Macron bridé sur l'Ukraine par la campagne électorale

Le président sortant avait rencontré son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou le 7 février dernier, quelques jours seulement avant l'offensive russe sur l'Ukraine. (AFP).
Le président sortant avait rencontré son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou le 7 février dernier, quelques jours seulement avant l'offensive russe sur l'Ukraine. (AFP).
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Publié le Mardi 12 avril 2022

Macron bridé sur l'Ukraine par la campagne électorale

  • Comme à Beyrouth où il avait été le premier dirigeant étranger à se rendre deux jours après l'explosion du port en août 2020, beaucoup l'imaginaient faire le voyage de Kiev
  • Au premier tour, le discours très radical de l'autre candidat d'extrême droite, Eric Zemmour, a aidé Marine Le Pen à lisser son image, y compris sur la Russie

PARIS: En pleine offensive diplomatique européenne sur l'Ukraine, Emmanuel Macron se retrouve bridé par une élection présidentielle incertaine qui le contraint à faire campagne au plus près des Français, même s'il ne manquera pas d'attaquer sa rivale d'extrême droite, Marine Le Pen, sur sa proximité avec Moscou.


Comme à Beyrouth où il avait été le premier dirigeant étranger à se rendre deux jours après l'explosion du port en août 2020, beaucoup l'imaginaient faire le voyage de Kiev après le retrait des forces russes des abords de la capitale ukrainienne fin mars.


Mais c'est le Premier ministre britannique Boris Johnson qui y a fait une apparition surprise samedi, la première d'un responsable du G7, déambulant avec le président Volodymyr Zelensky dans les rues de Kiev et annonçant une nouvelle aide militaire d'envergure à l'Ukraine.


La veille, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait emprunté le même chemin en train depuis la Pologne voisine pour promettre à l'Ukraine un "avenir européen".


"Macron est bridé. C’est typiquement le genre de voyage qui aurait été dans son caractère. Mais il est en campagne, ce serait immédiatement considéré comme une instrumentalisation de la politique étrangère à des fins électorales", estime François Heisbourg de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).


"En dehors d’une calamité d’une envergure singulière comme l’utilisation massive d’armes chimiques contre les populations civiles, on le voit mal pouvoir prendre l'initiative" en Ukraine jusqu'au second tour de la présidentielle le 24 avril, dit-il à l'AFP.

«Complaisance»
Le chef de l'Etat sortant a remporté le premier tour de la présidentielle dimanche, mais le "match retour" le 24 avril s'annonce ouvert face à son adversaire d'extrême droite.


D'abord focalisé sur la guerre en Ukraine, qui a conforté sa stature présidentielle et son avance dans les sondages, il a finalement pâti d'une entrée tardive en campagne là où sa rivale donnait le la sur la thématique du pouvoir d'achat.


Et il se voit contraint de descendre dans l'arène sur des sujets plus proches des préoccupations des électeurs.


"74% des Français soutiennent l’Ukraine mais l'impact immédiat du conflit, c’est de faire monter les prix de l'énergie, et de créer une inquiétude sur le pouvoir d'achat. Ca a joué en plein dans le programme de Mme Le Pen", relève Michel Duclos, ancien ambassadeur et conseiller spécial au centre de réflexion Institut Montaigne.


Si la candidate d'extrême droite a imposé une partie des thèmes de campagne, elle est aussi très attendue sur ses liens avec Moscou.


Vladimir Poutine l'a reçue au Kremlin en 2017 et son parti continue de rembourser un prêt d'environ neuf millions d'euros à un créancier russe.


Emmanuel Macron l'accuse de "complaisance" envers le maître du Kremlin. Elle est "dépendante de la Russie", a-t-il renchéri lundi.

«Des billes»
Au premier tour, le discours très radical de l'autre candidat d'extrême droite, Eric Zemmour, a aidé Marine Le Pen à lisser son image, y compris sur la Russie. Sans Zemmour, "la vérité va être un plus crue", fait observer Michel Douclos.


L'intéressée a beau jeu de rappeler que la Russie est un grand pays dans le concert des nations et que le chef de l'Etat parle lui-même beaucoup au président Poutine, y compris depuis le début de guerre en Ukraine.


"Il a été très loin dans la main tendue à la Russie mais il n’a jamais cédé sur l'essentiel", constate l'ancien ambassadeur, tout en estimant qu'il pourrait capter ainsi une partie de l'électorat russophile.


"Il peut jouer sur les deux tableaux : il n'est pas le russophobe de service et en même temps il a été dans la ligne des Européens" sur l'Ukraine, dit-il à l'AFP.


De son côté, Marine Le Pen pourrait s'emparer du sujet des sanctions infligées à la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en pointant leur impact sur le pouvoir d'achat en Europe.


