Alexanda Kotey, un des «Beatles» du groupe Etat islamique, condamné à la perpétuité aux Etats-Unis

Dans cette photo prise le 10 février 2018 et fournie par les Forces démocratiques syriennes (SDF) le 10 février 2018, on voit Alexanda Kotey, combattant du groupe État islamique (EI) britannique capturé, posant pour une photo dans un lieu non divulgué (Photo, AFP).
Dans cette photo prise le 10 février 2018 et fournie par les Forces démocratiques syriennes (SDF) le 10 février 2018, on voit Alexanda Kotey, combattant du groupe État islamique (EI) britannique capturé, posant pour une photo dans un lieu non divulgué (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 avril 2022

Alexanda Kotey, un des «Beatles» du groupe Etat islamique, condamné à la perpétuité aux Etats-Unis

  • Parmi leurs victimes figurait notamment le journaliste américain Steven Sotloff
  • Alexanda Kotey, ancien ressortissant britannique âgé de 38 ans, avait plaidé coupable en septembre

WASHINGTON: L'un des cruels "Beatles" de l'Etat islamique (EI), des jihadistes spécialisés dans la capture, la torture et l'exécution d'otages occidentaux, a été condamné vendredi à la prison à perpétuité par un tribunal fédéral aux Etats-Unis.

Alexanda Kotey, ancien ressortissant britannique âgé de 38 ans, avait plaidé coupable en septembre, admettant sa responsabilité dans la mort de quatre otages américains en Syrie et, plus largement, dans les sévices endurés par leurs prisonniers.

Un autre membre de la cellule des "Beatles", El Shafee el-Sheikh, arrêté avec lui par les forces kurdes syriennes en 2018, a été déclaré coupable en avril par un jury populaire, à l'issue d'un procès éprouvant qui avait exposé leur sadisme au grand jour. Sa peine sera prononcée le 12 août.

Les deux hommes, pour qui la peine de mort était exclue en raison d'un accord avec Londres, étaient présents vendredi dans le tribunal d'Alexandria, près de Washington, où les proches de leurs victimes ont pu s'adresser directement à eux.

"Vous avez enlevé, torturé et participé aux meurtres de personnes bonnes et innocentes, et vous devrez désormais vivre avec ça toute votre vie", leur a notamment lancé la Britannique Bethany Haines.

"Vous avez perdu tous les deux!", a ajouté la jeune femme, dont le père David Haines, un travailleur humanitaire, a été décapité par le troisième membre des "Beatles", Mohammed Emwazi, tué par une attaque de drone en 2015.

«Film d'horreur»

Les trois jihadistes, qui ont grandi et se sont radicalisés à Londres, avaient été surnommés les "Beatles" par leurs otages en raison de leur accent britannique.

Actifs en Syrie de 2012 à 2015, ils ont supervisé la détention d'au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires venus des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France, d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, du Danemark, de Suède, de Belgique, du Japon, de Nouvelle-Zélande et de Russie.

Une dizaine ont été exécutés et leur mort avait été mise en scène dans des vidéos de propagande de l'EI qui ont choqué le monde entier.

Parmi leurs victimes figurait notamment le journaliste américain Steven Sotloff. Vendredi, sa mère Shirley a exhorté à plusieurs reprises les deux jihadistes à "la regarder dans (les) yeux", alors qu'elle décrivait "l'impact inimaginable" de leurs actes sur sa famille.

"La mort de Steven était comme un film d'horreur diffusé en direct dans le monde entier (...) Pour notre famille, il ne se déroule pas sur un écran mais dans nos têtes, chaque jour", leur a-t-elle expliqué, en espérant qu'ils y "pensent chaque jour du reste de leur vie".

«Besoin de vérité»

Marsha Mueller, dont la fille Kayla est morte dans des circonstances confuses après avoir été l'esclave sexuelle du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi, a souhaité qu'ils l'aident à comprendre ce qui est arrivé à sa fille.

"On a appris certaines choses, des histoires de viols, de coups, de terreur et d'horreur. Mais je veux connaître toute la vérité, même si c'est dur à entendre (...) J'ai besoin de vivre ces horreurs avec elle".

Alexanda Kotey n'a pas pris la parole et n'a pas manifesté d'émotion au moment où le juge TS Ellis a prononcé sa sentence. Ses avocats ont toutefois assuré qu'il avait des remords et acceptait de rencontrer les familles de ses victimes.

Le juge a autorisé qu'il reste en détention à Alexandria jusqu'en juillet, afin de laisser le temps aux autorités et à ses avocats de négocier la prison où il purgera sa peine. Il a rappelé que, dans le cadre de l'accord de plaider-coupable, les procureurs s'étaient engagés à faciliter son transfert au Royaume-Uni d'ici 15 ans.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.