Le tollé provoqué par une émission de télévision saoudienne pointe du doigt la désinformation médicale

Des affirmations douteuses relatives à la santé inquiètent les spécialistes. (Shutterstock)
Des affirmations douteuses relatives à la santé inquiètent les spécialistes. (Shutterstock)
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Publié le Samedi 30 avril 2022

Le tollé provoqué par une émission de télévision saoudienne pointe du doigt la désinformation médicale

  • La divergence d’opinion portait sur les conséquences de la consommation de grandes quantités d’eau pendant le mois de jeûne
  • La solution au problème serait que les autorités sanitaires s’engagent plus étroitement avec les médias et les plates-formes numériques

DJEDDAH: La désinformation en matière de santé publique constituait une préoccupation majeure lors de la pandémie de Covid-19, période durant laquelle des questions telles que les mesures de confinement, le port du masque et les vaccins se sont avérées profondément polarisantes, de nombreuses personnes mettant en doute leur fondement scientifique.

Contrôler ce que les médecins et autres professionnels de la santé disent dans le domaine public n’est pas une tâche facile, en partie parce que les conseils et les organismes de réglementation mis en place pour enquêter sur les erreurs médicales présumées ont été créés bien avant l’avènement des réseaux sociaux.

Étant donné que les individus s’intéressent de plus en plus à leur santé et à leur bien-être, la demande de conseils auprès d’experts médicaux à la télévision et sur les réseaux sociaux a augmenté, ce qui leur confère des plates-formes influentes leur permettant d’évaluer les directives officielles.

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Statuette d’Hippocrate. (Shutterstock)

Un récent incident à la télévision saoudienne a mis ce phénomène en lumière, suscitant de nouveaux appels en faveur d’un contrôle plus strict de la diffusion d’opinions et de théories personnelles dans les médias et sur les plates-formes numériques, et peut-être même de nouvelles directives en matière d’éthique médicale.

Serait-il temps d’adopter un serment d’Hippocrate pour l’ère numérique?

Il y a quelques semaines, le Dr Saud al-Shehri, médecin de famille réputé et invité fréquent de la chaîne d’information officielle saoudienne Al-Ekhbariya, a fait sensation lors d’une apparition dans le programme Al-Rased, où il a abordé les conséquences sur la santé de la consommation de grandes quantités d’eau.

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Le Dr Saud al-Shehri. (Photo fournie)

En ce qui concerne les questions diététiques liées au jeûne du mois sacré de ramadan, le Dr Al-Shehri a expliqué que les personnes qui consomment cinq bouteilles d’eau de 200 ml ou plus en une heure peuvent souffrir d’une maladie appelée intoxication à l’eau ou empoisonnement à l’eau.

Cette affirmation n’aurait peut-être pas reçu un accueil aussi sceptique si elle avait été faite par une personne sans formation médicale. Cependant, vu que la source était un professionnel de la santé respecté, ayant un nombre important d’abonnés sur Twitter et YouTube, les commentaires ont naturellement attiré une attention considérable en ligne.

De nombreux membres de la communauté médicale saoudienne ont minimisé ou contesté l’avertissement du Dr al-Shehri. Bien que l’empoisonnement à l’eau soit une maladie réelle, connue sous le nom d’hyponatrémie, elle n’est pas provoquée par la consommation rapide d’un seul litre.

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Il est recommandé aux personnes qui jeûnent de boire beaucoup d’eau, en particulier pendant les mois d’été. (Photo Shutterstock)

Il est recommandé aux musulmans qui rompent leur jeûne de boire beaucoup d’eau pour éviter les conséquences bien plus dangereuses de la déshydratation. Pourtant, les scientifiques estiment que les effets de l’abstinence d’eau pendant le jeûne du ramadan sont négligeables.

Une étude de 2012 intitulée «L’hydratation et la performance pendant le ramadan», publiée dans leJournal of Sports Sciences, révèle que la perte d’eau pendant le jeûne ne constituerait que 1 à 2% de la masse corporelle.

