Royal Air Maroc: Le désarroi des pilotes stagiaires menacés de poursuites judiciaires

Des membres de la Coordination des pilotes stagiaires de la RAM lors d'un sit-in devant le siège de la Royal Air Maroc à Casablanca. (Photo fournie)
Des membres de la Coordination des pilotes stagiaires de la RAM lors d'un sit-in devant le siège de la Royal Air Maroc à Casablanca. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 02 mai 2022

Royal Air Maroc: Le désarroi des pilotes stagiaires menacés de poursuites judiciaires

  • Avec la crise sanitaire, 105 pilotes stagiaires à la Royal Air Maroc ont été suspendus puis informés qu’ils devaient postuler dans l’une de ses filiales, Atlas Multiservices, qui n’est pas une compagnie aérienne
  • La RAM a expressément informé plusieurs des pilotes n’ayant pas accepté cette offre qu’ils devraient rembourser leurs crédits auprès des établissements bancaires, sous peine de poursuites judiciaires

CASABLANCA: Une terrible nouvelle a fait basculer l’existence de Karim, pilote cadet en formation à la Royal Air Maroc (RAM). Ses nerfs ont lâché d’un coup, au point de faire un AVC. Il a dû être hospitalisé d’urgence. Même s’il est parvenu à s'en sortir, Karim a des séquelles. Quant à son rêve de devenir pilote...il vient de s'évaporer. Et en prime, il risque la prison. 

Comme d’autres pilotes cadets - également appelés stagiaires -, il a vécu une période difficile depuis le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Mais ces longs mois d’attente se sont récemment transformés en descente aux enfers depuis les décisions prises par la compagnie nationale marocaine d’aviation, la RAM. 

La Royal Air Maroc, détenue à 53,94 % par l’État marocain, a subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), la compagnie a enregistré un manque à gagner de 50 millions de dirhams par jour (1 DH = 0, 095 euros), avec 5 millions de passagers en moins en 2020. Le groupe a d’ailleurs annoncé des pertes de 3,5 milliards de dirhams au titre du seul exercice clos le 31 octobre 2020.
 

Sous perfusion de l’Etat

Pour aider la RAM à traverser la crise liée à la Covid-19, le gouvernement marocain a prévu, à la mi-juillet 2020, un plan d’aide de 6 milliards de dirhams, qui sera débloqué en plusieurs tranches. Cette aide, qui faisait partie d'un budget révisé pour l’année 2020, comprenait un prêt garanti par l'État de 2,5 milliards de dirhams. Les 3,5 milliards de dirhams restants seront débloqués sous forme d’injections ponctuelles de capitaux et de subventions qui serviront à financer le bon fonctionnement de la RAM pendant trois ou quatre ans. On estime que la RAM restera déficitaire jusqu’en 2024. 

 

 

Le secteur aérien est l’un des secteurs qui a le plus souffert de la fermeture des frontières et du clouage forcé des avions dans les aéroports. Des milliers de personnes à travers le monde travaillant de près ou de loin avec le secteur ont perdu leurs emplois. Une quarantaine de compagnies de transport aérien ont dû tirer leur révérence. Le plus vieux voyagiste du monde, Thomas Cook a même fait faillite, faute de fonds nécessaire à sa survie. C’est pour dire!

Désillusion 

Parmi les victimes collatérales de cette crise, 105 pilotes cadets répartis sur 3 promotions ayant répondu à un appel d’offre de la RAM, qui cherchait à recruter ses futurs pilotes. Parmi des centaines de postulants, seule une poignée a été sélectionnée afin de poursuivre une formation de deux ans au sein de l’une des plus prestigieuses écoles d’aviation en Europe, l’École nationale de l’aviation civile de Toulouse (Enac).

Cette formation a un prix: entre 120 000 et 140 000 euros. Un montant exorbitant pour ces jeunes. La RAM a trouvé une solution à cet obstacle: les futurs pilotes doivent contracter un crédit bancaire pour débloquer cette somme, la RAM se portant garante auprès des établissements bancaires. Les pilotes en herbe remboursent ensuite ce crédit sur dix ans via des prélèvements sur leurs salaires de pilotes. Il s’agit là de la procédure normale de recrutement instaurée par l’avionneur marocain depuis 2016. 
Après la formation, les apprentis doivent se rendre au Maroc afin de passer le cap d’un stage pratique qui dure de six à douze mois selon les profils. C’est le cas de Yassir, 32 ans, l’un des 68 stagiaires. «Chaque pilote doit passer par ce stage au cours de sa carrière», a-t-il expliqué à Arab News en français. Pendant cette période, les futurs pilotes accomplissent des heures de vol, ce qui leur permet ensuite de signer un contrat à durée indéterminée (CDI) de pilote avec la compagnie aérienne. 

