Afghanistan: au moins six morts dans des tirs des forces pakistanaises

Depuis que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan l'an dernier, les tensions frontalières entre les deux pays se sont accrues. (Photo, AN)
Depuis que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan l'an dernier, les tensions frontalières entre les deux pays se sont accrues. (Photo, AN)
Short Url
Publié le Samedi 16 avril 2022

Afghanistan: au moins six morts dans des tirs des forces pakistanaises

Depuis que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan l'an dernier, les tensions frontalières entre les deux pays se sont accrues. (Photo, AN)
  • «L'Émirat islamique d'Afghanistan condamne dans les termes les plus forts possibles le bombardement et l'attaque qui ont eu lieu depuis le Pakistan sur le sol afghan», a déclaré le porte-parole du gouvernement
  • «Cinq enfants et une femme ont été tués, et un homme blessé, par des tirs de roquettes pakistanais dans le district de Shelton, à Kunar», a déclaré le directeur provincial de l'information

KABOUL: Le gouvernement taliban d'Afghanistan a mis en garde samedi le Pakistan après que cinq enfants et une femme ont été tués dans l'est du pays par des tirs de roquettes présumés de l'armée pakistanaise, lors d'une attaque à l'aube le long de la frontière. 

« L'Émirat islamique d'Afghanistan condamne dans les termes les plus forts possibles le bombardement et l'attaque qui ont eu lieu depuis le Pakistan sur le sol afghan », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, aux journalistes dans un message audio. 

« Nous mettons en oeuvre toutes les options pour empêcher la répétition (de telles attaques) et demandons que notre souveraineté soit respectée. La partie pakistanaise doit savoir que si une guerre éclate, elle ne sera dans l'intérêt d'aucune des parties. Elle provoquera l'instabilité dans la région », a-t-il ajouté. 

Le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, avait auparavant convoqué l'ambassadeur du Pakistan à Kaboul pour protester contre deux attaques, qui ont eu lieu à l'aube à la frontière entre les deux pays, l'une à Kunar, l'autre vers Khost. 

« Cinq enfants et une femme ont été tués, et un homme blessé, par des tirs de roquettes pakistanais dans le district de Shelton, à Kunar », a déclaré le directeur provincial de l'information, Najibullah Hassan Abdaal. 

Un habitant du district, Ehsanullah (il se fait appeler par un seul nom comme beaucoup d'Afghans), a confirmé le nombre de morts, assurant que l'assaut avait été mené par des avions militaires pakistanais. 

Depuis que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan l'an dernier, les tensions frontalières entre les deux pays se sont accrues, le Pakistan affirmant que des groupes armés, comme le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), mènent des attaques depuis le sol afghan, à travers une frontière notoirement poreuse. 

Les talibans afghans nient abriter des militants pakistanais et dénoncent la clôture qu'Islamabad érige pour sécuriser cette frontière longue de plus de 2 000 km, connue comme la ligne Durand, nom hérité de l'époque coloniale. 

Le second assaut a eu lieu dans la province de Khost, a déclaré un autre responsable afghan. 

« Des hélicoptères pakistanais ont bombardé quatre villages près de la ligne Durand dans la province de Khost. Seules des maisons civiles ont été visées et il y a eu des victimes », a-t-il dit sous couvert d'anonymat, sans plus de détails. 

Un ancien des tribus afghanes de Khost, Gul Markhan, a confirmé l'attaque. 

Des images de maisons détruites lors de l'assaut ont été diffusées par Tolo News, la principale chaîne privée afghane. 

« Toutes les personnes visées étaient des civils innocents qui n'avaient rien à voir avec les talibans ou le gouvernement », a déclaré à la chaîne Rasool Jan, un habitant de Khost. 

« Nous ne savons pas qui est notre ennemi et pourquoi nous avons été visés », a-t-il ajouté. 

Des centaines de civils ont aussi manifesté à Khost, en scandant des slogans antipakistanais, selon des photographies obtenues par l'AFP. 

En février, six soldats pakistanais avaient été tués par des tirs du TTP depuis l'Afghanistan. 


