À Lviv, un mur de fleurs en hommage aux Ukrainiens tués

L'Américain Leo Soto, né au Venezuela, vérifie le mur de fleurs artificielles installé par la Wall of Flowers Foundation, basée aux États-Unis, à la mémoire des victimes de l'invasion russe, dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 24 avril 2022 (Photo, AFP).
L'Américain Leo Soto, né au Venezuela, vérifie le mur de fleurs artificielles installé par la Wall of Flowers Foundation, basée aux États-Unis, à la mémoire des victimes de l'invasion russe, dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 24 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 25 avril 2022

À Lviv, un mur de fleurs en hommage aux Ukrainiens tués

  • Plusieurs milliers de personnes sont mortes en Ukraine depuis le 24 février
  • «C'est un mur de l'espoir»

LVIV: A Lviv, plus grand ville de l'ouest ukrainien, Tetiana Kasian s'arrête un instant dans la rue. Face à elle, un mur de fleurs artificielles et des photos de visages souriants, ceux de victimes tuées depuis le début de l'invasion russe, il y a deux mois.

"C'est épouvantable. Je n'aurais jamais pu penser que cela arriverait en Ukraine au XXIe siècle", dit cette femme de 32 ans qui aide les déplacés.

Originaire de Marioupol, elle ne sait pas "si elle pourra revoir ses parents", cette ville portuaire martyre étant presque entièrement sous contrôle russe après avoir été pillonée sans relâche depuis début mars.

Plusieurs milliers de personnes sont mortes en Ukraine depuis le 24 février, dont au moins 2.224 civils, selon les Nations unies. 

Parmi les dizaines de photos montrant une fraction infime des victimes, celle d'une gymnaste de 11 ans, Kateryna Diachenko. Elle a été tuée chez elle à Marioupol par un missile russe.

A côté, celle de l'ambulancière militaire Valentina Pouchich, morte en essayant d'évacuer des civils près de Kiev, la capitale ukrainienne. Plus loin, Naveen Gyanagoudar, étudiant indien tué à Kharkiv, dans le nord-est, alors qu'il allait chercher à manger.

«Mur de l'espoir»

Après la prière pour la Pâque orthodoxe dimanche, des dizaines de passants se sont arrêtés devant ce mémorial.

Echarpe rose nouée autour de ses cheveux, une vieille dame regarde les photos attentivement et lit l'identité des victimes.

Leo Soto, Américain de Floride né au Venezuela, a traversé l'Atlantique pour mettre en place ce mémorial.

"C'est un mur de l'espoir", explique cet étudiant en hôtellerie de 27 ans, qui a déjà aidé à créer un mémorial similaire à Miami l'été dernier, après l'effondrement d'un bâtiment ayant tué 98 personnes, dont une camarade de classe.

Après cette première expérience bien accueillie, il a souhaité faire de son mieux pour apporter son soutien aux Ukrainiens.

Le jeune homme a choisi des fleurs artificielles, provenant de Pologne, pour qu'elles n'aient pas à être remplacées.

Alors qu'il attachait leurs tiges sur le grillage samedi, un soldat en uniforme lui a demandé s'il pouvait placer une photo de son frère, tué lui aussi.

Il raconte avoir vu passer une procession funéraire avec une mère en pleurs marchant derrière le cercueil recouvert du drapeau ukrainien. "C'est notre quotidien, c'est notre réalité".


