Les promesses non tenues des Talibans désespèrent les Afghanes

Manifestation de femmes afghanes devant le ministère de l’Éducation. (Photo AFP)
Manifestation de femmes afghanes devant le ministère de l’Éducation. (Photo AFP)
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Publié le Samedi 23 avril 2022

Les promesses non tenues des Talibans désespèrent les Afghanes

  • Le maintien de l'interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles, parmi d'autres mesures répressives, témoigne de la domination des partisans de la ligne dure
  • À moins que les talibans ne montrent qu'ils sont prêts à assouplir leur ligne dure, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide

DUBAÏ: Chaque jour, Nasima, 16 ans, et Shakila, 17 ans, attendent avec impatience la nouvelle de la réouverture de leur école à Kaboul, Lameha-e-Shaheed, pour pouvoir reprendre leurs études. Cela fait maintenant un mois qu'elles attendent, depuis que les talibans ont fermé les écoles secondaires pour filles du jour au lendemain, revenant sur une décision antérieure consistant à accorder aux femmes plus de liberté ainsi que l’accès à l'éducation.

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul. (Photo fournie)
«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul. (Photo fournie)

Le 23 mars au matin, plus d'un million de filles de l’âge de Nasima et Shakila se sont présentées à leur école en Afghanistan pour la première fois depuis que les talibans ont pris le pouvoir en août de l'année dernière, mais elles ont été refoulées.

«Sous l’égide de l'émirat islamique d'Afghanistan, les écoles pour femmes à partir de la classe de sixième sont fermées jusqu'à nouvel ordre», peut-on lire dans un rapport de l'agence de presse protalibans Bakhtar.

«Ils trouveront toujours des prétextes pour empêcher les filles d'apprendre parce que les filles éduquées et les femmes autonomes leur font peur», a déclaré Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix.

Bien que de nombreux Afghans aient été consternés par la nouvelle, ceux qui connaissent la vision puritaine et les politiques erratiques des talibans pendant leur règne de 1996 à 2001 n'ont pas été surpris.

L'ultraconservatisme rampant ressort clairement dans les nouvelles règles qui interdisent aux femmes non voilées ou non accompagnées d'un chaperon masculin de voyager sur de longues distances. Il en va de même pour le licenciement des femmes de leurs emplois et des postes d'influence et, surtout, dans la volte-face du 23 mars en matière d’éducation.

EN BREF

-          La nouvelle interdiction de l'éducation des filles dévoile les dissensions au sein du leadership taliban

-          Les enseignants et les filles afghanes ont peu d'espoir de voir les écoles rouvrir

-          Le taux d'alphabétisation des femmes a plus que doublé entre 2000 et 2018

«Ils nous ont répété à l’envi qu'ils allaient rouvrir les écoles et laisser tout le monde y retourner», a déclaré à Arab News Lina Farzam, enseignante dans une école primaire de Kaboul.

«Bien que nous n'ayons jamais cru que les talibans changeraient, nous avions de l'espoir. Nous ne savons pas pourquoi le monde leur a fait confiance et leur a donné une autre chance.»

La volte-face sur l'enseignement secondaire, qui aurait eu lieu après une réunion secrète de la direction du groupe à Kandahar, suggère que son aile ultraconservatrice continue d’orienter la trajectoire idéologique du régime.

«Le plus cruel dans cette affaire, c'est le fait qu'ils ont annoncé que les filles pouvaient retourner à l'école, puis qu'ils ont fait marche arrière», affirme Farzam. «Imaginez ces filles qui se préparaient joyeusement pour l'école la veille et qui attendaient de retourner en classe.»

En Afghanistan, les filles en âge de fréquenter l'école primaire sont autorisées à recevoir un enseignement jusqu'à la sixième. Les femmes sont également autorisées à fréquenter l'université, mais dans le cadre de règles strictes de ségrégation des sexes et à condition de respecter un code vestimentaire strict.

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Après le retrait chaotique d'Afghanistan de la coalition dirigée par les États-Unis en août 2021, les talibans ont insisté sur le fait qu'ils avaient changé d’approche et qu'ils permettraient aux femmes et aux jeunes filles de continuer à étudier comme elles le faisaient sous le gouvernement reconnu par les Nations unies.

Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes.

Le changement de cap des talibans sur la scolarisation des filles serait intervenu à l'issue d'une réunion secrète. (AFP)
Le changement de cap des talibans sur la scolarisation des filles serait intervenu à l'issue d'une réunion secrète. (AFP)

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul.

Sur cette photo d'archive prise le 23 mars 2022, des filles arrivent à leur école à Kaboul. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 23 mars 2022, des filles arrivent à leur école à Kaboul. (AFP)

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul.

«Les talibans sont aussi intransigeants qu'ils ne l'étaient dans les années 1990 et, en ce qui concerne les femmes, ils sont même pires aujourd’hui. Malheureusement, ils ont appris à porter un masque pour tromper le monde.

