«La guerre se terminera, j'ai fait un vœu»: paroles d'enfants à Kharkiv

Une petite fille joue dans une station de métro où des résidents de Kharkiv ont pris refuge à la périphérie nord de la deuxième plus grande ville ukrainienne, le 23 avril 2022. (Sergey Bobok/AFP)
Une petite fille joue dans une station de métro où des résidents de Kharkiv ont pris refuge à la périphérie nord de la deuxième plus grande ville ukrainienne, le 23 avril 2022. (Sergey Bobok/AFP)
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Publié le Lundi 25 avril 2022

«La guerre se terminera, j'ai fait un vœu»: paroles d'enfants à Kharkiv

  • « C'était le jour de mon anniversaire, le deuxième jour de guerre, et on ne pouvait pas le fêter » témoigne une enfant de Kharkiv
  • « Le jour de la victoire pour moi ce sera quand je me réveillerais et que ma mère me dirait « mon fils, tout est fini maintenant » confie un jeune adolescent

KHRKIV : Alina, Alex, Daniel, Kiril et Lilia sont âgés de 8 à 14 ans. Depuis le début de la guerre en Ukraine il y a deux mois, ils dorment avec leur famille à l'abri des bombes dans un grand parking souterrain à Kharkiv, dans l'est du pays.

La deuxième ville d'Ukraine - près d'1,5 million d'habitants avant la guerre - est visée chaque jour par des roquettes russes. Des frappes aléatoires, espacées, à toute heure du jour ou de la nuit, parfois meurtrières, et qui visent particulièrement des quartiers d'habitations du nord et du nord-est, près de la ligne de front.

Dans le parking souterrain froid et humide où ils s'abritent, les cinq enfants ont raconté à l'AFP comment ils ont vécu le début de la guerre, leur vie au quotidien, les bombardements et leurs espoirs de paix.

Voici leurs témoignages.

Alina, 9 ans: «La guerre se terminera, j'ai fait un voeu»

"Le 24 (février), j'avais très peur, je tremblais. La première nuit nous avons dormi sur des chaises, plus tard nos parents ont apporté des lits pour les enfants, donc les enfants dormaient sur des lits et nos parents sur des chaises.

Le premier jour ici, il n'y avait que deux bancs. Puis nous avons tout apporté: les couvertures, les oreillers, la vaisselle.

J'ai commencé à beaucoup pleurer: je m'inquiétais pour tout le monde, quand il y avait des bombardements ou des sirènes. Je suis surtout inquiète pour ma famille et mes amis, qui sont partis (de Kharkiv), pour ma grand-mère qui est partie récemment dans son village situé à 15 km de la Russie.

Je ne veux pas partir, car il y a ma famille, ma ville. Je suis née ici.

Le matin on a des cours en ligne, l'après-midi je fais mes devoirs et pour la nuit on vient ici.

Mon entraînement de kickboxing et mes cours de danse me manquent.

La victoire pour moi serait quand je serai très heureuse. La guerre ne se terminera pas tout de suite, mais dans quelques semaines, elle se terminera, j'ai fait un vœu.

Mon anniversaire c'était le 25 février. Je me suis réveillée, mes parents voulaient rentrer à la maison pour me faire de la cuisine, mais il y avait des bombardements. J'étais inquiète, je tremblais, c'était le jour de mon anniversaire, le deuxième jour de guerre, et on ne pouvait pas le fêter.

J'espère que je fêterai mon prochain anniversaire sous des feux d'artifice, mais pas comme ceux-là (les bombardements)".

Alex, 14 ans: «Je ne réalise toujours pas ce qui se passe»

"Au début, quelqu'un a appelé mon père et nous a dit de partir dans l'ouest de l'Ukraine ou ailleurs. Mon père ne voulait pas partir, il a dit que nous resterions à Kharkiv.

C'était effrayant la première semaine. Après on s'y est habitué. Le premier jour, nous sommes restés à la maison, on écoutait les informations. Puis mes parents ont vu que les gens commençaient à descendre ici (dans le parking sous-terrain). On s'y est installé aussi, on a apporté une table, des chaises pour faire des lits.

Au début, il y avait plein de monde, on ne pouvait pas se déplacer. Après, la moitié des gens sont partis, mais certaines personnes reviennent maintenant.

Mes amis, l'école, les entraînements de kickboxing me manquent.

En semaine, le matin, je rentre chez moi pour faire mes devoirs, puis je reviens ici pour déjeuner, jouer à des jeux, aux cartes, au téléphone... On s'y est habitué. Nos parents ne nous disent pas les détails de la guerre. Nous savons que des missiles frappent des bâtiments, des terrains de jeux. Nous savons que la guerre continue.

