n'éclate, les prix des denrées alimentaires au Liban avaient augmenté de près de 1 000% depuis octobre 2019 – résultat des crises économique et financière du pays, auxquelles se sont ajoutées l'explosion du port de Beyrouth en août 2020 et la pandémie de Covid-19.
«La guerre en Ukraine accentue davantage les souffrances de millions de personnes en raison de la crise économique qui perdure et qui a plongé 80% de la population dans la pauvreté. Les gens se retrouvent ainsi au cœur d'une catastrophe humanitaire engendrée par un effondrement financier», a expliqué Nada à Arab News.

Étant donné que la Russie est le premier exportateur mondial de blé et que l'Ukraine est le cinquième, les perturbations dans la distribution des céréales affectent considérablement le prix des produits de base (Photo, AFP).


Alors que les pays arabes sont de plus en plus nombreux à avoir besoin de soutien alimentaire, les experts dans le domaine de la durabilité recherchent des solutions innovantes pour aider la région à produire et à gérer ses propres cultures en utilisant moins de ressources.
Interrogé par Arab News, Chandra Dake, PDG de la société agro technique Dake Rechsand, basée aux EAU, a déclaré: «La sécurité alimentaire ne se résume pas uniquement à la culture de quelques légumes. Elle consiste à cultiver une série de cultures commerciales aptes à se développer et à être maintenues dans la région, ce qui pourrait réduire le recours aux importations.»
Pour réduire la forte dépendance de la région aux importations, Dake pense que sa technologie de «sable magique» pourrait aider les agriculteurs à transformer le désert en terres cultivables capables de produire une variété de fruits, de légumes et même de cultures qui nécessitent beaucoup d'eau, comme le riz.
«Nous avons à présent 28 types d'arbres fruitiers cultivés dans le pays, qui n'avaient jamais été cultivés à l'échelle industrielle», a affirmé Dake, en évoquant les récents développements de son entreprise aux EAU. «Cela peut contribuer à garantir la sécurité alimentaire.»
Dans la région aride du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, la sécurité alimentaire est étroitement liée à la sécurité de l'eau. La mauvaise conservation de l'eau et les pratiques agricoles non durables, auxquelles s'ajoutent les effets néfastes du changement climatique, ont épuisé les nappes phréatiques naturelles de la région et dégradé la qualité des sols.
«La guerre en Ukraine est survenue au moment où l'Afrique du Nord souffrait déjà d'une sécheresse qui compromettait la production de blé dans la région», a rappelé Anderson.
Abordant une question tout aussi grave, Omar Saif, consultant en développement durable chez WSP Middle East, a déclaré que la sécurité alimentaire dans la région arabe serait davantage compromise par la diminution des ressources en eau. «Le dénominateur commun de tout cela est l'eau, et plus précisément la disponibilité de sources d'eau douce fiables et durables», a-t-il dit à Arab News.
Toutefois, il existe des moyens permettant de rationaliser la gestion de l'eau – grâce à une distribution ciblée et à une réforme des tarifs, par exemple – que les gouvernements régionaux pourraient mettre en œuvre afin de renforcer la sécurité alimentaire, a-t-il ajouté.

 

En chiffres

* 8% – Augmentation des prix des denrées alimentaires enregistrée en Irak au cours des deux [premières] semaines qui ont suivi l'invasion de l'Ukraine.
* 2/3 – Proportion de personnes au Yémen ayant besoin d'un soutien alimentaire uniquement pour survivre.
* 12.4m – Nombre de personnes en Syrie considérées en situation d'insécurité alimentaire.
(Source: WFP)

 

«Les politiques agricoles et l'appui financier aux agriculteurs pourraient contribuer à atténuer les tensions qui pèsent sur les systèmes alimentaires, grâce à la sensibilisation à la sélection optimale des cultures ainsi qu'à l'interdiction de la production de cultures à forte consommation d'eau, à faible rendement et à faible rentabilité», a expliqué Saif à Arab News.
«Il ne s'agit pas de maximiser le profit par kilogramme de production, mais plutôt de garantir un certain niveau de production alimentaire localisée qui réponde aux besoins locaux dans un environnement extrêmement pauvre en eau, qui manque de terres cultivables et qui connaît de vastes variations saisonnières de températures extrêmes.»
Les pays du CCG auront pour défi de «maximiser la nutrition par kilogramme de production, en utilisant le moins d'eau possible.»
Cependant, la situation alimentaire restera sans doute très fragile ailleurs au Moyen-Orient. «Les faibles ressources dont dispose le PAM pour mener ses opérations, notamment au Yémen et en Syrie, seront soumises à une pression encore plus forte qu'auparavant», a confié Nada à Arab News.
«Nous faisons tout le nécessaire pour mobiliser l'attention et le soutien du monde entier – à travers les gouvernements, le secteur privé et les individus – pour éviter de devoir prendre plus tard des mesures radicales.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington sanctionne Bagdad pour l'obliger à démanteler les milices pro-Iran

 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
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  • Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire"
  • Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias.

