En Direct : La France aux urnes pour un choix historique

Affiches de campagne d'Emmanuel Macron et deMarine Le Pen à Eguisheim, dans l'est de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP ).
Affiches de campagne d'Emmanuel Macron et deMarine Le Pen à Eguisheim, dans l'est de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP ).
Short Url
Publié le Lundi 25 avril 2022

En Direct : La France aux urnes pour un choix historique

  • Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 58,55% des voix face à Marine Le Pen (41,45%)
  • Les programmes des deux candidats sont à l'opposée et proposent une vision radicalement différente sur l'Europe

PARIS: Les Français votent dimanche pour élire leur prochain président et choisir, comme en 2017, entre deux France et deux visions du monde: d'un côté Emmanuel Macron, président sortant donné favori, et de l'autre Marine Le Pen, dirigeante d'extrême droite qui n'a jamais paru si proche des portes du pouvoir.

La participation au second tour de l'élection présidentielle s'élève en métropole à 63,23% à 17h, en baisse de plus de deux points par rapport à 2017 (65,30%), lors du même duel entre M. Macron et Mme Le Pen, a annoncé le ministère français de l'Intérieur.

Ce chiffre marque également un recul de près de deux points par rapport au premier tour (65,00%) le 10 avril.

Les bureaux de vote – 48,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes – doivent fermer à 19h et à 20h dans les grandes villes.

Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 58,55% des voix face à Marine Le Pen (41,45%) selon les résultats définitifs.

En Direct

01h42 - Ce direct est maintenant terminé. Merci à tous de l'avoir suivi sur Arab News en français.

01h41 - Le ministère de l'Intérieur dévoile les résultats définitifs du second tour. Emmanuel Macron l'emporte avec 58,55% des suffrages exprimés avec plus de 18,7 millions de voix. Marine Le Pen, elle, a obtenu près de 13,3 millions de voix, soit 41,45% des suffrages exprimés.

Quant à l'abstention, celle-ci s'établit à 28,01% – le plus haut niveau depuis 1969.

01h18 - Voici les résultats partiels à 00h45:

1

00h28 - Carte de France représentant les candidats arrivés en tête par département au second tour de l'élection présidentielle 2022, selon des résultats partiels lundi à 00h00:

1

00h20 - Le président ukrainien Volodymyr Zelensky félicite à son tour Emmanuel Macron:

 

00h08 - La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, exprime ses «chaleureuses félicitations» à Emmanuel Macron:

00h00 - Christophe Castaner, Président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, félicite Emmanuel Macron pour sa victoire:

22h37 - Emmanuel Macron quitte le Champ de Mars, sous les applaudissements et les cris de joie de ses partisans.

22h22 - Emmanuel Macron prend un bain de foule au Champ de Mars et salut ses partisans.

img 4
Emmanuel Macron célèbre après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

21h57 - Emmanuel Macron a affirmé que "la colère et les désaccords" qui ont conduit à voter pour le projet de l'extrême droite "doivent trouver une réponse", lors d'une allocution prononcée devant ses partisans depuis le Champ de Mars à Paris. "Je sais que pour nombre de nos compatriotes, qui ont choisi aujourd'hui l'extrême droite, la colère et les désaccords, qui les ont conduits à voter pour ce projet, doivent aussi trouver une réponse. Ce sera ma responsabilité et celle de ceux qui m'entourent", a-t-il déclaré.

21h55 - Emmanuel Macron a promis une "méthode refondée" pour gouverner la France, assurant que "nul se sera laissé au bord du chemin". "Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du quinquennat qui s'achève", a-t-il assuré, appelant à être "bienveillants et respectueux" dans un pays "pétri de tant de doutes, tant de divisions".

21h50 - Demandant à ses partisans de ne pas huer son adversaire du deuxième tour de la présidentielle, Marine Le Pen, M. Macron, lors de son discours au le Champ de Mars, a déclaré: "Non, ne sifflez personne. Depuis le début je vous ai demandé de ne jamais siffler. Parce que dès à présent je ne suis plus le candidat d'un camp mais le président de tous".

img 4
Emmanuel Macron célèbre après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo,AFP)