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La perte d’eau pendant le jeûne ne constituerait que 1 à 2% de la masse corporelle, selon une étude de 2012. (Photo)

Le Conseil de médecine légale du ministère saoudien de la Santé est l’organe juridique désigné pour suivre les plaintes pour erreur médicale déposées par le ministère de la Santé ou par de simples citoyens.

S’adressant à Arab News, Rayan Mufti, avocat et conseiller juridique, a déclaré que le conseil d’administration devrait jouer un rôle actif, non seulement en contrôlant les propos des médecins mais aussi en demandant des comptes à ceux qui dispensent des conseils médicaux sur des plates-formes publiques, afin d’éviter des conséquences potentiellement néfastes.

«Dans ce cas, le médecin a donné son opinion personnelle qui n’est pas fondée sur la recherche médicale ou sur une règle médicale générale», a souligné M. Mufti.

«Il s’agit de l’erreur médicale supposée, et le ministère de la Santé est le principal organe juridique faisant autorité qui devrait donner suite à de tels cas. En effet, cela est considéré comme une erreur médicale de la part du médecin, puisqu’il a donné des conseils qui ne relèvent pas de sa spécialisation médicale.»

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La lutte contre la propagation de la désinformation nécessite une approche sur plusieurs fronts, en contrant la désinformation par un contenu crédible et partageable, explique l’avocat Rayan Mufti. (Photo fournie)

Le Dr al-Shehri n’a pas pu être joint par Arab News pour un commentaire.

Cette controverse est emblématique d’un problème qui dépasse les frontières nationales et culturelles: les avis médicaux sont souvent diffusés sans être contestés sur des plates-formes médiatiques importantes, ce qui peut fausser les messages d’intérêt public sur la santé et, comme dans le cas de la Covid-19, compromettre la réponse.

Une étude de 2014 publiée dans le British Medical Journal portait sur quarante épisodes choisis au hasard de The Dr. Oz Show, l’un des talk-shows médicaux les plus regardés des États-Unis, animé par le médecin célèbre éponyme, Mehmet Oz.

Les résultats montrent que les informations diffusées dans ces épisodes étaient fondées sur des preuves dans 46% des cas seulement.

Dans ses émissions, qui sont diffusées par MBC4, une chaîne appartenant au Middle East Broadcasting Center, le Dr Oz prône les thérapies alternatives, les régimes miracles, les régimes détox et les cures.

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L’infectiologue français Didier Raoult témoigne devant l’Assemblée nationale sur l’utilisation de l’hydrochloroquine pour traiter la Covid-19, le 24 juin 2020. (Photo, AFP)

Bien que la communauté médicale rejette régulièrement ses recommandations en matière de santé, qu’elle juge infondées et non prouvées, le Dr Oz a réussi à conquérir un large public.

«Les recommandations faites dans les talk-shows médicaux ne fournissent souvent pas d’informations adéquates sur les avantages spécifiques ou l’ampleur des effets de ces avantages», affirme l’équipe de recherche de l’université d’Alberta qui est à l’origine de l’étude publiée par le British Medical Journal.

«Environ la moitié des recommandations n’ont pas de preuves ou sont contredites par les meilleures preuves disponibles. Les conflits d’intérêts potentiels sont rarement abordés. Le public devrait être sceptique quant aux recommandations faites dans les talk-shows médicaux.»

Le danger de la désinformation médicale était évident pour les autorités du monde entier dès l’apparition de la pandémie de Covid-19 au début de l’année 2020.

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Le président brésilien, Jair Bolsonaro, affirme qu’il se sentait «parfaitement bien» après un résultat positif au coronavirus. (AFP)

En l’absence de messages cohérents sur les avantages de la distanciation sociale, de l’hygiène personnelle, et de la sécurité et l’efficacité des vaccins, les mesures de confinement risquaient d’être ignorées dans des villes entières et leurs hôpitaux risquaient d’être saturés.

Dès le départ, l’Arabie saoudite a adressé des directives explicites aux médias, aux entités publiques et privées et à la communauté médicale pour les informer des répercussions potentielles de la diffusion d’informations incorrectes sur la pandémie.

