L'Espagne arrête un Portugais recherché en lien avec l'explosion du port de Beyrouth

Cette photo d'archive prise le 4 août 2020 montre les silos détruits sur les lieux d'une explosion massive au port qui a secoué Beyrouth, la capitale libanaise. (AFP).
Cette photo d'archive prise le 4 août 2020 montre les silos détruits sur les lieux d'une explosion massive au port qui a secoué Beyrouth, la capitale libanaise. (AFP).
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Publié le Vendredi 22 avril 2022

L'Espagne arrête un Portugais recherché en lien avec l'explosion du port de Beyrouth

  • Jorge Moreira avait d'abord été arrêté au Chili à son arrivée à l'aéroport de Santiago à bord d'un vol en provenance d'Espagne, avant d'être renvoyé vers Madrid, en coordination avec Interpol, selon la police chilienne
  • Il est soupçonné d'avoir introduit des «éléments explosifs» au Liban, en lien avec l'explosion d'août 2020, selon Christian Saez, responsable de la police de l'aéroport de Santiago

MADRID : Les autorités espagnoles ont annoncé jeudi l'arrestation et le placement en liberté provisoire d'un Portugais recherché par Interpol en lien avec l'explosion qui avait fait plus de 200 morts en août 2020 dans le port de Beyrouth.

Jorge Moreira, Portugais de 43 ans, a été arrêté mercredi à Madrid et placé en "liberté conditionnelle" avec "interdiction de quitter le territoire" dans l'attente de l'examen de la demande d'extradition vers le Liban par le haut tribunal espagnol de l'Audience nationale, a indiqué l'un de ses porte-paroles à l'AFP.

L'homme est recherché par le Liban "pour un délit de terrorisme et usage d'explosifs entraînant la mort, avec une peine maximale prévue de réclusion à perpétuité", a précisé le tribunal espagnol.

Jorge Moreira avait d'abord été arrêté au Chili à son arrivée à l'aéroport de Santiago à bord d'un vol en provenance d'Espagne, avant d'être immédiatement renvoyé vers Madrid, en coordination avec Interpol, avait annoncé la police chilienne mercredi.

Il est soupçonné d'avoir introduit des "éléments explosifs" au Liban, en lien avec l'explosion d'août 2020, selon Christian Saez, responsable de la police de l'aéroport de Santiago.

"La notice rouge à l'encontre de cette personne était en vigueur jusqu'à aujourd'hui (mercredi). De manière générale, elle permet de localiser et arrêter une personne dans un pays étranger", expliquait Maximiliano MacNamara, responsable d'Interpol à Santiago.

Selon le quotidien portugais Jornal de Noticias, Jorge Moreira travaillait jusqu'en 2016 pour la Fabrique d'explosifs du Mozambique. C'est en tant que salarié de cette entreprise qu'il aurait passé une commande de nitrate d'ammonium qui devait être acheminé depuis la Géorgie vers le Mozambique, mais qui a fini par être stocké dans le port de Beyrouth.

D'après le journal portugais, la Cour d'appel de Porto n'avait pas donné suite, en juin 2021, à la demande d'extradition adressée au Portugal par le Liban, celui-ci n'ayant pas fourni toute la documentation nécessaire dans les délais requis.

A l'époque, Jorge Moreira vivait dans le nord du Portugal, entre Paços de Ferreira, où il résidait, et Bragança, où il travaillait comme cadre d'une société de produits surgelés, rapporte encore ce quotidien portugais.

L'explosion, le 4 août 2020, de plusieurs centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis des années dans le port de Beyrouth "sans mesure de précaution" de l'aveu même des autorités, avait fait plus de 200 morts, dévastant des quartiers entiers de la capitale.

L'enquête sur l'explosion est suspendue depuis des mois. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de la torpiller pour éviter des inculpations.

En janvier 2021, une source judiciaire libanaise avait indiqué à l'AFP qu'Interpol avait informé les autorités libanaises avoir émis à leur demande des "notices rouges" contre trois personnes liées à l'explosion.

Selon cette source, les notices, réclamées par le juge libanais Ghassan Khoury, concernaient le propriétaire et le capitaine d'un navire qui avait transporté une grande cargaison de nitrate d'ammonium à l'origine de l'explosion, ainsi qu'un homme d'affaires portugais à l'origine de la commande de cette cargaison. 

Les 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient arrivées au port de Beyrouth en novembre 2013 sur un bateau battant pavillon moldave, parti de Géorgie à destination du Mozambique.

Les autorités portuaires les avaient stockées dans un entrepôt délabré aux murs fissurés, selon des responsables libanais, tandis que le "Rhosus", immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, a fini par couler dans le port en 2018.


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com