Victoire pour Biden avec l'adoption de son plan pour le climat et la santé au Congrès

Les démocrates célèbrent la signature de la loi sur la réduction de l'inflation par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (Photo, AFP).
Les démocrates célèbrent la signature de la loi sur la réduction de l'inflation par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (Photo, AFP).
Short Url
  • Le texte sera promulgué par Joe Biden la semaine prochaine
  • Avec leur mince majorité, les démocrates de la Chambre des représentants ont permis l'adoption de ce plan

WASHINGTON: Le Congrès américain a définitivement adopté vendredi le vaste plan d'investissement de Joe Biden sur le climat et la santé, une victoire politique significative pour le président américain, à moins de trois mois d'élections législatives déterminantes.

Avec leur mince majorité, les démocrates de la Chambre des représentants ont permis l'adoption de ce plan de plus de 430 milliards de dollars, faisant suite à un vote similaire au Sénat il y a quelques jours.

Le texte, qui doit mettre le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sera promulgué par Joe Biden la semaine prochaine, a indiqué le président dans un tweet.

"Aujourd'hui, le peuple américain a gagné", a écrit M. Biden. Avec cette loi, "les familles vont constater une baisse des prix des médicaments, des soins de santé, et des coûts de l'énergie."

Salué par la majorité des associations de lutte contre le changement climatique, cette réforme comprend 370 milliards de dollars dédiés à l'environnement, et 64 milliards de dollars pour la santé.

Baptisée "Inflation Reduction Act", elle entend dans le même temps réduire le déficit public avec un nouvel impôt minimal de 15% pour toutes les sociétés dont le bénéfice dépasse le milliard de dollars.

"Aujourd'hui est un jour de célébration", avait déclaré juste avant le vote la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Cette loi va permettre aux familles américaines "de prospérer, et à notre planète de survivre."

Le camp républicain accuse pour sa part le texte de générer des dépenses publiques inutiles, et fustige l'utilisation du fisc américain pour les financer. L'ancien président Donald Trump avait appelé sur son réseau social Truth Social tous les républicains à se prononcer contre.

Plus grand investissement climatique

Arrivé au pouvoir avec d'immenses projets de réformes, Joe Biden plaidait à l'origine pour un plan d'investissement plus vaste encore.

Mais les élus démocrates ont peu à peu dû revoir leurs ambitions à la baisse, afin de contenter notamment le sénateur Joe Manchin de Virginie-Occidentale, État connu pour ses mines à charbon. Son soutien était indispensable pour passer l'étape du Sénat.

Le texte reste malgré tout le plus grand investissement jamais engagé aux États-Unis pour le climat.

Il doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030. Le but fixé par Joe Biden est une réduction d'au moins 50% d'ici à cette date, mais d'autres mesures, notamment réglementaires, pourraient permettre d'en partie combler l'écart, selon des experts.

"Cette loi change la donne, et est une source d'espoir", a salué Johanna Chao Kreilick, présidente de l'"Union des scientifiques inquiets".

Les mesures prises vont "encourager d'autres pays à intensifier leurs engagements", s'est félicité vendredi Dan Lashof, directeur de l'organisation World Resources Institute aux Etats-Unis.

"En créant de fortes incitations à investir dans l'énergie solaire et éolienne, (le texte) va pour ainsi dire assécher le marché pour l'électricité produite à partir du charbon sur la prochaine décennie", avait-il résumé cette semaine.

Sous cette réforme, un Américain recevra jusqu'à 7.500 dollars en crédits d'impôts pour l'achat d'une voiture électrique. L'installation de panneaux solaires sur son toit sera prise en charge à 30%.

Des investissements sont également prévus pour le développement du captage de CO2, la résilience des forêts face aux incendies, ou encore la rénovation des logements pour les ménages les plus modestes.

Plusieurs milliards de dollars de crédits d'impôts seront également proposés aux industries les plus polluantes afin de les aider dans leur transition énergétique -- une mesure vivement critiquée par l'aile gauche du parti, qui a malgré tout dû se ranger derrière ce texte.

Médicaments moins chers

Le second volet de ce grand plan d'investissements entend en partie corriger les immenses inégalités dans l'accès aux soins aux États-Unis, notamment en baissant le prix des médicaments.

Medicare, un système public d'assurance santé destiné entre autres aux plus de 65 ans, pourra pour la première fois négocier directement les prix de certains médicaments avec les laboratoires pharmaceutiques, et ainsi obtenir des tarifs plus concurrentiels.

