L'OPEP + affirme qu'elle veillera à ce que les prix du pétrole ne chutent pas à nouveau

L'OPEP + devrait réduire en janvier sa production de 2 millions de barils par jour (b/j), contre 7,7 millions de b/j actuellement. (AFP)
L'OPEP + devrait réduire en janvier sa production de 2 millions de barils par jour (b/j), contre 7,7 millions de b/j actuellement. (AFP)
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Publié le Vendredi 16 octobre 2020

L'OPEP + affirme qu'elle veillera à ce que les prix du pétrole ne chutent pas à nouveau

  • Le secrétaire général a déclaré que le groupe ferait le point sur sa politique lors de la réunion ministérielle du mois prochain
  • Il a ajouté que la demande connaissait une reprise plus lente que prévu

LONDRES: L’alliance de l’OPEP + veillera à ce que les prix du pétrole ne chutent pas brutalement, lorsqu’elle se réunira pour définir sa politique, à la fin du mois de novembre, a déclaré jeudi le secrétaire général de l’OPEP, ajoutant que la demande connaissait une reprise plus lente que prévu.

«Je tiens à vous assurer que l’OPEP, ainsi que les pays non OPEP continueront à faire ce qu’il faut, en veillant à ne pas retomber à ce niveau quasiment historique que nous avons connu», a déclaré Mohammad Barkindo.

Barkindo répondait à une question, lors de l’Energy Intelligence Forum (Forum de l’Intelligence Energétique) sur la possibilité d'une augmentation prévue de la production de pétrole à partir de janvier par l'OPEP +, un groupe qui comprend les pays membres de l'OPEP, la Russie, ainsi que d'autres Etats membres.

«Nous devons être réalistes sur le fait que cette reprise ne s'accélère pas au rythme auquel nous nous attendions précédemment au cours de l'année», a-t-il déclaré. «La demande elle-même semble toujours assez faible.»

Une réunion technique du comité de l’OPEP + a eu lieu jeudi pour discuter de la conformité au niveau des réductions de pétrole et des principes fondamentaux du marché.

Le groupe a respecté à 102% la conformité avec ses réductions en septembre, ont déclaré à Reuters deux sources au sein de l'OPEP +.

Des pays comme l'Irak, le Nigéria et les EAU, qui n'avaient pas respecté leurs engagements, ont été invités à procéder à des réductions supplémentaires jusqu'à la fin de l'année pour compenser les écarts.

Barkindo a déclaré que le système de compensation fonctionnait bien.

L'OPEP + devrait réduire en janvier sa production de 2 millions de barils par jour (b/j), contre 7,7 millions de b/j actuellement.

Barkindo a affirmé que lorsque l'OPEP + tiendra ses réunions ministérielles les 30 novembre et 1er décembre, elle fera le bilan de toute l'année pour prendre la décision de maintenir le cap ou de modifier sa politique.

Mardi, le ministre de l'Énergie des Émirats Arabes Unis avait déclaré lors du même événement que l'OPEP + s'en tiendra à ses plans visant à réduire la production de pétrole à partir de janvier.

Cela se produit alors que certains pays européens relancent les couvre-feux et les confinements pour tenter de contenir l'augmentation des cas de coronavirus, la Grande-Bretagne devant imposer des restrictions plus strictes à Londres à partir de vendredi minuit.

Un tiers de la population française a été soumis à un couvre-feu nocturne pour lutter contre l’augmentation du nombre d’infections.

L’Inde, troisième plus gros consommateur de pétrole au monde, est en passe de dépasser les États-Unis avec le plus grand nombre d’infections au coronavirus dans le monde, et se prépare à une recrudescence des cas dans les semaines à venir alors qu’elle entre dans sa principale saison de fêtes.

«Si la demande s'affaiblit sensiblement, l'OPEP + n'aura d'autre choix que d'annuler son augmentation de production si elle ne veut pas risquer une nouvelle offre excédentaire et une nouvelle chute des prix», a déclaré la Commerzbank.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La BCE va entamer la «seconde mi-temps» de sa politique monétaire, selon Villeroy de Galhau

François Villeroy de Galhau, patron de la Banque de France (Photo, AFP).
François Villeroy de Galhau, patron de la Banque de France (Photo, AFP).
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  • La BCE a relevé brusquement ses taux directeurs depuis juillet afin de lutter contre une inflation qui atteint des records
  • Actuellement, le taux principal s'élève à 1,5%

PARIS: Pour le patron de la Banque de France François Villeroy de Galhau, il est temps pour la Banque centrale européenne d'entamer la "seconde mi-temps" de sa politique monétaire, et de procéder à partir de janvier à des hausses de taux directeurs plus "flexibles".

