Algérie: Polémique autour du décès d’un hirakiste en prison

Hakim Debbazi a été arrêté le 22 février 2022 et a été placé en détention provisoire à la prison de Kolea, jusqu’à sa mort (Photo, Facebook - Hakim Debbazi).
Hakim Debbazi a été arrêté le 22 février 2022 et a été placé en détention provisoire à la prison de Kolea, jusqu’à sa mort (Photo, Facebook - Hakim Debbazi).
Short Url

Algérie: Polémique autour du décès d’un hirakiste en prison

  • Amnesty International appelle les autorités algériennes à ouvrir une enquête
  • «La demande de sa libération provisoire en raison de son état de santé déjà préoccupant a été rejetée»

ALGER: La mort d'un détenu d’opinion prisonnier en Algérie suscite la colère de l’opinion publique. Plusieurs organisations des droits humains, notamment La Ligue Algérienne des droits de l'homme, ont également exhorté les autorités algériennes à ouvrir une enquête. 

Hakim Debbazi, âgé de 55 ans, père de 3 enfants de Hadjout dans la wilaya de Tipaza, est décédé le 24 avril 2022. Certains internautes prétendent que la véritable date de son décès remonterait au 18 avril et qu’elle n’a été annoncé à sa famille qu’une semaine plus tard.

Comme l’assure Karim Tabbou, journaliste et figure du Hirak lui-même, incarcéré à plusieurs reprises. Ce dernier a tenu à rendre un dernier hommage au défunt dans un communiqué. « Le 18 avril dernier, Hakim Debbazi décéda à la prison de Koléa où il a été arbitrairement incarcéré pour de fallacieux prétextes. Les autorités ont annoncé à sa famille qu'Hakim est décédé des suites « d’un arrêt cardiaque dû à une grave déficience respiratoire » annonce le porte-parole de l'Union démocratique et sociale (UDS).

Dans ce même communiqué, il accuse le gouvernement d’être responsable de ce décès « Bien sûr que le pouvoir demeure et demeurera le seul et unique responsable de sa mort. Il répondra demain de toutes ces turpitudes et forfaitures. L’ombre de Debbazi, même mort, hantera l’esprit de tous ceux qui de près ou de loin ont provoqué cette tragique disparition. », fustige-t-il. 

Le détenu politique algérien Hakim Debbazi, militant pacifique et partisan fidèle du mouvement de contestation populaire «Hirak», a été déclaré mort ce dimanche à la prison de Kolea, dans la wilaya de Tipaza (qui se situe à 36 km à l'ouest de l'Alger), selon la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), qui a réclamé une investigation approfondie des circonstances de sa mort. 

Le vice-président de l'association, Saïd Salhi, a souligné sur sa page Facebook que la ligue «suit ce dossier de près», appelant les autorités judiciaires à déterminer immédiatement les responsabilités et à révéler toute la vérité.

L’activiste a également précisé que ce militant du mouvement hirakiste a été arrêté le 22 février 2022 et, depuis, est placé en détention provisoire à la prison de Kolea, expliquant que «la demande de sa libération provisoire en raison de son état de santé déjà préoccupant a été rejetée». 

«Le regretté fait partie des militants qui ont été condamnés par la justice algérienne à des peines de prison en raison de leurs publications sur des réseaux sociaux tels que Facebook.» explique Saïd Salhi. 

Sur les réseaux sociaux, la colère gronde face à ce drame : «Hakim Debbazi est jeté en prison ou il y restera sans procès jusqu'à sa mort. Ce jeune homme qui aspirait à une vie décente pour ses trois enfants n'avait sur ce réseau social qu'une centaine d'amis, il ne méritait pas la prison», s’indigne un internaute. 

D’après le Comité national de libération des détenus (CNLD),d’innombrables individus accusés de plusieurs chefs d'inculpation, dont l'atteinte à la sûreté de l'État et à l'intégrité territoriale, et des actes de sabotage, « croupissent actuellement dans les prisons algériennes dans des conditions précaires ».

De plus, Amnesty International appelle les autorités algériennes à ouvrir une enquête «indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort de Hakim Debbazi survenue, hier, à la prison de Kolea. Les conclusions de l’enquête doivent être rendues publiques.»

Et d’ajouter «Amnesty international rappelle que la détention provisoire devrait rester exceptionnelle selon la législation nationale. Nous exhortons les autorités à libérer les personnes en détention provisoire en attendant leurs procès pour éviter l’irréparable.»

La multiplication de ces requêtes n’ont pas trouvé d’écho du côté des autorités compétentes, qui, pour le moment, n’ont pas fourni d’explications sur ce drame. 

Le militant a été enterré à Hadjout, sa ville natale, où plusieurs militants ont tenu à accompagner la procession funéraire.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

Short Url
  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.