Ultimes heures de campagne présidentielle en France avant un choix capital

Des affiches de campagne de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron le 21 avril 2022 à Lavau sur Loire (Photo, AFP).
Des affiches de campagne de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron le 21 avril 2022 à Lavau sur Loire (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 23 avril 2022

Ultimes heures de campagne présidentielle en France avant un choix capital

  • Les dirigeants allemand, espagnol et portugais ont appelé les électeurs français à choisir dimanche le bulletin du «candidat démocrate»
  • Au vu des derniers sondages, le président centriste libéral sortant, donné vainqueur avec de 55,5 à 57,5% des voix

PARIS: Emmanuel Macron et Marine Le Pen jetaient leurs ultimes forces dans la bataille vendredi, aux dernières heures de la campagne pour le second tour de la présidentielle française, avec en ligne de mire un choix entre deux projets et visions du monde radicalement opposés.

Au vu des derniers sondages, le président centriste libéral sortant, donné vainqueur avec de 55,5 à 57,5% des voix, est bien parti pour prolonger de cinq ans son bail au palais présidentiel de l'Élysée.

Au grand soulagement de ceux qui en France comme à l'étranger redoutent de voir l'extrême droite prendre les rênes d'une puissance mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et dotée de l'arme nucléaire, après les séismes populistes du Brexit et de l'élection du président américain Donald Trump en 2016.

Les dirigeants allemand, espagnol et portugais ont appelé les électeurs français à choisir dimanche le bulletin du "candidat démocrate" face à sa concurrente, dénonçant des accointances entre les populistes et l'extrême droite européens et le président russe Vladimir Poutine.

Les deux concurrents tentent de rallier les électeurs du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième le 10 avril, talonnant Mme Le Pen avec près de 22% des voix. Ils s'efforcent ainsi de conjurer l'abstention qui, selon les experts, sera le grand arbitre du scrutin, en période de vacances scolaires.

"Plus l'abstention sera forte et plus l'écart des intentions de vote est amené à se réduire", a prévenu Martial Foucault, directeur du Centre de recherches politiques de la prestigieuse école de Sciences Po à Paris (Cevipof), pointant "un vrai risque pour Emmanuel Macron".

La campagne a été largement occultée par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine, qui grève le pouvoir d'achat, première préoccupation des Français, en raison des répercussions du conflit sur les prix de l'énergie et de l'alimentation.

Réconciliation

Pour attirer les électeurs de M. Mélenchon, Marine Le Pen a promis de protéger les "plus vulnérables" pendant qu'Emmanuel Macron opérait un virage serré à gauche, s'engageant à mettre l'écologie au centre de son action.

Pour son dernier discours de campagne, à Figeac (centre), Emmanuel Macron a prôné vendredi la "réconciliation" entre villes, campagnes et quartiers, en lançant "la France est un bloc", accusant Marine Le Pen de provoquer "la haine et la division".

Il a aussi appelé ses partisans à "se mobiliser jusqu'à la dernière seconde".

"Il y a des millions de gens qui, à quelques heures du Brexit, se disaient: à quoi bon aller voter?". Même chose avec "le président Trump" et "le jour d'après ils se sont réveillés avec la gueule de bois", a-t-il ajouté dans une interview sur BFMTV.

Mme Le Pen, en visite sur le marché d'Etaples (nord), a fustigé le projet de réforme des retraites du président sortant, qui veut porter l'âge légal de départ à la retraite à 64 ou 65 ans, alors qu'elle préfère le maintenir à 60 à 62 ans.

Macron ou la France

"Les Français, avec Emmanuel Macron, vont donc en prendre pour perpet' (perpétuité, ndlr)", a-t-elle déclaré.

Le choix posé aux Français: "C'est Macron ou la France", a-t-elle prévenu, dénonçant un président candidat "terriblement arrogant, méprisant". S'il est réélu, ce sera un véritable chaos", a-t-elle prédit.

Le débat télévisé mercredi soir entre les deux candidats qualifiés pour le second tour a révélé au grand jour leurs profondes divergences sur l'Europe, l'économie, le pouvoir d'achat, les relations avec la Russie, les retraites ou l'immigration.

Quel que soit le vainqueur, les élections législatives qui suivront en juin le scrutin présidentiel s'annoncent d'ores et déjà comme un possible "troisième tour", Marine Le Pen comme Emmanuel Macron pouvant avoir du mal à obtenir une majorité parlementaire.

Jean-Luc Mélenchon a affiché son ambition de devenir Premier ministre et d'imposer ainsi une cohabitation, visant un vote massif en faveur des députés de son parti, La France Insoumise.

Par ailleurs, un autre troisième tour pourrait se jouer dans la rue, sur le modèle de la contestation populaire des "Gilets jaunes" en 2018-2019, notamment sur le projet de réforme des retraites d'Emmanuel Macron qui cristallise une forte hostilité dans une partie de l'opinion.

Si c'est Marine Le Pen qui accède à l'Élysée, les secousses risquent de se faire ressentir dès dimanche soir, avec une plongée dans l'inconnu dès le lendemain.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.


Nouvelle journée de canicule en France, 80 départements en vigilance orange

La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
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  • A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange
  • "Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France

RENNES: La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros.

A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange avec à nouveau une journée de très fortes chaleurs. Cet épisode caniculaire "atteint son pic pour les journées de jeudi et vendredi", estime Météo-France.

Dans son bulletin publié tôt jeudi, l'organisme météorologique a évoqué une "nuit très chaude". Vers 05H00 du matin, les températures relevées étaient de 27,5°C à Nice, 24,5°C à Sète, 23,5°C à Limoges ou encore 23°C à Rennes.

"Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France.

Et les plus fortes seront enregistrées du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, où les maximales seront comprises "entre 38 et 40°C, voire un peu plus en pointe. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", est-il ajouté.

Les températures caniculaires "se décaleront progressivement un peu plus vers l'est" vendredi, prévoit encore le prévisionniste, amorçant une baisse progressive dans le nord-ouest qui sera "surtout sensible et conséquente durant le week-end".

Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).

Les perturbations économiques sont nombreuses. Par exemple, le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs, selon des calculs de l'AFP.

Coupures d'eau 

La question de l'accès à l'eau est également à l'ordre du jour avec cet été extrêmement chaud et sec.

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a dit Monique Barbut.

"Plus de 40.000" personnes sont affectées par des coupures d'eau du robinet, selon le gouvernement.

La situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.

Jeudi matin, dans le train entre Rennes et Vannes, Ronan Turbé, âgé de 25 ans, raconte avoir souffert de la chaleur pendant la nuit.

"On ne dort pas beaucoup", regrette l'ingénieur âgé de 25 ans. "Il fait très chaud dans l'appartement : 28°C, alors que j'ai aéré toute la nuit. Et j'ai mis les ventilateurs à fond. De toute façon, on n'a pas le choix, on subit."

"On est dans le noir une grande partie de la journée", assure Bastien Regret, ingénieur. "On utilise un ventilateur, ce qui n'était pas le cas auparavant", indique le trentenaire, tout en veillant à bien hydrater sa petite fille.

L'Ile-de-France sera touchée par un épisode de pollution à l'ozone, avec un "probable dépassement" du seuil de recommandation. Aussi, dans un communiqué, le préfet de police demande de "différer si possible" les déplacements routiers et de réduire la vitesse des véhicules.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.