La BCE a relevé brusquement ses taux directeurs depuis juillet afin de lutter contre une inflation qui atteint des records en zone euro: 10,6% en octobre.

Le patron de la Banque de France estime qu'à la réunion de la BCE "du 15 décembre, nous devrions terminer la première mi-temps, de normalisation" de la politique monétaire, après plusieurs années de taux exceptionnellement bas, proches de zéro voire négatifs depuis 2016.

"Nous discuterons autour de Christine Lagarde (la présidente de la BCE, ndlr) et je pense que la bonne mesure serait de relever les taux d'intérêt pour arriver autour de 2%, un taux plus normal au regard des niveaux passés", a-t-il déclaré lors d'une émission de la chaîne d'information en continu LCI.

Actuellement, le taux principal s'élève à 1,5%. M. Villeroy de Galhau se positionne donc en faveur d'un relèvement des taux de 0,50 point de pourcentage à l'issue de la prochaine réunion de décembre.

Pour lui, la réunion de décembre sera "un point d’inflexion, pas un point d’arrêt". Il imagine ensuite une "deuxième mi-temps où les hausses de taux vont continuer, mais à un rythme moins rapide et plus flexible --disons des passes plus courtes", a-t-il expliqué pour filer la métaphore footballistique, tandis que l'équipe de France disputait dans le même temps un match contre la Pologne pour accéder au quart de finale de la Coupe du Monde.

Il a aussi évoqué la réduction du bilan de la BCE, c'est-à-dire la réduction des achats d'actifs sur les marchés financiers par l'institution.

Ces "injections de liquidités dans l'économie" ont été fortement "augmentées en 2021" puis "stabilisées en 2022". "Nous discuterons le 15 décembre de les réduire (...), mais il faut le faire prudemment et progressivement", selon le patron de la Banque de France.


La croissance du commerce d'armes ralentie par des problèmes d'approvisionnement, selon un rapport

Les 100 plus grandes entreprises d'armement ont vendu des armes et des services destinés au secteur militaire pour un total de 592 milliards de dollars en 2021 (Photo, Reuters).
Les 100 plus grandes entreprises d'armement ont vendu des armes et des services destinés au secteur militaire pour un total de 592 milliards de dollars en 2021 (Photo, Reuters).
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  • Les problèmes d'approvisionnement devraient s'aggraver avec la guerre en Ukraine
  • Dans le même temps, les ventes des huit plus grandes entreprises chinoises d'armement ont grimpé de 6,3% en 2021

STOCKHOLM: La vente d'armes et de services destinés au secteur militaire a augmenté en 2021, toutefois affectée par des problèmes d'approvisionnement liés à la pandémie et la guerre en Ukraine qui devrait à la fois amplifier ces difficultés et stimuler la demande, selon un nouveau rapport publié lundi.

Selon le rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les 100 plus grandes entreprises d'armement ont vendu des armes et des services destinés au secteur militaire pour un total de 592 milliards de dollars (environ 562 milliards d'euros) en 2021, soit une augmentation de 1,9% par rapport à 2020.

Cette croissance a cependant été sévèrement affectée par des problèmes généralisés sur la chaîne d'approvisionnement.

"L'impact durable de la pandémie commence vraiment à se manifester dans les entreprises d'armement", a déclaré à l'AFP Nan Tian, chercheur au SIPRI et co-auteur du rapport.

Des problèmes en termes de pénurie de main-d'œuvre et d'approvisionnement en matières premières ont "ralenti la capacité des entreprises à produire des systèmes d'armement et de les livrer à temps".

"Ce que l'on voit réellement, c'est une croissance possiblement plus lente que ce que beaucoup avait prévu dans la vente des armes en 2021", a-t-il souligné.

Les problèmes d'approvisionnement devraient s'aggraver avec la guerre en Ukraine, notamment "parce que la Russie est un grand fournisseur de matières premières utilisées dans la production d'armes", selon les auteurs du rapport, mais aussi parce que ce conflit a entraîné une hausse de la demande.

Il reste pourtant difficile d'évaluer le niveau de cette hausse selon Nan Tian, qui dépend à la fois du besoin des pays ayant aidé l'Ukraine avec des armes de reconstituer leurs stocks et de l'aggravation de l'environnement sécuritaire, signifiant que "les pays cherchent à se procurer plus d'armes".