Le Wall Street Journal, citant des sources officielles irakiennes et américaines, a affirmé mardi soir que Washington avait, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre, suspendu la livraison par avion-cargo de près de 500 millions de dollars en cash, provenant des ventes de pétrole irakien.

Un responsable du gouvernement irakien a affirmé à l'AFP que seul un envoi n'était pas arrivé, invoquant "des raisons logistiques liées à la guerre" et la fermeture de l'espace aérien.

Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire".

Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter".

Les revenus des exportations de pétrole irakiennes sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale de New York, en vertu d'un arrangement conclu après l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.

Un accord qui donne à Washington un levier majeur sur les autorités de Bagdad.

En parallèle, les Etats-Unis ont suspendu le financement de formations des forces armées irakiennes et de programmes de lutte contre les jihadistes, au premier rang desquels le groupe Etat islamique.

Un responsable de la sécurité irakien a confirmé à l'AFP l'arrêt de cette coopération bilatérale, en raison "des milices et des (...) bombardements".

Il n'a fourni aucun détail mais les deux pays coopèrent depuis plusieurs années, en particulier dans la lutte antijihadiste.

L'Irak, voisin de l'Iran, a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël visant des groupes pro-iraniens. Ces derniers ont revendiqué des attaques contre les intérêts américains dans le pays.

L'équilibre précaire de l'Irak 

Au début de la guerre régionale déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Washington et Bagdad avaient déclaré vouloir "intensifier la coopération" pour prévenir les attaques contre les intérêts américains et garantir que le territoire irakien ne serait pas utilisé pour ces opérations.

Mais Washington s'est plaint d'efforts insuffisants de la part de l'Irak, qui tente depuis des années de conserver un équilibre précaire entre ses liens avec les Etats-Unis et sa proximité avec Téhéran.

Le 9 avril, le département d'Etat américain avait déclaré avoir "convoqué" l'ambassadeur irakien à Washington, pour condamner ces attaques.

Sollicitée mercredi par l'AFP, la diplomatie américaine n'a pas confirmé la suspension des livraisons de dollars mais affirmé que "l'incapacité du gouvernement irakien à prévenir ces attaques (...) nuit aux relations entre les Etats-Unis et l'Irak".

"Les Etats-Unis ne toléreront pas les attaques contre leurs intérêts et attendent du gouvernement irakien qu'il prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour démanteler les milices alignées sur l'Iran en Irak", a déclaré le porte-parole par intérim du département d'Etat, Tommy Pigott.

Plusieurs de ces factions ont cessé leurs attaques contre les "bases ennemies" dans le pays et la région après le cessez-le-feu irano-américain.

Avant la fin des combats, l'ambassade des Etats-Unis en Irak avait rapporté "de nombreuses attaques de drones" lancées selon elle par des milices pro-iraniennes contre des installations diplomatiques et l'aéroport international de Bagdad.

En janvier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, 75 ans, perçu comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir.

L'Iran, pour autant, n'entend pas lâcher ses leviers sur son voisin.

Le général Esmaïl Qaani, un haut responsable militaire iranien, s'est rendu samedi à Bagdad pour rencontrer des responsables politiques et des groupes armés pro-iraniens, a indiqué à l'AFP un haut responsable irakien.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.

 


Des colons Israéliens pénètrent en Syrie avant d'être arrêtés

Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
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  • L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats"
  • "Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme"

JERUSALEM: Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident".

Selon la télévision publique israélienne Kan, il s'agit de militants appartenant au groupuscule "Les pionniers de Bashan" qui prône l'établissement de colonies israéliennes dans le sud de la Syrie.

Ils s'étaient d'abord rassemblés près de la frontière, avant de pénétrer sur le territoire syrien sur quelques centaines de mètres, selon l'armée, qui indique les avoir remis à la police.

L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats".

La chaîne Kan a posté sur X des images montrant ces militants se retrancher sur un toit près du village syrien d'Hader.

"Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme. Nous sommes ici jusqu'à ce qu'ils laissent nos familles entrer pour y vivre".

Selon Kan, ce n'est pas la première fois que ce groupuscule s'infiltre côté syrien. Les dernières fois, il n'y avait pas eu de condamnation officielle, a-t-elle indiqué.

Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon contrôlée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.

Israël avait pris la majeure partie de ce plateau à la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle.

La colonisation israélienne, aujourd'hui présente en Cisjordanie, est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens en ce qu'elle empêche la création d'un Etat palestinien viable.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, au milieu de trois millions de Palestiniens.