«Ils pensent toujours que les femmes doivent rester à la maison et que les femmes qui quittent leur foyer pour étudier ou travailler sont mauvaises, et qu'elles vont corrompre la société.»

«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.» (Photo fournie)
«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.» (Photo fournie)

Pour Akrami, tout espoir d'émancipation des femmes en Afghanistan est depuis longtemps anéanti. «En tant que femme qui a commencé sa carrière à l'université pour faire une différence dans la vie des femmes, je suis désolée que mes rêves et ceux de centaines de femmes comme moi se soient effondrés depuis l'arrivée au pouvoir des talibans», déclare-t-elle.

Asma Faraz, qui travaillait auparavant à l'ambassade d'Afghanistan à Washington D.C., est également écœurée de voir s'envoler les libertés et les opportunités de ces vingt dernières années.

Selon l'ONU, le maintien des femmes au chômage coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. (Photo fournie)
Selon l'ONU, le maintien des femmes au chômage coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. (Photo fournie)

«Ma patronne était ambassadrice», a-t-elle expliqué à Arab News, faisant référence à Roya Rahmani, la première femme afghane à occuper le poste de diplomate de haut rang de son pays aux États-Unis. «En tant que femme, j'étais si fière de voir une femme entrer dans la pièce et susciter autant de respect.»

«Les femmes peuvent être ambassadrices, les femmes peuvent être membres du Parlement, les femmes peuvent être journalistes et médecins. Mais maintenant, à Kaboul, les femmes et les filles verront que les femmes ne peuvent pas aller à l'école et ne peuvent que se marier. Elles verront leurs mères travailler uniquement à la maison.»

Les dirigeants talibans ont cherché à justifier leur interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant un principe religieux – un point de vue que les spécialistes de l'islam et la société civile contestent.

 

Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes. (Photo fournie)
Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes. (Photo fournie)

«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.

«Dans l'islam, la quête de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans. Le prophète Mahomet ne faisait aucune distinction entre l'éducation des garçons et celle des filles. Il a dit: «Le meilleur d'entre vous est celui qui donne une bonne éducation à ses enfants.»

Les messages contradictoires véhiculés par les hauts responsables pourraient être le signe d'un schisme dans les rangs des talibans, entre la ligne dure basée dans le bastion de Kandahar et les responsables plus modérés qui gèrent les affaires depuis la capitale.

Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles. (Photo fournie)
Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles. (Photo fournie)

Selon certains rapports, Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles.

«Les gens parlent en permanence d'Hibatullah, mais personne ne l'a vu ni ne sait où il se trouve à Kandahar», commente Faraz. «Peut-être vit-il dans un village où les gens ne permettent pas à leurs filles d'aller à l'école et il ne sait pas comment est la vie en dehors du village.»

«Si nous voulons donner une chance aux talibans, soit, donnons-leur une chance, mais ils ne peuvent ni tout contrôler, ni importer ce qu'ils pensent être la norme de leurs villages aux villes et à la capitale où les gens avaient l'habitude d'aller à l'école et de travailler.»

Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans. (Photo fournie)
Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans. (Photo fournie)

Contrairement à la vision du camp de Kandahar, un haut responsable a récemment déclaré à NPR que les talibans n'avaient pas changé de cap en ce qui concerne l'éducation des filles, mais qu'ils avaient simplement besoin de plus de temps pour décider d'un uniforme scolaire approprié.

«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès des Nations unies, au média. «Il s'agit uniquement d'une question logistique consistant à décider de l'uniforme scolaire pour les filles. Nous espérons que la question de l'uniforme sera résolue dès que possible.»

«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré à NPR Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès de l'ONU. (Photo fournie)
«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré à NPR Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès de l'ONU. (Photo fournie)

Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans.

«Alors que l'attention du monde s'est tournée vers la crise en Ukraine, il est extrêmement important de ne pas oublier ce qui se passe en Afghanistan, un pays qui connaît actuellement l'une des pires années de son histoire», a déclaré à Arab News Masuda Sultan, entrepreneur américain d'origine afghane et défenseur des droits de l'homme, qui faisait partie de la délégation.

Des combattants talibans montent la garde alors que des manifestants afghans se mobilisent contre les rapports publiés sur le harcèlement des réfugiés afghans en Iran, devant l'ambassade d'Iran à Kaboul, le 11 avril 2022. (AFP)
Des combattants talibans montent la garde alors que des manifestants afghans se mobilisent contre les rapports publiés sur le harcèlement des réfugiés afghans en Iran, devant l'ambassade d'Iran à Kaboul, le 11 avril 2022. (AFP)

«L'asphyxie économique continue de cette nation peut entraîner des conséquences qui seront beaucoup plus coûteuses à résoudre si elles ne sont pas traitées immédiatement.»

En effet, à moins que les talibans ne montrent qu'ils sont prêts à assouplir leur ligne dure, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide, aux prêts et aux actifs gelés par les États-Unis, le FMI et la Banque mondiale, dont il a désespérément besoin.