Bien que les entreprises américaines dominent toujours le marché mondial de la production d'armes, représentant plus de la moitié des ventes globales (soit 299 milliards de dollars), les États-Unis sont la seule région dans le monde ayant connu une baisse de ses ventes par rapport à 2020.

Parmi les cinq plus grosses entreprises du marché - Lockheed Martin, Raytheon Technologies, Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics - seule Raytheon a vu ses ventes croître.

Dans le même temps, les ventes des huit plus grandes entreprises chinoises d'armement ont grimpé de 6,3% en 2021, à 109 milliards de dollars.

Les entreprises européennes, qui représentent maintenant 27 des 100 plus grandes entreprises, totalisent un chiffre d'affaires de 123 milliards de dollars, soit une hausse de 4,2% par rapport à 2020.

Le rapport note également une tendance chez les sociétés d'investissement privé à acheter des entreprises d'armement, une évolution que les auteurs du rapport estiment plus visible ces trois ou quatre dernières années.

Selon eux, cette tendance menace de rendre l'industrie de l'armement plus opaque et donc plus difficile à tracer.

"Car ces sociétés d'investissement privé vont acheter ces entreprises et pratiquement plus produire de données financières publiques", explique Mr Tian.


Subventions américaines: UE et Etats-Unis doivent «se coordonner»

Le ministre français de l'Industrie Roland Lescure s'exprime lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 29 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Industrie Roland Lescure s'exprime lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 29 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • L'UE doit prendre des mesures de «rééquilibrage» pour aplanir les «distorsions» de concurrence causées par l'IRA
  • Ce plan prévoit entre autres des réformes favorisant les entreprises implantées aux Etats-Unis, notamment dans les secteurs des véhicules électriques, des batteries, de la tech, des énergies renouvelables

PARIS: Europe et Etats-Unis doivent "se coordonner" pour éviter une coûteuse course aux subventions et jouer sur un pied d'égalité, a estimé dimanche le ministre français de l'Industrie, interrogé sur l'Inflation Reduction Act (IRA) américain, critiqué par Emmanuel Macron lors de sa visite aux Etats-Unis.

"Il faut que l'on évite la course à l'échalote (...) des subventions maximales qui font qu'on se retrouve en concurrence au détriment de nos finances publiques", a déclaré Roland Lescure au cours de l'émission Questions politiques de France Inter/France Télévisions/Le Monde.

"Il faut que la concurrence soit forte et loyale, donc on a besoin de se coordonner pour s'assurer qu'on est sur un terrain de jeu qui est juste", en ce qui concerne notamment les subventions à l'installation d'usines, a-t-il poursuivi.

L'Union européenne s'inquiète depuis plusieurs mois des effets de l'IRA, plan de 420 milliards de dollars du président américain Joe Biden largement consacré au climat et adopté l'été dernier, au cœur d'une visite officielle d'Emmanuel Macron outre-Atlantique ces derniers jours.

Ce plan prévoit entre autres des réformes favorisant les entreprises implantées aux Etats-Unis, notamment dans les secteurs des véhicules électriques, des batteries, de la tech, des énergies renouvelables ou encore de l'hydrogène.

Si une usine qui s'installe en France a bien des subventions, "le problème c’est l'échelle de niveaux, bien plus importants aux Etats-Unis qu'en Europe" avec des "dispositions un peu plus rapides et efficaces que les nôtres", constate le ministre.

Et concernant les subventions à l'achat, pour "un véhicule électrique aux Etats-Unis vous avez 7 000 dollars de prime mais il faut qu’il soit américain jusqu’au circuit électrique", "en France vous avez 6 000 ou 7 000 euros selon votre niveau de revenu et le véhicule peut venir de Chine", fait-il remarquer, ajoutant que sur ce point Europe et Etats-Unis étaient "déjà en train de discuter" de possibles exemptions.

"On a été naïf, il y a aujourd'hui en Chine et aux Etats-Unis des dispositions qu'il faut qu'on intègre dans notre politique européenne", a déclaré M. Lescure, soulignant notamment le peu de critères permettant de "privilégier les achats européens" pour les appels d'offres publics.

"Sans fermer les frontières" afin de préserver les marchés de l'Europe, plus exportatrice que les Etats-Unis, ajoute-t-il.

L'UE doit prendre des mesures de "rééquilibrage" pour aplanir les "distorsions" de concurrence causées par l'IRA, a estimé dimanche la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tandis que le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, appelait à la création d'un "fonds européen de souveraineté pour soutenir des projets industriels".