L'inflation record n'a pas dissuadé les Américains de dépenser en mars

Le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, Jerome Powell, avant de prendre la parole lors d'un déjeuner lors de la conférence de politique économique NABE 2022 au Ritz-Carlton le 21 mars 2022 à Washington (Photo, AFP).
Le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, Jerome Powell, avant de prendre la parole lors d'un déjeuner lors de la conférence de politique économique NABE 2022 au Ritz-Carlton le 21 mars 2022 à Washington (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 30 avril 2022

L'inflation record n'a pas dissuadé les Américains de dépenser en mars

  • La consommation est en effet le moteur historique de la croissance américaine
  • Les États-Unis sont confrontés à une hausse des prix vertigineuse

WASHINGTON: L'indice des prix privilégié par la Banque centrale américaine, le PCE, s'est hissé en mars à son plus haut niveau depuis 1982, ce qui devrait conforter l'institution financière dans sa volonté de relever ses taux plus agressivement.

D'autant que les dépenses de consommation, qui soutiennent traditionnellement la croissance de la première économie du monde, ont continué d'augmenter, selon les données du département du Commerce publiées vendredi.

Le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell a d'ores et déjà indiqué qu'un relèvement d'un demi-point de pourcentage serait "sur la table" lors de la prochaine réunion des 3 et 4 mai. 

Les États-Unis sont confrontés à une hausse des prix vertigineuse, aggravée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février. 

Le mois dernier, l'indice PCE a encore grimpé de 6,6% sur un an et de 0,9% comparé au mois de février.

Les prix de l'énergie ont augmenté encore plus vite (+33,9%) tandis que les prix des denrées alimentaires ont bondi de 9,2% sur un an, a précisé le ministère dans un communiqué. 

Hors alimentation et énergie, l'indice des prix PCE a ralenti de façon marginale (-0,1 point de pourcentage). A 5,2%, il reste ainsi à un niveau élevé. 

Le mois dernier, les ménages ont payé pour ainsi dire tout plus cher. Leurs dépenses de consommation reflètent donc en partie cette forte hausse des prix avec une progression de 1,1% par rapport à février.

Puiser dans les économies 

Pour autant, les économistes estiment que la hausse des dépenses est de bon augure pour la croissance du deuxième trimestre.

Certes, le poste de dépenses pour l'essence et le gaz pèse lourd dans le budget des ménages, en particulier dans celui des foyers modestes.

Mais les experts soulignent que les ménages à plus fort pouvoir d'achat ont recommencé à voyager, à aller au restaurant, au cinéma et au théâtre et ne semblent pas dissuadés par les prix.

La consommation est en effet le moteur historique de la croissance américaine et les services sont un secteur significatif des États-Unis.

"L'escalade rapide des prix n'a pas suffi à dissuader les consommateurs de dépenser en mars", a résumé Lydia Boussour, économiste chez Oxford Economics, dans une note. 

Elle relève néanmoins qu'après ajustement pour prendre en compte la hausse des prix, "les dépenses réelles n'ont augmenté que de 0,2%".

Pour Ian Shepherdson, chef économiste à Pantheon Macroeconomics, les dépenses se sont probablement poursuivies en avril "parce que la plupart des observateurs de l'industrie automobile estiment que les ventes de véhicules neufs ont augmenté d'environ 9% d'un mois à l'autre".

Pour dépenser, les ménages ont dû puiser dans leurs économies, leurs revenus n'ayant augmenté que de 0,5%. Le taux d'épargne est ainsi tombé à 6,2%, contre 6,8% le mois précédent, soit son plus bas niveau depuis décembre 2013.

Les économistes estiment qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter compte-tenu des énormes économies accumulées pendant la pandémie, faute de pouvoir dépenser en raison des restrictions de voyage et de sorties.

Selon Ian Shepherdson, cela ne deviendra un problème "que si les gens continuent de dépenser plus que leurs revenus une fois que leur stock d'économies sera épuisé". "Cela prendra de nombreuses années au rythme actuel", a-t-il estimé.

In fine, estime Lydia Boussour, "certes, la tolérance des consommateurs à une inflation élevée continuera d'être mise à l'épreuve, mais la hausse des dépenses en mars (...) constitue un solide relais (...) pour la croissance du PIB au deuxième trimestre". 

"Une croissance robuste des revenus du travail, des niveaux record de richesse des ménages et un excédent d'épargne important suggèrent que les dépenses de consommation devraient rester bien soutenues", a-t-elle également commenté.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.