Les seniors seront par ailleurs garantis de ne pas avoir à débourser plus de 2.000 dollars par an pour leurs médicaments, à partir de 2025.

Le projet de loi prévoit aussi de prolonger des protections de l'"Affordable Care Act", l'emblématique assurance santé, plus connue sous le nom d'"Obamacare", qui contenait des mesures facilitant l'accès à l'assurance santé via des subventions aidant les familles à payer leur couverture médicale.


Liz Truss critiquée pour des commentaires sur l'«antisémitisme» de la fonction publique

Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme». (Reuters/photo d'archives)
Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme». (Reuters/photo d'archives)
Short Url
  • Ses commentaires sont qualifiés d'«incendiaires, insultants et odieux» par la FDA Union, qui représente les fonctionnaires britanniques
  • Ses propos ont également été critiqués par la communauté juive britannique, dont un membre du Parti travailliste juif au Parlement

LONDRES: La favorite pour remplacer Boris Johnson au poste de Premier ministre britannique a été critiquée pour avoir fait des commentaires «incendiaires» sur l'approche de la fonction publique britannique de la communauté juive.

Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme», selon Sky News.

«Chaque organisme a sa propre culture, mais elle n'est pas figée et peut être modifiée», déclare-t-elle dans un communiqué, après avoir pris la parole dans une synagogue de Manchester.

«C'est à cela que sert le leadership ministériel. Il s'agit de s'assurer que les politiques que nous représentons et les valeurs que nous défendons se traduisent dans ce que nous faisons.»

«J'ai été très claire avec nos responsables sur les positions que nous prenons concernant Israël, et cela se poursuivrait si j’occupais le poste de Premier ministre.»

L'actuelle ministre des Affaires étrangères a également été prise pour cible après avoir déclaré que créer sa propre entreprise était une «valeur juive».

À la suite d'une manifestation de soutien au Conseil des droits humains des Nations unies pour le Premier ministre israélien, Yair Lapid, qu'elle a qualifié de «bon ami», Truss a affirmé au Jewish Chronicle que l'on ne faisait pas assez pour informer les enfants et les enseignants sur l'antisémitisme, et que les campus universitaires devaient être «débarrassés» du problème.

«De nombreuses valeurs juives sont des valeurs conservatrices au même titre que les valeurs britanniques, à savoir l'importance de la famille et le fait de toujours prendre des mesures pour protéger l'unité familiale, la valeur du dur labeur et la volonté de création de sa propre entreprise», affirme-t-elle.

«La communauté juive britannique est incroyablement fière de ce pays, tout comme le sont les Conservateurs.»

Ses commentaires sont qualifiés d'«incendiaires, insultants et odieux» par la FDA Union, qui représente les fonctionnaires britanniques.

Truss n'a fourni «aucune preuve de ses accusations», selon le secrétaire général de la FDA, Dave Penman, qui a affirmé que les commentaires de Truss allaient «encore plus loin que la politique habituelle de messages codés» de l'élection pour la direction du Parti conservateur.

«Les Conservateurs gouvernent depuis plus de douze ans maintenant et pendant la majeure partie de cette période, Liz Truss a été ministre», indique-t-il. «Donc, les accusations d’éveil de la fonction publique sont un peu surprenants, étant donné qu'il s'agit essentiellement d'une critique de leur propre gouvernement.»

«Un Premier ministre est aussi ministre de la fonction publique, et lancer des accusations incendiaires aussi infondées illustre un manque de leadership, ce dont elle prétend faire preuve», poursuit-il.

Ses propos ont également été critiqués par la communauté juive britannique, dont un membre du Parti travailliste juif au Parlement.

Charlotte Nichols, députée du nord de l'Angleterre, a accusé Truss d'«utiliser la communauté juive comme faux prétexte pour attaquer la fonction publique sans fondement».

Sarah Owen, députée travailliste, a déclaré sur Twitter: «Utiliser le grave problème de l'antisémitisme dans les écoles et les universités pour propager le message de votre guerre anti-éveil contre les fonctionnaires n'est pas la bonne solution.

