Un porte-conteneur échoué près de Baltimore intrigue et inquiète

Un jeune garçon joue sous un banc à Downs Park à Pasadena, Maryland, le 13 avril 2022, alors que des spectateurs regardent des grues retirer des conteneurs du porte-conteneurs échoué, Ever Forward, près de Baltimore. (Jim Watson / AFP)
Un jeune garçon joue sous un banc à Downs Park à Pasadena, Maryland, le 13 avril 2022, alors que des spectateurs regardent des grues retirer des conteneurs du porte-conteneurs échoué, Ever Forward, près de Baltimore. (Jim Watson / AFP)
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Publié le Vendredi 15 avril 2022

Un porte-conteneur échoué près de Baltimore intrigue et inquiète

  • Le navire est englué depuis un mois dans près de six mètres de vase, à quelques centaines de mètres de la rive
  • Si les curieux s'attroupent sur les rivages pour observer le navire, son échouement est surtout source d'inquiétude pour les défenseurs de l'environnement

PASADENA, États-Unis : Ils sont venus en famille ou avec des amis, apportant jumelles et chaises pliantes, tous tournés vers un même objet: le porte-conteneurs Ever Forward, échoué depuis un mois dans la baie de Chesapeake sur la côte Est américaine.

En cette matinée printanière d'avril, les curieux se massent dans un parc de la ville de Pasadena, dans le Maryland, pour jouir d'un point d'observation privilégié sur le navire, englué dans près de six mètres de vase, à quelques centaines de mètres de la rive.

«Même avec les tempêtes qu'on a ici dans la baie, on n'a pas de navires qui s'échouent comme ça», raconte Frederick Schroeder, un retraité venu de l'est de Baltimore avec son appareil photo et son téléobjectif pour documenter la scène, une occasion qui n'arrive «qu'une fois dans la vie» selon lui.

Dans la nuit du 13 au 14 mars, le géant des mers de la compagnie taïwanaise Evergreen, long de 334 m et qui peut transporter près de 12.000 conteneurs, s'est retrouvé immobilisé au beau milieu de la baie de Chesapeake, après avoir manqué un virage vers des eaux plus profondes.

S'étendant de l'État de Virginie au sud, jusqu'au Maryland au nord, la baie de Chesapeake est un gigantesque estuaire au trafic maritime important. La baie baigne ainsi Port of Virginia et Baltimore, respectivement deuxième et troisième ports les plus importants de la côte Est des États-Unis.

- Drague et remorqueurs -

La mésaventure de l'ironiquement nommé Ever Forward («toujours en avant»), n'est pas sans rappeler celle de l'Ever Given, autre porte-conteneurs d'Evergreen qui était resté coincé en travers du canal de Suez en mars 2021 bloquant le trafic pendant près d'une semaine.

Les garde-côtes américains sont à l'œuvre pour tenter de remettre l'Ever Forward à flot depuis plus de trois semaines, assistés de remorqueurs et de bateaux de drague. Sans succès jusqu'ici.

Ces derniers jours, des grues se sont affairées autour du navire pour le délester d'un maximum de ses conteneurs et ainsi l'alléger.

Les garde-côtes ont précisé que plus de 130 conteneurs avaient déjà été débarqués mais que davantage devaient l'être avant une nouvelle tentative de remise à flot, dont la date reste à déterminer.

«Le capitaine qui s'est échoué doit être très gêné», suppose John Zeglin, un retraité presque octogénaire, venu voir l'Ever Forward «par curiosité» avec sa compagne depuis Bethesda, en banlieue de Washington, à un peu plus d'une heure de route.

Mais si les curieux s'attroupent sur les rivages pour observer le navire, son échouement est surtout source d'inquiétude pour les défenseurs de l'environnement.

- «Epicentre» de balbuzards pêcheurs -

Doug Myers, un scientifique au sein de l'association environnementale Chesapeake Bay Foundation, s'alarme ainsi auprès de l'AFP d'un risque de rupture de la coque, qui pourrait libérer des centaines de litres de mazout.

«A chaque fois qu'un navire s'échoue, vous avez ce risque», explique l'expert, qui dit avoir beaucoup d'expérience avec les marées noires, après avoir notamment travaillé au Texas dans les années 1990.

Avec les opérations de dragage, Doug Myers s'inquiète également que le navire puisse gîter et perdre des conteneurs dans la baie.

«Il y a déjà des dégâts rien que par l'échouement du navire dans des eaux peu profondes, ces bancs de sable (...) contiennent des palourdes et des vers, et d'autres habitats très importants pour les poissons», déplore-t-il.

En dehors de l'eau, ce sont les oiseaux qui sont le plus à risque d'une fuite de mazout, à une période où les volatiles migrateurs font halte dans la baie ou même y nichent pour l'été.

«La baie est en quelque sorte l'épicentre d'abondance des balbuzards pêcheurs», affirme ainsi Doug Myers, qui se tracasse pour ces rapaces.

Le scientifique regrette que jusqu'ici les autorités n'aient pas pris en compte les risques environnementaux et souhaite à présent qu'un cordon de protection soit mis en place autour de l'Ever Forward afin de prévenir toute fuite de mazout.

Car si selon lui le danger n'est pas «imminent», une telle fuite pourrait atteindre les rives des deux côtés de la baie en une à quelques heures.

«Cette baie représente tout pour les habitants du Maryland», fait valoir Doug Myers.

«Tellement de gens tirent leurs revenus directement ou indirectement de la baie, que ce soit grâce au tourisme, à la pêche, ou bien du fait d'avoir une propriété les pieds dans l'eau».


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.