Le ministère public du Royaume a érigé en infraction le fait de diffuser «des rumeurs ou des fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ou à la sécurité publique ou de les envoyer ou renvoyer via les réseaux sociaux ou tout autre moyen technique».

Les contrevenants sont passibles d’une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et d’une amende de 3 millions de riyals saoudiens (1 riyal = 0,25 euro).

«Les sciences fondées sur des données probantes n’ont pas été considérées comme prioritaires car les facteurs de désinformation étaient nombreux. C’est un phénomène qui était très répandu au début de la pandémie», selon M. Mufti.

«À plusieurs reprises, des médecins (en Arabie saoudite) sont apparus dans les médias pour donner leur avis sur un sujet qui ne relevait pas de leur domaine de spécialité.»

«Cela a donné lieu à de nombreuses contradictions, à un tel point que le ministère de la Santé a mis en garde contre le fait d’écouter les médecins, à moins que leurs déclarations ne soient publiées par la source principale (le ministère de la Santé).»

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Des infirmières dans un centre de vaccination contre la Covid-19 à Riyad, le 17 décembre 2020. (Photo, AFP)

Selon l’US Federation of State Medical Boards, les autorités sanitaires du monde entier subissent une pression croissante pour agir contre les médecins qui diffusent des informations fausses ou trompeuses.

Aux États-Unis, les médecins peuvent déjà faire l’objet de mesures disciplinaires s’ils ne donnent pas de conseils ou n’administrent pas de traitements conformes à la médecine factuelle et aux normes de soins. La question qui se pose maintenant aux autorités est de savoir si cela doit s’appliquer aux déclarations faites dans les médias et sur les plates-formes numériques.

Le General Medical Council britannique met actuellement à jour son guide des bonnes pratiques médicales pour la première fois en près de dix ans. Selon le quotidien The Guardian, les médecins qui auraient partagé des informations «trompeuses» sur les réseaux sociaux pourraient bientôt faire l’objet de mesures réglementaires.

Pour M. Mufti, la solution au problème serait que les autorités sanitaires elles-mêmes s’engagent plus étroitement avec les médias et les plates-formes numériques en partageant des conseils médicaux fondés sur des données scientifiques solides.

«La lutte contre la propagation de la désinformation nécessite une approche sur plusieurs fronts, en contrant la désinformation par un contenu crédible et partageable», explique-t-il.

«Cela empêchera également les professionnels de la santé réglementés, notamment les médecins, de diffuser des absurdités sans preuves.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.


De Riyad à Paris : pourquoi les Saoudiens reviennent toujours en France

Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
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  • Pour les voyageurs saoudiens, la France offre bien plus que ses monuments, avec une culture, une histoire et une gastronomie qui laissent une impression durable
  • Des lunes de miel aux carrières dans la pâtisserie, en passant par des années d’études à Paris, les visiteurs racontent des expériences qui continuent de les attirer en France

RIYAD : Le secteur touristique français a franchi une étape remarquable en 2025, en accueillant 102 millions de visiteurs internationaux et en confortant sa position de destination la plus visitée au monde.

Pour de nombreux voyageurs saoudiens, la France n’est pas simplement une destination incontournable : c’est une expérience enrichissante, façonnée par les rencontres avec sa culture, son histoire, sa gastronomie, son art et sa vie intellectuelle.

Les deux pays sont de plus en plus connectés grâce à des liaisons aériennes directes. Saudia assure des vols directs entre Paris et Riyad ainsi qu’entre Paris et Djeddah. Dans le même temps, Air France a lancé sa liaison directe Paris-Riyad à l’été 2025, élargissant les possibilités de voyage entre les deux capitales.

Pour les visiteurs saoudiens, ces liaisons ouvrent la porte aux attractions emblématiques, mais surtout à une ville qui peut se découvrir à travers sa culture, son histoire, ses musées, sa gastronomie et la vie quotidienne.

Marwan Alrasheed, traducteur et consultant culturel, s’est rendu en France à l’automne 2025, animé précisément par cette curiosité.

« Je suis venu découvrir la richesse culturelle de Paris, qu’elle soit artistique, historique, philosophique ou culinaire », a-t-il déclaré à Arab News, décrivant Paris comme occupant « une place prépondérante dans l’histoire de la culture humaine ».

