La RATP retire des bus électriques Bolloré de la circulation après deux incendies à Paris

Un autobus électrique de la ligne 71 a pris feu vers 08H05 vendredi à proximité de l'arrêt Bibliothèque François-Mitterrand, dans le XIIIe arrondissement de la capitale (Photo, AFP).
Un autobus électrique de la ligne 71 a pris feu vers 08H05 vendredi à proximité de l'arrêt Bibliothèque François-Mitterrand, dans le XIIIe arrondissement de la capitale (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

La RATP retire des bus électriques Bolloré de la circulation après deux incendies à Paris

  • Le 4 avril, un incendie s'était déclaré pour une raison indéterminée à bord d'un autobus électrique similaire alors qu'il circulait boulevard Saint-Germain, dans le Ve arrondissement
  • Personne n'avait été blessé mais le véhicule avait été détruit

PARIS : La RATP a retiré de la circulation vendredi, "par mesure de précaution", 149 autobus électriques fournis par Bolloré, soit près d'un tiers de sa flotte électrique, après deux incendies en pleine rue à Paris.

Un autobus électrique circulant sur la ligne 71 a pris feu vers 08H05 vendredi avenue de France à proximité de l'arrêt Bibliothèque François-Mitterrand, dans le XIIIe arrondissement de la capitale.

Une impressionnante vidéo, tirée d'une caméra de surveillance, montre le bus à l'arrêt, en retrait de son terminus, avec la mention "Sans voyageur". Une petite explosion agite le toit, suivie d'un dégagement de fumée puis d'un véritable feu d'artifice, avec une colonne de flammes qui s'élève vers le ciel. Tout se passe très vite.

"Le machiniste a été pris en charge par son encadrement", a indiqué la RATP dans un communiqué, précisant que l'incendie n'a pas fait de blessé.

"Cependant, s'agissant du deuxième incendie sur un bus électrique récent d'une même série Bluebus 5SE de la marque Bolloré en moins d'un mois, la RATP a pris la décision par mesure de précaution, en liaison avec Ile-de-France Mobilités, de retirer temporairement de l'exploitation les 149 bus électriques de cette série", a-t-elle annoncé.

Le 4 avril, un incendie s'était déclaré pour une raison indéterminée à bord d'un autobus électrique similaire alors qu'il circulait sur la ligne 86 boulevard Saint-Germain, dans le Ve arrondissement. Personne n'avait été blessé mais le véhicule avait été détruit.

Ce retrait, le temps de l'enquête, "est le choix le plus raisonnable, pour s'assurer qu'il n'y a pas de défaillance similaire sur d'autres véhicules", a réagi le ministère des Transports.

"Nous sommes en contact avec la RATP, et nous suivrons les résultats de l'enquête avec attention", a ajouté un porte-parole.

L'autorité régionale des transports Ile-de-France Mobilités, présidée par Valérie Pécresse, a immédiatement demandé à la RATP de faire "toute la lumière" sur ces incendies "et de prendre toutes les mesures de précaution nécessaires", selon une porte-parole.

Qualifiant l'incident de "préoccupant", l'Association des usagers des transports/FNAUT Ile-de-France a elle aussi réclamé dans un tweet des "actions correctrices rapides de la part du constructeur".

Demande d'expertise complète

"Ce n'est pas un sujet bus électrique, c'est un sujet bus Bolloré sur cette série", a assuré un porte-parole de la RATP.

Le groupe public dispose de 149 bus de ce modèle fourni par Blue Solutions, une société du groupe Bolloré. Son parc électrique comprend 500 véhicules fournis par Alstom, Bolloré et Heuliez (Iveco), sur 4.700 autobus au total, exploités depuis 2016 "sans incident majeur" jusqu'à présent. La Régie a par ailleurs commandé 451 bus électriques supplémentaires à Iveco, Bolloré et Irizar. 

"La RATP a demandé une expertise complète au constructeur Bolloré afin de donner les explications sur les causes de ces incidents et proposer un plan d'action pour permettre une remise en exploitation de ces bus en toute sécurité", a-t-elle expliqué dans un communiqué.

"Toutes les équipes de Bluebus sont mobilisées pour coopérer activement avec la RATP et les organismes compétents afin notamment de déterminer l'origine du sinistre", a réagi la filiale de Bolloré dans un bref message à l'AFP.

Vendredi matin, l'incendie a dégagé une épaisse fumée noire et une forte odeur de plastique brûlé dans le quartier, a constaté un journaliste de l'AFP. Une trentaine de pompiers et une quinzaine d'engins ont été dépêchés pour éteindre l'incendie, selon les pompiers de Paris.

"Les sapeurs-pompiers sont très rapidement intervenus", a confirmé la RATP, et par mesure de sécurité, la station Bibliothèque François Mitterrand, située à proximité, a été fermée pendant deux heures.

Des incendies de bus électriques sont régulièrement signalés dans la presse spécialisée, même s'ils restent rares. Ils surviennent généralement pendant le rechargement des batteries, la nuit, au dépôt. 

