Irak: plantée contre la désertification, la ceinture verte de Kerbala fait grise mine

Une palmeraie et une oliveraie dans la "ceinture verte" de la ville centrale irakienne de Kerbala, le 18 avril 2022. MOHAMMED SAWAF / AFP
Une palmeraie et une oliveraie dans la "ceinture verte" de la ville centrale irakienne de Kerbala, le 18 avril 2022. MOHAMMED SAWAF / AFP
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Publié le Mardi 19 avril 2022

Irak: plantée contre la désertification, la ceinture verte de Kerbala fait grise mine

  • Avec ses arbres assoiffés, la «ceinture verte» de Kerbala plantée il y a 16 ans est aujourd'hui délaissée et bien loin de remplir son office premier
  • L'idée était pourtant astucieuse

KERBALA: Avec ses arbres assoiffés, la "ceinture verte" de Kerbala plantée il y a 16 ans est aujourd'hui délaissée et bien loin de remplir son office premier: contrer la désertification et les tempêtes de sable, dont la fréquence augmente fortement en Irak.
L'idée était pourtant astucieuse. Lorsque les eucalyptus, les palmiers-dattiers et les oliviers ont commencé à être plantés en 2006, les autorités de Kerbala (centre) promettaient que les dizaines de milliers d'arbres permettraient de freiner la désertification et d'atténuer les tempêtes de sable et de poussière.
"Nous étions très heureux car la ceinture verte est un rempart efficace contre la poussière", se rappelle Hatif Sabhan al-Khazali, natif de Kerbala, une des villes saintes du chiisme.
Mais seize ans plus tard, la ceinture verte, un long croissant qui devait entourer la ville, n'a pas grand chose à voir avec les plans originaux qui promettaient 76 km de verdure.

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La ceinture verte, un long croissant qui devait entourer la ville, n'a pas grand chose à voir avec les plans originaux qui promettaient 76 km de verdure. MOHAMMED SAWAF / AFP


Son axe sud mesure aujourd'hui seulement 26 km sur 100 mètres de large et son axe nord 22 km de long sur 100 mètres de large. "L'édification a été arrêtée", pointe Nasser al-Khazali, ancien membre du conseil provincial de Kerbala.
"C'est à cause du manque d'intérêt du gouvernement central et des autorités locales. Les financements n'ont pas suivi", accuse-t-il. Selon lui, des 16 milliards de dinars (10 millions d'euros) alloués au projet de l'axe nord, seuls 9 milliards de dinars (5,6 millions d'euros) ont été versés.

Négligence

Négligence, gabegie: deux mots qui reviennent souvent dans la bouche de millions d'Irakiens excédés par la sclérose politique et qui ont manifesté en masse contre la corruption fin 2019. Dans l'index 2021 de Transparency international, l'Irak pointe à la 157e place (sur 180) dans le classement sur la perception de la corruption.
"Négligence", c'est aussi le mot que choisit Hatif Sabhan al-Khazali pour décrire la ceinture verte de Kerbala aujourd'hui.
Des oliviers chétifs balancent leurs branches dans le vent et les palmiers-dattiers, arbre symbole de l'Irak, peinent à pousser. L'irrigation est plus aléatoire et il n'y a plus personne pour arracher les herbes folles.
Résultat: la ceinture verte ne retient presque rien lorsque souffle le vent gonflé de poussière, un phénomène de plus en plus fréquent en Irak, particulièrement à Kerbala, cernée par le désert.
Lorsque deux tempêtes de poussière ont balayé le pays au début du mois d'avril, Amer al-Jabri, directeur des services météorologiques irakiens, a mis en garde contre une augmentation de ces phénomènes.
"Les principales causes sont le déficit de précipitations, l'accélération de la désertification et l'absence de ceintures vertes", a-t-il expliqué.

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Avec ses arbres assoiffés, la "ceinture verte" de Kerbala plantée il y a 16 ans est aujourd'hui délaissée et bien loin de remplir son office premier.  MOHAMMED SAWAF / AFP


Car l'Irak est l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique et à la désertification.
En novembre dernier, la Banque mondiale a estimé que ce pays pourrait connaître une chute de 20% de ses ressources en eau d'ici 2050 en raison du changement climatique et de ses effets -- des températures de plus de 50 degrés et l'assèchement des nappes phréatiques.
Le manque d'eau est aussi provoqué par la baisse du niveau du Tigre et de l'Euphrate en raison de barrages construits en amont en Turquie et en Iran.

«Bandes criminelles»

Cette raréfaction de l'eau et la dégradation des sols conduisent à une diminution des terres arables.
L'Irak "perd environ 100.000 dunams (250 km2) de terres agricoles chaque année. Ces terres se transforment alors en zones désertiques", fait valoir Nadhir al-Ansari, spécialiste des ressources hydrauliques à l'université suédoise de Lulea. Et de prévenir: "on peut s'attendre à davantage de tempêtes de poussière", qui ont des conséquences désastreuses sur la santé publique et l'agriculture.
Mais M. Ansari pointe surtout du doigt la responsabilité des pouvoirs publics irakiens et "le manque de planification des ressources hydriques".
La dernière tempête de poussière passée, le ministère de l'Agriculture a d'ailleurs assuré travailler à la "restauration de la couverture végétale" en Irak.
En 2021 déjà un responsable du ministère des Ressources hydrauliques évoquait l'ambition de planter des ceintures vertes. "Il y a eu quelques initiatives, mais malheureusement ces ceintures n'ont pas été entretenues", a-t-il déploré, citant en exemple Kerbala, selon l'agence de presse étatique INA.
A Kerbala, Hatif Sabhan al-Khazali se désole de voir la ceinture verte abandonnée et laissée aux "bandes criminelles et aux chiens errants (...). Il y a eu des meurtres et des agressions".


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com