"Elle peut jouer en contre, elle a des billes", relève François Heisbourg.


Mais elle pourrait aussi se retrouver en difficulté si de nouvelles images d'atrocités imputées à l'armée russe arrivent d'Ukraine.


L'offensive russe sur la région du Donbass est imminente, selon le ministère ukrainien de la Défense. "La bataille sera d’une dureté insensée", avertit déjà M. Heisbourg.


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.

 


Moyen-Orient : la France «s'étonne» des reproches de Trump sur l'interdiction de survol de son territoire

La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
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  • "Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux.
  • "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française

PARIS: La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire".

"Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux. "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française.

"Nous nous étonnons de ce tweet" de Donald Trump, a-t-elle encore affirmé.

Paris n'avait pas annoncé officiellement ou publiquement d'interdiction de survol de son territoire pour les appareils américains impliqués dans le conflit, comme l'a en revanche fait l'Espagne.

La France avait autorisé les Etats-Unis à poser des avions ravitailleurs sur sa base méridionale d'Istres début mars après avoir obtenu la garantie qu'ils ne participaient aux opérations menées en Iran.

"La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël, chargés d'équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPERATIVE en ce qui concerne le +boucher iranien+ qui a été éliminé avec succès", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

 


Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond

Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient

TOKYO: Emmanuel Macron doit entamer mardi une visite au Japon qui vise a renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil ou l'innovation technologique et spatiale, mais qui est aussi percutée par la guerre au Moyen-Orient.

Le président français est attendu à 17H30 locales (08H30 GMT) à Tokyo, avant une soirée dédiée à la culture populaire nippone et une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos.

Les échanges économiques et politiques auront lieu mercredi tandis que le couple présidentiel déjeunera avec l'Empereur Naruhito et l'Impératrice jeudi.

S'il s'agit de son quatrième déplacement dans l'archipel, c'est la première fois qu'Emmanuel Macron s'y rend pour une visite pleinement consacrée aux relations avec le Japon. Et ce sera mercredi son "premier entretien à part entière" avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, après un échange en marge du G20 à l'automne, relève un responsable de la diplomatie japonaise.

Ce responsable a évoqué, parmi les attentes, "la poursuite des communications en vue d'un apaisement rapide de la situation en Iran".

"La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges", a confirmé la présidence française avant le voyage. Les deux dirigeants discuteront de la "façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes", a-t-elle ajouté, insistant sur une possible coopération autour d'une initiative française pour rallier une coalition de "volontaires" sur le sujet du détroit d'Ormuz.

Le conflit déclenché il y a un mois par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et la riposte de Téhéran, ont provoqué le blocage de facto de cet étroit passage maritime dans le Golfe par lequel transite, en temps normal, une grande part des importations de pétrole du Japon mais aussi de la Corée du Sud, où Emmanuel Macron doit se rendre ensuite jeudi et vendredi.

- "Attractivité" -

Ces deux pays asiatiques ont signé avec une vingtaine d'autres, dont la France, une déclaration d'Etats se disant "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit, mais quand les armes se seront tues.

Le G7, présidé cette année par la France qui organisera un sommet en juin, et dont est également membre le Japon, multiplie aussi les messages communs, dont une déclaration lundi pour se dire déterminé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie face à la flambée des cours du brut.

Emmanuel Macron, qui a longtemps mis en avant sa capacité à discuter avec son homologue américain Donald Trump avec lequel les relations semblent toutefois s'être tendues dernièrement, pourra échanger à cet égard avec Sanae Takaichi.

La dirigeante japonaise, devenue en octobre la première femme à la tête de l'archipel, s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices et n'a pas ménagé ses efforts pour afficher ses affinités avec le milliardaire républicain.

Au-delà de la crise géopolitique, le président français compte sur cette visite pour mettre l'accent sur "l'attractivité de la France", selon son entourage. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, il doit rencontrer mercredi, en marge d'un forum économique, les dirigeants de Softbank, champion des investissements dans l'intelligence artificielle, de Iwatani, l'entreprise japonaise qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester, ou encore du fabricant d'équipements pour la recherche Horiba.

Les deux pays entendent aussi signer une feuille de route en matière de nucléaire civil au Japon, dans la lignée d'une coopération déjà bien établie. Et renforcer les partenariats dans le domaine spatial, la recherche et les "technologies de rupture".

En présence de plusieurs ministres français, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot, un volet consacré à la sécurité est aussi prévu.

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en plein pic de floraison des emblématiques cerisiers du Japon, moment fort de l'année. Mais l'instant espéré de "hanami", ou observation des fleurs, pourrait être gâché par la pluie attendue trois jours durant dans la capitale japonaise.