Alrasheed a séjourné pendant dix jours dans le Quartier latin, près de la Sorbonne, l’un des quartiers les plus étroitement associés à l’histoire intellectuelle de la ville.

Son itinéraire, riche et varié, reflétait ces centres d’intérêt. Il s’est notamment rendu aux Deux Magots, le célèbre café associé à des écrivains, artistes et philosophes tels que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Il a également exploré le Louvre, où il a admiré la Joconde de Léonard de Vinci et la Victoire de Samothrace.

Alrasheed s’est aussi arrêté à Shakespeare and Company, la librairie anglophone de la rive gauche associée à plusieurs générations d’écrivains, qualifiant son voyage d’« hors du commun et instructif ».

La gastronomie a constitué une autre manière de découvrir la ville.

Passionné d’histoire, Alrasheed a participé à une visite consacrée aux boulangeries historiques parisiennes, explorant l’univers culinaire de la capitale parallèlement à ses visites de musées et de lieux littéraires.

Pris dans leur ensemble, ces expériences ont durablement marqué sa perception de Paris et lui ont donné toutes les raisons d’y revenir. « La gastronomie, la culture, l’art et l’histoire vous invitent tous à revenir », a-t-il déclaré.

Pour Dania Halawani, originaire de Djeddah, la France a offert un autre type de lien personnel. Sa première visite a eu lieu pendant sa lune de miel, lorsqu’elle a passé une semaine à voyager entre Paris, Versailles et Marseille.

« En plus d’être d’une beauté à couper le souffle et incroyablement riche en culture à chaque coin de rue, c’est un pays absolument romantique », a-t-elle déclaré à Arab News.

Versailles a été l’un des temps forts du voyage. « Nous avons parcouru le palais et nous avions l’impression de revivre son histoire et de la respirer », a-t-elle raconté.

Le séjour lui a également permis de se familiariser davantage avec la langue française, l’anglais ne lui permettant pas toujours de communiquer, et elle a commencé à apprendre des mots et des expressions au fil de son voyage.

Pour d’autres visiteurs saoudiens, la France a été une source d’inspiration professionnelle.

Les voyages répétés à Paris de la cheffe pâtissière saoudienne Al-Batoul Al-Maddah l’ont aidée à transformer son intérêt pour la pâtisserie en véritable carrière.

« Je voyageais à Paris à chaque vacances et je découvrais de nouvelles pâtisseries et de nouvelles saveurs, car la pâtisserie ressemble à la mode : tout est question de nouvelles tendances », a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle a ensuite choisi d’étudier à Paris, attirée par la culture culinaire de la ville et la créativité de sa scène pâtissière.

« Ma vie étudiante à Paris a été remarquable et j’ai eu la chance d’en apprendre davantage sur ce que j’aime vraiment », a-t-elle déclaré.

Pour Hadeel Al-Nufaiey, l’expérience est allée encore plus loin. Elle a vécu cinq ans à Paris pendant ses études à l’université Paris Descartes, décrivant cette période comme une expérience culturelle, éducative et sociale déterminante.

La vie à Paris l’a amenée à participer à des conversations sur l’Arabie saoudite avec des personnes qui connaissaient peu le Royaume.

Elle a expliqué qu’elle se retrouvait souvent à présenter la société et la culture saoudiennes à des personnes dont la perception était largement façonnée par la couverture médiatique.

« J’ai essayé de contribuer au changement autant que possible et j’espère avoir représenté l’Arabie saoudite de la meilleure manière », a-t-elle déclaré.

À son retour à Riyad, la France était également devenue une partie de sa vie familiale : ses deux jeunes enfants parlent couramment français.

Cafés philosophiques, bibliothèques historiques, pâtisseries et bien d’autres découvertes sont autant d’expériences que les voyageurs saoudiens rapportent de France. Ce qui les relie souvent, c’est le sentiment que le pays offre bien plus qu’une simple liste d’attractions incontournables : il offre la possibilité de découvrir des idées, des goûts et des traditions qui continuent de façonner leurs souvenirs longtemps après la fin du voyage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com