Je ne réalise toujours pas ce qui se passe, ni pourquoi. Je sais seulement que des gens meurent, que des missiles frappent des immeubles.

J'espère que ça va finir, que les présidents (ukrainien et russe) s'accorderont pour obtenir la paix".

Daniel, 13 ans: «Je pensais juste que ce n'était pas vrai»

"J'étais très nerveux quand ça a commencé. J'étais inquiet pour moi et pour mes parents. Je n'ai pas entendu les premiers bombardements. Ma mère m'a réveillé en disant: +Mon fils, il y a la guerre+. Je ne savais pas ce que nous allions faire, si nous allions partir, ou s'il y avait un abri anti-bombes. Je ne voulais pas partir, je voulais rester ici. J'étais inquiet, je ne comprenais pas bien ce qui se passait, je pensais juste que ce n'était pas vrai et que cela se terminerait le lendemain. Plus tard, j'ai réalisé que ça ne se terminerait pas le lendemain.

Quand nous sommes arrivés ici, il y avait trop de monde, je pense que tout le monde (du quartier) est venu ici. Les premiers jours, on dormait sur des cartons.

Généralement, je me réveille, je prends mon petit-déjeuner, je joue avec des amis, je sors du bunker dehors pendant un moment.

Nous étudions en ligne, via Zoom, et nous faisons nos devoirs en "salle de classe" virtuelle. Mes camarades de classe, qui sont partis dans une autre ville (d'Ukraine) ou un autre pays, n'étudient pas en ligne: ils vont dans des écoles là où ils ont déménagé.

J'espère qu'il y aura la paix, pas d'explosions, de sirènes. Que tout sera calme.

Le jour de la victoire pour moi ce sera quand je me réveillerais et que ma mère me dirait +mon fils, tout est fini maintenant+.

Kiril, 13 ans: «Personne ne doit se battre»

"Je me suis réveillé (le 24 février) et j'ai cru que c'était un feu d'artifice: mais non ! J'ai appelé mes amis pour leur demander ce qui se passait. Tout le monde paniquait. Ma mère travaille dans un hôpital, elle a été appelée pour y aller.

Je suis venu ici avec un ami, mais c'était fermé. Mais après je suis revenu avec les parents. Il faisait totalement noir, c'était sale. Le lendemain, les gens ont apporté des canapés, c'est devenu plus confortable.

Avant (la guerre), je pouvais me promener dans un parc avec mes amis et mes parents, rendre visite à ma grand-mère. J'avais même prévu d'aller la voir, mais la guerre a commencé et tous les projets se sont effondrés. Je pensais que cela prendrait une semaine, mais maintenant cela fait déjà deux mois.

J'essaie toujours de trouver des moyens d'apporter quelque chose ici pour les gens. Beaucoup de gens ont peur, mais je n'ai pas peur, j'essaie de soutenir tout le monde, je connais tout le monde ici, donc je le fais pour eux, je veux être gentil.

Il est évident que nous devons vivre en paix, personne ne doit se battre. Un jour, ça finira quand même. Je veux que les présidents (ukrainien et russe) se parlent, qu'ils arrêtent (la guerre). Bien sûr, je voudrais que nous gagnions, que nous reprenions nos terres".

Lilia, 8 ans: «J'ai envie de respirer de l'air frais»

"Ma mère s'est réveillée quand ma grand-mère l'a appelée et lui a dit: +(Les Russes) ont commencé à tirer+. J'ai entendu ça et j'ai eu très peur, je pleurais. Plus tard, à 6 heures du matin, nous sommes venus chez grand-mère - elle habite ici -, puis nous avons entendu que des gens allaient au bunker (le parking), nous les avons rejoints. Il y avait 200 personnes le premier jour, il faisait très froid. Les parents nous ont fabriqué un lit. Nous dormons ici depuis le premier jour, il faisait très, très froid avant.

On respire beaucoup de poussière. Je n'aime pas ça, j'ai envie de respirer de l'air frais.

Je pensais que dans ma vie, il n'y aurait jamais la guerre. Avant, je prenais des cours de danse et de patinage artistique; maintenant, je ne peux plus le faire.

Je pense que nous fêterons nos anniversaires, le mien, celui d'Alex, d'Alina... Nous ferons des barbecues, tout le monde sera avec nous. Ce sera la fin de la guerre pour moi".

Dans le Donbass, le «petit carnet de guerre» de Mykola, «pour l'Histoire»

De sa maison-tourelle de Lyssytchansk, dans le Donbass, posté avec ses jumelles face aux positions russes, Mykola tient depuis 58 jours son «petit carnet de guerre». En haut à droite, la date. En-dessous, centré, chaque jour, ces mêmes deux premiers mots: «Nous tenons !»

