Commémoration du 4 août 2020: colère et heurts à Beyrouth

Des manifestants rassemblés par milliers aux alentours du port de Beyrouth pour commémorer le premier anniversaire de la gigantesque explosion qui a fait plus de 218 morts et 6.500 blessés, et réclamer justice. AFP
Des manifestants rassemblés par milliers aux alentours du port de Beyrouth pour commémorer le premier anniversaire de la gigantesque explosion qui a fait plus de 218 morts et 6.500 blessés, et réclamer justice. AFP
Short Url
Publié le Jeudi 05 août 2021

Commémoration du 4 août 2020: colère et heurts à Beyrouth

  • Des milliers de Libanais ont afflué vers le secteur du port pour commémorer le premier anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth, mais aussi réclamer que justice soit faite alors qu'aucun coupable n'a encore été jugé
  • Les manifestations en hommage aux victimes de la tragédie étaient émaillées de heurts à différents points de la capitale, faisant plusieurs blessés, sur fond de répression violente des forces de l'ordre

BEYROUTH : Des milliers de Libanais ont afflué vers le secteur du port pour commémorer le premier anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth, mais aussi réclamer que justice soit faite alors qu'aucun coupable n'a encore été jugé et que les responsables continuent de faire barrage à l'enquête. Les manifestations en hommage aux victimes de la tragédie étaient émaillées de heurts à différents points de la capitale, faisant plusieurs blessés, sur fond de répression violente des forces de l'ordre.

Une messe était célébrée près du port en hommage aux victimes de l'explosion qui a ravagé des quartiers entiers de Beyrouth le 4 août 2020. A quelques centaines de mètres de la messe et des prières islamiques, au moins six personnes ont été hospitalisées et des dizaines prises en charge près du Parlement dans des heurts qui avaient lieu entre les forces de sécurité et des centaines de manifestants, a indiqué la Croix-Rouge, qui soignaient plusieurs d’entre eux sur place.

Canons à eaux, lacrymogènes et balles en caoutchouc

Tandis que des milliers de Libanais se rassemblaient près du port, des centaines d'autres se sont dirigés vers le Parlement, certains tentant de franchir les barbelés et les blocs de béton érigés en mur et bloquant les différentes entrées menant vers le bâtiment. Les forces de sécurité ont violemment réprimé les manifestants aux abords du Parlement. Des manifestants ont alors lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de balles en caoutchouc pour les disperser. Des policiers ont aussi roué de coups de matraque certains manifestants.

Des manifestants tentant de franchir l'entrée du Parlement libanais dans le centre-ville de Beyrouth le 4 août 2021. AFP

Peu avant, de violentes échauffourées ont également éclaté lors du passage d’un convoi de membres du Parti Communiste près de partisans des Forces Libanaises à Gemmayzeh. Des cocktails molotov ont été lancés, obligeant l’armée libanaise à tirer en l’air pour séparer les protestataires. « Nous avons été surpris par le passage d’un convoi des partisans du Parti Communiste, vêtus de Keffieh provocateurs, et proférant des insultes à notre encontre, et à l’encontre de nos femmes et enfants. Pourtant nous n’avions que nos drapeaux libanais », s’étonne, au micro de la chaîne locale LBC, Tony, partisan des FL venu manifester au port comme des dizaines de milliers de Libanais.

En marge des manifestations, plusieurs groupes de jeunes, vraisemblablement des fauteurs de trouble, ont lancé des pierres en direction du ministère de l’Economie, alors que la police tentait de les disperser par des canons à eaux, rapportent les média locaux. On ignore pour l’heure l’identité de ses groupes.

L'explosion --qui a fait 214 morts et plus de 6.500 blessés-- a été causée par des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis des années dans un entrepôt délabré et "sans mesure de précaution" de l'aveu même du gouvernement. 

Les proches des victimes et des militants réclament notamment la levée de l'immunité parlementaire derrière laquelle s'abritent certains députés et ex-ministres dans le collimateur de la justice. 

(Avec AFP)


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Short Url
  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.


Soudan: une attaque de drone fait 10 morts, dont 7 enfants, à el-Obeid 

Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour
  • Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale

PORT-SOUDAN: Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.

Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR).

Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des FSR qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

Ils y encerclent notamment El-Obeid, la principale ville de la région, qui se trouve à un carrefour stratégique reliant la capitale Khartoum au Darfour, où l'armée a perdu sa dernière position importante en octobre.

Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'El-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre El-Obeid et Dilling, une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Short Url
  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.