Sauf qu’avec la crise de la Covid-19, les événements prennent une autre tournure: les 68 stagiaires sont informés par la RAM qu’ils sont sous le coup d’une suspension, jusqu'à ce que le ciel se dégage. Même sentence pour les 37 autres pilotes cadets, qui venaient juste de commencer leur formation à l'Enac
 

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Capture d'écran d’une lettre de suspension reçue en août 2021. (Photo fournie)

Les stagiaires prennent leur mal en patience, mais les conséquences sont déplorables: la bourse mensuelle de 10 000 DH qui leur est versée durant le stage est gelée, ainsi que tous les autres avantages auxquels ils avaient droit. 

Et ce n’est qu’un début. «Alors qu’on attendait des nouvelles de la RAM, nous avons reçu une autre lettre qui stipulait que la suspension durerait deux ans», raconte Yassir. «Dans ces courriers, il est écrit noir sur blanc que dès que l’activité reprendrait, nous reprendrions notre formation avec les mêmes conditions», poursuit-il. 

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Capture d'écran de la deuxième lettre de suspension reçue en mars 2021. (Photo fournie)

Sauf qu’en décembre 2021, la RAM contacte les pilotes cadets de manière officieuse et les invite à une réunion non officielle. Les futurs pilotes en ressortent abasourdis par ce qu’on leur propose: ils doivent remplir une demande pour rompre leurs contrats avec la RAM et demander à être embauchés via une autre entité, une filiale de la RAM, Atlas Multiservices (AMS), filiale spécialisée dans le recrutement et l’embauche pour le compte du groupe et de tiers. Cette entité créée en 2006 s’occupe notamment en temps normal de recruter le personnel de nettoyage des cabines, mais ce n’est pas une compagnie aérienne.

La nouvelle proposition paraît douteuse, elle stipule une diminution estimée entre 50% et 60% de salaire, moins de jours de congés et surtout, les jeunes pilotes risquent de perdre leur licence internationale en signant avec cette filiale. «Un pilote n’a pas le droit d’être embauché par une entité autre qu’une compagnie aérienne», assure notre source. 

L’indignation est sur toutes les lèvres et lorsque notre interlocuteur interpelle le PDG de la RAM sur cette proposition, ce dernier aurait répliqué: «C’est ce qu’il y a sur la table, c’est à prendre ou à laisser, ce n’est pas négociable. En plus, il n’y a pas beaucoup de places, seuls les 30 premiers qui feront la demande seront servis», soutient notre source. Pire encore, si les pilotes cadets n'acceptent pas l’offre, RAM remboursera bien leurs crédits auprès des établissements bancaires, mais les poursuivra en justice. 

David contre Goliath

Yassir et ses camarades n’en reviennent pas, mais préfèrent ne pas croire aux menaces de RAM. Ils en prennent toutefois conscience, lorsque quatre de leurs collègues sont effectivement poursuivis en justice. 
«Étant donné que vous n’avez pas remboursé vos dettes en suspens relatives au prêt dont vous avez bénéficié et dont vous avez été notifié par la banque, ma cliente [la RAM] s’est trouvée obligée, en sa qualité de garante, de rembourser la banque en vertu du contrat de garantie.  Elle est en droit de vous réclamer la restitution de ce qu’elle a payé à votre place», indique le document consulté par Arab News en français. En cas de refus, les pilotes se heurtent «à tous les recours de justice qui seront engagés par les avocats de la partie adverse, à même de préserver et garantir ses droits».

Les hostilités sont clairement lancées. Un coup de massue sur la tête de ces jeunes, qui s'organisent rapidement en créant la Coordination des pilotes stagiaires de la RAM. Des pourparlers sont lancés, des sit-in organisés par les stagiaires, qui demandent à ce que la compagnie nationale respecte ses engagements. Ils sont prêts à travailler sans salaire, pourvu que ce soit avec la RAM. Mais rien n’y fait, la compagnie reste figée sur ses positions. 
 

