Au Maroc, le parlement parlera la langue amazighe

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Publié le Dimanche 17 avril 2022

Au Maroc, le parlement parlera la langue amazighe

  • À partir du lundi 18 avril, les amazighophones pourront suivre la retransmission en direct des sessions dans trois dialectes : tamazight, tachelhit et tarifit
  • L’amazigh avait été reconnu en 2011 comme langue officielle. Mais le royaume a mis 11 années avant d’accorder une place de choix à cette langue

CASABLANCA : Après des décennies de lutte de ses militants et de ses locuteurs, l’amazigh gagne ses galons sur le terrain de l’officialité au Maroc, dans l’administration et au parlement.

L’amazigh avait été reconnu en 2011 comme langue officielle. Mais le royaume a mis 11 années avant d’accorder une place de choix à cette langue. La loi organique adoptée en 2019 a posé les jalons de ce que serait son usage dans l’enseignement et au cœur des institutions du pays. L’esprit de cette loi est, pour ses partisans, après 2 ans de pandémie, enfin, mis en œuvre en partie.

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Lâché de ballons aux couleurs du drapeau amazigh lors de célébrations ​​​​de l'an 2964 amazigh près du parlement à Rabat, le 12 janvier 2014 (Photo, AFP).

La traduction simultanée de l’amazigh fait son entrée au Parlement

Lors des sessions plénières hebdomadaires, consacrées aux questions orales, et lors de la session plénière mensuelle consacrée aux questions adressées au chef du gouvernement, la première chambre a adopté, lundi, la traduction simultanée de l’arabe à l’amazigh et inversement.
Loin de faire consensus, ce point a été longuement débattu en 2019 avant d’être tranché à l’issu des discussions, puis du vote, sur la loi organique dans la première et deuxième chambre du parlement.

À partir du lundi 18 avril, les amazighophones pourront suivre la retransmission en direct des sessions dans trois dialectes : tamazight, tachelhit et tarifit. Pour ses défenseurs, l’adoption de cette mesure permettra de clôturer les débats et les polémiques à répétition à chaque fois qu’un député décide d’interpeler l’exécutif en la langue amazighe lors des sessions des questions orales.

La langue amazighe est désormais une langue de l’administration

Selon l’agence marocaine de presse, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration Ghita Mezzour a décidé, à l’issu d’une réunion présidée à Rabat vendredi, d’appliquer les dispositions relatives à l’usage de la langue amazigh dans l’administration prévue dans le cadre de la loi organique adoptée par les députés quelques mois avant le début de la pandémie.

La ministre a signé une circulaire portant sur l’intégration de la langue amazighe dans les administrations publiques.
 

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Un jeune coupe berbère attend sa cérémonie de mariage lors du festival annuel Engagement Moussem près du village d'Imilchil, dans les montagnes du Haut Atlas, au centre du Maroc, le 21 septembre 2019 (Photo, AFP).

 

En bref L’Amazigh et la protection civile

L’Institut Royal de la culture amazighe et la Direction générale de la protection civile ont récemment signé un accord de principe pour intégrer l’amazigh dans le domaine de la protection civile. Cette convention définit le cadre général visant à améliorer la qualité de ce service public destiné aux usagers et particulièrement pour les amazighophones.

Les directives de cette circulaire préconisent l’adoption de la langue amazigh dans chacun des centres d’appels et chacune des structures d’accueil et d’orientation sur les sites officiels des administrations publiques.

L’administration s’engage également à rédiger ses communiqués dans en amazigh lorsque l’objet est à destination du grand public, mais également au niveau des communications dans les moyens de transport publics comme l’ONCF.

La reconnaissance de l’amazigh comme langue officielle n’a pas été sans conséquences. Après la constitution de 2011, l’alphabet tifinagh est apparu sur les bâtiments publics, en plus de l’arabe et du français.

Plus de 11 ans ont coulé sous les ponts, et alors que le dernier recensement comptabilisait, en 2004, huit millions de personnes, soit un quart des Marocains parlant quotidiennement l’un des trois dialectes amazighs du pays, l’usage de cette langue n’a jamais autant été promu par les institutions du pays, du moins dans son histoire récente, depuis l'indépendance acquise en 1956.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.