Les Etats-Unis dévoilent leur nouveau bombardier furtif B-21

Le B-21 Raider est dévoilé lors d'une cérémonie à l'usine 42 de l'armée de l'air de Northrop Grumman à Palmdale, en Californie, le 2 décembre 2022. (Photo de Frederic J. BROWN / AFP)
Le B-21 Raider est dévoilé lors d'une cérémonie à l'usine 42 de l'armée de l'air de Northrop Grumman à Palmdale, en Californie, le 2 décembre 2022. (Photo de Frederic J. BROWN / AFP)
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  • Le B-21 «Raider» est capable d'être opéré sans équipage et de conduire des frappes nucléaires de longue portée, tout comme d'utiliser de l'armement classique
  • Le B-21 doit devenir un élément clé de la «triade nucléaire» américaine, composée de missiles et de bombes qui peuvent être lancées depuis la terre, la mer ou l'air

PALMDALE, Etats-Unis : Les Etats-Unis ont dévoilé vendredi leur nouveau bombardier stratégique furtif, le B-21 «Raider», un appareil capable d'être opéré sans équipage et de conduire des frappes nucléaires de longue portée, tout comme d'utiliser de l'armement classique.

L'avion a été présenté à Palmdale en Californie sur l'un des sites de son fabricant, Northrop Grumman, lors d'une cérémonie savamment chorégraphiée, ouverte par l'hymne américain.

A grands renforts de projecteurs et de musique dramatique, l'industriel a levé le voile sur ce nouvel avion high tech, dont le Pentagone prévoit d'acheter au moins 100 exemplaires, à près de 700 millions de dollars l'unité.

«Le B-21 +Raider+ est le premier bombardier stratégique depuis plus de trois décennies», a souligné le secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Un signe selon lui que les Etats-Unis continuent de faire preuve «d'ingéniosité et d'innovation».

L'armée américaine ne souhaite pas dévoiler trop d'informations sur les capacités du B-21, dont beaucoup de caractéristiques techniques restent secrètes. Mais ce nouveau modèle, qui doit progressivement remplacer les bombardiers B-1 et B-2 --dont les premiers décollages remontent à la Guerre froide--, devrait présenter des avancées significatives par rapport à la flotte existante.

Le nouvel avion a «une portée qu'aucun autre bombardier de longue portée ne peut égaler», a souligné M. Austin, en assurant également que l'appareil est l'un des bombardiers les plus durables jamais créés.

Comme la plupart des modèles récents de l'armée américaine, notamment les avions de chasse F-22 et F-35, le B-21 sera furtif.

«Même les systèmes de défense aériens les plus sophistiqués auront du mal à détecter le B-21 dans le ciel», a assuré M. Austin, en expliquant que l'avion bénéficie de 50 ans de savoir-faire américain en la matière.

L'avion présente également une «architecture ouverte» qui doit lui permettre d'accueillir facilement «de nouvelles armes qui n'ont pas encore été inventées», a-t-il ajouté.

Le bombardier est «conçu pour évoluer», a commenté Amy Nelson, une experte de la Brookings Institution, un groupe de réflexion américain basé à Washington.

Son «architecture ouverte» permet notamment «l'intégration future de logiciels» capables d'améliorer ses performances, notamment son autonomie, «pour que l'avion ne devienne pas obsolète rapidement.»

«Le B-21 est beaucoup plus travaillé que ses prédécesseurs, vraiment moderne», a-t-elle ajouté. Contrairement au bombardier B-2, l'avion a une «capacité double»: il peut frapper aussi bien avec des missiles nucléaires qu'avec de l'armement conventionnel. Mais il peut aussi «lancer des missiles de longue et de courte portée.»

Ce bombardier dernier cri peut aussi voler sans aucun équipage à son bord, une particularité qui n'a pas été évoquée lors de sa présentation à Palmdale.

Une porte-parole de l'armée de l'air a confirmé à l'AFP que l'avion «prévoit cette possibilité, mais aucune décision n'a été prise pour voler sans équipage».

Le premier vol du B-21, dont Northrop Grumman travaille déjà sur six premiers exemplaires, doit avoir lieu en 2023.

Son surnom, «Raider», est inspiré du raid mené par le colonel James Doolittle pour bombarder Tokyo en 1942, la première frappe américaine sur le sol japonais lors de la Seconde Guerre mondiale, en représailles à l'attaque de l'aviation japonaise sur la base de Pearl Harbor à Hawaï un an plus tôt.

