Les promesses non tenues des Talibans désespèrent les Afghanes

Manifestation de femmes afghanes devant le ministère de l’Éducation. (Photo AFP)
Manifestation de femmes afghanes devant le ministère de l’Éducation. (Photo AFP)
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Publié le Samedi 23 avril 2022

Les promesses non tenues des Talibans désespèrent les Afghanes

  • Le maintien de l'interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles, parmi d'autres mesures répressives, témoigne de la domination des partisans de la ligne dure
  • À moins que les talibans ne montrent qu'ils sont prêts à assouplir leur ligne dure, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide

DUBAÏ: Chaque jour, Nasima, 16 ans, et Shakila, 17 ans, attendent avec impatience la nouvelle de la réouverture de leur école à Kaboul, Lameha-e-Shaheed, pour pouvoir reprendre leurs études. Cela fait maintenant un mois qu'elles attendent, depuis que les talibans ont fermé les écoles secondaires pour filles du jour au lendemain, revenant sur une décision antérieure consistant à accorder aux femmes plus de liberté ainsi que l’accès à l'éducation.

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul. (Photo fournie)
«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul. (Photo fournie)

Le 23 mars au matin, plus d'un million de filles de l’âge de Nasima et Shakila se sont présentées à leur école en Afghanistan pour la première fois depuis que les talibans ont pris le pouvoir en août de l'année dernière, mais elles ont été refoulées.

«Sous l’égide de l'émirat islamique d'Afghanistan, les écoles pour femmes à partir de la classe de sixième sont fermées jusqu'à nouvel ordre», peut-on lire dans un rapport de l'agence de presse protalibans Bakhtar.

«Ils trouveront toujours des prétextes pour empêcher les filles d'apprendre parce que les filles éduquées et les femmes autonomes leur font peur», a déclaré Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix.

Bien que de nombreux Afghans aient été consternés par la nouvelle, ceux qui connaissent la vision puritaine et les politiques erratiques des talibans pendant leur règne de 1996 à 2001 n'ont pas été surpris.

L'ultraconservatisme rampant ressort clairement dans les nouvelles règles qui interdisent aux femmes non voilées ou non accompagnées d'un chaperon masculin de voyager sur de longues distances. Il en va de même pour le licenciement des femmes de leurs emplois et des postes d'influence et, surtout, dans la volte-face du 23 mars en matière d’éducation.

EN BREF

-          La nouvelle interdiction de l'éducation des filles dévoile les dissensions au sein du leadership taliban

-          Les enseignants et les filles afghanes ont peu d'espoir de voir les écoles rouvrir

-          Le taux d'alphabétisation des femmes a plus que doublé entre 2000 et 2018

«Ils nous ont répété à l’envi qu'ils allaient rouvrir les écoles et laisser tout le monde y retourner», a déclaré à Arab News Lina Farzam, enseignante dans une école primaire de Kaboul.

«Bien que nous n'ayons jamais cru que les talibans changeraient, nous avions de l'espoir. Nous ne savons pas pourquoi le monde leur a fait confiance et leur a donné une autre chance.»

La volte-face sur l'enseignement secondaire, qui aurait eu lieu après une réunion secrète de la direction du groupe à Kandahar, suggère que son aile ultraconservatrice continue d’orienter la trajectoire idéologique du régime.

«Le plus cruel dans cette affaire, c'est le fait qu'ils ont annoncé que les filles pouvaient retourner à l'école, puis qu'ils ont fait marche arrière», affirme Farzam. «Imaginez ces filles qui se préparaient joyeusement pour l'école la veille et qui attendaient de retourner en classe.»

En Afghanistan, les filles en âge de fréquenter l'école primaire sont autorisées à recevoir un enseignement jusqu'à la sixième. Les femmes sont également autorisées à fréquenter l'université, mais dans le cadre de règles strictes de ségrégation des sexes et à condition de respecter un code vestimentaire strict.

