En Direct : La France aux urnes pour un choix historique

Affiches de campagne d'Emmanuel Macron et deMarine Le Pen à Eguisheim, dans l'est de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP ).
Affiches de campagne d'Emmanuel Macron et deMarine Le Pen à Eguisheim, dans l'est de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP ).
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Publié le Lundi 25 avril 2022

En Direct : La France aux urnes pour un choix historique

  • Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 58,55% des voix face à Marine Le Pen (41,45%)
  • Les programmes des deux candidats sont à l'opposée et proposent une vision radicalement différente sur l'Europe

PARIS: Les Français votent dimanche pour élire leur prochain président et choisir, comme en 2017, entre deux France et deux visions du monde: d'un côté Emmanuel Macron, président sortant donné favori, et de l'autre Marine Le Pen, dirigeante d'extrême droite qui n'a jamais paru si proche des portes du pouvoir.

La participation au second tour de l'élection présidentielle s'élève en métropole à 63,23% à 17h, en baisse de plus de deux points par rapport à 2017 (65,30%), lors du même duel entre M. Macron et Mme Le Pen, a annoncé le ministère français de l'Intérieur.

Ce chiffre marque également un recul de près de deux points par rapport au premier tour (65,00%) le 10 avril.

Les bureaux de vote – 48,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes – doivent fermer à 19h et à 20h dans les grandes villes.

Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 58,55% des voix face à Marine Le Pen (41,45%) selon les résultats définitifs.

En Direct

01h42 - Ce direct est maintenant terminé. Merci à tous de l'avoir suivi sur Arab News en français.

01h41 - Le ministère de l'Intérieur dévoile les résultats définitifs du second tour. Emmanuel Macron l'emporte avec 58,55% des suffrages exprimés avec plus de 18,7 millions de voix. Marine Le Pen, elle, a obtenu près de 13,3 millions de voix, soit 41,45% des suffrages exprimés.

Quant à l'abstention, celle-ci s'établit à 28,01% – le plus haut niveau depuis 1969.

01h18 - Voici les résultats partiels à 00h45:

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00h28 - Carte de France représentant les candidats arrivés en tête par département au second tour de l'élection présidentielle 2022, selon des résultats partiels lundi à 00h00:

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00h20 - Le président ukrainien Volodymyr Zelensky félicite à son tour Emmanuel Macron:

 

00h08 - La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, exprime ses «chaleureuses félicitations» à Emmanuel Macron:

00h00 - Christophe Castaner, Président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, félicite Emmanuel Macron pour sa victoire:

22h37 - Emmanuel Macron quitte le Champ de Mars, sous les applaudissements et les cris de joie de ses partisans.

22h22 - Emmanuel Macron prend un bain de foule au Champ de Mars et salut ses partisans.

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Emmanuel Macron célèbre après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

21h57 - Emmanuel Macron a affirmé que "la colère et les désaccords" qui ont conduit à voter pour le projet de l'extrême droite "doivent trouver une réponse", lors d'une allocution prononcée devant ses partisans depuis le Champ de Mars à Paris. "Je sais que pour nombre de nos compatriotes, qui ont choisi aujourd'hui l'extrême droite, la colère et les désaccords, qui les ont conduits à voter pour ce projet, doivent aussi trouver une réponse. Ce sera ma responsabilité et celle de ceux qui m'entourent", a-t-il déclaré.

21h55 - Emmanuel Macron a promis une "méthode refondée" pour gouverner la France, assurant que "nul se sera laissé au bord du chemin". "Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du quinquennat qui s'achève", a-t-il assuré, appelant à être "bienveillants et respectueux" dans un pays "pétri de tant de doutes, tant de divisions".

21h50 - Demandant à ses partisans de ne pas huer son adversaire du deuxième tour de la présidentielle, Marine Le Pen, M. Macron, lors de son discours au le Champ de Mars, a déclaré: "Non, ne sifflez personne. Depuis le début je vous ai demandé de ne jamais siffler. Parce que dès à présent je ne suis plus le candidat d'un camp mais le président de tous".