21h46 - Emmanuel Macron a remercié les électeurs ayant voté pour lui "non pour soutenir" ses idées "mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite", ajoutant qu'il avait "conscience que ce vote (l)'oblige pour les années à venir", lors d'une allocution prononcée devant ses partisans depuis le Champ de Mars à Paris. "Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l'extrême-droite. Et je veux ici les remercier et leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblige pour les années à venir", a déclaré le président réélu, arrivé sur le Champ de Mars entouré d'enfants et de son épouse, Brigitte Macron, sur fond d'Ode à la joie de la 9e symphonie de Beethoven, l'hymne européen

img 4
Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron arrivent après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

21h30 - Emmanuel Macron vient d'arriver au Champ de Mars et prononcera un discours dans les minutes à suivre 

21h16 - Le chancelier allemand Olaf Scholz a félicité dimanche Emmanuel Macron pour sa victoire à la présidentielle française, estimant que ses électeurs ont envoyé «un signal fort en faveur de l'Europe». «Félicitations», a tweeté le dirigeant social-démocrate en français, avant de poursuivre en allemand : "Félicitations, cher président @EmmanuelMacron. Tes électeurs ont envoyé aujourd'hui un signal fort en faveur de l'Europe. Je me réjouis que nous poursuivions notre bonne collaboration !»

21h00 - Le cortège du président réélu, Emmanuel Macron, se dirige vers le Champ de Mars

20h50 - L'ancien candidat Reconquête à la présidentielle, Eric Zemmour, a appelé «le bloc national à s'unir et se rassembler» pour les législatives, et a fait part de sa «déception» après la réélection d'Emmanuel Macron. «C'est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen», avait-il auparavant attaqué, en référence aux candidatures malheureuses successives de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine.

img 4
Eric Zemmour prononce un discours après l'annonce de l'élection présidentielle française à Paris le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

20h47 - Le Premier ministre britannique Boris Johnson a félicité Emmanuel Macron pour sa victoire à la présidentielle française, se disant «heureux de continuer à travailler» avec lui et affirmant que la France est l'un des alliés «les plus proches» du Royaume-Uni. «Félicitations à @EmmanuelMacron pour votre réélection à la Présidence de la République Française. La France est l'un de nos alliés les plus proches et les plus importants. Je suis heureux de continuer à travailler ensemble sur les sujets-clés pour nos deux pays et pour le monde», a déclaré dimanche le dirigeant conservateur dans un tweet en français.

20h36 - Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a estimé dimanche que la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle française représentait «une magnifique nouvelle pour toute l'Europe». «La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française est une magnifique nouvelle pour toute l'Europe», a réagi M. Draghi dans un communiqué officiel.

20h35 - Emmanuel Macron est «le plus mal élu des présidents de la Vème République», mais la défaite de Marine Le Pen «est une très bonne nouvelle pour l'unité de notre peuple», a estimé dimanche l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon. «Madame Le Pen et Monsieur Macron ont à peine plus du tiers des électeurs inscrits», a souligné M. Mélenchon. Concernant la candidate de l'extrême droite, il a souligné que «la France a refusé clairement de lui confier la présidence et «c'est une très bonne nouvelle pour l'unité de notre peuple».

img 4

20h21 - La candidate battue au second tour de l'élection présidentielle avec environ 42% des suffrages, Marine Le Pen, a estimé que son score était «une éclatante victoire». «Le résultat représente en lui-même une éclatante victoire», a-t-elle déclaré depuis son QG électoral, ajoutant: «Je poursuivrai mon engagement pour la France et les Français (...) Je mènerai cette bataille».

img 4
Marine Le Pen prononce un discours au Pavillon d'Armenonville à Paris le 24 avril 2022 après l'annonce des premières projections par les sociétés de sondage des résultats du second tour de l'élection présidentielle française. (Photo, AFP)

20h10 - Les partisans d'Emmanuel Macron sont aux anges

20h00 - Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 57,6 à 58,5% des voix face à Marine Le Pen (41,5-42,4%) selon les premières estimations.

img 4
Les partisans réagissent après la victoire du président français et candidat du parti La République en marche (LREM) à la réélection Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars, à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

19h40- Pour ce soutien de Marine Le Pen, cette soirée sera l'apogée de plusieurs mois de campagne

19h28: Pour ces soutiens d'Emmanuel Macron, l'espoir de voir le président-candidat reconduit à l'Élysée est grand mais, il faut faire preuve d'humilité avant l'annonce des résultats.

19h24: Selon La Libre Belgique, Emmanuel Macron arriverait en tête du second tour des élections présidentielles, avec un pourcentage compris entre 55 et 58 %.