Le B-21 doit devenir un élément clé de la «triade nucléaire» américaine, composée de missiles et de bombes qui peuvent être lancées depuis la terre, la mer ou l'air.

«La flotte de bombardiers permet aux Etats-Unis d'être flexibles en matière de dissuasion nucléaire et offre une garantie en cas de problèmes des autres piliers» de cette force de frappe, conclut l'experte Amy Nelson.


L'Estonie achète six systèmes de lance-roquettes américains HIMARS

Un char ukrainien roule sur une route près de Bakhmut, dans la région de Donetsk, le 2 décembre 2022, en pleine invasion russe de l'Ukraine. (Photo par ANATOLII STEPANOV / AFP)
Un char ukrainien roule sur une route près de Bakhmut, dans la région de Donetsk, le 2 décembre 2022, en pleine invasion russe de l'Ukraine. (Photo par ANATOLII STEPANOV / AFP)
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  • Ce type de lance-roquettes a été offert par les Etats-Unis à l'Ukraine, renforçant efficacement sa capacité de tir face à l'invasion russe lancée le 24 février
  • Il s'agit de l'achat d'armes le plus important jamais réalisé par l'Estonie

TALLINN, Estonie : L'Estonie a signé un contrat pour l'achat de six systèmes de lance-roquettes américains HIMARS, pour un montant de 200 millions de dollars, a annoncé samedi le Centre estonien pour les investissements dans la défense (ECDI).

Le directeur général d'ECDI, Magnus-Valdemar Saar, a conclu cet accord vendredi avec la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), une agence du ministère de la Défense américain, pour renforcer "la capacité de tir indirect" (c'est-à-dire sur des cibles non visibles par l'opérateur de la batterie) des forces estoniennes, selon un communiqué.

Ce type de lance-roquettes a été offert par les Etats-Unis à l'Ukraine, renforçant efficacement sa capacité de tir face à l'invasion russe lancée le 24 février.

L'Estonie, voisine de la Russie, a augmenté depuis ses dépenses en matière de défense, tout comme ses voisins baltes, la Lituanie et la Lettonie, ainsi que la Pologne.

Le contrat porte sur six systèmes HIMARS, a précisé à l'AFP la cheffe du service de communication d'ECDI, Hanna Heinnurm.

Il s'agit de l'achat d'armes le plus important jamais réalisé par l'Estonie.

Les roquettes commandées par Tallinn sont de types variés, leur portée allant de 70 à 300 km. Elles seront livrées à partir de 2024.

En novembre, la Lituanie a annoncé son intention d'acheter huit HIMARS pour 495 millions de dollars.


Prix du pétrole russe plafonné: Kiev prédit à Moscou la chute de son économieK

Suite à un bombardement, une fumée s'élève d'une raffinerie de pétrole près de Lysychansk, dans l'est de l'Ukraine, le 9 mai 2022, le 75e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Yasuyoshi CHIBA / AFP)
Suite à un bombardement, une fumée s'élève d'une raffinerie de pétrole près de Lysychansk, dans l'est de l'Ukraine, le 9 mai 2022, le 75e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Yasuyoshi CHIBA / AFP)
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  • «Nous atteignons toujours notre objectif et l'économie de la Russie sera détruite, et elle paiera et sera responsable de tous ses crimes», a indiqué la présidence ukrainienne
  • Selon Andriï Iermak, «il aurait toutefois fallu abaisser (le prix plafond) à 30 dollars pour la détruire plus rapidement»

KIEV: Kiev a prédit samedi à la Russie que son économie serait détruite par le plafonnement du prix de son pétrole, sur lequel se sont accordés l'Union européenne, le G7 et l'Australie, afin de limiter les moyens de Moscou pour financer le conflit en Ukraine.

"Nous atteignons toujours notre objectif et l'économie de la Russie sera détruite, et elle paiera et sera responsable de tous ses crimes", a affirmé sur Telegram le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak.