«Soit vous êtes éveillé simplement attentif à l'injustice sociale et à l'inégalité (y compris l'antisémitisme) , soit vous ne l'êtes pas.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ballon d'Or: Messi passe à la trappe

La star argentine Lionel Messi paye au prix fort sa première saison ratée au PSG et ne fait pas partie de la liste des 30 nommés pour le Ballon d'Or 2022 dévoilée vendredi (AFP)
La star argentine Lionel Messi paye au prix fort sa première saison ratée au PSG et ne fait pas partie de la liste des 30 nommés pour le Ballon d'Or 2022 dévoilée vendredi (AFP)
Short Url
  • Au total, l'Argentin n'a inscrit que 11 buts avec les champions de France en 2021-2022, des statistiques faméliques pour un joueur de sa dimension
  • Les Bleus comptent au total quatre candidats pour le Ballon d'Or (Karim Benzema, Kylian Mbappé, Mike Maignan, Christopher Nkunku)

PARIS: Une absence majeure: septuple lauréat et tenant du titre, la star argentine Lionel Messi paye au prix fort sa première saison ratée au PSG et ne fait pas partie de la liste des 30 nommés pour le Ballon d'Or 2022 dévoilée vendredi.

Il s'agit d'un sacré évènement, le génie albiceleste étant présent parmi les prétendants à cette prestigieuse distinction individuelle depuis 2006 et sur le podium quasiment sans discontinuer depuis 2007, hormis une parenthèse en 2018.

Mais "La Pulga" a été victime de ses piètres prestations sous le maillot parisien d'autant que le Ballon d'Or a changé de format et ne couronne plus le meilleur joueur sur une année civile mais sur la saison sportive, en mettant dorénavant en avant "les performances individuelles" et le "caractère décisif et impressionnant" des postulants. Des critères qui pouvaient difficilement s'appliquer à Messi après un exercice aussi compliqué à Paris.

Arraché à contre-coeur à son cocon barcelonais l'été dernier, Messi a traîné son spleen sur les terrains de Ligue 1 et n'a pas non plus réussi à se sublimer en Ligue des champions où le PSG a connu une désillusion face au Real Madrid en 8e de finale. Au total, l'Argentin n'a inscrit que 11 buts avec les champions de France en 2021-2022, des statistiques faméliques pour un joueur de sa dimension.

Difficile de parler de fin de cycle ou de déclin pour le natif de Rosario (35 ans), d'autant que son début de saison est plutôt prometteur et qu'il sera très motivé pour disputer ce qui ressemble fort à son ultime Coupe du monde (20 novembre-18 décembre au Qatar). Mais ses productions individuelles étaient largement insuffisantes ces derniers mois à Paris pour justifier une quelconque indulgence de la part du magazine France Football, l'organisateur du Ballon d'Or qui sera décerné le 17 octobre.

Neymar est l'autre star à faire les frais d'un exercice délicat sur le plan personnel avec le PSG (13 buts et 8 passes décisives en 28 matches, toutes compétitions confondues).

Benzema, immense favori 

Le reste de la liste des nommés est sans surprise avec notamment la présence de l'immense favori Karim Benzema.

L'attaquant français a été l'artisan principal du 14e titre du Real en C1 en terminant meilleur buteur (15) et devrait selon toute vraisemblance devenir le 5e Tricolore à être sacré après Raymond Kopa (1958), Michel Platini (1983, 1984, 1985), Jean-Pierre Papin (1991) et Zinédine Zidane (1998). En 2021/2022, Benzema a marqué à 44 reprises en 46 rencontres avec le club madrilène, remportant également le Championnat d'Espagne.

En doublant la mise contre Francfort (2-0) mercredi en Supercoupe d'Europe, l'ex-Lyonnais (34 ans) s'est aussi positionné comme le 2e meilleur artificier de l'histoire du Real avec 324 réalisations, devant la légende madrilène Raul.

A ses exploits en club, Benzema a également ajouté la saison dernière la Ligue des nations, son premier trophée avec l'équipe de France.

Les Bleus comptent au total quatre candidats pour le Ballon d'Or (Karim Benzema, Kylian Mbappé, Mike Maignan, Christopher Nkunku) et deux pour le prix Yachine de meilleur gardien (Hugo Lloris, Mike Maignan).

20 nommées sont également en lice pour le Ballon d'Or féminin. On retrouve la tenante du titre Alexia Putellas et la Norvégienne de Lyon Ada Hegerberg, première lauréate en 2018.