Revenons à Karim, le jeune pilote cadet de 30 ans, victime d’un AVC qui ne pourra probablement plus piloter un avion. «De nombreuses rumeurs ont ponctué cette histoire, je n’arrivais pas à concevoir ce qui était en train de se passer», confie-t-il à Arab News en français.

«Lorsque j’ai appris que la RAM nous proposait de signer avec AMS, j’ai commencé à perdre espoir et à me rendre compte que mon futur allait être chamboulé», poursuit-il. «J'étais dans une situation de stress extrême, je ne tenais ni physiquement, ni psychiquement, jusqu'à ce que je fasse une hémorragie cérébrale. Je suis aujourd’hui considéré comme étant en situation de handicap. Les médecins sont formels, c’est le stress occasionné par cette histoire qui a eu raison de moi.»

On apprendra plus tard que Karim a dû être encore une fois hospitalisé en urgence à la suite d’un énième appel de sa banque qui lui demandait de régler ses impayés. 

Du côté de la RAM, c’est le silence radio. Arab News en français est entré en contact avec le directeur de la communication de la compagnie marocaine, afin qu’elle puisse clarifier sa position. Ce dernier nous a renvoyé vers une dépêche de l’Agence de presse nationale, la MAP, qui reprend la réponse faite par le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Mohammed Abdeljalil, à la Chambre des représentants. 

L’affaire trouve, en effet, un écho jusqu’au Parlement. Questionné le 25 avril 2022, sur ce dossier, le ministre a affirmé que «Royal Air Maroc a proposé, à partir de décembre 2021, un recrutement progressif d’un nombre de pilotes stagiaires au sein d’une filiale détenue à 100 % par la compagnie nationale» et que «la proposition de recrutement dans la filiale était en contrepartie de salaires équivalents à ceux proposés chez des compagnies internationales concurrentes, mais relativement inférieurs à leur niveau d’avant la pandémie». 

«On n’en serait pas là sans la crise sanitaire»

Mais le plus intéressant dans sa réponse, c’est qu’il affirme que la RAM ne doit pas nécessairement embaucher les stagiaires à l'issue de la formation. «La RAM a participé à la formation de ce groupe de pilotes à Toulouse en leur accordant sa garantie pour l’octroi de prêts tout en leur attribuant la priorité à l’emploi en cas de besoin. De leur côté, les pilotes stagiaires se sont engagés dans des documents signés à ce que la compagnie ne soit pas dans l’obligation de les embaucher à la fin de leur formation», déclare-t-il. Et d’ajouter, «on n’en serait pas là sans la crise sanitaire. Les salaires proposés sont très corrects, la société en question n’est pas une société de sous-traitance, c’est une entreprise détenue à 100% par la RAM». Des propos en complète contradiction avec ce qu'affirment les pilotes cadets.

Réagissant à l’intervention du ministre, la Coordination des pilotes stagiaires de la RAM explique à Arab News en français que le document évoqué par le ministre «stipule que le pilote stagiaire peut être embauché en priorité pendant trois ans et que cette priorité ne constitue pas une promesse d’embauche. Mais il est aussi écrit que si la RAM décide de ne pas embaucher le pilote stagiaire, elle doit lui garantir cinq-cents heures de vol pour qu’il puisse intégrer le marché du travail et rembourser ce crédit». 

Par ailleurs, la Coordination affirme que dans une lettre signée (voir ci-dessous), à l’intention de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), datée du 17 mars 2017 et signée par PDG de la RAM, ce dernier affirme que «les élèves sélectionnés et ayant suivi le cursus complet de formation au sein de l’Enac seront garantis d’une embauche au sein de la RAM».
 

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Capture d'écran d'un extrait de la lettre du PDG de la RAM à l’intention de l’AMPL. (Photo fournie) 

Il faut toutefois signaler que l’AMPL a été dissoute le 29 juin 2021 à la suite d’un bras de fer avec la RAM. Cette dernière avait poursuivi l’association et requis sa dissolution et la nullité de toutes les conventions signées avec elle. Le juge a retenu la dissolution, mais pas la nullité, comme a pu le vérifier Arab News en français dans le document du jugement fourni par la Coordination. 

Sollicité à nouveau par Arab News en français à propos de cette lettre, le directeur de la communication de la RAM, n’a pas souhaité répondre à nos questions.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.