 

1

19h02: Le premiers bureaux de vote ont fermé ou commencent à fermer leur porte. Seuls les bureaux des grandes villes sont encore ouverts pour une heure. Certains électeurs ont donc jusqu'à 20 heures pour aller voter au second tour de l'élection présidentielle.

18h53: Attroupement des invités à la soirée électorale de Marine Le Pen au pavillon d'Armenonville.

18h45: Les journalistes doivent passer par une impressionnante file d'attente afin d'accéder au Champ de Mars. Plus de 1200 accréditations ont été accordées dont la moitié représente la presse étrangère de tous les continents.

1
Impressionnante couverture médiatique au Champ-de-Mars (Source, Hakima Bedouani)

18h42: Marine Le Pen quitte son QG de campagne situé à Porte de Saint-Cloud à Paris.

18h32 - Emmanuel Macron, est arrivé à l'Élysée pour suivre les résultats, une heure et demie avant le verdict.

18h30 - Les préparatifs vont bon train au Champs de Mars. Emmanuel Macron devra s’y exprimer juste après les annonces des résultats du scrutin.

17h15 - Abstention de 28% au 2nd tour, supérieure de 2,6 points à 2017, selon les estimations.

Jamais une abstention aussi forte n'a été enregistrée à un second tour d'une présidentielle, à l'exception du record de 1969, quand les électeurs de gauche avaient, à l'appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre "bonnet blanc et blanc bonnet" (Georges Pompidou et Alain Poher).  

Le point sur les départements qui ont le plus et le moins voté à 17h

A 17h, les départements qui ont le plus voté :

  • L'Aveyron (70,51%)
  • La Dordogne (70,15%)
  • Les Landes (69,84%)

A 17h, les départements qui ont le moins voté :

  • La Seine-Saint-Denis (44,96%)
  • La Haute-Corse (49,35%)
  • Le Val-de-Marne (55,2%)

17h00 - La participation au second tour de l'élection présidentielle s'élève à 17h00 en métropole à 63,23%, en baisse de plus de deux points par rapport à 2017 (65,30%), à l'occasion du même duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Ce chiffre marque également un recul de près de deux points par rapport au premier tour du scrutin (65,00%) le 10 avril.

img 4
Niveau de la participation au second tour à l'élection présidentielle française à 12h et à 17h et comparatif avec 2017

16h15 - Le verdict du second tour de l'élection présidentielle sera annoncé à 20h, avec des estimations. Mais aucun résultat, même partiel, ni aucune estimation ou sondage ne peuvent être diffusés avant la fermeture du dernier bureau de vote.

15h45 - Il y a près de 49 millions d'électeurs inscrits en France, mais les analystes avertissent que le taux de participation aujourd'hui pourrait être bien inférieur à celui des années précédentes et à celui du premier tour, avec une personne sur quatre s'abstenant de voter.

15h15 - Les premiers chiffres des Outre-mer indiquent une victoire massive de Le Pen en Guadeloupe (69,6% contre 30,4% pour Macron), en Martinique (60,9% contre 39,1%) et en Guyane (60,7% contre 39,3%).

15h00 - Les bureaux de vote ont ouvert dans toute la France à 8 heures locales et fermeront à 19 heures, mais certains bureaux du centre-ville seront autorisés à rester ouverts pendant une heure supplémentaire.

Le taux de participation à midi, heure locale, était légèrement supérieur à 26 %, ce qui était inférieur à celui de la même période lors des élections de 2017.

Un choix historique

Les Français sont devant un choix historique: reconduire le président sortant ou élire une femme, ce qui serait une première et propulserait dans le même temps l'extrême droite à la tête du pays. Cette option constituerait une déflagration qui résonnerait bien au-delà des frontières du pays, comparable au Brexit britannique et à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis en 2016.

Une réélection de M. Macron, 44 ans, candidat du parti La République en marche (LREM), représenterait la continuité, même si le président candidat a promis de se renouveler en profondeur, affirmant vouloir placer l'écologie au coeur de son deuxième - et dernier - mandat.

Il serait alors le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans, depuis Jacques Chirac en 2002.

Ses positions clivantes sur certains sujets, ses sorties maladroites voire méprisantes et son exercice vertical du pouvoir ont heurté une partie des Français, qui l'ont jugé trop déconnecté de leurs réalités quotidiennes et de leurs fins de mois difficiles. 

Il s'est vu très tôt qualifié de "président des riches", notamment après deux décisions de son début de mandat que la gauche n'a jamais acceptées: suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) et baisse des aides au logement.

