Première confrontation entre armée malienne soutenue par des Russes et Casques bleus

La Minusma comprend quelque 14 000 militaires et policiers (Photo, AFP).
La Minusma comprend quelque 14 000 militaires et policiers (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 avril 2022

Première confrontation entre armée malienne soutenue par des Russes et Casques bleus

  • Il s'agit du premier incident de ce type révélé entre le Mali, aidé depuis peu par des forces russes, et des Casques bleus, a affirmé à New York une source onusienne
  • Selon un document de source diplomatique, l'armée malienne a procédé à partir de son hélicoptère à des tirs d’intimidation de six roquette

LONDRES : Un hélicoptère de l'armée malienne a récemment tiré plusieurs roquettes "à proximité" de Casques bleus britanniques, ont indiqué mardi Londres et l'ONU, un incident sans précédent depuis le déploiement récent d'"instructeurs" russes au Mali qui alimente les interrogations sur l'avenir de la mission Minusma dans ce pays.

Il s'agit du premier incident de ce type révélé entre le Mali, aidé depuis peu par des forces russes, et des Casques bleus, a affirmé à New York une source onusienne réclamant l'anonymat.

"Nous sommes informés d'un incident récent au Mali dans lequel des roquettes ont été tirées par un hélicoptère des forces armées maliennes à proximité d'un détachement britannique", a déclaré à Londres un porte-parole du ministère de la Défense dans un message à l'AFP.

"Tout le personnel britannique est sain et sauf et les circonstances de l'incident font l'objet d'une enquête", a-t-il ajouté. Les faits ont eu lieu près de Tessit, près de Gao, dans l'est du pays.

Selon un document de source diplomatique consulté par l’AFP, l'armée malienne a procédé à partir de son hélicoptère à des tirs d’intimidation de six roquettes. Le document dit que presque tous les hélicoptères maliens sont pilotés par des Russes assistés de co-pilotes maliens.

Le texte s’interroge sur le maintien de plusieurs contingents de la Minusma si l’implication de Russes est avérée dans ces tirs.

"Il y a quelques semaines, des troupes de maintien de la paix du Royaume-Uni ont essuyé des tirs et cet incident fait l'objet d'une enquête", a confirmé à New York le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien.

"Il s'agit d'un événement qui a eu lieu le 22 mars", a-t-il ajouté, en parlant "de coups de feu tirés par un hélicoptère des forces armées maliennes dans la zone de Tessit, à proximité d'un détachement de la Minusma". "Il n'y a pas eu de blessés, les Casques bleus étaient en sécurité à tous points de vue", a-t-il assuré.

«Accès aérien»

À la question d'une éventuelle implication dans cet évènement de paramilitaires de la société russe Wagner, le porte-parole a indiqué ne pas savoir.

Bamako dément toute présence de mercenaires du groupe Wagner sur son sol, ne reconnaissant qu'une assistance d'"instructeurs russes" en application d'un accord de coopération bilatéral remontant aux années 60.

Ces derniers mois, plusieurs pays occidentaux ont critiqué le déploiement de plusieurs centaines de paramilitaires de Wagner au Mali en parallèle du retrait de troupes françaises et européennes de ce pays décidé en début d'année et toujours en cours. 

La semaine dernière, l'ambassadeur adjoint américain à l'ONU Richard Mills, sans citer le Royaume-Uni, avait dénoncé un incident "inacceptable" ayant eu lieu le 22 mars dans lequel un hélicoptère malien avait "tiré six roquettes près de soldats de la paix dans l'est du Mali". 

Selon un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat, des paramilitaires de Wagner pourraient être impliqués dans l'incident au côté de l'armée malienne.

L'armée malienne a été accusée du massacre fin mars de centaines de civils à Moura (centre) avec la participation de mercenaires présumés de Wagner.

Bamako a démenti ce massacre, assurant avoir neutralisé des djihadistes. Les autorités maliennes ont annoncé l'ouverture d'une enquête. La Russie en fin de semaine dernière a félicité Bamako pour une opération ayant permis, selon Moscou, de neutraliser des djihadistes à Moura. 