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Emmanuel Macron célèbre après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo,AFP)

21h46 - Emmanuel Macron a remercié les électeurs ayant voté pour lui "non pour soutenir" ses idées "mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite", ajoutant qu'il avait "conscience que ce vote (l)'oblige pour les années à venir", lors d'une allocution prononcée devant ses partisans depuis le Champ de Mars à Paris. "Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l'extrême-droite. Et je veux ici les remercier et leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblige pour les années à venir", a déclaré le président réélu, arrivé sur le Champ de Mars entouré d'enfants et de son épouse, Brigitte Macron, sur fond d'Ode à la joie de la 9e symphonie de Beethoven, l'hymne européen

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Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron arrivent après sa victoire à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

21h30 - Emmanuel Macron vient d'arriver au Champ de Mars et prononcera un discours dans les minutes à suivre 

21h16 - Le chancelier allemand Olaf Scholz a félicité dimanche Emmanuel Macron pour sa victoire à la présidentielle française, estimant que ses électeurs ont envoyé «un signal fort en faveur de l'Europe». «Félicitations», a tweeté le dirigeant social-démocrate en français, avant de poursuivre en allemand : "Félicitations, cher président @EmmanuelMacron. Tes électeurs ont envoyé aujourd'hui un signal fort en faveur de l'Europe. Je me réjouis que nous poursuivions notre bonne collaboration !»

21h00 - Le cortège du président réélu, Emmanuel Macron, se dirige vers le Champ de Mars

20h50 - L'ancien candidat Reconquête à la présidentielle, Eric Zemmour, a appelé «le bloc national à s'unir et se rassembler» pour les législatives, et a fait part de sa «déception» après la réélection d'Emmanuel Macron. «C'est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen», avait-il auparavant attaqué, en référence aux candidatures malheureuses successives de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine.

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Eric Zemmour prononce un discours après l'annonce de l'élection présidentielle française à Paris le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

20h47 - Le Premier ministre britannique Boris Johnson a félicité Emmanuel Macron pour sa victoire à la présidentielle française, se disant «heureux de continuer à travailler» avec lui et affirmant que la France est l'un des alliés «les plus proches» du Royaume-Uni. «Félicitations à @EmmanuelMacron pour votre réélection à la Présidence de la République Française. La France est l'un de nos alliés les plus proches et les plus importants. Je suis heureux de continuer à travailler ensemble sur les sujets-clés pour nos deux pays et pour le monde», a déclaré dimanche le dirigeant conservateur dans un tweet en français.

20h36 - Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a estimé dimanche que la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle française représentait «une magnifique nouvelle pour toute l'Europe». «La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française est une magnifique nouvelle pour toute l'Europe», a réagi M. Draghi dans un communiqué officiel.

20h35 - Emmanuel Macron est «le plus mal élu des présidents de la Vème République», mais la défaite de Marine Le Pen «est une très bonne nouvelle pour l'unité de notre peuple», a estimé dimanche l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon. «Madame Le Pen et Monsieur Macron ont à peine plus du tiers des électeurs inscrits», a souligné M. Mélenchon. Concernant la candidate de l'extrême droite, il a souligné que «la France a refusé clairement de lui confier la présidence et «c'est une très bonne nouvelle pour l'unité de notre peuple».

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20h21 - La candidate battue au second tour de l'élection présidentielle avec environ 42% des suffrages, Marine Le Pen, a estimé que son score était «une éclatante victoire». «Le résultat représente en lui-même une éclatante victoire», a-t-elle déclaré depuis son QG électoral, ajoutant: «Je poursuivrai mon engagement pour la France et les Français (...) Je mènerai cette bataille».

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Marine Le Pen prononce un discours au Pavillon d'Armenonville à Paris le 24 avril 2022 après l'annonce des premières projections par les sociétés de sondage des résultats du second tour de l'élection présidentielle française. (Photo, AFP)

20h10 - Les partisans d'Emmanuel Macron sont aux anges

20h00 - Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec 57,6 à 58,5% des voix face à Marine Le Pen (41,5-42,4%) selon les premières estimations.