Les violences ayant émaillé les manifestations du mouvement social des "Gilets jaunes" (dont des manifestants éborgnés après des tirs des forces de l'ordre) et le traitement jugé "dégradant" par plusieurs ONG internationales et nationales des migrants (afghans, syriens, soudanais...) sur le sol français notamment à Calais (nord) lui ont définitivement aliéné une partie de la gauche, dont il est pourtant issu. 

«Vote par obligation»

Marine Le Pen a glissé son bulletin vers 11H00 dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

M. Macron a voté à la mi-journée en compagnie de son épouse au Touquet (nord) où le couple possède une résidence secondaire. 

Arrivé en troisième position du 1er tour avec près de 22% des voix, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a voté dans sa circonscription de Marseille vers 10H30, remerciant longuement tous les assesseurs présents dans cette école du IIe arrondissement. 

Mme Le Pen, 53 ans, a quant à elle lissé et adouci son discours, banalisé son image, jusqu'à récuser le qualificatif d'extrême droite. Elle récolte les fruits d'une longue stratégie de "dédiabolisation", même si sur le fond, particulièrement sur l'immigration, son programme n'a pas changé.

L'arrivée de Mme Le Pen aux commandes d'une puissance nucléaire, dotée d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et force motrice de l'Union européenne, serait un séisme, d'autant qu'il s'inscrirait dans le contexte lourd d'une guerre aux portes de l'Europe.

Devant une école à Rennes (ouest), Bernard Maugier, retraité de 76 ans et habitant dans un quartier sensible de la ville, dit avoir voté "pour éviter une guerre civile". "Faut pas se tromper de personne", lâche-t-il.

À Bersée, localité rurale du Nord d'environ 2.200 habitants, Nicolas Moreau, 44 ans, conseiller municipal, explique que, pour lui, ça a été "un vote par obligation". "C'est pas mes convictions mais il faut faire un choix".

Véronique, qui traverse Bersée à vélo, de retour de Lille où elle a voté, résume: "Entre les deux choix, on essaye de choisir le moins mauvais".

A Dijon (est), Lucien Chameroy, 80 ans, dit n'avoir, lui, eu "absolument aucune hésitation" pour venir voter. "Je pense que les gens ne s'en rendent pas compte: si on ne vote pas et que c'est la rue qui décide, ce seront les minorités qui prendront le pouvoir", dit le retraité.

Résultats des TOM, selon des sources du ministère de l'Intérieur

Selon les résultats obtenus par Arab News en français auprès d'une source autorisée et bien informée au ministère français de l'Intérieur, les votes dans les territoires français d'Outre-mer se présentent comme suit: 

  • Guyane : LE PEN 60,7% (17,6% 1er tour) - MACRON 39,3%
  • Guadeloupe : LE PEN 69,6% (17,92% 1er tour) - MACRON 30,4%
  • Martinique : LE PEN 60,87% (13,42% 1er tour) - MACRON 39,13%
  • Saint Martin : LE PEN 55% (14,9% 1er tour) - MACRON 45%
  • Saint Barth :  LE PEN 60% (22,4% 1er tour) MACRON 40%

Guadeloupe

  • Participation : 47,18 %
  • Votants 149 055
  • Exprimées : 132 335
  • MLP : 69,60 % = 92 106 voix
  • EM : 30,40 % = 40 229 voix

Martinique

Résultats complets

  • Participation : 45,45
  • MLP : 60,87
  • EM : 39,13

Guyane 

  • Participation: 38,89%
  • MLP : 60,70 % = 21 734 voix
  • EM : 39,30 % = 14 073 voix

L'analyse de ces données porte à penser que les nombreux supporters du candidat d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, dans les territoires d'Outre-mer, ont choisi de transférer leurs votes à l'extrême droite incarnée par Marine Le Pen. 

«Deux France»

Les derniers sondages publiés vendredi soir, avant l'entrée en vigueur de la période de réserve électorale, donnent M. Macron favori, au-delà de la marge d'erreur. Mais très loin de son score de 2017 où il avait battu sa rivale par 66,1% des voix contre 33,9%, pour devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la Ve République, instaurée en 1958.

Les programmes des deux candidats sont à l'opposé et proposent une vision radicalement différente sur l'Europe, l'économie, le pouvoir d'achat, les relations avec la Russie, les retraites, l'immigration, l'environnement...