Vendredi, les 27 pays de l'Union européenne, le G7 et l'Australie s'étaient mis d'accord après des semaines de discussions sur "un prix maximum de 60 dollars américains pour le pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime", selon les termes d'un communiqué commun.

Dans cette première réaction officielle de Kiev, M. Iermak a noté samedi qu'"il aurait toutefois fallu abaisser (le prix plafond) à 30 dollars pour détruire (l'économie russe) encore plus rapidement".

Le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour de 65 dollars, soit à peine plus que le plafond européen, impliquant un impact limité à court terme.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a toutefois salué l'annonce, qui "est l'aboutissement de mois d'efforts de notre coalition".

L'accord a été permis par le consensus trouvé vendredi par les Vingt-Sept de l'Union européenne.

Les ministres des Finances des pays du G7 s'étaient, eux, entendus début septembre sur cet outil, conçu pour priver la Russie de moyens financiers.

Le mécanisme entrera en vigueur lundi "ou très peu de temps après", précisent le G7 et l'Australie. C'est en effet lundi que débute l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime.

Ainsi, seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars pourra continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il sera interdit pour les entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance, etc.).

Actuellement, les pays du G7 fournissent les prestations d'assurance pour 90% des cargaisons mondiales et l'UE est un acteur majeur du fret maritime - d'où un pouvoir de dissuasion crédible, mais aussi un risque de perdre des marchés au profit de concurrents.

Ajustement du prix 

La Russie, deuxième exportateur mondial de brut, avait de son côté prévenu qu'elle ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient ce plafonnement.

Sans ce plafond, il lui serait facile de trouver de nouveaux acheteurs au prix du marché.

"Nous serons prêts à examiner et à ajuster le prix maximum le cas échéant", assurent G7 et Australie dans leur communiqué. Et un plafond devrait également être trouvé pour les produits pétroliers russes à partir du 5 février 2023.

L'embargo européen intervient plusieurs mois après celui déjà décidé par les États-Unis et le Canada. Mais les Occidentaux doivent aussi composer avec les intérêts des puissants assureurs britanniques ou armateurs grecs.

"L'UE reste unie et est solidaire avec l'Ukraine", s'est félicitée la présidence tchèque du Conseil de l'UE dans un tweet.

La Russie a tiré 67 milliards d'euros de ses ventes de pétrole à l'UE depuis le début de la guerre en Ukraine, tandis que son budget militaire annuel s'élève à environ 60 milliards, rappelle Phuc-Vinh Nguyen, un expert des questions énergétiques à l'Institut Jacques-Delors.

«Signal politique fort»

L'instrument proposé par Bruxelles prévoit d'ajouter une limite fixée à 5% en-dessous du cours du marché, dans le cas où le pétrole russe passerait sous les 60 dollars.

De fait, certains experts craignent une déstabilisation du marché mondial et s'interrogent sur la réaction des pays producteurs de l'Opep, qui se réunissent dimanche à Vienne.

"Ce plafonnement contribuera à stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie (...) et bénéficiera directement aux économies émergentes et aux pays en développement", puisque le pétrole russe pourra leur être livré à des prix inférieurs au plafond, a au contraire assuré sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

A compter de lundi, l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime va supprimer les deux tiers de ses achats de brut à la Russie. L'Allemagne et la Pologne ayant par ailleurs décidé d'arrêter leurs livraisons via un oléoduc d'ici à la fin de l'année, les importations russes totales seront touchées à plus de 90%, affirment les Européens.

En revanche, "un plafond de prix du pétrole, ça ne s'est jamais vu. On est dans l'inconnu", s'alarme Phuc-Vinh Nguyen, soulignant que la réaction des pays de l'Opep ou de gros acheteurs comme l'Inde et la Chine sera cruciale.

Seul certitude, selon lui: un plafonnement, même à un prix élevé, enverra "un signal politique fort" à Vladimir Poutine, car, une fois en place, ce mécanisme pourra être durci.