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Les partisans réagissent après la victoire du président français et candidat du parti La République en marche (LREM) à la réélection Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française, au Champ de Mars, à Paris, le 24 avril 2022. (Photo, AFP)

19h40- Pour ce soutien de Marine Le Pen, cette soirée sera l'apogée de plusieurs mois de campagne

19h28: Pour ces soutiens d'Emmanuel Macron, l'espoir de voir le président-candidat reconduit à l'Élysée est grand mais, il faut faire preuve d'humilité avant l'annonce des résultats.

19h24: Selon La Libre Belgique, Emmanuel Macron arriverait en tête du second tour des élections présidentielles, avec un pourcentage compris entre 55 et 58 %.

 

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19h02: Le premiers bureaux de vote ont fermé ou commencent à fermer leur porte. Seuls les bureaux des grandes villes sont encore ouverts pour une heure. Certains électeurs ont donc jusqu'à 20 heures pour aller voter au second tour de l'élection présidentielle.

18h53: Attroupement des invités à la soirée électorale de Marine Le Pen au pavillon d'Armenonville.

18h45: Les journalistes doivent passer par une impressionnante file d'attente afin d'accéder au Champ de Mars. Plus de 1200 accréditations ont été accordées dont la moitié représente la presse étrangère de tous les continents.

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Impressionnante couverture médiatique au Champ-de-Mars (Source, Hakima Bedouani)

18h42: Marine Le Pen quitte son QG de campagne situé à Porte de Saint-Cloud à Paris.

18h32 - Emmanuel Macron, est arrivé à l'Élysée pour suivre les résultats, une heure et demie avant le verdict.

18h30 - Les préparatifs vont bon train au Champs de Mars. Emmanuel Macron devra s’y exprimer juste après les annonces des résultats du scrutin.

17h15 - Abstention de 28% au 2nd tour, supérieure de 2,6 points à 2017, selon les estimations.

Jamais une abstention aussi forte n'a été enregistrée à un second tour d'une présidentielle, à l'exception du record de 1969, quand les électeurs de gauche avaient, à l'appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre "bonnet blanc et blanc bonnet" (Georges Pompidou et Alain Poher).  

Le point sur les départements qui ont le plus et le moins voté à 17h

A 17h, les départements qui ont le plus voté :

  • L'Aveyron (70,51%)
  • La Dordogne (70,15%)
  • Les Landes (69,84%)

A 17h, les départements qui ont le moins voté :

  • La Seine-Saint-Denis (44,96%)
  • La Haute-Corse (49,35%)
  • Le Val-de-Marne (55,2%)

17h00 - La participation au second tour de l'élection présidentielle s'élève à 17h00 en métropole à 63,23%, en baisse de plus de deux points par rapport à 2017 (65,30%), à l'occasion du même duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Ce chiffre marque également un recul de près de deux points par rapport au premier tour du scrutin (65,00%) le 10 avril.

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Niveau de la participation au second tour à l'élection présidentielle française à 12h et à 17h et comparatif avec 2017

16h15 - Le verdict du second tour de l'élection présidentielle sera annoncé à 20h, avec des estimations. Mais aucun résultat, même partiel, ni aucune estimation ou sondage ne peuvent être diffusés avant la fermeture du dernier bureau de vote.

15h45 - Il y a près de 49 millions d'électeurs inscrits en France, mais les analystes avertissent que le taux de participation aujourd'hui pourrait être bien inférieur à celui des années précédentes et à celui du premier tour, avec une personne sur quatre s'abstenant de voter.

15h15 - Les premiers chiffres des Outre-mer indiquent une victoire massive de Le Pen en Guadeloupe (69,6% contre 30,4% pour Macron), en Martinique (60,9% contre 39,1%) et en Guyane (60,7% contre 39,3%).