Mardi, Stéphane Dujarric a souligné que l'enquête de l'ONU sur les évènements de Moura devait "se poursuivre sur le terrain afin d'établir les faits". "A cet égard, une équipe de la Minusma a été pré-déployée à Mopti et se tient prête" à se rendre à Moura dès que les autorités maliennes donneront "un accès aérien à la zone", a-t-il ajouté, semblant ainsi admettre implicitement une absence de liberté de mouvement des Casques bleus malgré le mandat qui leur a été confié par le Conseil de sécurité de l'ONU.

La Minusma comprend quelque 14 000 militaires et policiers. Rédigé par la France, son mandat arrive à échéance en juin. Plusieurs pays contributeurs de troupes ont entrepris de réexaminer leur participation à cette opération de paix au vu des derniers développements survenus au Mali.

3 Européens suspectés de «terrorisme» interpellés dans le Centre, annonce l'armée

Trois ressortissants européens suspectés de "terrorisme" ont été interpellés dans le centre du Mali lors d'opérations menées contre des djihadistes, a annoncé mardi soir l'armée malienne.

"Le détachement Fama (Forces armées maliennes) de Diabaly a procédé à l'interpellation le 10 avril (dimanche) 2022 de 5 suspects dont 3 ressortissants européens", affirme un communiqué de l'état-major général des armées.

Le communiqué ne précise pas l'identité de ces "suspects" européens interpellés à Diabaly, une localité à environ 300 km au nord-ouest de Bamako.


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.


Trump assure que les discussions avec Téhéran ont repris, malgré le démenti iranien

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
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  • Trump affirme que des négociations sont en cours avec l’Iran et les présente comme une « dernière chance » pour parvenir à un accord, notamment sur le détroit d’Ormuz. Téhéran dément
  • Les tensions restent fortes dans la région, avec des discussions entre l’Iran et Oman sur Ormuz et un incident visant un cargo dans le détroit

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que des négociations avec l'Iran avaient lieu "en ce moment même", malgré le démenti de Téhéran peu auparavant, le président américain affirmant que ces discussions représentaient "la dernière chance" pour le pays d'obtenir un bon accord.

Dans un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, le président américain a assuré que ces pourparlers se déroulaient "à la demande" de Téhéran, et avec le "soutien" de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis ainsi que du Qatar.

"C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document", a-t-il déclaré.

Selon Donald Trump, ces discussions portent en particulier sur une réouverture, possible selon lui "dès demain", du détroit d'Ormuz.

Auparavant, il avait fustigé dans un message sur son réseau Truth Social la "duplicité incroyable" des dirigeants iraniens.

"Ils demandent une rencontre (...), les discussions commencent, d'autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu'ils n'ont aucune discussion", a-t-il écrit sur sa plateforme.

Le président américain avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avant d'annoncer suspendre ses plans de bombardements massifs dans une nouvelle volte-face, alternant à plusieurs reprises ces dernières semaines menaces et annonces de pourparlers.

- Situation tendue -

La réponse de l'Iran est arrivée lors du point presse hebdomadaire de sa diplomatie: "nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", a affirmé Esmaïl Baghaï.

La veille déjà, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait parlé d'un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d'accord américano-iranien a volé en éclats début juillet.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes.

Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.

Vers 00H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,49% à 80,73 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,60% à 84,27 dollars. Les prix tentaient un timide sursaut après avoir lourdement chuté la veille sur fond d'espoirs de négociations entre Iran et Etats-Unis.

Le Brent avait brièvement dépassé 100 dollars le baril fin juillet.

En attendant, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dans la nuit de lundi à mardi qu'un cargo y avait été frappé par un "projectile inconnu", sans faire état dans l'immédiat d'éventuels blessés ou dégâts.

- "Nouveau mensonge" -

Donald Trump avait conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit.

Il a avancé lundi que celui-ci était "totalement contrôlé" par la marine américaine, et averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu'en cas d'"accord" ou de "capitulation totale".

Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end, notamment contre des infrastructures énergétiques.

Donald Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord".

Il a affirmé que la requête provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même, ce que Téhéran a également démenti, évoquant un "nouveau mensonge" du président américain.

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux navires saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.