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Après le retrait chaotique d'Afghanistan de la coalition dirigée par les États-Unis en août 2021, les talibans ont insisté sur le fait qu'ils avaient changé d’approche et qu'ils permettraient aux femmes et aux jeunes filles de continuer à étudier comme elles le faisaient sous le gouvernement reconnu par les Nations unies.

Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes.

Le changement de cap des talibans sur la scolarisation des filles serait intervenu à l'issue d'une réunion secrète. (AFP)
Le changement de cap des talibans sur la scolarisation des filles serait intervenu à l'issue d'une réunion secrète. (AFP)

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul.

Sur cette photo d'archive prise le 23 mars 2022, des filles arrivent à leur école à Kaboul. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 23 mars 2022, des filles arrivent à leur école à Kaboul. (AFP)

«La vérité est que la vision des talibans en matière des droits des femmes, des droits de l'homme et des libertés individuelles n’a nullement changé au cours des vingt dernières années», déclare à Arab News Nilofar Akrami, une universitaire de 30 ans qui enseigne aux femmes à l'Université de Kaboul.

«Les talibans sont aussi intransigeants qu'ils ne l'étaient dans les années 1990 et, en ce qui concerne les femmes, ils sont même pires aujourd’hui. Malheureusement, ils ont appris à porter un masque pour tromper le monde.

«Ils pensent toujours que les femmes doivent rester à la maison et que les femmes qui quittent leur foyer pour étudier ou travailler sont mauvaises, et qu'elles vont corrompre la société.»

«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.» (Photo fournie)
«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.» (Photo fournie)

Pour Akrami, tout espoir d'émancipation des femmes en Afghanistan est depuis longtemps anéanti. «En tant que femme qui a commencé sa carrière à l'université pour faire une différence dans la vie des femmes, je suis désolée que mes rêves et ceux de centaines de femmes comme moi se soient effondrés depuis l'arrivée au pouvoir des talibans», déclare-t-elle.

Asma Faraz, qui travaillait auparavant à l'ambassade d'Afghanistan à Washington D.C., est également écœurée de voir s'envoler les libertés et les opportunités de ces vingt dernières années.

Selon l'ONU, le maintien des femmes au chômage coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. (Photo fournie)
Selon l'ONU, le maintien des femmes au chômage coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. (Photo fournie)

«Ma patronne était ambassadrice», a-t-elle expliqué à Arab News, faisant référence à Roya Rahmani, la première femme afghane à occuper le poste de diplomate de haut rang de son pays aux États-Unis. «En tant que femme, j'étais si fière de voir une femme entrer dans la pièce et susciter autant de respect.»

«Les femmes peuvent être ambassadrices, les femmes peuvent être membres du Parlement, les femmes peuvent être journalistes et médecins. Mais maintenant, à Kaboul, les femmes et les filles verront que les femmes ne peuvent pas aller à l'école et ne peuvent que se marier. Elles verront leurs mères travailler uniquement à la maison.»

Les dirigeants talibans ont cherché à justifier leur interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant un principe religieux – un point de vue que les spécialistes de l'islam et la société civile contestent.

 

Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes. (Photo fournie)
Lors d'une conférence de presse tenue à Kaboul le 18 août, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a promis que le nouveau gouvernement respecterait les droits des femmes. (Photo fournie)

«Je suis troublée parce que rien ne justifie de refuser l'éducation aux filles», déclare à Arab News Daisy Khan, fondatrice de l'Initiative islamique des femmes en matière de spiritualité et d'égalité, basée à New York.

«Dans l'islam, la quête de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans. Le prophète Mahomet ne faisait aucune distinction entre l'éducation des garçons et celle des filles. Il a dit: «Le meilleur d'entre vous est celui qui donne une bonne éducation à ses enfants.»

Les messages contradictoires véhiculés par les hauts responsables pourraient être le signe d'un schisme dans les rangs des talibans, entre la ligne dure basée dans le bastion de Kandahar et les responsables plus modérés qui gèrent les affaires depuis la capitale.

Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles. (Photo fournie)
Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles. (Photo fournie)

Selon certains rapports, Hibatullah Akhundzada, le chef suprême de l'Émirat islamique, a ignoré les appels répétés, même de la part de nombreux religieux, à revenir sur la décision concernant l'éducation secondaire des filles.

«Les gens parlent en permanence d'Hibatullah, mais personne ne l'a vu ni ne sait où il se trouve à Kandahar», commente Faraz. «Peut-être vit-il dans un village où les gens ne permettent pas à leurs filles d'aller à l'école et il ne sait pas comment est la vie en dehors du village.»

«Si nous voulons donner une chance aux talibans, soit, donnons-leur une chance, mais ils ne peuvent ni tout contrôler, ni importer ce qu'ils pensent être la norme de leurs villages aux villes et à la capitale où les gens avaient l'habitude d'aller à l'école et de travailler.»

Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans. (Photo fournie)
Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans. (Photo fournie)

Contrairement à la vision du camp de Kandahar, un haut responsable a récemment déclaré à NPR que les talibans n'avaient pas changé de cap en ce qui concerne l'éducation des filles, mais qu'ils avaient simplement besoin de plus de temps pour décider d'un uniforme scolaire approprié.

«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès des Nations unies, au média. «Il s'agit uniquement d'une question logistique consistant à décider de l'uniforme scolaire pour les filles. Nous espérons que la question de l'uniforme sera résolue dès que possible.»

«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré à NPR Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès de l'ONU. (Photo fournie)
«Il n'est pas question d'interdire les filles dans les écoles», a déclaré à NPR Souhail Chahine, ambassadeur permanent désigné des talibans auprès de l'ONU. (Photo fournie)

Désireux de voir la question résolue rapidement et les droits des femmes et des filles afghanes préservés, des militants des États-Unis se sont rendus à Kaboul à la fin du mois de mars pour rencontrer des responsables talibans.

«Alors que l'attention du monde s'est tournée vers la crise en Ukraine, il est extrêmement important de ne pas oublier ce qui se passe en Afghanistan, un pays qui connaît actuellement l'une des pires années de son histoire», a déclaré à Arab News Masuda Sultan, entrepreneur américain d'origine afghane et défenseur des droits de l'homme, qui faisait partie de la délégation.

Des combattants talibans montent la garde alors que des manifestants afghans se mobilisent contre les rapports publiés sur le harcèlement des réfugiés afghans en Iran, devant l'ambassade d'Iran à Kaboul, le 11 avril 2022. (AFP)
Des combattants talibans montent la garde alors que des manifestants afghans se mobilisent contre les rapports publiés sur le harcèlement des réfugiés afghans en Iran, devant l'ambassade d'Iran à Kaboul, le 11 avril 2022. (AFP)

«L'asphyxie économique continue de cette nation peut entraîner des conséquences qui seront beaucoup plus coûteuses à résoudre si elles ne sont pas traitées immédiatement.»

En effet, à moins que les talibans ne montrent qu'ils sont prêts à assouplir leur ligne dure, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide, aux prêts et aux actifs gelés par les États-Unis, le FMI et la Banque mondiale, dont il a désespérément besoin.

Les dirigeants talibans ont cherché à justifier l’interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant des principes religieux. (Photo fournie)
Les dirigeants talibans ont cherché à justifier l’interdiction de l'enseignement secondaire pour les filles afghanes en invoquant des principes religieux. (Photo fournie)

En outre, selon les Nations unies, le fait de priver les femmes de travail coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5% du produit intérieur brut. Comme l'a noté The Economist dans un article récent, «en pleine crise économique, le pays peut difficilement se permettre cette perte».

Pour Farzam et ses élèves de Kaboul, l'issue de la querelle idéologique au sein de la direction des talibans décidera de leur sort, et peut-être même du sort de millions d'Afghans qui ont urgemment besoin d’aides économiques.

«Aujourd’hui, les filles sont tristes de ne pas pouvoir poursuivre leur éducation», déclare-t-elle à Arab News. «Elles attendent avec impatience la réouverture de leurs écoles.»

 

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.