15h00 - Les bureaux de vote ont ouvert dans toute la France à 8 heures locales et fermeront à 19 heures, mais certains bureaux du centre-ville seront autorisés à rester ouverts pendant une heure supplémentaire.

Le taux de participation à midi, heure locale, était légèrement supérieur à 26 %, ce qui était inférieur à celui de la même période lors des élections de 2017.

Un choix historique

Les Français sont devant un choix historique: reconduire le président sortant ou élire une femme, ce qui serait une première et propulserait dans le même temps l'extrême droite à la tête du pays. Cette option constituerait une déflagration qui résonnerait bien au-delà des frontières du pays, comparable au Brexit britannique et à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis en 2016.

Une réélection de M. Macron, 44 ans, candidat du parti La République en marche (LREM), représenterait la continuité, même si le président candidat a promis de se renouveler en profondeur, affirmant vouloir placer l'écologie au coeur de son deuxième - et dernier - mandat.

Il serait alors le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans, depuis Jacques Chirac en 2002.

Ses positions clivantes sur certains sujets, ses sorties maladroites voire méprisantes et son exercice vertical du pouvoir ont heurté une partie des Français, qui l'ont jugé trop déconnecté de leurs réalités quotidiennes et de leurs fins de mois difficiles. 

Il s'est vu très tôt qualifié de "président des riches", notamment après deux décisions de son début de mandat que la gauche n'a jamais acceptées: suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) et baisse des aides au logement.

Les violences ayant émaillé les manifestations du mouvement social des "Gilets jaunes" (dont des manifestants éborgnés après des tirs des forces de l'ordre) et le traitement jugé "dégradant" par plusieurs ONG internationales et nationales des migrants (afghans, syriens, soudanais...) sur le sol français notamment à Calais (nord) lui ont définitivement aliéné une partie de la gauche, dont il est pourtant issu. 

«Vote par obligation»

Marine Le Pen a glissé son bulletin vers 11H00 dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

M. Macron a voté à la mi-journée en compagnie de son épouse au Touquet (nord) où le couple possède une résidence secondaire. 

Arrivé en troisième position du 1er tour avec près de 22% des voix, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a voté dans sa circonscription de Marseille vers 10H30, remerciant longuement tous les assesseurs présents dans cette école du IIe arrondissement. 

Mme Le Pen, 53 ans, a quant à elle lissé et adouci son discours, banalisé son image, jusqu'à récuser le qualificatif d'extrême droite. Elle récolte les fruits d'une longue stratégie de "dédiabolisation", même si sur le fond, particulièrement sur l'immigration, son programme n'a pas changé.

L'arrivée de Mme Le Pen aux commandes d'une puissance nucléaire, dotée d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et force motrice de l'Union européenne, serait un séisme, d'autant qu'il s'inscrirait dans le contexte lourd d'une guerre aux portes de l'Europe.

Devant une école à Rennes (ouest), Bernard Maugier, retraité de 76 ans et habitant dans un quartier sensible de la ville, dit avoir voté "pour éviter une guerre civile". "Faut pas se tromper de personne", lâche-t-il.

À Bersée, localité rurale du Nord d'environ 2.200 habitants, Nicolas Moreau, 44 ans, conseiller municipal, explique que, pour lui, ça a été "un vote par obligation". "C'est pas mes convictions mais il faut faire un choix".

Véronique, qui traverse Bersée à vélo, de retour de Lille où elle a voté, résume: "Entre les deux choix, on essaye de choisir le moins mauvais".

A Dijon (est), Lucien Chameroy, 80 ans, dit n'avoir, lui, eu "absolument aucune hésitation" pour venir voter. "Je pense que les gens ne s'en rendent pas compte: si on ne vote pas et que c'est la rue qui décide, ce seront les minorités qui prendront le pouvoir", dit le retraité.