Après un quinquennat émaillé de crises, des "Gilets jaunes" au Covid, ce sont deux France qui se font face.

Pour contrer son adversaire, Emmanuel Macron, arrivé en tête au premier tour (27,85%) avec plus de quatre points d'avance, a réactivé le "front républicain" pour faire barrage à l'extrême droite.

La candidate du Rassemblement national, pour sa troisième tentative, a misé sur un autre front, le "Tout sauf Macron". 

Dans l'entre-deux tours, les deux candidats ont courtisé l'électorat du dirigeant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour le 10 avril avec près de 22% des voix. 

Les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes les 12 et 19 juin pour les législatives où le nouveau président cherchera à obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.


La canicule "recule" mais la pression sur le système de santé va durer "plusieurs jours", prévient Matignon

Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
  • La canicule recule en France, mais ses effets sanitaires devraient se poursuivre plusieurs jours, avec une pression élevée sur les hôpitaux et une hausse des décès, notamment à domicile
  • Le gouvernement maintient un niveau de vigilance élevé face aux risques d'incendies et prévoit un bilan de cette crise pour renforcer la préparation aux futures vagues de chaleur

PARIS: La canicule "recule" mais ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont indiqué samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) sur la vague de chaleur inédite, à laquelle il a assisté en visio.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous: un plateau haut va s'installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées)", a écrit Matignon dans un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue samedi matin.

Matignon appelle à la "vigilance de tout un chacun" en confirmant, comme déjà évoqué par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé" et liée à "l'isolement de certaines personnes âgées ou fragiles".

En revanche, "aucune situation anormale dans les Ehpad n'a été remontée", soulignent les services de M. Lecornu, attentif à ne pas répéter les erreurs qui avaient marqué la canicule de 2003, qui a fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.

Matignon fait valoir "l'efficacité des mesures mises en place par les équipes sur le terrain et les nombreux investissements réalisés ces dernières années".

Le système de santé "connaît un pic d'activité lié à la canicule" qui "justifie le maintien" de la mobilisation à son niveau le plus élevé (plan Orsan 3) et le "déclenchement des plans blancs" dans les hôpitaux concernés, détaille Matignon.

Dans un autre message à la presse, le Premier ministre se dit "prêt" sur le volet des feux de forêts, alors que les départs de feu et les interventions des services d'urgence sont "plus élevés" que l'année dernière.

Le gouvernement invite à "la vigilance" du fait de "la sécheresse de la végétation et de l'arrivée du mistral et de la tramontane", en rappelant qu'une "régulation des moissons" a été mise en œuvre pour éviter les départs de feu, ainsi que les investissements déjà engagés pour la sécurité civile.

Le Premier ministre se félicite aussi que "de nombreux choix" ces derniers jours aient "bien fonctionné dans la gestion de crise", citant l'interdiction de la consommation d'alcool lors de la Fête de la musique ou l'"effet" des investissements pour l'hôpital issus du Ségur de la Santé.

Mais il reconnaît que "d'autres points peuvent devenir préoccupants en cas de canicules répétées et doivent être traités : rafraîchissement des hopitaux, robustesse des réseaux d'eau, électrique, SNCF".

Il a demandé de ce fait un "bilan" de cette canicule "pour en tirer des conclusions de planification", alors que l'exécutif est critiqué pour n'avoir pas suffisamment anticipé la crise climatique.


Macron reçoit lundi le sultan d'Oman, acteur-clé du détroit d'Ormuz

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
  • Le président Emmanuel Macron recevra lundi le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, pour renforcer les relations bilatérales et défendre une réouverture libre du détroit d’Ormuz
  • Les deux dirigeants évoqueront la désescalade régionale, la sécurité maritime et le renforcement de la coopération franco-omanaise

PARIS: Emmanuel Macron va recevoir lundi le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq pour la première visite en France du dirigeant du pays du Golfe riverain du détroit d'Ormuz, auprès duquel il plaidera pour la réouverture "libre et sans condition" de ce passage maritime stratégique.

"Les échanges permettront de réaffirmer l'importance du soutien à la désescalade régionale et aborderont la sécurisation des voies maritimes qui passe par un passage libre et sans condition dans le détroit d'Ormuz", a déclaré vendredi la présidence française dans un communiqué.

Malgré l'accord conclu mi-juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur: Téhéran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre et auxquels Washington s'oppose.