L'écriture d'écolier, de jolis caractères cyrilliques bien liés, remplit chaque page de ce cahier. Cet Ukrainien de 67 ans, belle prestance et barbe grisonnante, tient ce journal parce qu'il aurait aimé que sa mère fasse la même chose depuis cette même maison pendant la Seconde guerre mondiale, «pour l'Histoire», dit-il.

«Selon la date, j'écris ce qui s'est passé et à quelle heure. Je suis très détaillé et ne m'en tiens qu'à la vérité (...) Par exemple, aujourd'hui à 8h20, les tirs ont cessé et je l'écris aussi, vous voyez?»

La veille : «Tirs de Smerch (des lance-roquettes, ndlr) sur Severodonetsk». «Des obus sur le marché, la boulangerie Iermolovskaïa est détruite». «23h00 calme».

Mykola - c'est son prénom - a installé au dernier étage de sa maison un confortable point d'observation, où il peut passer des heures, avec une petite peau de mouton sur le rebord de la fenêtre pour caler ses coudes, et ses jumelles dernier cri pour observer les manoeuvres des uns et des autres.

De là, il a une vue dégagée sur toute la plaine verdoyante, au-delà de la rivière Donets, et sur ce front, principale ligne d'offensive des troupes russes dans l'est de l'Ukraine, qui espèrent percer la poche qu'ils ont prise en étau depuis deux semaines.

Par beau temps et quand les obus marquent le pas, l'énergique retraité monte sur son toit où il a bricolé une plateforme d'observation avec quelques planches de bois.

Un petit drapeau ukrainien flotte au vent, au nez des Russes et des voisins.

- 58 pages -

Dans une ville divisée, où une partie de la population qui se considère ethniquement russe ne verrait pas d'un mauvais oeil passer sous contrôle de Moscou, le patriote ukrainien veut croire à une possible victoire ukrainienne, alors que les Russes se rapprochent de jour en jour.

«Je sais qu'ici, dans le Donbass, il n'y a pas vraiment d'Ukrainiens de sang» affirme-t-il, déroulant l'histoire complexe de sa région, annexée par les bolcheviques, affamée durant l'Holodomor de 1932-33 et repeuplée par Staline d'ouvriers russes après 1945, avant de prendre la désindustrialisation de plein fouet après 1991.  

L'ancien ingénieur en électro-mécanique feuillette son journal de guerre: les 58 pages remplies, et une centaine encore blanches.

Après la Pâque orthodoxe - pour laquelle il ne s'attendait à aucune trêve car «ces gens-là n'ont rien à faire de la religion» -  les Russes «vont probablement accélérer l'offensive, essayer de lancer plus de missiles», prédit-il, intensifiant son regard bleu cristal.

«Le 1er mai», pointe-t-il sur le carnet, «on aura peut-être une pause, ils seront complètement souls», avance-t-il, en référence à la Fête du travail, célébrée dans le monde ex-soviétique en famille, souvent autour du premier barbecue de l'année.

Et qu'attend-il pour le 9 mai, date sacrée pour Moscou de la victoire de la «Grande guerre patriotique», que certains voient comme un possible tournant dans l'offensive lancée par le président russe Vladimir Poutine?

«Leurs généraux vont aller à la télé raconter n'importe quoi», pronostique-t-il.

- Résistant, mais sans réseau

Dans sa grande maison familiale de trois étages, toute soviétique avec sa décoration des années 1950, il n'y a plus que lui.

Mykola vit dans la solitude au milieu de ses souvenirs. Ses albums photos avec les parties de chasse en famille, ses titres de propriétés donnés par le tsar à ses arrières-grands-parents, ses vinyles de musique folk, ses collections de timbres... 

Dans la «cuisine d'été», collée à la maison, il fait chauffer l'eau pour le thé. «Noir, vert ou aux baies»? Le retraité ne manque de rien. Il a de quoi tenir «toutes les guerres», dit-il sans jamais se départir de son sourire.

Dans son cabinet de travail, au milieu des cartes dépliées du Donbass, un poste de radio à antenne fait entendre les consignes martelées par une speakerine de la radio ukrainienne.

«Si les Russes arrivent, vous devez prendre les armes, résistez. Si vous ne le faites pas, voilà comment ca se passera: les hommes seront tués, les femmes violées et les autres déportés en Russie».

L'ancien chasseur s'est posé la question de ce qu'il ferait dans ce cas de figure, peut-être imminent. «Je resterai jusqu'au bout», dit-il.

Si Lyssytchansk passe sous contrôle russe, Mykola se verrait bien «organiser la résistance». Un obstacle cependant: il n'a pas de réseau sur son téléphone.

«On m'a parlé de rejoindre des groupes sur Signal ou Telegram, mais je ne sais pas comment ça marche tout ca», dit-il, avant de retourner à ses jumelles et son carnet.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.