Un bus électrique sans passagers a pris feu vendredi matin à Carcassonne (Aude) au niveau d'un pont SNCF que le conducteur "a accroché" en voulant éviter un véhicule. "C'est sa batterie en lithium qui a pris feu", a indiqué la préfecture.

"Il n'y a pas eu de blessé, hormis le conducteur qui a dans un premier temps essayé d'éteindre les flammes et a été incommodé par les fumées", ont souligné les pompiers, cependant que le trafic ferroviaire a été interrompu pendant plusieurs heures sur l'axe Toulouse-Narbonne.


Le Parlement interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale des débats consacrés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025. (AFP)
Vue générale des débats consacrés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025. (AFP)
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  • La France adopte une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes et au 1er janvier 2027 pour les comptes existants
  • La loi impose une vérification de l'âge par les plateformes, mais suscite des critiques sur sa faisabilité, la protection de la vie privée et la liberté d'expression

PARIS: Le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, qui doit entrer en vigueur dès septembre pour protéger la santé des enfants et adolescents.

Après le Sénat dans l'après-midi, les députés ont adopté par 279 voix contre 81 cette réforme, promesse d'Emmanuel Macron et mesure phare de la fin de son mandat, très regardée par d'autres pays européens envisageant des législations similaires.

Le président de la République a immédiatement salué une "avancée majeure", se félicitant que la France "ouvre la voie".

L'entrée en vigueur de l'interdiction se fera en réalité en deux temps : dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, elle s'appliquera après "un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

"Nous allons, nous Français, tous devoir prouver notre âge pendant quatre mois. Si on a moins de quinze ans le compte va être fermé", a expliqué la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.

Alors que des parlementaires doutent de la possibilité de mettre en œuvre si rapidement l'interdiction, elle a martelé que celle-ci pourrait être "opérationnelle" dans les temps.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

- Vérification d'âge -

Les alertes se sont multipliées récemment sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention: anxiété, dépression, troubles du sommeil, harcèlement en ligne...

Concrètement, le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

Mais la manière dont sera mise en œuvre l'interdiction suscite de vives critiques.

"Comment croire sérieusement qu'en quelques semaines (...) un dispositif aussi complexe pourra être opérationnel? Qui procédera concrètement aux vérifications d'âge?", a lancé la sénatrice écologiste Mathilde Ollivier, dénonçant un texte d'"affichage".

Ces outils "existent", a martelé Anne Le Hénanff, citant par exemple France Identité, ou la filiale de La Poste Docaposte.

A Bruxelles, la Commission a également présenté en avril une application européenne de vérification d'âge. Des solutions privées sont aussi développées.

"C'est une immense part d'internet que vous allez soumettre à un contrôle d'identité", sans que l'on sache si l'application de vérification sera "publique ou privée", "française, européenne, américaine", a dénoncé à l'Assemblée le député insoumis Louis Boyard, dont le groupe a voté contre le texte.

Comme les insoumis, les socialistes saisiront le Conseil constitutionnel, a promis le député Arthur Delaporte, exprimant des craintes à la fois pour le "respect de la vie privée" et la liberté "d'information et d'expression" des mineurs.

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux -- finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen -- redoutent également une censure des Sages, a rappelé la rapporteure à la chambre haute, la centriste Catherine Morin-Desailly.

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction, pour les "encyclopédies en ligne" ou encore les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, la rapporteure Renaissance du texte à l'Assemblée, Laure Miller, précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). Le visionnage simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

- Législation européenne attendue -

D'autres avertissements ont été émis par les députés : sur les possibles contournements de l'interdiction ou les reports vers des plateformes encore moins régulées. Certains ont appelé à éduquer plutôt qu'à interdire.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont porté sur la formulation précise à adopter, finalement large et générale, pour que le texte soit conforme au droit européen.

Des parlementaires ont aussi regretté que le texte ne s'attaque pas directement aux algorithmes et logiques économiques des plateformes.

"Je partage la frustration", a déclaré la députée Miller, rappelant qu'il s'agissait de prérogatives européennes.

La Commission européenne a annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux. Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Laure Miller, la loi française sera ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.


La France convoque le chargé d’affaires iranien après une « action d’intimidation » contre son personnel diplomatique

La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
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  • Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée»
  • La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne »

PARIS: La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet.

Selon un communiqué du Quai d’Orsay, cette convocation est intervenue à la demande du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée».

La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne », qui garantissent la protection du personnel diplomatique et encadrent les relations entre les États.

Le Quai d’Orsay a également averti que cet « incident gravissime et inadmissible » ne resterait « pas sans conséquence », rappelant que le ministre Jean-Noël Barrot avait déjà évoqué cette affaire avec son homologue iranien la veille.

La France demande aux autorités iraniennes d’établir les circonstances de cet incident, d’en identifier et sanctionner les responsables, et de garantir la sécurité de ses représentations diplomatiques ainsi que de son personnel, conformément aux obligations internationales de l’Iran.


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).