Ce passage large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et Oman, est ultrastratégique: 20% du commerce mondial d'hydrocarbures y transitait avant la guerre. Et son blocage, durant le conflit, a eu un lourd impact sur toute l'économie mondiale.

La France et le Royaume-Uni ont rassemblé une coalition de pays non belligérants prêts à mener une mission maritime de sécurisation et déminage d'Ormuz maintenant que les armes se sont tues.

A l'issue du sommet du G7 d'Evian, en France, le président français avait affirmé qu'il s'agissait d'une "proposition" qui dépendait "des accords passés entre l'Iran, les Etats-Unis d'Amérique, avec l'accord aussi d'Oman".

Or le président américain Donald Trump n'avait manifesté qu'un intérêt relatif en public pour cette mission. Les capacités de déminage en mer des pays de la coalition avaient toutefois attiré son attention durant le G7, selon un diplomate participant au sommet.

Emmanuel Macron et le sultan d'Oman s'entretiendront d'abord à la mi-journée au palais de l'Elysée, où des accords seront signés, puis s'exprimeront tous deux dans l'après-midi à l'ouverture d'un forum d'affaires dans un hôtel de la capitale française.

Cette visite "confirme la relation renforcée entre la France et le Sultanat d'Oman dans de nombreux domaines, notamment économique, scientifique, culturel ou encore industriel", estime l'Elysée.


Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, décrue des températures à l'horizon

A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
  • La France reste fortement touchée par une canicule exceptionnelle, avec 61 départements toujours en vigilance rouge, même si une baisse progressive des températures est attendue à partir de l'ouest
  • La vague de chaleur perturbe les services publics et l'économie : hôpitaux sous tension, événements annulés ou reportés, coupures d'électricité et impacts sanitaires croissants en France et ailleurs en Europe

PARIS: Deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle à l'échelle européenne, mais quelques départements sortent du niveau d'alerte maximale et une baisse progressive des températures pointe à l'horizon.

Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la canicule reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint la veille.

Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.

"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'Est du pays", explique Météo-France, ajoutant que "de l'air plus frais commence à gagner par l'ouest et le nord-ouest".

Le préfet de police de Paris a averti qu'il était possible que des événements festifs prévus ce week-end, notamment la Marche des fiertés samedi, soient annulées par arrêté, alors que le système hospitalier est "saturé".

Une Marche des fiertés à Lyon prévue samedi a déjà été reportée à septembre, et les courses "We run" à Paris du week-end ont été annulées. Plusieurs milliers de personnes étaient attendues.

D'ici là, plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi les épreuves du brevet. Si certains oraux du baccalauréat ont été reportés de quelques jours pour faire face à la vague de chaleur historique, le brevet des collèges est bien maintenu, avec le français au programme vendredi matin.

Les collégiens pourront, "évidemment", "à tout moment, au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir, de l'eau sera distribuée", a affirmé jeudi sur France 2 le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Emmanuel Macron a assuré jeudi qu'un "gros travail a été fait" par la France contre le réchauffement climatique, mais qu'on "ne s'adapte pas à un pic" qui n'a "jamais eu d'équivalent dans notre histoire".

La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et ce sont au moins 101 millions d'Européens qui ont enduré des températures supérieures à 35°C jeudi.

Comme la Suisse, le Royaume-Uni a battu son record de chaleur pour un mois de juin, tandis que le service d'ambulances londonien a enregistré son "record historique d'interventions pour des urgences vitales" mercredi.

- "Mortalité en hausse" -

Les conséquences sanitaires commencent à émerger: au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.

De son côté, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée, dans la capitale française où le thermomètre a franchi mercredi pour la quatrième fois en 150 ans les 40°C.

Les infrastructures souffrent également des températures, et 50.000 foyers étaient privés d'électricité, notamment dans les Yvelines (33.000), Hauts-de-Seine (7.400) et Gironde (5.700), selon le gestionnaire Enedis, qui a activé sa force d'intervention rapide électricité (FIRE).

L'activité économique est elle aussi perturbée, avec par exemple le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset qui a suspendu sa production dans l'Aisne de mercredi après-midi jusqu'à lundi.

Les  canicules à répétition  sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.

"Inévitablement, nous allons expérimenter plus de ce que l'on vient de vivre ces derniers jours", a prévenu mercredi Jim Skea, le président du Giec, groupe d'experts sur le climat travaillant pour le compte de l'ONU.

Le réchauffement dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques, a-t-il expliqué.