Les dirigeants talibans ont cherché à justifier l’interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant des principes religieux. (Photo fournie)
Les dirigeants talibans ont cherché à justifier l’interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant des principes religieux. (Photo fournie)

En outre, selon les Nations unies, le fait de priver les femmes de travail coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. Comme l'a noté The Economist dans un article récent, «en pleine crise économique, le pays peut difficilement se permettre cette perte».

Pour Farzam et ses élèves de Kaboul, l'issue de la querelle idéologique au sein de la direction des talibans décidera de leur sort, et peut-être même du sort de millions d'Afghans qui ont urgemment besoin d’aides économiques.

«Aujourd’hui, les filles sont tristes de ne pas pouvoir poursuivre leur éducation», déclare-t-elle à Arab News. «Elles attendent avec impatience la réouverture de leurs écoles.»

 

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Washington frappe deux pétroliers mais attend une réponse de l'Iran

Un avion de chasse américain a neutralisé vendredi deux pétroliers battant pavillon iranien, provoquant des attaques de représailles et fragilisant une trêve déjà précaire. (AFP)
Un avion de chasse américain a neutralisé vendredi deux pétroliers battant pavillon iranien, provoquant des attaques de représailles et fragilisant une trêve déjà précaire. (AFP)
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  • Les États-Unis ont frappé deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman, tandis que Washington attend une réponse de Téhéran à une proposition de paix visant à mettre fin durablement au conflit
  • La crise continue de peser sur la région et l’économie mondiale : le détroit d’Ormuz reste verrouillé, les prix du pétrole demeurent élevés et les violences se poursuivent entre Israël et le Hezbollah malgré la trêve

TEHERAN: Les Etats-Unis ont frappé vendredi deux pétroliers iraniens, tout en disant attendre incessamment une réponse de Téhéran à sa dernière proposition en vue de mettre durablement fin aux hostilités.

Les navires, qui ne transportaient pas de cargaison selon l'armée, ont été "neutralisés" par un avion de chasse dans le golfe d'Oman, voie d'accès au stratégique détroit d'Ormuz.

Des extraits vidéo en noir et blanc, diffusés par le commandement militaire américain pour la région (Centcom), montrent une épaisse fumée s'échappant de la partie arrière des tankers, dédiée au pilotage.

L'état des bateaux et des personnes à bord n'était pas connu vendredi soir.

Téhéran a dénoncé auprès de l'ONU une "violation flagrante" du cessez-le feu conclu un mois plus tôt.

Une source militaire citée par l'agence Tasnim a fait savoir que les Iraniens n'étaient pas restés les bras croisés: "Après une période d'échanges de tirs, les affrontements ont cessé actuellement et le calme est revenu."

Des échanges de frappes avaient déjà eu lieu la veille.

Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

En rétorsion, Washington applique un blocus des ports iraniens.

- "Précieux" détroit -

A Washington, Donald Trump a dit vendredi attendre dans la soirée une réponse des Iraniens à une proposition de paix, au-delà de la trêve.

"Je devrais recevoir une lettre ce soir, donc on verra bien comment ça se passe", a-t-il dit à des journalistes.

Auparavant, son chef de la diplomatie, Marco Rubio, avait dit attendre une réponse de Téhéran "dans la journée".

"Nous suivons nos propres processus et nous ne faisons pas attention à ces échéances", avait répondu le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d'Etat, en précisant que l'Iran étudiait toujours la proposition américaine.

M. Rubio a aussi sommé les Européens de venir en aide aux Etats-Unis pour sécuriser le passage dans le détroit d'Ormuz. Ces derniers ont jusqu'ici refusé de s'engager tant qu'un accord américano-iranien n'est pas conclu.

Le bras de fer entre Téhéran et Washington se traduit par un trafic maritime largement paralysé et des cours du pétrole élevés.

Le baril de Brent de la mer du Nord a terminé la semaine une nouvelle fois au-dessus de cent dollars.

Un conseiller du Guide suprême iranien a estimé que le détroit d'Ormuz représentait pour l'Iran, qui le borde, "une opportunité aussi précieuse qu'une bombe atomique".

"Avoir entre ses mains une position permettant d'influencer l'économie mondiale par une seule décision est une opportunité majeure", a-t-il souligné.

- Dix morts au Liban -

Le Liban est depuis le 2 mars en parallèle le théâtre d'une guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Malgré une trêve, en vigueur depuis le 17 avril, Israël poursuit ses frappes, en particulier dans le sud du petit pays.

Ces bombardements ont tué dans la journée dix personnes - dont deux enfants et trois femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué deux attaques contre des bases militaires dans le nord d'Israël.

De nouvelles discussions entre Israël et le Liban, auxquelles le Hezbollah est opposé, sont prévues à Washington les 14 et 15 mai.

"Consolider le cessez-le-feu" fait partie des "objectifs essentiels" que le Liban attend de cette troisième session de négociations avec Israël, selon le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.