Résultats des TOM, selon des sources du ministère de l'Intérieur

Selon les résultats obtenus par Arab News en français auprès d'une source autorisée et bien informée au ministère français de l'Intérieur, les votes dans les territoires français d'Outre-mer se présentent comme suit: 

  • Guyane : LE PEN 60,7% (17,6% 1er tour) - MACRON 39,3%
  • Guadeloupe : LE PEN 69,6% (17,92% 1er tour) - MACRON 30,4%
  • Martinique : LE PEN 60,87% (13,42% 1er tour) - MACRON 39,13%
  • Saint Martin : LE PEN 55% (14,9% 1er tour) - MACRON 45%
  • Saint Barth :  LE PEN 60% (22,4% 1er tour) MACRON 40%

Guadeloupe

  • Participation : 47,18 %
  • Votants 149 055
  • Exprimées : 132 335
  • MLP : 69,60 % = 92 106 voix
  • EM : 30,40 % = 40 229 voix

Martinique

Résultats complets

  • Participation : 45,45
  • MLP : 60,87
  • EM : 39,13

Guyane 

  • Participation: 38,89%
  • MLP : 60,70 % = 21 734 voix
  • EM : 39,30 % = 14 073 voix

L'analyse de ces données porte à penser que les nombreux supporters du candidat d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, dans les territoires d'Outre-mer, ont choisi de transférer leurs votes à l'extrême droite incarnée par Marine Le Pen. 

«Deux France»

Les derniers sondages publiés vendredi soir, avant l'entrée en vigueur de la période de réserve électorale, donnent M. Macron favori, au-delà de la marge d'erreur. Mais très loin de son score de 2017 où il avait battu sa rivale par 66,1% des voix contre 33,9%, pour devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la Ve République, instaurée en 1958.

Les programmes des deux candidats sont à l'opposé et proposent une vision radicalement différente sur l'Europe, l'économie, le pouvoir d'achat, les relations avec la Russie, les retraites, l'immigration, l'environnement...

Après un quinquennat émaillé de crises, des "Gilets jaunes" au Covid, ce sont deux France qui se font face.

Pour contrer son adversaire, Emmanuel Macron, arrivé en tête au premier tour (27,85%) avec plus de quatre points d'avance, a réactivé le "front républicain" pour faire barrage à l'extrême droite.

La candidate du Rassemblement national, pour sa troisième tentative, a misé sur un autre front, le "Tout sauf Macron". 

Dans l'entre-deux tours, les deux candidats ont courtisé l'électorat du dirigeant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour le 10 avril avec près de 22% des voix. 

Les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes les 12 et 19 juin pour les législatives où le nouveau président cherchera à obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.


Budget: des chiffrages en cours pour la surtaxe des bénéfices des entreprises, dit Roland Lescure

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
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  • Roland Lescure indique que le gouvernement finalise les chiffrages pour une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, en négociation avec le Sénat, tandis que l’opposition et le PS réclament des montants différents
  • La prime d’activité sera augmentée de 50 € en moyenne pour plus de trois millions de ménages, et le gouvernement décidera bientôt de recourir au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le budget

PARIS: Le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure a évoqué samedi des chiffrages en cours au sujet d'une éventuelle surtaxe des bénéfices des grandes entreprises samedi, une mesure réclamée par le parti socialiste mais repoussée à l'Assemblée.

"On est en train encore de caler les derniers chiffrages. Pourquoi? Parce qu'on est encore en train de négocier avec les groupes parlementaires du Sénat l'évolution des dépenses des collectivités locales", a commenté le ministre sur France info, rappelant que la mesure figurait dans le budget initial du gouvernement. "Ce n'est pas seulement une demande du PS", a-t-il ajouté.

Lors de son allocution vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a rien dit de cette éventuelle surtaxe sur les bénéfices des entreprises, censée aider à la négociation avec le PS mais repoussée à l'Assemblée.

Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n'ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d'euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.

Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Début janvier, Roland Lescure avait plaidé pour la réintroduction de cette surtaxe à l'Assemblée, après sa suppression au Sénat, nécessaire au compromis, selon lui.

