La Turquie veut davantage contrôler les réseaux sociaux

Le gouvernement turc prévoit de mettre en place une commission parlementaire afin de réguler davantage l’utilisation des réseaux sociaux. (Adem ALTAN/AFP)
Le gouvernement turc prévoit de mettre en place une commission parlementaire afin de réguler davantage l’utilisation des réseaux sociaux. (Adem ALTAN/AFP)
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Publié le Samedi 18 juillet 2020

La Turquie veut davantage contrôler les réseaux sociaux

  • Un projet de loi exige la nomination de représentants turcs pour les fournisseurs de médias sociaux
  • La loi permettrait au gouvernement de mettre en œuvre des interdictions d'accès et d'imposer des sanctions légales et fiscales

ANKARA: Le gouvernement turc prévoit de mettre en place une commission parlementaire afin de réguler davantage l’utilisation des réseaux sociaux.

Le lancement de la Commission des médias numériques (Digital Mediums Commission) coïncide avec les projets du Parti de la justice et du développement (AKP) d’adopter une loi permettant au gouvernement de contrôler davantage la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Depuis que la fille du président Recep Tayyip Erdogan, Esra Albayrak, a été insultée sur Twitter, le gouvernement turc s’est empressé de concevoir un nouveau cadre juridique pour « abolir complètement ces plateformes ou les contrôler ». Le président turc estime que les réseaux sociaux qui jouissent de libertés totales ne conviennent pas au pays.

Ces déclarations ont été faites quelques jours avant l’apparition en direct d’Erdogan le 26 juin sur Youtube pour un discours adressé aux jeunes. Toutefois, des milliers de jeunes ont réagi à ce discours avec des « je n’aime pas » et des commentaires négatifs affirmant « Nous ne voterons plus pour vous. »

Le projet de loi exige la nomination de représentants turcs pour les fournisseurs de médias sociaux, en particulier pour Twitter et Netflix. Cela exposerait les géants du web à des sanctions financières, et les obligerait à obéir aux décisions des tribunaux turcs. Le gouvernement pourrait également mettre en œuvre des interdictions d'accès. Ce projet de loi composé de neuf articles est censé être adopté avant que le Parlement ne prenne ses vacances le 24 juillet.

Suleyman Irvan, professeur de journalisme à l’université Uskudar, a affirmé que toute restriction sur les réseaux sociaux pourrait déclencher la fureur de la Génération Z.

« Le fait d’obliger les fournisseurs de réseaux sociaux à ouvrir un bureau en Turquie vise à appliquer les décisions de la Cour concernant le contenu sur les réseaux sociaux, surtout celles qui sont en rapport avec la suppression de contenu, pour leur infliger d’importantes amendes qui décourageraient tout contenu antigouvernemental à l'avenir », a-t-il expliqué à Arab News.

Le CHP, le principal parti d’opposition turc, pense que ce projet de loi vise principalement à restreindre les libertés des individus. Kemal Kilicdaroglu, dirigeant de l’opposition, a critiqué cette loi car, pour lui, elle a été mise en place à la suite du discours en direct d’Erdogan qui avait été vivement critiqué en ligne.

« Il sait comment réagira la Génération Z. Sinon, pourquoi ce sujet reviendrait-il au premier plan maintenant ? Nous défendrons les espaces de liberté contre cet état d'esprit répressif », a-t-il récemment déclaré.

Ankara a critiqué Twitter le mois dernier pour avoir suspendu plus de 7 000 comptes liés au gouvernement et associés aux jeunes du parti AKP, accusant ces suspensions de faire parti d’un vaste plan pour intervenir dans la politique intérieure turque.

Les statistiques officielles de Twitter montrent que 74% des demandes légales de suppression de contenu sur le réseau social provenaient de la Turquie elle-même. Le dernier rapport « Web bloqué » réalisé par l’Association pour la liberté d’expression (Freedom of Speech Association) démontre qu’un total de 408 394 sites web ont été bloqués entre 2014 et 2019.

L’année dernière, l’accès à 130 000 adresses URL, 7 000 comptes Twitter, 10 000 vidéos sur Youtube et 6251 publications Facebook a été bloqué par le gouvernement turc. Il avait également interdit Twitter en 2014, avant que l’interdiction ne soit levée quelques semaines plus tard par un tribunal administratif d’Ankara. La Turquie fait partie des pays les plus actifs sur Twitter dans le monde.

Erkan Saka, expert en réseaux sociaux à l’université Bilgi à Istanbul, ne s’attend pas à des recommandations équitables de la part de la Commission, la majorité des commissions parlementaires étant contrôlées par des membres du parti au pouvoir.

« Les réseaux sociaux sont moins soumis au contrôle que les médias traditionnels et le gouvernement tient absolument à changer la donne. C’est est une nouvelle étape vers la légalisation des mesures de restriction de la liberté d’expression qui se sont intensifiées depuis la tentative de coup d’État en 2016 », a-t-il précisé.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur ArabNews.com


Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête du Parlement algérien

Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
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  • Le Parlement algérien a élu Khalida Boufedeche à sa présidence, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du pays et le quatrième personnage de l'État
  • Membre du FLN, vainqueur des législatives avec 91 sièges sur 407, elle prend ses fonctions dans un Parlement marqué par une participation record à la baisse (21,24%) et une forte sous-représentation des femmes

ALGER: Le Parlement algérien a élu mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa tête, Khalida Boufedeche, qui devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat.

Mme Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir.

Le FLN est arrivé en tête des dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré.

Trois candidats postulaient pour la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement: Mme Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP - 43 sièges) et un autre du parti laïque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son actuel mandat de députée, elle été élue dans sa commune à Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger.

Mme Boufedeche accède au perchoir du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14% des sièges.

Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature alors qu'elles représentent 49% de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017. Cette dernière élection s'était tenue sous le régime des quotas.

Le FLN est suivi dans l'hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
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  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com