Brioches et bombardements: triste Pâques orthodoxe pour les Ukrainiens

 Des fidèles assistent à un service de Pâques orthodoxe avec des sons continus de bombardements au loin à l'église Saint-Pierre-et-Paul à Lyman, dans l'est de l'Ukraine, le 24 avril 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Des fidèles assistent à un service de Pâques orthodoxe avec des sons continus de bombardements au loin à l'église Saint-Pierre-et-Paul à Lyman, dans l'est de l'Ukraine, le 24 avril 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Dimanche 24 avril 2022

Brioches et bombardements: triste Pâques orthodoxe pour les Ukrainiens

  • A Lyman, sur la pluvieuse ligne de front dans l'est du pays, plutôt que de se saluer en souhaitant «Gloire à l'Ukraine!», les soldats recouraient à la phrase rituelle de cette journée
  • Dans la petite église orthodoxe du village, sous le feu régulier des obus russes, une cinquantaine de civils se sont regroupés dès l'aube pour la liturgie

LYMAN : Deux mois après le début de l'invasion russe, les Ukrainiens célébraient dimanche une Pâques orthodoxe sombre, certains bravant les bombardements pour recevoir les bénédictions rituelles et beaucoup d'autres s'efforçant de respecter les traditions d'une fête synonyme d'espoir.

A Lyman, sur la pluvieuse ligne de front dans l'est du pays, plutôt que de se saluer en souhaitant "Gloire à l'Ukraine!", les soldats recouraient à la phrase rituelle de cette journée, en lançant "Le Christ est ressuscité!", et leurs camarades de répondre, "En vérité il est ressuscité!"  

Dans la petite église orthodoxe du village, sous le feu régulier des obus russes, une cinquantaine de civils se sont regroupés dès l'aube pour la liturgie. Le grondement des artilleries ukrainienne et russe se fait entendre entre les psalmodies.

"Si nous faisons les mauvais choix, les ténèbres nous ruineront, comme les ténèbres nous détruisent pendant cette guerre", déclame le prêtre dans son sermon. "Nous sommes reconnaissants pour l'aide humanitaire que nous recevons" et "reconnaissants envers la communauté qui prend soin des réfugiés" venus de la région voisine de Donetsk, a-t-il ajouté. 

Plus d'une dizaine de policiers en uniformes, certains en gilets pare-balles, les ont ensuite rejoints dans la petite église bleu pâle, chargés de paniers de brioches de Pâques à bénir.  

A Boutcha, devenue symbole des massacres commis pendant l'occupation russe de la région de Kiev en mars, des habitants pleuraient leurs morts, rangés devant la fosse commune derrière l'église Saint André. 

"Aujourd'hui, il fait beau - comme au printemps - et nous avons l'espoir que tout va bientôt se terminer et que notre armée chassera les envahisseurs de notre pays," dit Lioubov Kravtsova, 59 ans, en refoulant des larmes. "Mais tout cela reste très dur pour moi". 

"Notre peuple vit sous les bombes, avec des larmes, de la tristesse et du chagrin - mais nous avons besoin de rayons d'espoir, et cette fête nous donne espoir", a indiqué le prêtre de l'église Saint-André,  Andriï Golovine. 

«Colère ardente»

L'heure du pardon pour les massacres que les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir perpétrés à Boutcha - et qui se poursuivent ailleurs dans le pays - est cependant encore loin. "Il est essentiel que le mal soit jugé devant le tribunal de La Haye et que tous les criminels de guerre soient identifiés", dit le prêtre.

Dans un message spécial pour Pâques dimanche, le président Volodymyr Zelensky en a aussi appelé à Dieu, lui demandant de "ne pas oublier Boutcha, Irpin, Borodianka" et d'autres localités où l'Ukraine accuse les forces russes d'atrocités. 

"Nos coeurs sont remplis d'une colère ardente, nos âmes sont remplies d'une haine ardente pour les envahisseurs et tout ce qu'ils ont fait", a-t-il lancé. "Ne laissez pas la rage nous détruire de l'intérieur (...) Transformez là en force bénéfique pour défaire les forces du mal".

A l'est du pays, dans une petite église des quartiers nord de Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine régulièrement bombardée par les Russes, une cinquantaine de fidèles sont aussi venus assister à la liturgie. 

Nadwya, bonnet à bouclettes bien enfoncé sur les oreilles, avait trois ans quand la Seconde guerre mondiale a éclaté. Elle ne veut pas parler du conflit en cours. 

"Je ne veux pas dire que tout va mal, je veux juste pouvoir bien dormir", dit-elle au sujet des bombardements. Dans un panier en osier, elle a mis deux petits gâteaux faits maison pour qu’ils soient bénis.

Selon Andreï Golovtchenko, qui travaille à l'église et espère une "victoire rapide" de l'Ukraine, les fidèles sont plus nombreux depuis le début de la guerre. Et pas seulement parce qu'on distribue de l'aide humanitaire.

«Respecter les traditions»

A l'autre extrémité de l'Ukraine, dans la ville occidentale de Lviv, relativement épargnée par les combats, Youlia, vêtue d'un long manteau noir, écoutait le service du monastère des Bernardins depuis l'extérieur, dans la cour.

Pâques "est une fête qui réunit la famille. Maintenant c'est la guerre, et c'est particulièrement important de respecter les traditions," dit cette femme de 27 ans. 

D'habitude, le weekend pascal donne lieu à de grands rassemblements dans la nuit de samedi à dimanche. Mais les autorités ukrainiennes avaient appelé les fidèles à ne pas y participer cette année, et à respecter les couvre-feu.

Beaucoup avaient tenu malgré tout à préparer la plus importante des fêtes du calendrier orthodoxe.

A Severodonetsk, autre ville sur la ligne de front du Donbass, un campement de soldats ukrainiens avait mis son paquetage aux couleurs de Pâques à l'abri sous un pont, après avoir été visé par une salve d'obus russe en pleine nuit. 

Au milieu des bouteilles d'eau, de coca-cola, des kalachnikov et des barres de céréales, trois gros Koulitch, les brioches de Pâques recouvertes de sucre glace et de petites paillettes multicolores, amenés par le commandant...

Et à Sloviansk, plus à l'ouest, les fidèles s'étaient dépêchés samedi après-midi, avant le couvre-feu, de se rendre à la cathédrale Alexandre Nevsky pour faire bénir oeufs décorés et brioches. 

Une bénédiction et on enfourchait son vélo: personne ne s'attardait dans la cour de cette cathédrale de briques, alors que les tirs d'artillerie résonnaient au loin.

"C'est mon travail de rester", dit Paisiy, un prêtre de 34 ans. "Les gens ont peur et quand ils viennent ici et voient le prêtre, cela leur donne un sentiment de sécurité".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.