"On est en train de caler ça. Donc on aura l'occasion de vous donner les chiffres exacts dans les 2-3 jours qui viennent au maximum", a précisé le ministre de l'Economie samedi.

M. Lescure a par ailleurs confirmé l'augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité, un complément de revenu versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages, une mesure annoncée par le Premier ministre vendredi.

"Il y avait des économies prévues sur la prime d'activité (...) Tout ça, c'est terminé. Mais il y a en plus une hausse de la prime d'activité qui fait à peu près 50 euros pour quelqu'un qui gagne le SMIC", a expliqué Roland Lescure.

Le gouvernement doit trancher d'ici mardi entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire pour tenter de faire passer le projet de budget sans vote.

"Le vote du budget, j'allais dire traditionnel, est malheureusement proscrit du fait de la manière dont les débats se sont produits. Moi, j'ai été élu à l'Assemblée nationale. Je préfère toujours que l'Assemblée nationale puisse se prononcer. Et on verra dans les heures qui viennent ce qu'on décide", a répondu Roland Lescure, interrogé sur l'option qui sera retenue par le gouvernement.


France: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, prononce un discours lors du débat sur le projet de loi de finances pour l'année 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 13 janvier 2026. (AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, prononce un discours lors du débat sur le projet de loi de finances pour l'année 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 13 janvier 2026. (AFP)
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  • Sébastien Lecornu est engagé dans une phase décisive de négociations avec les socialistes pour faire adopter le budget 2026 et éviter une censure, dans un contexte d’impasse parlementaire
  • Faute d’accord, le gouvernement devra choisir entre le recours au 49.3 ou une ordonnance budgétaire inédite, au risque de provoquer une crise politique et d’éventuelles législatives anticipées

PARIS: Le premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre pour sortir de l'impasse budgétaire dans laquelle la France se trouve depuis des mois, entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget 2026 avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote.

Il s'exprimera "en fin de journée depuis Matignon afin de présenter les éléments de fond pour construire le contenu d'un accord sur le projet de loi de finances pour l'année 2026", a fait savoir vendredi matin son entourage.

Le chef du gouvernement s'est donné jusqu'à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du parti socialiste (PS) qui l'a jusqu'à présent épargné. Sur le fond mais aussi sur la forme, les deux outils constitutionnels à sa disposition - article 49.3 ou ordonnance (article 47) - étant perçus par ses opposants comme des "passages en force".

Le gouvernement a pris jeudi soir la décision de suspendre les interminables débats budgétaires à l'Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l'impossibilité d'aller à un vote sur le budget de l'État.

Le Premier ministre, qui s'est rendu vendredi matin à l'Élysée pour rencontrer le président Emmanuel Macron, a averti qu'un renversement de son gouvernement serait quasi automatiquement synonyme d'élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).

- "Saboteurs" -

"On a donné toutes ses chances au débat" mais "nous avons des saboteurs à l'Assemblée nationale", la France insoumise (LFI, gauche radicale) et le Rassemblement national (RN, extrême droite), a accusé à la télévision la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques qu'elle a déjà réunies à plusieurs reprises.

La ministre a esquissé quelques pistes de propositions du gouvernement, sur les collectivités locales, en attente d'engagements financiers à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.

Pour le cadre général, Matignon a prévenu qu'il souhaitait arriver à un déficit de 5% maximum du PIB, déplorant qu'il atteigne "à ce stade" 5,3%.

Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.

Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d'ici là choisir de recourir soit à l'article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire.

Amélie de Montchalin a dit qu'elle n'avait "pas de préférence" mais qu'elle souhaitait "de la stabilité et un budget".

Un recours à l'article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix.

- "Heures décisives" -

Mais il devrait l'utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l'ensemble du texte), s'exposant à chaque fois à une censure.

L'ordonnance budgétaire, c'est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n'a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.

Sauf que, contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d'un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.

Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé à la télévision "inacceptable" le recours à une ordonnance qui voudrait dire "forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d'amendements, d'enrichissement" du texte.

Sur le 49.3, "ça dépend évidemment de la copie finale" et des propositions du gouvernement, a-t-il estimé. "Et donc nous allons vivre évidemment des heures décisives".

Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon était un marqueur d'action du Premier ministre et, pour le PS, le signe d'un retour au parlementarisme.


Municipales à Paris: Dati promet de simplifier les démarches des entreprises

Rachida Dati, candidate de la droite à la mairie de Paris, a promis jeudi de simplifier les démarches administratives des entreprises et d'oeuvrer à mieux répartir le tourisme dans la capitale afin d'éviter l'effet "Tour Eiffel". (AFP)
Rachida Dati, candidate de la droite à la mairie de Paris, a promis jeudi de simplifier les démarches administratives des entreprises et d'oeuvrer à mieux répartir le tourisme dans la capitale afin d'éviter l'effet "Tour Eiffel". (AFP)
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  • La candidate dresse le constat de "difficultés croissantes pour circuler dans Paris", d'une "dégradation du cadre de vie qui pousse les talents à quitter la capitale", d'une "insécurité en hausse", et d'une "lourdeur administrative pesante"
  • Pour lutter contre la vacance commerciale, Rachida Dati promet d'engager un audit afin d'identifier les zones où le commerce de proximité est en difficulté

PARIS: Rachida Dati, candidate de la droite à la mairie de Paris, a promis jeudi de simplifier les démarches administratives des entreprises et d'oeuvrer à mieux répartir le tourisme dans la capitale afin d'éviter l'effet "Tour Eiffel".

"L’attractivité économique d’une ville est un sujet essentiel. Sans commerces, sans entrepreneurs, sans travailleurs, une ville se meurt", assure la maire du VIIe arrondissement dans une interview au quotidien L'Opinion, jugeant que Paris "n'est plus une ville où les choses se passent".

La candidate dresse le constat de "difficultés croissantes pour circuler dans Paris", d'une "dégradation du cadre de vie qui pousse les talents à quitter la capitale", d'une "insécurité en hausse", et d'une "lourdeur administrative pesante".

Pour lutter contre la vacance commerciale, Rachida Dati promet d'engager un audit afin d'identifier les zones où le commerce de proximité est en difficulté.

A l'image du "choc de simplification" appelé de ses voeux par le gouvernement, elle souhaite instaurer des "guichets uniques" pour les entreprises afin d'alléger les procédures d'implantation, de rénovation mais aussi d'occupation temporaire du domaine public (terrasses, travaux sur rue, étalages, etc).

"J’ai rencontré le cas d’un commerçant qui avait eu douze interlocuteurs pour faire enlever un horodateur mis en plein milieu de sa terrasse. C’est la maison des fous !", s'indigne-t-elle.

Pour mieux concilier travaux de voirie et activité commerciale, Mme Dati promet aussi d'accompagner chaque aménagement d'une étude d'impact et assure qu'une entreprise ne respectant pas les calendriers de travaux écopera de pénalités ainsi que d'un malus pour les prochains appels d'offres.

Prônant un tourisme "qualitatif", la candidate LR dit souhaiter qu'il soit "mieux réparti sur l'ensemble de la capitale", ce qui suppose de "mieux valoriser l'ensemble de nos monuments et quartiers" afin de "sortir de l’effet Tour Eiffel".

Elle propose aussi d'inciter les touristes à dépenser plus en engageant une expérimentation pour abaisser de 100 euros à 50 euros le seuil de détaxe pour les achats réalisés dans les commerces parisiens.

La ministre de la Culture, qui ne se prononce pas sur un éventuel départ du gouvernement, met également en garde contre la multiplication des candidatures à droite et au centre.

"C'est non seulement empêcher l’alternance à Paris, mais aussi prendre le risque que Paris soit dirigé demain par une gauche extrême, encore plus dure et idéologique que la majorité sortante", assure-t-elle.